7 novembre 2026 |

Ecrit par le 7 novembre 2026

Eaux souterraines : c’est tout un art !

A l’initiative de la Chaire GeEAUde de l’Université d’Avignon, la science s’allie à l’art afin de faire percevoir les mystères des eaux souterraines au grand public. Un dialogue recherche-création inédit auquel a été convié 5 artistes à la Villa créative où ils exposeront leurs travaux du mercredi 7 au jeudi 8 octobre prochains à destination du grand public et des étudiants.

La Chaire GeEAUde, structure unique en France de l’université d’Avignon dédiée à l’étude des eaux souterraines, vient d’initier un nouveau dispositif de recherche-création à la croisée des sciences, de l’art et des territoires. Pour cela, elle accueille depuis début septembre plusieurs artistes dans le cadre de l’exposition ‘Eaux souterraines : l’invisible en partage’ qui débutera la semaine prochaine à destination du grand public et des étudiants.

« Nous travaillons sur quelque chose qu’on ne peut voir avant qu’il n’arrive dans notre verre ou qu’il sorte d’une source. Mais c’est terminé parce qu’à ce moment-là on la consomme déjà », regrette Konstantinos Chalikakis, coordinateur de la chaire partenariale GeEAUde à l’Université d’Avignon. A l’image de ce que nous avons pu voir dans d’autre projet européen, nous avons donc imaginé de proposer d’autres visions sur des objets scientifiques. Le but étant d’amener des artistes à travailler sur un sujet dont personne ne parle mais qui est pourtant essentiel, tout particulièrement en Vaucluse où les eaux souterraines représentent 96% de l’eau potable du département. »

Les artistes en résidences avec les partenaires de GeEAUde, de l’université d’Avignon et de la villa Créative. Crédit : DR/Université

Comment montrer l’invisible ?
Comment alors rendre visible cette eau imperceptible ? C’est ce défi qu’un collectif de cinq artistes a relevé dans le cadre de quatre projets artistiques autour de ces eaux souterraines. Depuis le début du mois de septembre, Clémence Vazard, Elven Sicard, Fanny Papot ainsi que Maëlle Banton et Joan Cellier sont donc allés sur le terrain à la découverte des réserves aquifères de Vaucluse, dont celle de Fontaine-de-Vaucluse classée depuis 2024 parmi les 200 sites mondiaux géologiques d’exception. Sur place, ils y ont notamment rencontré les équipes de scientifiques de GeEAUde, celle du laboratoire d’hydrologie de l’Université d’Avignon, le Laboratoire souterrain à bas bruit de Rustrel (LSBB) à Rustrel afin de ‘s’imbiber’ de cette atmosphère, toucher les roches, découvrir l’humidité… Bref, alimenter leur processus de recherche-création afin que leurs pratiques artistiques permettent d’ouvrir différents modes d’accès aux connaissances scientifiques grâce à l’expérimentation d’autres manières de percevoir.

Quelle couleur a l’âge de l’eau ?
Durant ce temps d’immersion, les artistes, qui ont déjà travaillé sur l’eau mais pas forcément les eaux souterraines, ont eu cinq semaines pour élaborer leur projet qu’ils dévoileront la semaine prochaine.

Parmi eux, Clémence Vazard qui travaille depuis plusieurs années sur l’impact de l’eau sur le niveau de coloration des teintures végétales. L’artiste transdisciplinaire, qui intervient notamment en Camargue dans le cadre d’une résidence depuis 2 ans sur cet axe de recherche, développe un nuancier afin de montrer que la teinture est plus ou moins marquée selon l’origine des eaux utilisées. Jusqu’alors, elle s’est servie d’eaux de surfaces mais est très curieuse de découvrir l’influence des eaux souterraines.

Clémence Vazard en Camargue. crédit : DR/GeEAUde

« Quand on parle de teinture végétale, on s’intéresse surtout aux plantes et éventuellement aux fibres qu’on va utiliser, de la laine, de la soie, explique Clémence Vazard. Tout cela va évidemment modifier le résultat d’une couleur. Mais je me suis aussi aperçue dans le cadre de mes travaux dans différents endroits du monde, qu’en utilisant l’eau des rivières ou des lacs qui étaient à proximité cela influait également sur le résultat d’une couleur.
« En travaillant à partir des eaux souterraines, poursuit-elle, j’aimerais pouvoir montrer l’idée qu’avec la teinture végétale, on peut aussi dater l’âge de l’eau. En partant du principe que plus une eau passe de temps dans un milieu souterrain, plus elle est chargée des composants qu’il y a dans l’eau, des éléments dans la roche, ses minéraux, ses métaux etc. Puisque la teinture est réactive à tous ses composants, nous pourrions être en mesure de dater cette eau. »  

« Ce mouvement permanent que l’on ne perçoit pas. »

Fanny Papot, artiste plasticienne

Pour sa part, l’artiste plasticienne Fanny Papot, intervient tout particulièrement autour du phénomène géologique de Fontis.
« En 2023, j’ai fait une résidence qui m’a amenée à m’intéresser aux carrières souterraines. Notamment dans les carrières où il y a énormément d’arrivées d’eau. On y observe le phénomène de Fontis. C’est un vide dans une cavité qui va petit à petit entraîner l’effondrement de la voûte, qu’on appelle le ciel. Ce vide va ainsi remonter à la surface. Ce sont toutes ces interactions entre l’eau et la roche qui m’intéressent. Et dans le cadre de cette résidence, je passe du côté anthropique au côté naturel afin de voir comment l’eau, de la même façon, va créer sa circulation dans un territoire karstique lié au calcaire ou à un certain type de roche. J’essaye de faire comprendre tout ce cycle de la matière qui se crée, se dissout, qui est vivante, qui n’est pas forcément stable mais qui est en mouvement permanent et que l’on ne perçoit pas. »

Travail de Fanny Papot

Réalisatrice et géographe, Maëlle Banton, explore quant à elle les relations entre nos sociétés et l’eau.
« Quelles sont les perceptions que nous avons de l’eau ? Est-ce que nous avons conscience de l’eau que nous buvons et sait-on d’où elle provient, notamment dans le secteur de l’agriculture ? Quels sont les différents usages de l’eau ? Quels sont aussi les conflits que cela peut générer selon les territoires ? Et surtout, sait-on que l’eau est une ressource qui n’est malheureusement pas inépuisable ? C’est à ces interrogations que nous tentons de répondre, explique l’artiste dans le cadre du projet NAPESS (narrations partagées sur les eaux souterraines et les sécheresses) où elle collabore avec le danseur Joan Cellier.

Cette résidence va déboucher sur la réalisation d’un court-métrage de sensibilisation afin d’aborder les conséquences du changements climatiques, notamment dans les territoires qui vont voir leurs ressources en eau, notamment au potable, diminuer.

Travail de Maëlle Banton. Crédit : DR/GeEAUde

« L’objectif c’est d’aller à la rencontre des habitants, des gestionnaires, des élus, des différents usagers, comme des agriculteurs ou des industriels, de ces territoires et d’essayer de voir quelles sont leurs relations à l’eau, poursuit Maëlle Banton. Est-ce qu’ils ont conscience de ce qui se passe finalement sous leurs pieds ? L’enjeu, c’est vraiment de faire entendre la voix des différentes personnes qui expriment leurs témoignages, mais aussi avoir cette dimension poétique de la danse avec la mise en mouvement de cette eau. »

« Créer une espèce de partition sonore souterraine. »

Elven Sicard, documentariste et artiste sonore

Enfin, le documentariste et artiste sonore marseillais Elven Sicard, proposera ‘[S]eaunologie’. Ce dernier connaît déjà bien le Vaucluse puisqu’il a fait un documentaire sonore sur les mémoires spéléologiques du plateau d’Albion dans le cadre d’une résidence pour le compte du Parc naturel régional du Ventoux.
« J’arrive dans ce projet-là avec une proposition de documentaire sonore où je dévie de ma pratique habituelle, explique-t-il. Je travaille plutôt à partir de la parole mais là je vais davantage explorer la matière sonore. L’idée, c’est de choisir des systèmes d’eau et de les sonifier. »

Cette ‘mise en musique’ concernera les trajets de l’eau souterraine avec de la prise de son in situ quand cela sera possible. Pour les parties inaccessibles le principe est de sonifier les données scientifiques, les données de débit, les données de chimie de l’eau ainsi que les interactions entre l’eau et la roche souterraine.
« Tous ces éléments-là vont me permettre de créer du son, en tout cas d’automatiser des synthétiseurs, d’automatiser des traitements du signal et de créer une espèce de partition sonore souterraine qui raconterait ces trajets de l’eau souterrain. »

A la découverte du son mais aussi du goût des eaux mystérieuses de Vaucluse
Trois zones aquifère de Vaucluse seront ainsi sonorisées :  le système karstique de Fontaine-de-Vaucluse, la plaine alluvionnaire de la Durance et l’immense réserve d’eau souterraine de l’aquifère profond du Miocene.
« Chacune de ces eaux seront à l’écoute pendant la restitution et seront proposées à la dégustation, précise Elven Sicard. L’idée, c’est d’essayer d’entrevoir une perception sensible du savoir scientifique sur ces eaux à travers cette triangulation entre le goût, le savoir scientifique et la perception sonore. »

Ouvrir les yeux de grand public
« Il s’agit d’essayer d’expliquer simplement des choses complexes, résume Konstantinos Chalikakis. J’espère que ces résidences permettront d’exprimer, d’une autre façon ou d’une autre, des choses que nous, scientifiques, avons parfois du mal à clarifier lors d’une conférence ou d’une présentation. Peut-être que les artistes y arriveront mieux, car une que les artistes commencent à ouvrir le regard sur quelque chose, le grand public le voit aussi ensuite. »

« Nous sommes parfois limité dans notre discours en restant coincé dans notre domaine, complète Iliana Fylla, accompagnatrice artistique de l’événement et docteure en histoire de l’art. Ces résidences, c’est aussi l’occasion de nourrir le discours scientifique avec des regards croisés qui viennent d’autres disciplines comme par exemple les disciplines artistiques. »
En attendant, ceux qui veulent découvrir que l’eau ne coule pas seulement que sous les ponts d’Avignon pourront écrire leur histoire d’eau (souterraine) à la Villa Créative. Quant à la chaire GeEAUde, elle espère que cette initiative sera reconduite l’an prochain et que, pourquoi pas, cette exposition devienne itinérante. Déjà en tout cas, le court-métrage Maëlle Banton devrait être rediffusé dans le cadre d’un colloque scientifique des hydrogéologues qui se tiendra en novembre prochain à Salon-de-Provence.

Laurent Garcia

Exposition ‘Eaux souterraines : l’invisible en partage’. 16h30 à 19h30. Entrée libre. Du mercredi 7 au jeudi 8 octobre. Villa Créative. 33 bis, rue Pasteur. Avignon


Étudiants : en Vaucluse, une rentrée à plus de 3 000€

À Avignon, le coût moyen de la rentrée universitaire a atteint 3 123,99€ en 2025. Un chiffre qui pèse sur les étudiants, alors que le logement, l’alimentation, les transports et les dépenses courantes ont renchéri en 10 ans. Au plan national, le coût d’une rentrée est passé d’environ 2 360€ en 2016 à 3 227€ en 2026. Un chiffre qui chiffre touche à l’accès à l’autonomie et aux études.

À Avignon, la rentrée franchit le seuil des 3 000€. Il y a le sac à dos, les fournitures et les inscriptions. Et puis il y a tout ce que l’on ne voit pas forcément au premier coup d’œil : un loyer, une caution, l’assurance habitation, les transports, l’alimentation, le téléphone, parfois une complémentaire santé. Donc l’addition se révèle plutot conséquente.

Ce que dit Inter’Asso Avignon
Selon Inter’Asso Avignon, le coût moyen de la rentrée universitaire s’établit à 3 123,99 € en 2025. L’indicateur concerne un étudiant de 20 ans, en licence, non boursier, sans double inscription et ayant quitté le domicile familial. Ce chiffre correspond à l’ensemble des dépenses liées à son installation et à ses premiers mois de vie universitaire et permet, surtout, de mesurer le ticket d’entrée dans l’enseignement supérieur lorsque l’autonomie implique de se loger.Avignon conserve toutefois un avantage par rapport à plusieurs grandes villes universitaires du Sud : son marché locatif étudiant demeure plutôt abordable, un plus lorsque les revenus familiaux ou étudiants sont limités.

Un beau bassin étudiant
Avignon Université constitue le principal pôle universitaire du Vaucluse. L’établissement accueille environ entre 7 000 à 7 500 étudiants, selon les années, dont 12% d’étudiants internationaux, sur ses campus Hannah-Arendt et Jean-Henri Fabre et propose plus d’une centaine de parcours de formation. Ce qui pose la question du coût de la rentrée.

Ce qui se passe en Provence-Alpes-Côte d’Azur
Selon l’Insee, 192 000 étudiants âgés de 16 à 29 ans résidaient en Provence-Alpes-Côte d’Azur en 2022. Parmi eux, seulement 37% vivaient dans leur propre logement, tandis que 58% résidaient chez leurs parents ou un autre membre de leur famille. Ainsi, la décohabitation reste loin d’être la norme et lorsqu’elle est nécessaire, elle révèle un impact financier majeur.

10 ans ont changé l’addition
Une comparaison réalisée par Radin Malin entre 2016 et 2026 estime le coût global de la rentrée étudiante à Avignon à 3 227€ aujourd’hui, contre environ 2 360€ en 2016, soit une progression de 37% et les dépenses courantes ont pris une place croissante dans le budget.Le logement représente la part la plus importante du budget suivi par le coût des transports qui ont progressé, ainsi que les abonnements numériques.

Le logement, première marche vers l’autonomie
L’Insee observe ainsi que 72 000 étudiants de la région vivent dans leur propre logement, soit moins de quatre sur dix. Parmi eux, 23% vivent seuls, 7% en couple et 6% en colocation. Près de 5% résident en communauté, principalement dans un foyer étudiant. Ainsi, le coût d’une étude se mesure alors aussi à l’aune de la distance.

Quand le ‘Job étudiant’ devient nécessaire
Autre enseignement de l’étude de l’Insee : un étudiant sur quatre en Provence-Alpes-Côte d’Azur cumule études et emploi. Parmi ces emplois, quatre sur dix correspondent à des postes de caissier, serveur ou vendeur. Le risque ? Davantage d’heures travaillées signifient moins de temps consacré aux études, alors même que les dépenses obligent à conserver cet emploi.  

Le resto U ? Il est celui qui fait tenir les étudiants
Le tarif social du repas avait été fixé à 3,30€ avant la généralisation du repas à 1€. Depuis le 1er mai 2026, celui-ci est accessible à tous les étudiants, sans distinction de statut. L’État a consacré 50M€ à la mise en œuvre de cette mesure en 2026. Pour les étudiants les plus contraints financièrement, c’est le repas complet à 1€ qui permettait de tenir la distance. Pour la rentrée 2026, le ministère de l’Enseignement supérieur annonce 2,46 milliards d’euros consacrés aux aides sociales étudiantes,

A Avignon
Dix ans après, la rentrée étudiante participe à être un révélateur du coût de la vie. En Vaucluse, elle pose cette question : Jusqu’où les familles peuvent-elles accompagner leurs enfants lorsque le prix de l’autonomie augmente plus vite que les moyens disponibles ?
Sources : Radin malin, Université d’Avignon, Insee, Inter Asso Avignon, echodumardi.com, Ministère de l’enseignement supérieur…
Mireille Hurlin


Le mystère de l’Opéra, le second livret d’énigmes marque le temps fort du Bicentenaire

À l’occasion de son Bicentenaire, l’Opéra Grand Avignon poursuit la célébration de ses 200 ans avec le lancement, le 12 janvier dernier, du second et dernier livret du Mystère de l’Opéra. Un jeu inédit mêlant patrimoine, création et participation du public, au cœur d’une année anniversaire particulièrement foisonnante.

Inauguré en 1825, l’Opéra Grand Avignon traverse deux siècles d’histoire marqués par les incendies, les guerres, les reconstructions et les mutations artistiques. Toujours en activité, il demeure aujourd’hui un lieu central du spectacle vivant, profondément ancré dans la vie culturelle du territoire.

Anniversaire
Pour célébrer cet anniversaire exceptionnel, l’institution a choisi de s’adresser directement au public à travers un jeu patrimonial original, Le Mystère de l’Opéra. Lancé en octobre 2025, ce dispositif ludique propose une immersion dans l’histoire et les coulisses de l’Opéra avec, à la clé, une récompense hors norme.

Un trésor unique à la clé
Le gagnant du jeu remportera une place nominative donnant accès à l’ensemble des opéras et spectacles de ballet programmés par l’Opéra Grand Avignon pendant… 200 ans ! Cette distinction symbolique sera matérialisée par une clé et un coffret réalisés par l’atelier des accessoiristes de l’Opéra.

Quatre nouvelles énigmes pour clore l’enquête
Après un premier livret largement diffusé, toujours disponible à la billetterie et en ligne, un second et dernier livret est proposé depuis le 12 janvier 2026. Il comprend quatre nouvelles énigmes inspirées de l’univers lyrique, de l’architecture et du spectacle vivant. Ouverts à tous les âges et à tous les niveaux, ces défis invitent les participants à recomposer une phrase mystère finale. Les réponses devront être déposées avant la fin du jeu pour tenter de remporter le prix du Bicentenaire.

Une année 2026 rythmée par de grands rendez-vous
Le lancement de ce second livret s’inscrit dans une programmation anniversaire étendue sur toute l’année 2026. De janvier à mai, des visites de l’Opéra seront proposées, ponctuées d’interventions artistiques du chœur ou du ballet, intégrées au parcours de découverte du bâtiment. Cinq dates sont d’ores et déjà prévues, alternant présence du chœur et du ballet entre janvier et mai. Ces moments permettront au public de rencontrer les artistes permanents et de découvrir l’Opéra sous un angle intime, loin du cadre traditionnel de la scène.

Recherche, transmission et création au cœur du Bicentenaire
En février 2026 paraîtront aux éditions universitaires d’Avignon les actes des colloques du Bicentenaire, issus de rencontres organisées en 2023 et 2024 en partenariat avec l’Université d’Avignon. Ces travaux offrent une analyse pluridisciplinaire du rôle artistique, historique et sociétal de l’Opéra sur deux siècles. Le 11 avril prochain, l’Opéra fera revivre le Marathon de la danse, inspiré des concours d’endurance des années 1920. Dans une version festive, des duos costumés danseront pendant 200 minutes quasi ininterrompues, jusqu’à ce qu’il ne reste qu’un couple, sous les encouragements du public. Le 11 juin, la Maîtrise Populaire de l’Opéra Grand Avignon proposera un concert de restitution. Issu d’un projet éducatif mené avec des écoles des quartiers prioritaires, ce chœur d’enfants présentera un programme aux influences françaises, espagnoles et algériennes, aboutissement de huit mois de travail artistique.

Une mémoire partagée avec la ville
À la rentrée 2026, l’Opéra investira l’espace public avec une déambulation lyrique dans le centre-ville d’Avignon. Chanteurs, danseurs, musiciens et chorales feront revivre un opéra en extraits chronologiques, invitant le public à chanter avec les artistes grâce à des partitions mises à disposition. En septembre paraitra également l’ouvrage L’Opéra Grand Avignon, patrimoine vivant depuis 1825 de Julie Deramond, spécialiste de l’histoire de l’Opéra, retraçant deux siècles de vie lyrique à partir de recherches approfondies et de témoignages.

Une grande exposition
Enfin, une grande exposition de fin d’année viendra clore les célébrations. Déployée sur plusieurs sites, dont la Villa Créative, l’Opéra et les mairies du Grand Avignon, elle mettra en valeur archives, costumes, photographies, œuvres et témoignages. Un appel à contribution des habitants permettra d’enrichir ce patrimoine partagé.
Calista Contat-Dathey


Conférence : une odyssée végétale à l’Université d’Avignon

L’Université d’Avignon propose une conférence sur le thème de la préservation de la biodiversité végétale. Elle sera animée par Frédéric Pautz, directeur des Jardins botaniques du Grand Nancy et de l’Université de Lorraine. L’événement, qui se tient ce jeudi 20 mars, est soutenu par le Fonds de dotation Rustica.
Intitulée ‘Hot-Spots : L’odyssée végétale’, ce moment de découverte présente « une exploration de zones riches en biodiversité, un état des lieux de la situation actuelle et les actions menées pour protéger ces écosystèmes précieux ».

Jeudi 20 mars de 18h à 19h30. Entrée libre. Campus Hannah Arendt (site centre-ville de Sainte-Marthe. Bâtiment Sud, amphi AT06. 74, rue Louis Pasteur. Avignon. Inscription obligatoire : midisciences@univ-avignon.fr

A.R.C.


Table ronde sur le droit des femmes à disposer de leur corps

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le CER (Centre d’enseignement et de recherche) Droit d’Avignon université et le Barreau d’Avignon organisent une table ronde sur le droit des femmes à maîtriser leur corps. Cinquante ans après la loi Veil et un an après l’entrée dans la Constitution de la liberté garantie de recourir à l’IVG, où en sommes-nous aujourd’hui ? De la contraception à la GPA, en passant par les violences sexuelles et gynécologiques, cette conférence reviendra sur les grandes étapes de l’émancipation du corps des femmes et ouvrira le débat sur les enjeux actuels.
L’événement, librement accessible pour le grand public, se déroulera ce vendredi 7 mars au Campus Hannah Arendt sur le site de Sainte-Marthe de l’université d’Avignon. La table ronde se tiendra de 16h à 18h dans l’amphithéâtre AT03.

Consultations juridiques gratuites
Auparavant dans la journée, les avocats du Barreau d’Avignon vont proposer des consultations juridiques gratuites pour répondre à toutes les questions, notamment autour des droits des femmes. Ces consultations se tiendront sur rendez-vous et en toute confidentialité. Les rendez-vous seront d’environ 15 min. Les inscriptions sont réalisées via la plateforme de l’université : Prise de rdv via la plateforme e-uapv.fr  / Consultations juridiques du 7 mars.
L’ensemble de ces rendez-vous auront lieu vendredi 7 mars, entre 9h30 et 11h30 en salle 1W18, toujours sur le site du campus Hannah Arendt.

Justice restaurative
Enfin, plus tôt dans la semaine une projection suivie d’une table ronde est proposée le mercredi 5 mars. Ainsi, dans le cadre des Semaines de l’égalité, Avignon Université organise une journée dédiée à la justice restaurative, un dispositif essentiel pour sensibiliser et lutter contre les violences sexistes et sexuelles.
Cet événement sera l’occasion de mieux comprendre cette approche, d’échanger avec des experts et de découvrir les dispositifs de signalement et d’accompagnement mis à disposition des étudiants et personnels. Il est réservé aux étudiants et personnels d’Avignon Université aura lieu dans l’amphithéâtre AT03.

L.G.

Renseignements et inscriptions : conf-droit@universite.fr


(vidéos) « Le Vaucluse a du talent » et il l’a prouvé sous le regard d’Auguste au Théâtre Antique d’Orange

« Pour cette 4ème édition, nous sommes plongés au coeur de l’histoire dans ce bâtiment millénaire et majestueux. Et l’histoire que nous allons vous conter est celle du Vaucluse créatif et innovant qui forme de jeunes talents dans une filière d’avenir » annonce, dès l’ouverture, le Président de Vaucluse Provence Attractivité, Pierre Gonzalvez, en accueillant des dizaines d’invités installés en face de la statue de l’Empereur Auguste, tout en haut des gradins de pierre et transis par le froid.

Pierre Gonzalvez, Président de Vaucluse Provence Attractivité et vice-président du Conseil départemental de Vaucluse

Alternant entre interviews avec David Bérard et séquences video sur écrans plats ou projetées sur le fameux « Mur d’Orange », défilent les sujets sur « L’image, filière d’excellence en Vaucluse ». A commencer par la Présidente de la Commission du Film Luberon Vaucluse, Sandrine Raymond. « Grâce à nos paysages, nos décors, notre ensoleillement, nous avons eu 288 jours de tournage en 2023, qui donnent du travail à des centaines de techniciens qualifiés et d’intermittents » a-t-elle dit. Le président de l’Association »SudAnim« , Alexandre Cornu a rappelé qu’il fait la promotion de la filière dans toute la Région Sud pour mettre en valeur toutes ces écoles et tous ces studios de production mis à la disposition des jeunes. Quant à Martin Meyrier, le directeur général d’Edeis, il propose avec son équipe, « Une plongée dans les 2000 ans de l’histoire de ce théâtre avec force technologies, modélisation en 3D du site et casque dolby stereo. Une « Odyssée sonore », une immersion en coulisses qui est une double prouesse, visuelle et sonore ».

© Stéphanie Maisonnave / Vaucluse Provence Attractivité

Dans un 2ème temps, il a été question des établissements supérieurs, piliers d’un écosystème en plein essor » avec le président de l’Université d’Avignon, Georges Linarès qui a rappelé qu’il y a 7 000 étudiants et 750 enseignants sur le campus et que c’est le poumon de ces ICC (Industries Culturelles et Créatives) qui « irrigue tout un écosystème autour de la culture, du patrimoine et des sociétés numériques. D’ailleurs, la Villa Créative, cet écrin ccueillera des résidents permanents, comme le Festival d’Avignon, l’Ecole des Nouvelles Images, le Frames Festival et la French Tech) et se veut aussi un laboratoire pour les politiques culturelles des transitions écologiques ». Autre intervenant, Jean-Claude Walter, le président de « 3iS », l’Institut International de l’mage et du Son qui a choisi Avignon pour y implanter son 5ème campus de 6000m2 à Agroparc, avec un investissement de 15M€ et à terme 800 étudiants. Le SCAD, Savannah College of Art & Design de Lacoste accueille un millier d’étudiants par an qui en sortent avec un niveau « bachelor » et « master » dira Cédric Maros, son directeur général. Puis les représentants de la Game Academy et de l’Ecole des Nouvelles Images, Kevin Vivier et Julien Deparis insisteront sur ces formations d’excellence dédiées à l’animation et aux jeux video qui décrochent nombre de récompenses dans le monde entier.

Des étudiants d’écoles vauclusiennes et futurs talents des industries Culturelles et Créatives de Vaucluse ©Alain Hocquel/Vaucluse Provence Attractivité

Enfin, dans la partie conclusive avec la Gare Numérique de Carpentras, les studios Circus à Avignon, la Directrice Générale de VPA (Vaucluse Provence Attractivité), Cathy Fermanian a insisté sur « La qualité de la filière, de ces écoles, de leur effet levier qui booste l’attractivité du Vaucluse. Nous sommes un région à la pointe du cinéma, des documentaires, de films d’animation, de clips video où se tournent des dizaines de courts et longs-métrages chaque année. La Région, le Département et le Grand Avignon nous font confiance et nous aident. Tout cela fait rayonner le Vaucluse bien au-delà de ses frontières, cela le rend de plus en plus visible, donc incontournable ».

Plus de 300 acteurs économiques, culturels et pédagogiques étaient présent lors de cette soirée. ©Alain Hocquel/Vaucluse Provence Attractivité

Quant au Préfet de Vaucluse, Thierry Suquet, il a déclaré à l’issue de la soirée « Avoir été fasciné par cette créativité du Vaucluse, cette innovation, cette compétence, cette filière d’excellence et cette vitalité que les jeunes vont sublimer ». Plusieurs courts-métrages d’animation, créés ici, en Vaucluse ont été projetés sur l’immense Mur du Théâtre Antique pour illustrer ce savoir-faire de la génération montante.

Projet de projection mapping réalisé par Isaure Pozzo di Borgo, Ema Parent, Maélys Ficat, Maël Peron et Corentin Bileau, étudiants en troisième année à l’Ecole des Nouvelles Images © Stéphanie Maisonnave / Vaucluse Provence Attractivité

vaucluseprovence.com

Andrée Brunetti


Palais des papes, 7 siècles d’histoires

Dans le suivi des Journées du patrimoine, le Certa (centre d’études et de recherches théâtrales d’Avignon) organise, sous forme d’une libre discussion, une Rencontre sur les 7 siècles d’histoires du Palais des papes, animée par Paul Payan, éminent historien médiéviste, Maître de conférences à l’Université d’Avignon, passionné de la grande et de la petite histoire d’Avignon.

Paul Payan, Historien médiéviste, maître de conférence à l’Université d’Avignon

La manifestation, gratuite, conviviale et interactive, se déroulera vendredi 27 septembre à 17h, aux Ombrages 924, avenue d’Avignon à Montfavet. Les participants sont attendus nombreux pour partager ce moment privilégié de la découverte d’évènements souvent méconnus et surprenants.

Le patrimoine d’Avignon,
honoré ces derniers jours dans le cadre des Journées qui lui sont consacrées, recèle une pièce rare, unique, symbole de la ville à laquelle il a conféré un statut et une image mondialement reconnus : Le Palais des Papes.

Il est l’un des monuments les plus visités en France,
la plus grande construction gothique du Moyen Âge, suscitant admiration et curiosité, sans pourtant permettre aux visiteurs, malgré les explications de guides éclairés, de pénétrer au cœur de son histoire séculaire qui ne se limite pas au séjour de la papauté au XIVe siècle.

Les papes vont bâtir, agrandir, organiser cette forteresse exceptionnelle,
conférant à la ville, «Seconde Rome», une place centrale en Occident, un prestige et un développement qui vont perdurer. Mais dès la fin du siècle le retour à Rome des pontifes est marqué par des évènements tragiques et, au cours des siècles, se déroule une histoire longue et complexe, émaillée d’épisodes parfois tragiques, quelquefois inattendus et surprenants.

Au palais sont associées d’éminentes personnalités,  
Pétrarque, Julien de la Rovere futur pape Jules II, Mazarin… y sont accueillis César Borgia, François Ier, Louis XIV…plus près de nous Napoléon III et Raymond Poincaré.

Sous forme d’une libre discussion,
Paul Payan, maître de conférences en histoire médiévale à l’université d’Avignon. Agrégé d’histoire et docteur de l’université Lumière-Lyon 2, fera partager sa passion pour cet édifice dont il connaît tous les secrets en mettant en lumière les évènements souvent méconnus qui ont jalonné sept siècles d’histoire de ce monument hors du commun.

Organisation
La rencontre-débat ‘Le palais des papes, 7 siècles d’histoire’ est présentée par Bernadette Rey-Flaud Alphandéry, professeure honoraire des Universités et animée par Paul Payan, maître de conférence en histoire médiévale à l’Université d’Avignon. L’événement est organisé par le Certa, Centre d’études et de recherches théâtrales d’Avignon- avec le soutien de la Ville d’Avignon et le Conseil Départemental de Vaucluse, dans le cadre des Entretiens de Montfavet.

Les infos pratiques
Rencontre-débat. ‘Le Palais des papes, 7 siècles d’histoires’. Vendredi 27 septembre 2024. 17h. Entrée libre. Auberge les Ombrages, 259, avenue d’Avignon à Montfavet, Avignon.


L’Interview, Céline Lacaux, professeure en mathématiques et chercheure à l’Université d’Avignon

L’association Soroptimist International Avignon organise une soirée ‘Femmes d’action, femmes d’exception’, qui se déroulera, sur réservation, Jeudi 19 septembre 2024 à 18h au Novotel Avignon centre. Céline Lacaux, professeure des universités, spécialisée en probabilités de la statistique, chercheure et directrice du laboratoire de mathématiques à l’Université d’Avignon fait partie des invitées de la soirée aux côtés du capitaine Lise Trincaretto, du Service départemental d’incendie et de secours de Vaucluse ; de Caroline Clausse ingénieure navigante d’essais ; de Géraldine Parodi, scaphandrière et Présidente de Spero Mare qui exerce dans le BTP sous-marin et de Christine Gord directrice départementale de Vaucluse de la Banque de France. Réservation ici. L’Echo du mardi vous propose, en avant-première, d’aller à la rencontre de ces femmes d’exception.

Qu’est-ce qui vous a destiné à faire ce métier, une connaissance, un reportage, un lieu, une envie ?
«Je pense que toute petite je devais avoir envie d’autres choses mais c’est dès le collège, que j’ai pensé devenir professeure en mathématiques. Puis c’est devenu une passion au fur et à mesure des études, et particulièrement à la fac. C’est là que s’est véritablement développé mon goût pour les mathématiques. Il aurait d’ailleurs, plus tard, été impensable d’exercer ce métier sans éprouver de la passion pour cette matière. Ce que j’aime dans ce langage des chiffres ? Ce que les mathématiques disent : c’est vrai, c’est faux et le démontrent avec rigueur. Il y a de la beauté dans tout cela. Et puis, l’on en fait la démonstration, ce qui requiert à la fois de la concentration et d’appliquer ses connaissances. C’est aussi un métier avec lequel on apprend en permanence, notamment via les nouvelles mathématiques. Car les mathématiques regroupent de nombreuses branches. Les probabilités de la statistique sont ma spécialité.»

«Et puis, il y a le partage avec les autres.
Je travaille avec l’une de mes collaboratrices depuis la fin de ma thèse –en 2004- et j’ai de nombreux collaborateurs issus de l’international. Vous voyez, les mathématiques ne se travaillent pas forcément toute seule dans son coin. J’apprécie particulièrement le partage, c’est un mode de fonctionnement que j’avais déjà expérimenté avant d’arriver à Avignon en collaborant, notamment, avec des automaticiens à Nancy puis des biologistes et des géographes à Avignon.»

«C’est d’ailleurs un créneau de l’Université d’Avignon
qui a aussi pour objectif de déployer le pluridisciplinaire. Cela soulève de la difficulté parce que l’on sort des mathématiques standards pour s’écouter et s’entendre entre disciplines. Il faut apprendre à se comprendre. Certains de mes travaux sont aussi dirigés vers des applications médicales, même si je n’ai pas encore travaillé avec des médecins. Il y a d’un côté ces échanges avec des personnes qui ne sont pas mathématiciennes et de l’autre notre capacité à les entendre et à traduire leurs besoins dans notre discipline ce qui requiert une réelle gymnastique intellectuelle. J’ai également fait partie de l’encadrement, avec une collègue chimiste du CEA –Commissariat de l’Energie Atomique-, de la thèse d’un doctorant. Il faut appréhender le langage de chacun : chimiste, géographe, médecin, automaticien et construire des liens qui nous permettent de partager les savoirs et, surtout, de collaborer pour créer de nouveaux outils, applications et technologies. C’est très intéressant. Si j’adore faire et parler mathématiques avec d’autres mathématiciens, j’aime tout autant échanger avec des personnes qui ne sont absolument pas de cet univers. Pour cela, je ne travaille qu’avec des gens avec lesquels je m’entends bien. Si l’on ne s’entend pas, ça n’est pas qu’il y aura de la défiance, mais ça fonctionnera moins vite et moins bien.»

Comment avez-vous acquis toutes les connaissances requises pour exercer ce métier ?
«Il y a eu le collège, le lycée puis une classe préparatoire. Je savais que je voulais devenir professeure et non pas ingénieure donc mon choix s’est porté sur la fac avec l’obtention d’une licence, d’une maîtrise, de l’agrégation en 2000 et d’un DEA (Diplôme d’études approfondies). C’est à ce moment-là que j’ai commencé à découvrir la recherche. Depuis je voyage beaucoup à l’étranger pour donner des conférences et découvrir celles des confrères. Nous, chercheurs, avons pour habitude de publier nos travaux en anglais, car dans la recherche en mathématiques quasiment tout se fait dans cette langue, sur un serveur d’archives universitaires libre nommé Hal. Ainsi, si l’on émet des alertes dans un domaine d’intérêt, tout ce qui a été publié sur le sujet devient accessible.»

«Quant à l’intelligence artificielle ?
C’est un outil particulièrement intéressant qui peut néanmoins faire peur. Dans l’enseignement, se pose, par exemple, la question de l’évaluation de mémoires qui pourraient avoir été réalisés grâce à elle. Nous allons, petit à petit, nous saisir de l’IA (intelligence artificielle) et elle fait, je pense, évoluer nos pratiques pédagogiques. C’est aussi un domaine de recherche très actif en mathématiques et en informatique avec de nombreuses applications à fort enjeu sociétal.»   

Quelles ont été les étapes et les événements fondateurs de votre carrière ?
«Après le parcours classique, la fac et l’agrégation, j’ai obtenu un poste non permanent à Paris, puis un premier poste de maître de conférences à l’Ecole des Mines de Nancy en 2005. J’ai ensuite passé une habilitation pour diriger des recherches et prétendre à devenir professeure des Universités. Enfin, j’ai été recrutée professeure des Universités en 2015, à Avignon.»

Quels sont les mentors, les personnalités qui ont forgé votre vocation ?
«En premier lieu je dirais ma famille, car elle n’a pas apposé de stéréotype sur mon éducation selon que j’étais une fille et pas un garçon. Toutes les portes étaient ouvertes pour que je fasse ce que je souhaitais. Je n’ai pas eu de mentor mais j’ai eu le soutien de mon mari qui a accepté de déménager puisque pour un universitaire et chercheur en mathématiques, il est classique de changer de ville, parfois de département et de région pour progresser dans sa vie professionnelle.» 

Comment avez-vous abordé votre carrière et surmonté les épreuves ?
«Lorsque l’on embrasse la carrière de professeur et chercheur en mathématiques, on en connait le parcours et le détail des étapes. On passe une habilitation pour encadrer des doctorants et atteindre le grade de professeur. Une épreuve ? Je n’ai pas obtenu du premier coup mon poste de professeure. J’ai passé des entretiens où je n’ai pas été retenue. A chaque fois, derrière, je sentais grandir ma ténacité. On sait que le concours est très difficile à obtenir. On sait qu’il y a beaucoup de candidats et peu de postes. On peut rebondir, notamment lorsque l’on est très entouré et que l’on bénéficie du soutien de la maison. C’est aussi vrai tout au long de votre carrière avec vos collègues de travail qui parfois, deviennent aussi de grands amis. A un moment de la mienne, mes amies et moi avions à la fois un pied dans les études et l’autre dans la recherche. Oui, j’ai construit de belles, grandes et solides amitiés qui perdurent, dans mes postes antérieurs et actuels.»

Quelles compétences et qualités sont-elles essentielles dans votre domaine d’activité ?
«Il faut être rigoureux, posséder une importante capacité de concentration, ne pas avoir peur de l’échec, donc être tenace et, principalement, être curieux.»

Quels ont été les obstacles franchis et quels sont ceux qui ne s’effacent pas ?
«Je ne vis pas les choses comme des obstacles. Quand je n’obtiens pas ce que je veux, je me dis que ça n’est pas grave. Sur le moment cela agace et c’est même très attristant. Si l’on ne me reconnait pas ce travail, ça n’est pas grave, je continue et j’avance. Je ne peux pas citer d’obstacles qui restent encore un poids pour moi.»

Ce qui vous fait tenir dans l’adversité ?
«Le soutien de ma famille et de la profession.» 

Céline Lacaux DR

Quels regards hommes et femmes portent-ils sur votre façon d’exercer votre métier ?
«Il est compliqué parce que le domaine de la recherche en mathématiques n’est ni parlant ni concret pour les personnes qui ne sont pas issues du milieu. Elles ne savent pas quel est notre apport et lâchent souvent un ‘j’aime pas les maths’.» 

Les petits garçons vont-ils plus vers les mathématiques que les petites filles ?
«Merci d’aborder la question. C’est effectivement vrai. En mathématiques, il y a deux groupes, ce qu’on appelle les mathématiques fondamentales et les mathématiques appliquées. En mathématiques fondamentales, sur le total des enseignants-chercheurs, tous corps confondus, il y a seulement 17% de femmes. Et en mathématiques appliquées, domaine auquel je suis rattachée, nous atteignons les 30%. Effectivement, il y a beaucoup moins de femmes.»

«J’ai notamment observé cela lorsque j’enseignais en école d’ingénieur,
il y avait des années où il n’y avait quasiment pas de filles dans les promotions d’étudiants qui prenaient le parcours mathématiques. Cela pose effectivement la question de la parité homme-femme. Ainsi des femmes vont être sur-sollicitées parce qu’elles sont moins nombreuses que les hommes. Donc, on fait toujours appel aux mêmes femmes pour respecter les règles de parité dans les comités que l’on doit composer.»

Pourquoi les filles empruntent elles moins les parcours de sciences que les garçons ?
«On a des associations qui, justement, étudient cela. Elles portent, dans ce sens, des actions vers les lycéennes, comme le camp ‘Les cigales’ (Centre international de rencontres mathématiques) à Luminy qui propose des stages de mathématiques aux filles. Le problème vient effectivement de ce qui se passe au collège et au lycée. C’est à ce moment-là, à mon avis, qu’il faut agir. Je pense nécessaire de mettre plus l’accent sur les mathématiques et le français. Et il faut dire aux filles qu’elles possèdent la capacité de tout réussir car elles doutent beaucoup plus d’elles que les garçons. Est-ce que c’est un problème sociétal ? De stéréotypes ? Faut-il une prise de conscience des familles et des enseignants ? Je ne sais pas. Ce qui est sûr ? Nous aurons gagné lorsqu’il n’y aura plus de clivage garçon-fille.»

Quels sont les avantages et les inconvénients à être une femme dans un milieu d’hommes ?
«Oui, on peut dire que je travaille dans un milieu d’hommes, ce que je constate notamment lors des conférences que je donne ou auxquelles j’assiste. Pourtant, dans la vie quotidienne, je suis entourée de femmes, du coup, je n’ai pas l’impression d’évoluer dans un milieu dévolu aux seuls hommes.»

Quel conseil donneriez-vous à une femme qui voudrait faire carrière dans votre milieu ? 
«Il ne faut pas ériger, devant soi, des barrières, mais croire en soi et rejeter les stéréotypes que peuvent véhiculer les métiers où les femmes sont peu nombreuses.»

Le mot de la fin, une devise ?
«Etre rigoureux, concentré, absorber l’échec, et ne surtout pas en avoir peur, pour mieux rebondir, car ce sont les échecs qui nous forgent. Enfin, il faut être curieux.»

Les partenaires de cette deuxième édition de la soirée Femmes d’action, femmes d’exception
Le Novotel Avignon centre, la Chambre de commerce et d’industrie de Vaucluse, l’Agence La Chamade à Avignon, Les Femmes chefs d’entreprises Vaucluse (FCE) et les Femmes Vignes Rhône et l’Echo du mardi.

Le programme de la soirée
18h – 18h30 : Accueil ; 18h30 – 19h : Mot de la présidente – présentation de la bourse Envie d’entreprendre Avignon ; 19h – 21h30 : Interventions des invitées puis échanges avec la salle. 21h30 – 22h30 : Moment convivial et d’échanges autour de planches de charcuterie, fromage et dessert.

Les infos pratiques
Jeudi 19 septembre à partir de 18h. Soirée Femmes d’action, Femmes d’exception 2e édition. Soroptimist International Avignon. Novotel Avignon centre. Inscription obligatoire 25€ ici.


Université d’Avignon : un potager partagé sur le campus Jean-Henri Fabre

Le vendredi 5 juillet, un potager partagé a été inauguré en plein cœur du campus Jean-Henri Fabre qui fait partie de l’Université d’Avignon. Initiative agroécologique et environnementale, ce projet, tutoré par les étudiants vauclusiens, vient renforcer la politique écologique menée par Avignon Université.

Une idée qui a germé des esprits des étudiants de la Licence Professionnelle Transition agroécologique des territoires. Ce vendredi 5 juillet 2024, un potager partagé a été inauguré sur le campus Jean-Henri Fabre, institut Agrosciences, Environnement et Santé de l’Université d’Avignon.

Le baptême de ce nouvel espace s’est fait en présence d’Anick Dubois, vice-présidente représentant Joël Guin, président du Grand Avignon, de Céline Bourgeois, vice-présidente déléguée à la transition environnementale d’Avignon Université, de Séverine Suchail, co-responsable de la Licence professionnelle Transition agroécologique et de Georges Linarès, président d’Avignon Université.

Une initiative environnementale et éducative

Le potager partagé sera désormais sous la responsabilité et la gestation des étudiants de la licence qui assureront un suivi régulier à travers une nouvelle unité d’enseignement et d’ouverture (UEO). Largement soutenue par l’association Les Jardins du Colibri qui se bat pour faire entrer la nature en ville, Avignon Université a souhaité à travers ce projet « imaginer une agriculture durable » pour ses occupants.

L’objectif est d’accompagner le parcours des étudiants dans leur volonté de devenir des citoyens engagés dans la transition environnementale. Ce potager qui s’étend sur une parcelle de 500m2, s’inscrit dans la politique de sensibilisation et de formation des étudiants aux enjeux environnementaux, climatiques et sociétaux. Il relèvera également un grand défi pédagogique puisque sa mise est en place devra sensibiliser les étudiants aux bonnes pratiques agricoles, respectueuses de l’environnement et également inciter à la production sans apport d’éléments chimiques de synthèse ni techniques qui peuvent nuire à la biodiversité.

Un rôle social et culturel   

Pour assure la pérennité et le bon fonctionnement de ce potager, des mesures de durabilité, d’autonomie et de respect de l’environnement seront imposées. Un forage a également été créé afin de pouvoir arroser régulièrement la parcelle et des techniques de paillage seront également mis en place pour réduire la consommation en eau, une donnée importante, qui plus est sur le territoire vauclusien.

Différentes techniques agroécologiques seront expérimentées par les étudiants : la culture en lasagne avec une alternance de pelouse, paille, compost et broyat végétaux qui permet de réduire l’arrosage et favorise la qualité microbienne du sol, ou la culture en spirale, qui conduit à cultiver un grand nombre de plantes aromatiques sur une petite surface et constitue un habitat pour la faune auxiliaire.

Le potager partagé d’Avignon Université revêtira également un rôle social en alimentant tous les étudiants avec des légumes sains et locaux, ce qui assurera une qualité nutritive sur les différents sites de la faculté. Si l’inauguration a eu lieu en ce 5 juillet, le potager a déjà assuré ce rôle en produisant 80 laitues qui ont été récoltées fin mai. Une récolte d’oignons et d’échalotes est prévue très prochainement.

Sur le plan culturel, ce potager devrait être reçu comme un lieu de manifestation autour des thématiques de l’environnement durable et comme un espace de convivialité et de vie au sein de l’Université d’Avignon.

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