20 mai 2026 |

Ecrit par le 20 mai 2026

L’utopie n’était pas vaine : le cinéma Utopia d’Avignon fête ses 50 ans

Qui l’eût cru ? Le cinéma Utopia vient de fêter son demi-siècle d’existence. Crée en avril 1976, par 5 « activistes » passionnés de cinéma, cette salle est aujourd’hui devenue une véritable institution avignonnaise. Née de l’idée que le cinéma pouvait être une arme redoutable pour lutter contre tous les ostracismes, l’utopie a fait, avec bientôt 8 cinémas, des émules partout en France. Fidèle à ses engagements fondateurs Utopia fait figure aujourd’hui de foyer de résistance. Récit d’une aventure réjouissante.

Conduite par Anne-Marie Faucon et Michel Malacarnet, une poignée de 5 allumés, se qualifiant eux-mêmes d’inadaptés sociaux, que la nécessité d’une alternative avait réuni, eurent l’idée, au début des années 70, de créer une salle de cinéma qui donnerait à voir ce qui pourrait ouvrir les cœurs et les esprits. Des films venus de tous horizons histoire d’élargir ceux des spectateurs. Pour mener à bien ce projet ils leur fallait trouver un lieu. Ils réussissent à convaincre, le temps d’un bail, et pas plus, des curés qui leur louèrent une salle de patronage inoccupée place Miollis, à Aix-en-Provence. Si ces dignes représentants du clergé ont un temps pensé voir dans la démarche de ces jeunes militants des complices idéologiques, voir des frères d’armes, ils ont vite déchanté. La programmation de leur salle se faisait, entre autres, l’écho de nombre de combats sociétaux du moment, bien loin de ceux de l’église à cette époque : avortement, contraception, homosexualité… Inutile de préciser qu’au terme du bail nos amis furent priés d’aller prêcher sur d’autres terres.

En 1993, Utopia s’agrandit et s’implante dans un ancien entrepôt situé rue des Escaliers Saint-Anne, derrière le Palais des papes

Comme dans les belles histoires, une rencontre fortuite, permirent à nos 5 mousquetaires de poursuivre leurs quêtes et leurs combats. N’oublions pas qu’à cette époque post soixante-huitarde, les luttes étaient pléthoriques. Qu’il s’agisse de la guerre du Vietnam, de l’arrivée des dictatures en Amérique du Sud, des premières prises de conscience écologiques avec l’avènement de la société de consommation, de la montée du racisme dans les pays occidentaux… bref il y avait de la matière et il était essentiel de pouvoir continuer le combat. Et, à l’époque il y avait peu de place pour les compromissions. C’est alors que Herbert Maza, le fondateur de l’Institut Américain d’Aix-en-Provence proposa aux jeunes activistes de poursuivre leur aventure dans la ville d’Avignon, dans une chapelle désacralisée, à proximité de l’Institut Américain d’Avignon, 5 rue Figuières. C’est ainsi que naquit le 16 avril 1976, le cinéma Utopia. La salle existe toujours, elle a pris la dénomination d’Utopia République. En 1993, Utopia s’agrandit et s’implante dans un ancien entrepôt situé rue des Escaliers Saint-Anne, derrière le Palais des papes. On ne peut s’empêcher de remarquer qu’encore une fois la religion n’est pas très loin… même si l’évangile n’est pas tout à fait la même. Dans ce nouveau cinéma baptisé la Manutention 4 salles sont ouvertes. Toutes sont classées « art et essai » avec les trois labels qui vont bien « Recherche et découverte », « Jeune public », « Patrimoine et répertoire ». Un must. La programmation est toujours aussi éclectique et engagée, et surtout, fait assez rare pour être souligné, tous les films sont vus par les collaborateurs du cinéma avant d’être proposés aux spectateurs. Une occasion de confronter des points de vue et des opinions pas toujours convergentes. C’est de là que naît la richesse.

« Offrir le meilleur du cinéma au plus grand nombre, sans faire de concession à des produits mercantiles et décevants, en refusant publicité et produits nuisibles pour la santé » 

Chez Utopia on peut participer à des avant-premières, des rencontres avec les réalisateurs et à des débats. Bien sûr, la VO est obligatoire et la 3D bannie (comme les pop-corn). « Offrir le meilleur du cinéma au plus grand nombre, sans faire de concession à des produits mercantiles et décevants, en refusant publicité et produits nuisibles pour la santé » telle est la devise de la maison.

Les relations avec les spectateurs restent une priorité. Un exemple : si vous appelez (par téléphone) le cinéma pour vous renseigner sur les horaires d’un film ce ne sera pas un répondeur que vous aurez au bout de la ligne mais un des collaborateurs du cinéma. Et comme tous ont vu les films avant qu’ils ne soient programmés, ils pourront même vous aider dans votre choix.

Si Utopia dispose d’un site internet, récemment relooké, qui renseigne sur sa programmation et son actualité, son premier support d’information reste un magazine papier. Encore une singularité à l’heure du numérique à tous les étages. « La fameuse gazette Utopia » qui toutes les 5 semaines est attendue comme pour sa programmation et ses critiques aiguisées. Cette gazette, dont le tirage (entre 30 et 40 000 exemplaires) pourrait rendre jaloux tous les journaux culturels existants, reste un outil essentiel. La « bible des cinéphiles » si on veut poursuivre dans l’analogie.

Aujourd’hui, Utopia c’est 7 cinémas un peu partout en France et bientôt un huitième, du côté de Bordeaux

Après la naissance des salles avignonnaises plusieurs cinémas ont rejoint l’étendard Utopia. Il s’agissait d’une sorte de franchise totalement libre. Il suffisait d’être en accord avec les valeurs et de partager la même programmation. « La franchise Utopia » fut à géométrie variable avec beaucoup d’entrées et de sorties et des projets un peu fou comme ce ciné bus qui dans les années 80 proposait un autre cinéma dans les villages des Landes. Aujourd’hui Utopia c’est 7 cinémas un peu partout en France et bientôt un huitième, du côté de Bordeaux. Chaque cinéma est totalement indépendant et pour celui d’Avignon il est organisé en coopérative. Les salariés qui le désirent peuvent être actionnaire de l’entreprise. Un exercice de démocratie quotidienne pas toujours facile mais qui assure une pérennité et une certaine viabilité au projet. A noter qu’Utopia ne bénéficie pas de subvention. Un moyen de ne pas avoir de comptes à rendre et de rester indépendant.

La part des anges

Les cinémas Utopia ne partagent pas uniquement leur programmation, récemment une nouvelle structure les réunit. Elle a pour fonction de mutualiser un certaine nombre de fonctions qui peuvent l’être comme la gazette et elle a aussi pour vocation aussi apporter des coups de mains nécessaires aux salles qui en auraient besoin. Cette entraide a été baptisée « la part des anges »… On est toujours dans l’évocation religieuse. Ca finit par être énervant

A l’heure de l’individualisme triomphant et de l’argent roi, Utopia apporte un peu de fraîcheur et de bonnes raison d’espérer…. En tout cas l’utopie n’aura pas été vaine surtout en ces temps de montée des radicalismes et des velléités de contrôle des médias et de la culture.

Pour en savoir plus sur l’histoire d’Utopia
avignon.cinemas-utopia.org
Le film de Julien Feret : « J’aime la vie, je fais du vélo, je vais au cinéma »
Le livre de Michael Bourgatte : « Utopia, une utopie culturelle » (en vente aux caisses du ciné)
Le livre d’Olivier Alexandre : « Utopia, à la recherche d’un cinéma alternatif », édité par l’institut Jean Vigo


L’utopie n’était pas vaine : le cinéma Utopia d’Avignon fête ses 50 ans

L’Onap, l’orchestre national d’Avignon Provence et le Cinéma Utopia Manutention proposent une séance unique du documentaire Les Enfants de Las Brisas, lundi 29 janvier à 20h suivie d’une rencontre avec Christophe Talmont, chef d’orchestre El Sistema, et Mahmoud Makke flûtiste formé par El Sistema au Venezuela et professeur intervenant de Démos Avignon-Provence à Avignon.

L’histoire : Edixon, Dissandra et Wuilly vivent dans l’un des quartiers les plus pauvres et les plus dangereux de la ville de Valencia, au Venezuela dénommé ‘Las Brisas’. Pour ces trois enfants, la musique est une promesse d’évasion. Film Les enfants de Las brisas de la réalisatrice : Marianela Maldonado Venezuela/ France 2023.

Sortir de la pauvreté et de l’insécurité grâce à la musique
«Un enfant matériellement pauvre devient spirituellement riche grâce à la musique.» Cette parole est celle de José Antonion Abreu. En 1975, ce maestro fonde ‘El sistema’, un programme d’éducation musicale destiné aux jeunes vénézuéliens.

Un programme qui a déjà touché plus d’un million d’enfants
Plus d’un million d’entre-eux ont déjà été concernés par cet ambitieux programme. Edixon, Dissandra et Wuilly en font partie. Leur rêve ? Pouvoir un jour intégrer un orchestre symphonique. Pendant 10 ans, nous suivons le quotidien de ces trois musiciens animés par la détermination, le rêve et l’espoir d’une vie meilleure.

Une chronique poignante signée Marianela Maldonado
Avec ce documentaire, Marianela Maldonado livre une chronique poignante, sincère et délicate, où l’intimité et le collectif se font écho. Sa proximité avec ces jeunes, avec qui elle a su nouer des liens forts, apporte un éclairage intime et bouleversant sur ce pays, confrontant les rêves individuels d’enfants aux promesses d’un régime qui sombre dans la corruption et la misère. Dans les décombres de ces rêves brisés restent trois jeunes adultes que la musique a fait grandir envers et contre tout.

Un parcours Démos Avignon-Provence
Cette projection est organisée dans le cadre du parcours d’éducation artistique et culturelle Démos Avignon-Provence 2023/2024. Un cycle de découverte de l’Orchestre et de l’Opéra à destination des enfants Démos et leur entourage mais aussi une projection, un concert et des conférences sur le thème de l’enfant musicien ouvert au tout public.

Les infos pratiques
Les places sont à acheter au cinéma Manutention, une dizaine de jours avant ou le soir même. Les tarifs sont ceux du cinéma : plein tarif : 7,50€, tarif pour les moins de 14 ans : 4,50€ ou tarif abonnement. Une séance pour les scolaires est également prévue le 25 janvier. Cinéma Utopia Manutention. 4, rue des escaliers Sainte-Anne, 84 000 Avignon.


L’utopie n’était pas vaine : le cinéma Utopia d’Avignon fête ses 50 ans

Le chef d’oeuvre de Murnau « Nosferatu le vampire» en ciné-concert

Ce chef d’ oeuvre du cinéma muet, typique du courant expressionniste allemand des années 20 a été adapté fidèlement du mythe de Dracula de Bram Stoker dont il n’avait pas les droits. Le  voyage dans la Transylvanie de 1838 d’un agent immobilier qui n’en sortira pas indemne.

Un ciné concert  de l’ARFI en co-production AJMi et Utopia.

L’Association à la Recherche d’un Folklore Imaginaire (ARFI) est une compagnie subventionnée par le Ministère de la Culture, Drac Auvergne-Rhône-Alpes, la Région Auvergne-Rhône-Alpes, la Ville de Lyon et la Sacem. C’est un collectif créé en 1978 par l’union de deux orchestres : le Marvelous Band et le Workshop de Lyon.

Pour cette création, Guillaume Grenard a composé la musique pour un trio à cordes composé de Clémence Cognet, Colin Delzant et Christophe Gauvert.

Samedi 10 décembre. 18h30. 12€. Cinéma Utopia. La Manutention. 4, rue des Escaliers Sainte-Anne. Avignon. 04 90 82 65 36. www.cinemas-utopia.org


L’utopie n’était pas vaine : le cinéma Utopia d’Avignon fête ses 50 ans

Le Collectif Sauve qui poule organise une projection du documentaire de Marie Monique Robin, “la Fabrique des pandémies” jeudi 6 octobre, 20h15, au cinéma Utopia, 4, rue des escaliers St Anne à Avignon. Après la diffusion du documentaire, le collectif fera le point sur l’élevage des volailles en plein air remis en cause par la grippe aviaire.

Déroulé de la soirée
19h – accueil par les collectifs, point sur l’épidémie de grippe aviaire,
20h15 – diffusion du documentaire La fabrique des pandémies de Marie-Monique Robin,
21h55 – suivi d’une discussion avec l’équipe de Foll’Avoine, le Réseau des Amap de Provence et le Collectif Sauve qui poule.

Le cœur du sujet
La biodiversité joue un rôle protecteur pour l’humanité. Plus on déforeste plus on perd de biodiversité, plus on a d’épidémie, c’est la fabrique des pandémies. Il faut agir avant qu’il soit trop tard. Le grand public n’en n’est souvent pas informé. De Madagascar au Kenya en passant par la Thaïlande les chercheurs alertent pourtant depuis des années, le film leur offre une tribune planétaire. « Ce qui m’a marquée ? C’est à quel point des scientifiques de mondes différents se rejoignent dans leurs observations, connaissance, remarque Juliette Binoche. Les scientifiques ? Ils souffrent de ne pas être écoutés. Le tour de force de ce documentaire ? Il dénonce l’inaction de ceux qui nous gouvernent.

La fabrique des pandémies de Marie-Monique Robin
Sras, Ebola, Fièvre de Lassa, Covid-19… Depuis le début des années 2 000, l’humanité est confrontée à au moins une nouvelle maladie infectieuse par an. Toutes ces maladies émergentes sont des zoonoses, des maladies transmises par des animaux aux humains.
En précipitant l’effondrement de la biodiversité, les activités humaines sont les responsables de cette ‘épidémie de pandémies’, selon un grand nombre de scientifiques. ‘La santé planétaire’, c’est la réponse qu’ils proposent face à cette menace : une conception globale de la santé pour prendre soin tout à la fois des hommes, des animaux et des écosystèmes.
C’est Juliette Binoche qui nous sert de guide dans ce voyage à la rencontre de ces ‘écologues de la santé’. Avec elle nous découvrons comment, sur le front de la déforestation, des monocultures et de l’élevage industriel, mais aussi du dérèglement climatique, aux quatre coins du monde, de multiples vigies scientifiques surveillent la propagation de nouveaux agents pathogènes, et travaillent avec les populations locales pour en limiter les risques.
La fabrique des pandémies de Marie-Monique Robin – documentaire France 2022 1h40mn – avec Juliette Binoche… Musique d’Emily Loizeau C’est aussi un ouvrage ici.

Sauve qui poule, que vont devenir les éleveurs fermiers ?
Le collectif Sauve qui poule fera le point sur l’épidémie de grippe aviaire en France et en Vaucluse avec Carole Sanchez, présidente et Denis Surgey, éleveurs, portes-paroles du Collectif Sauve qui poule et André Lopez, coordinateur du Réseau des Amap (Association pour le maintien de l’agriculture paysanne) de Provence également porte-parole du Collectif Sauve qui poule.

Elevage de poules en plein air

Collectif Sauve qui poule
Il regroupe les éleveurs fermiers et les consommateurs usagers des AMAP (association pour le maintien d’une agriculture paysanne) et des circuits courts pour soutenir ensemble la filière paysanne avicole mise en péril par les obligations sanitaires imposées par les différents arrêtés biosécurité aviaire et incompatibles avec le modèle d’élevage fermier. Ce collectif est ouvert à tous les Consom’Acteurs sans distinction qui recherchent des productions de qualité et un lien direct avec ceux qui produisent leur alimentation.

Les Amap de Provence  
L’Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne (Amap) est composée de consommateurs (dits Amapiens) qui deviennent partenaires d’une ferme. Un engagement contractuel permet au paysan d’assurer à l’avance la commercialisation de ses produits et à l’Amapien d’obtenir un panier des produits de la ferme. L’Amap et le Paysan s’engagent dans une démarche éthique : une Amap associe des consommateurs avec des Paysans locaux dans l’objectif de préserver l’existence et la continuité des fermes de proximité dans une logique d’agriculture paysanne, c’est-à-dire la plus autonome, saine, diversifiée et juste possible.

A propos des Amapiens
Elle propose aux Amapiens d’acheter, à un prix juste, des produits d’alimentation de qualité, en étant informés de leur origine et de la façon dont ils ont été produits. Les 138 AMAP de Provence soutiennent les 40 éleveurs de volailles de plein air affiliés. L’association Foll’Avoine, également partenaire promeut la biodiversité sans OGM (organisme génétiquement modifié) ni brevet sur le vivant, la protection des terres fertiles et les alternatives aux pesticides.

Elevage de poules en batterie

Enfin, cette vidéo de Brut sur un élevage en batterie des poules. Ames sensibles s’abstenir.

https://www.echodumardi.com/tag/utopia-manutention/   1/1