2 novembre 2026 |

Ecrit par le 2 novembre 2026

Animation : quand Avignon se ‘loop’ en beauté

Trois jours, 6 lieux, 2 parrains, 30 cessions et animations, plus de 50 structures représentées, 150 professionnels… Loop ambitionne d’apporter un nouveau regard sur l’animation et faire d’Avignon sa capitale durant l’événement.

Du mardi 13 au jeudi 15 octobre prochains, Avignon accueille la 2e édition du ‘Loop’. Ce rendez-vous dédié aux professionnels de l’Animation permet notamment d’évoquer les problématiques du secteur, de partager les expériences ainsi que d’évoquer les méthodes et solutions de cette filière qui connait un fort développement sur le bassin de vie d’Avignon et le Vaucluse depuis quelques années.

« Loop est pensé par celles et ceux qui font l’animation, et par celles et ceux qui la regardent : studios, sociétés de production, diffuseurs, écoles, talents émergents et toutes celles et ceux qui l’aiment, explique l’équipe du Loop. Une animation plus épanouie, mieux financée, plus ouverte à tous les écrans : ce n’est pas seulement un vœu, c’est ce que nous allons construire ensemble à Avignon. »

Jacques Bled, le ‘père’ des Minions et parrain du Loop 2025. Crédit : Barbara Buchmann-Cotterot

Deux fois plus de professionnels pour l’édition2026
Le pari semble en passe d’être gagné, notamment auprès des professionnels. En effet, ils étaient 70 (dont plus de 50% de studios et de sociétés de production) à avoir participé à la première édition l’an dernier. Ils sont désormais plus du double à participer en 2026 avec 150 professionnels accrédités dans le cadre d’une jauge volontairement limitée par les organisateurs.

« Avoir un nouvel événement comme ça qui va contribuer à renforcer la dynamique et la réflexion autour du cinéma d’Animation, c’est extrêmement important », expliquait d’ailleurs l’an dernier, Jacques Bled, le ‘père’ des Minions, président d’Illumination Studios Paris et parrain du Loop 2025.

« L’animation irrigue le cinéma. ; »

« L’animation n’est plus un silo, expliquent les organisateurs issus de l’association La Boîte a qui l’on doit le succès du Frames festival à Avignon depuis 10 ans. Elle irrigue le cinéma, le jeu vidéo, les réseaux sociaux, le documentaire, la VR. Les créateurs et créatrices d’aujourd’hui ne choisissent plus entre les disciplines : ils et elles les traversent. Les professionnels qui les accompagnent doivent faire de même, mais le temps du dialogue, lui, tend à se réduire. LOOP existe pour cela : une parenthèse où cette réalité peut se dire, se confronter et produire du concret. Pas un catalogue de tendances, pas une vitrine : un lieu de travail et de projets qui avancent. Nous sommes nés en pleine crise, avec l’ambition d’ouvrir un espace pour penser et construire la suite. »

Crédit photo : Barbara Buchmann-Cotterot

Ce qui distingue Loop des autres événements du secteur
La recherche – En partenariat avec Avignon université, Loop produit chaque année des livrables concrets – analyses sectorielles, feuilles de route, recommandations – pour apporter des pistes de solution dans un secteur en crise. Ces travaux alimentent la filière bien au-delà des trois jours de l’événement.
La culture de tous les écrans – Du cinéma à You tube, Loop reconnaît l’ensemble des territoires de création et de diffusion comme légitimes et stratégiques. Une expertise ancrée dans l’expérience des organisateurs avec le Frames Web Video Festival et l’appel à projets ‘Frames, Scam et Loop’.

Ouverture vers le grand public
Si l’essentiel des cessions se déroulera à la Villa Créative, plusieurs animations et événement seront également organisés à l’Utopia Manutention, à l’Utopia République, au théâtre du Chêne Noir, au ciné Vox ainsi qu’au cinéma Capitole my Cinewest au Pontet.
De quoi encore ouvrir davantage l’événement au grand public. Ainsi, ils étaient 200 à avoir participé à la masterclass de Jacques Bled à l’université d’Avignon. Cette année, les organisateurs du Loop tablent sur 600 à 800 personnes.

Pour cela, l’événement soutenu par les collectivités du territoire (le Grand Avignon, la Région Sud, le Département de Vaucluse, la Ville d’Avignon ou bien encore Vaucluse Provence Attractivité) propose plusieurs des projections gratuites sur inscriptions, des masterclass, une soirée ‘Nos dessins animés des années 80’ ainsi qu’un concert Cécile Corbel, harpiste française qui a signé la bande originale d’Arrietty pour le studio japonais Ghibli, co-fondé par le ‘maître’ Hayao Miyazaki

Sarah Delmas et David Mirailles, marraine et parrain de l’édition 2026 du Loop. Crédit : DR/Loop

Le tout sous le parrainage Sarah Delmas et David Mirailles, marraine et parrain de cette deuxième édition. Après un Doctorat en Pharmacie, la première intègre Folivari en 2015 et se spécialise en production d’animation. Comme productrice, elle se consacre à la recherche de talents, au développement éditorial et au financement des œuvres. Elle a notamment accompagné les longs-métrages Carmen, l’oiseau rebelle et Miss Mermaid, les séries Samsam – Aventures cosmiques, Les Quatre de Baker Street ainsi que le court métrage La Fée des Roberts.

De son côté, David Mirailles a d’abord étudié la bande dessinée et le cinéma d’animation avant de créer un éventail de courts métrages pour divers partenaires (dont la BBC et Riot Games). En 2017, il crée Les Groos sous forme de bande dessinée, avant de les adapter en épisodes animés qu’il publie sur TikTok et Instagram à partir de 2021. Il cumule désormais sur les deux applications plus de 33M de vues et 650K abonnés. Il adaptera ensuite son propre contenu en web-série avec l’aide de Bobby Prod : Les Groos, la série, qui sera diffusée sur Arte.tv en 2026.
Ils participeront notamment à la plénière d’ouverture, à plusieurs projections, des tables-rondes ainsi que la remise des prix du concours ‘Nouveaux regards’ (voir encadré).

Laurent Garcia

Loop#2. Du mardi 13 au jeudi 15 octobre 2026. Programme complet sur ce lien

Concours Nouveaux regards, première
Pour cette édition 2026, Loop lance son premier concours de films pour révéler les nouveaux regards de l’animation. Quatre prix récompenseront les courts métrages réalisés en France par des créateurs et créatrices en début de carrière. Un jury de professionnels départagera une quinzaine de films retenus en amont parmi près de 70 films réalisés cette année par des écoles ou des indépedants.
Programme – Jeudi 15 octobre
14h30 Utopia République · Projection de la sélection en présence du jury. Entrée libre, inscription obligatoire.
21h30 Villa Créative · Remise des quatre prix.

LE PROGRAMME

Mardi 13 octobre – Ouverture
14h30 – Sessions parallèles : formation aux écoles d’animation (Gobelins, RECA, ATI Paris 8, Onisep PACA) et pitchs inversés de décideuses et décideurs (ARTE, Canal+, France Télévisions, Cofiloisirs/BNPP, Avignon Tourisme). Modération : Judith Caceres (Avignon Université).
16h00 – WIP Keiko et le monde flottant (Ciné Vox) · Entrée libre
16h30 – Sessions parallèles : adapter les aides à la réalité des productions (AnimFrance, Pictanovo, Région SUD, SudAnim, Cofiloisirs) et entretien Annecy, histoire(s) d’un festival hors normes (Villa Créative > Auditorium, Mickaël Marin et Dominique Puthod – CITIA, animé par Véronique Dumon / Adalbert & Cie) · Entrée libre
18h30 – Plénière d’ouverture (Villa Créative > Auditorium). Présentation des livrables issus de l’édition précédente, prises de parole de la marraine et du parrain, des grands partenaires et des partenaires institutionnels.
20h00 – Soirée Atlantis Studio au Bibendum. Avant-première du jeu vidéo Beyond the dark: Nightwatch.
20h00 – Avant-première de Carmen, l’oiseau rebelle (Utopia Manutention). En présence de Sarah Delmas (Folivari), Santiago Otheguy, Marjorie Caup et Fanny Kauffer (Les Astronautes). Séance payante.

Mercredi 14 octobre
10h30 – Sessions parallèles : développer sa chaîne YouTube (Marine Gross / YouTube, Soupir Films) et l’animation autrement – médiation culturelle et scientifique (Grand Avignon, Les Fées Spéciales, Escalenta, Universcience).
11h00 – Entretien croisé marraine et parrain (Villa Créative > Galerie 2) · Tout public · Animé par Sarah Yaacoub
14h00 – Sessions parallèles : pitchs de l’appel à projets « Raconter le réel en animation » – FRAMES x LaScam x LOOP (jury : Virginie Béjot, ARTE Créations Numériques) et distribuer l’animation indépendante (La Station Animation, Miyu Distribution, Gebeka Films, Benshi, Soupir Films, Utopia Avignon).
14h00 – Projection de Mochy le chien le plus moche du monde (Capitole my CINEWEST, Le Pontet). Séance payante – billetterie et tarifs Capitole my CINEWEST.
16h00 – Sessions parallèles : produire mieux avec les outils du jeu vidéo (INRIA, Cartosphère, École des Nouvelles Images) et créer de l’animation pour les réseaux : liberté totale, économie fragile ? (YouTube, David Mirailles, Kick Sama, Bobbypills, Xilam, Salgoss).
16h00 – WIP Inspecteur Croquettes (Ciné Vox) · Entrée libre
18h00 – L’IA dans l’animation : des usages réels aux imaginaires de demain (INRIA, Miraculous Corp, Stim Studio). Modération : Roxane Tyrbas (LA BOÎTE).
20h00 – Soirée networking professionnel·les (Villa Créative).
20h00 – Soirée « Nos dessins animés des années 80 » – repas accrédité·es (Le Delirium). 21h30 : ouverture au public – blindtest & karaoké.

Jeudi 15 octobre – Journée Concours
10h30 – Sessions parallèles : Grandir sans se perdre (Jérémie Périn, Amandine Fredon, France Télévisions, Avec ou sans Vous) et Financer son film autrement (Ulule, proarti, Bobbypills, Andarta Pictures, Cofinova).
11h00 – Avant-première Anonymes (Ciné Vox, 180 places) · Entrée libre
14h00 – Projection du Concours Nouveaux Regards (Utopia République) · Entrée libre · De 14h à 17h avec pause
14h30 – Sessions parallèles : Raconter notre monde en animation (France Télévisions, Feurat Alani, Chromatik, Anoki) et Comment financer ses frais généraux sans catalogue (Xilam, La Cachette/Duetto, Bpifrance, Avec ou sans Vous).
16h30 – Comment les studios s’adaptent aux situations de handicap (Supamonks, La Station Animation). Modération : Pascal Parsat.
19h30 – Concert Cécile Corbel (Théâtre du Chêne Noir, 125 places) · 5€ TTC
20h30 – Soirée de clôture en partenariat avec l’École des Nouvelles Images (Villa Créative). Remise des prix du Concours à 21h30.

Crédit : Cette année, l’affiche du Loop provient de l’univers haut en couleur du film d’école ‘Croisière’, réalisé à l’École des Nouvelles Images par Théo Alessandri, Cynthia Cordier, Morgane Derail, Charles Esteve, Charlotte Gognet et Thalie Reboul.


L’utopie n’était pas vaine : le cinéma Utopia d’Avignon fête ses 50 ans

Qui l’eût cru ? Le cinéma Utopia vient de fêter son demi-siècle d’existence. Crée en avril 1976, par 5 « activistes » passionnés de cinéma, cette salle est aujourd’hui devenue une véritable institution avignonnaise. Née de l’idée que le cinéma pouvait être une arme redoutable pour lutter contre tous les ostracismes, l’utopie a fait, avec bientôt 8 cinémas, des émules partout en France. Fidèle à ses engagements fondateurs Utopia fait figure aujourd’hui de foyer de résistance. Récit d’une aventure réjouissante.

Conduite par Anne-Marie Faucon et Michel Malacarnet, une poignée de 5 allumés, se qualifiant eux-mêmes d’inadaptés sociaux, que la nécessité d’une alternative avait réuni, eurent l’idée, au début des années 70, de créer une salle de cinéma qui donnerait à voir ce qui pourrait ouvrir les cœurs et les esprits. Des films venus de tous horizons histoire d’élargir ceux des spectateurs. Pour mener à bien ce projet ils leur fallait trouver un lieu. Ils réussissent à convaincre, le temps d’un bail, et pas plus, des curés qui leur louèrent une salle de patronage inoccupée place Miollis, à Aix-en-Provence. Si ces dignes représentants du clergé ont un temps pensé voir dans la démarche de ces jeunes militants des complices idéologiques, voir des frères d’armes, ils ont vite déchanté. La programmation de leur salle se faisait, entre autres, l’écho de nombre de combats sociétaux du moment, bien loin de ceux de l’église à cette époque : avortement, contraception, homosexualité… Inutile de préciser qu’au terme du bail nos amis furent priés d’aller prêcher sur d’autres terres.

En 1993, Utopia s’agrandit et s’implante dans un ancien entrepôt situé rue des Escaliers Saint-Anne, derrière le Palais des papes

Comme dans les belles histoires, une rencontre fortuite, permirent à nos 5 mousquetaires de poursuivre leurs quêtes et leurs combats. N’oublions pas qu’à cette époque post soixante-huitarde, les luttes étaient pléthoriques. Qu’il s’agisse de la guerre du Vietnam, de l’arrivée des dictatures en Amérique du Sud, des premières prises de conscience écologiques avec l’avènement de la société de consommation, de la montée du racisme dans les pays occidentaux… bref il y avait de la matière et il était essentiel de pouvoir continuer le combat. Et, à l’époque il y avait peu de place pour les compromissions. C’est alors que Herbert Maza, le fondateur de l’Institut Américain d’Aix-en-Provence proposa aux jeunes activistes de poursuivre leur aventure dans la ville d’Avignon, dans une chapelle désacralisée, à proximité de l’Institut Américain d’Avignon, 5 rue Figuières. C’est ainsi que naquit le 16 avril 1976, le cinéma Utopia. La salle existe toujours, elle a pris la dénomination d’Utopia République. En 1993, Utopia s’agrandit et s’implante dans un ancien entrepôt situé rue des Escaliers Saint-Anne, derrière le Palais des papes. On ne peut s’empêcher de remarquer qu’encore une fois la religion n’est pas très loin… même si l’évangile n’est pas tout à fait la même. Dans ce nouveau cinéma baptisé la Manutention 4 salles sont ouvertes. Toutes sont classées « art et essai » avec les trois labels qui vont bien « Recherche et découverte », « Jeune public », « Patrimoine et répertoire ». Un must. La programmation est toujours aussi éclectique et engagée, et surtout, fait assez rare pour être souligné, tous les films sont vus par les collaborateurs du cinéma avant d’être proposés aux spectateurs. Une occasion de confronter des points de vue et des opinions pas toujours convergentes. C’est de là que naît la richesse.

« Offrir le meilleur du cinéma au plus grand nombre, sans faire de concession à des produits mercantiles et décevants, en refusant publicité et produits nuisibles pour la santé » 

Chez Utopia on peut participer à des avant-premières, des rencontres avec les réalisateurs et à des débats. Bien sûr, la VO est obligatoire et la 3D bannie (comme les pop-corn). « Offrir le meilleur du cinéma au plus grand nombre, sans faire de concession à des produits mercantiles et décevants, en refusant publicité et produits nuisibles pour la santé » telle est la devise de la maison.

Les relations avec les spectateurs restent une priorité. Un exemple : si vous appelez (par téléphone) le cinéma pour vous renseigner sur les horaires d’un film ce ne sera pas un répondeur que vous aurez au bout de la ligne mais un des collaborateurs du cinéma. Et comme tous ont vu les films avant qu’ils ne soient programmés, ils pourront même vous aider dans votre choix.

Si Utopia dispose d’un site internet, récemment relooké, qui renseigne sur sa programmation et son actualité, son premier support d’information reste un magazine papier. Encore une singularité à l’heure du numérique à tous les étages. « La fameuse gazette Utopia » qui toutes les 5 semaines est attendue comme pour sa programmation et ses critiques aiguisées. Cette gazette, dont le tirage (entre 30 et 40 000 exemplaires) pourrait rendre jaloux tous les journaux culturels existants, reste un outil essentiel. La « bible des cinéphiles » si on veut poursuivre dans l’analogie.

Aujourd’hui, Utopia c’est 7 cinémas un peu partout en France et bientôt un huitième, du côté de Bordeaux

Après la naissance des salles avignonnaises plusieurs cinémas ont rejoint l’étendard Utopia. Il s’agissait d’une sorte de franchise totalement libre. Il suffisait d’être en accord avec les valeurs et de partager la même programmation. « La franchise Utopia » fut à géométrie variable avec beaucoup d’entrées et de sorties et des projets un peu fou comme ce ciné bus qui dans les années 80 proposait un autre cinéma dans les villages des Landes. Aujourd’hui Utopia c’est 7 cinémas un peu partout en France et bientôt un huitième, du côté de Bordeaux. Chaque cinéma est totalement indépendant et pour celui d’Avignon il est organisé en coopérative. Les salariés qui le désirent peuvent être actionnaire de l’entreprise. Un exercice de démocratie quotidienne pas toujours facile mais qui assure une pérennité et une certaine viabilité au projet. A noter qu’Utopia ne bénéficie pas de subvention. Un moyen de ne pas avoir de comptes à rendre et de rester indépendant.

La part des anges

Les cinémas Utopia ne partagent pas uniquement leur programmation, récemment une nouvelle structure les réunit. Elle a pour fonction de mutualiser un certaine nombre de fonctions qui peuvent l’être comme la gazette et elle a aussi pour vocation aussi apporter des coups de mains nécessaires aux salles qui en auraient besoin. Cette entraide a été baptisée « la part des anges »… On est toujours dans l’évocation religieuse. Ca finit par être énervant

A l’heure de l’individualisme triomphant et de l’argent roi, Utopia apporte un peu de fraîcheur et de bonnes raison d’espérer…. En tout cas l’utopie n’aura pas été vaine surtout en ces temps de montée des radicalismes et des velléités de contrôle des médias et de la culture.

Pour en savoir plus sur l’histoire d’Utopia
avignon.cinemas-utopia.org
Le film de Julien Feret : « J’aime la vie, je fais du vélo, je vais au cinéma »
Le livre de Michael Bourgatte : « Utopia, une utopie culturelle » (en vente aux caisses du ciné)
Le livre d’Olivier Alexandre : « Utopia, à la recherche d’un cinéma alternatif », édité par l’institut Jean Vigo


Utopia : projection de ‘Six’ de Çagla Zencirci et Guillaume Giovanetti

Le film expérimental ‘Six’ de Çagla Zencirci et Guillaume Giovanetti sera diffusé au cinéma Utopia d’Avignon le mardi 22 avril à 18h30.

La séance exceptionnelle de ce court-métrage de 28 minutes sorti en 2009 est organisée par l’École supérieure d’art d’Avignon, dans le cadre de son workshop Cinema Go-En : La première personne que vous croisez dans la rue peut devenir le sujet d’un film.

Se déroulant à Tokyo dans le bar célèbre de La Jetée, le tournage a été préparé en peu de temps, rassemblant des acteurs non professionnels, qui par ailleurs ne se connaissaient pas. “Ce qui a permis aux personnages de se libérer facilement pour se prêter au jeu de la caméra et ainsi de s’impliquer sans pression dans leur rôle, révélant ainsi plusieurs facettes de la société Tokyoïte. Ces limitations ont également donné au film un aspect spontané, humain.” expliquent Çagla Zencirci et Guillaume Giovanetti.

“Le travail de caméra singulier sur chacun des personnages fonctionne par échos et oppositions. Au final, nous avons simplement voulu avoir un film de cinéma” résument les deux réalisateurs qui ont collaboré ensemble sur 7 fictions et documentaires depuis 2004. L’œuvre a été produite par Envie de Tempête, société spécialisée depuis 2000 dans l’accompagnement des auteurs aux projets singuliers.

A.R.C

Six de Çagla Zencirci et Guillaume Giovanetti. VOSTF. Cinéma Utopia. Rue des escaliers Sainte-Anne. Tarif 3€50.  


Cinéma : En route pour la Grâce ?

Du grand rien dans du grand nulle-part. Un tout, d’où surgit « La grâce » d‘Ilya Povolotsky, cinéaste russe. Dur et magistral.

C’est une histoire dure. Alors elle se raconte en silence, car elle est habitée par l’indicible chagrin de la fille, l’éblouissante Maria Lukyanova. Et de son père – le valeureux Gela Chitava – qui l’accompagne de la rivière à la mer. On ne sait rien d’autre.
La seule chose qui aille, c’est leur van qui brinqueballe. Dans un néant inouï.
Vivre, c’est persister. Tout est tragique, rien ne nous sauve. On baigne dans la Russie éternelle de Dostoïevsky, écrasée par un quotidien d’airain. Le réel est le signe de son au-delà. Il faut apprendre à distinguer, faute de savoir lire. Voyons ça.

Le van est rouge.
Comme le sang de la fille. Elle se lave dans la rivière, en rapporte un bidon d’eau qu’elle réussit à peine à porter, comme tous ceux qui en ont fait la nécessaire expérience : l’eau, c’est la vie. Mais c’est aussi un fardeau que nos forces ne peuvent jamais excéder malgré notre volonté. Il faut bien voir de quel bois nous sommes faits. Le ton est donné.

©DR

Le van porte un logo a trois branches.
La fille fait face à un soleil pâle, en route pour le Nord. L’éolienne géante la masque, à chaque rotation de ses trois pales qui semblent la décapiter sans fin.
C’est périlleux un voyage à deux, quand on ne sera plus jamais trois.

La mère est morte. Le père n’a pas de plan, comme le souligne cruellement la fille qui s’inquiète de savoir ce qu’il pourra bien faire quand « tout le monde aura Internet ». C’est-à-dire quand il n’y aura plus la moindre poésie possible.
Déjà, tout accable, rien ne sourit : le paysage atroce, le vide des âmes, les personnages aux boussoles fantomatiques – prodigues de paroles rares et énigmatiques – sous un ciel plombé.

Enfin, la station météo usée au-delà de la corde, laminée sans fin par la mer de Barents. Elle survit dans un froid glacial grâce à une femme étrange et pénétrante comme dans un rêve. La clé des songes. Elle pourrait faire redémarrer le van, au pare-brise fendu mais pas brisé, en route vers la grâce…

Comme disait Dostoïevsky, vivre sans espoir, c’est cesser de vivre.

©DR

Mon conseil : payez votre place pour embarquer dans ce « Road movie » d’une toute autre trempe de ceux que vous avez déjà vu. Partez si c’est trop dur. Vous aurez aidé un jeune cinéaste rempli de talent, maniant le symbole en orfèvre. Restez, si vous entrevoyez que la Grâce pourrait se rencontrer dans l’abîme du courage, la vie renaissant de l’abnégation de son cycle.

La grâce. Long métrage/119 minutes/Vostf. Jusqu’au mardi 13 février au cinéma Utopia d’Avignon La Manutention.


Printemps des poètes : le cinéma Utopia propose de découvrir la vie et l’œuvre de Grégory Choubaï

Dans le cadre du Printemps des poètes, le cinéma Utopia diffusera lors d’une séance unique le documentaire « Choubaï, parler à nouveau », ce vendredi 17 mars à 17h45. La projection sera suivie d’une session questions-réponses avec le réalisateur du film, Mykhaïlo Kroupievskyï et l’artiste et traductrice, Kseniya Kravtsova.

La poésie a rarement un destin heureux dans les régimes totalitaires… Celle de Choubaï fut interdite avant même qu’elle ne rencontre son public. Réalisé par Mykhaïlo Kroupievskyï, le film documentaire « Choubaï, parler à nouveau » plonge le spectateur dans cette période dramatique. Acteurs, écrivains, peintres, musiciens et poètes, pour ce film le réalisateur réuni celles et ceux qui ont côtoyé Choubaï pour qu’ils le racontent. Entre documentaire, fiction et pièce de théâtre, le film est composé de traces qui ont appartenu à l’artiste (icônes, livres, photos, peintures). L’acteur Serghiï Ghadan incarne à l’écran le poète avec un incontestable magnétisme. Pas-à-pas, le spectateur fait connaissance avec « Grytsko » Choubaï, ses réflexions sur la nature des choses et des êtres qui dépassent largement les frontières de sa culture et de son époque.

Le cinéma Utopia propose de découvrir ce film documentaire projeté pour la première fois en France, vendredi 17 mars à 17h45. En plus de son inscription dans le cadre du Printemps des poètes, cette diffusion s’inscrit dans le long travail effectué par Kseniya Kravtsova pour faire découvrir la poésie de Choubaï aux Français, mais également aux Ukrainiens. En effet, si les enfants de Choubaï, Solomiya et Tars, sont connus du peuple ukrainien, le poète, décédé à l’âge de 33 ans, ne l’est que très peu.

Résumé : « Figure phare de la ‘génération condamnée’ en Ukraine, Ghryghoriï Choubaï est une étoile fugace qui a éclairé l’horizon sombre de son époque. Agé d’à peine 20 ans, Choubaï arrive à Lviv à la fin des années 60. Sa poésie inspire la jeunesse et inquiète les bourgeois de la région. Il est fréquemment invité à lire ses œuvres dans les soirées, puis le couple de poètes-dissidents, Ighor et Iryna Kalynets le prennent sous leur aile. Avec ses amis, il lance alors la première autoédition du magazine littéraire et artistique ‘Skryniya’ (‘coffre’) dans lequel paraît son poème ‘Vértép’. En janvier 1972, le KGB commence une opération spéciale à l’encontre du journal. Choubaï, le couple Kalynets ainsi que d’autres représentants de l’intelligentsia ukrainienne sont arrêtés et condamnés à neuf ans d’emprisonnement. Il sera finalement relâché, mais sa vie se transforme en cauchemar. »

« Choubaï, parler à nouveau » de Mykhaïlo Kroupievskyï, séance unique le vendredi 17 mars à 17h45, à l’Utopia, 4 rue des esc. Sainte-Anne, Avignon. Durée 1h43 – VostFR.


Avignon capitale du 7e art avec les Rencontres du Sud 2022

Après une mémorable 9e édition en mars 2019 les Rencontres du Sud avaient été annulées pour cause sanitaire en 2020 et 2021. Avec cette manifestation cinématographique professionnelle ouverte partiellement au public, Avignon redevient capitale du 7e art du mardi 15 au samedi 19 mars 2022. Près de 300 professionnels sont attendus pour échanger et découvrir 17 films dont une partie  en avant-première, et cinq équipes de films. Rencontre avec René Kraus, président de l’événement et directeur général du multiplex Capitole Studios au Pontet.

Quel impact a eu la crise sanitaire sur le cinéma ?
« Avec ce que nous avons subi et dont nous souffrons encore, le cinéma a été en sérieuse difficulté. Nous avons été à l’arrêt il y a deux ans. Nous avons repris par périodes mais avec des difficultés liées au passe sanitaire, au passe vaccinal, au décalage des films, au développement des plateformes, à la suppression de la confiserie qui fait partie du rêve que nous vendons, et représente 15 à 20 % de notre chiffre d’affaire. Heureusement pour se maintenir nous avons eu des aides de l’État, aussi bien du ministère de l’Économie que du centre national du cinéma. »

Le cinéma reprend des couleurs ?
« Spider-Man sorti en décembre 2021 a incroyablement bien marché. Puis début janvier avec toutes les contraintes réglementaires  les entrées ont encore plongé de 40 à 50 %. Le 16 février la vente de la confiserie a été autorisée, depuis le 28 février il n’y a plus la contrainte des masques et à partir du 14 mars plus l’obligation de contrôler le passe vaccinal. Les gens seront plus sereins et à l’aise. Même si de nouvelles habitudes ont été prises, notamment par les seniors, j’ai bon espoir de voir le cinéma remonter rapidement la pente grâce à cette liberté retrouvée et aux films qui vont sortir. »

« Nous sommes les premiers en Europe. »

La France a une population attachée au cinéma ?
« Tout à fait ! En 2019 une année extraordinaire nous avons fait plus de 200 millions d’entrées ce qui en faisait le 3e marché au monde. Nous sommes derrière les Etats-Unis et la Chine mais les premiers en Europe. Cela est dû à notre production interne française mais aussi à ce parc de salles qui est le plus gros. Le cinéma donne du rêve et le public aime toujours vivre cette expérience dans les salles. »

Le territoire local est bien pourvu ?
« Sur Avignon nous avons une belle diversité entre le Pathé Cap Sud, le Capitole Studios, Utopia qui est plutôt un cinéma d’art et essai, le Vox cinéma du centre-ville. Vraiment il y a une belle présentation et c’est très éclectique au niveau de la programmation. Les exploitants sont bien en place pour reprendre la situation en main avec le public qui je pense et je l’espère va continuer à nous suivre. »

Comment sont nées les Rencontres du Sud ?
« Il y a 12 ans, les rencontres cinématographiques régionales existaient à Gérardmer dans les Vosges, en Bretagne, dans le Nord, mais rien dans le Sud. Nous avons été quelques-uns dans une petite équipe, à penser que c’était une bonne idée de lancer l’équivalent à Avignon. Des rencontres spécifiques à la profession, rassemblant exploitants, distributeurs, etc, autour de films présentés en avant-première avec la venue d’acteurs, d’équipes de films. Dans un moment sans autre manifestation du genre, situé idéalement entre les festivals de Cannes et celui de Berlin. »

Quel est le chemin parcouru par cette manifestation ?
« Les deux années précédentes elle a dû être annulée. En nombre d’éditions nous arrivons à la 10e. Au fil des années avec des films commerciaux et des films d’auteurs, les Rencontres ont pris de l’ampleur. Nous avons eu plus de 150 équipes de films. Nous avons aussi mis en avant des personnes qui sont moins dans la lumière mais cruciales pour le métier. La manifestation s’est ouverte aux étudiants, aux petits avec le ciné-pitchouns, au public. Notre esprit a évolué pour faire participer l’ensemble du territoire mais en même temps cela reste des rencontres professionnelles. »

« L’occasion de célébrer les 100 ans du Vox. »

Et cette année ?
« C’est une édition différente, un peu édulcorée parce qu’on reprend. Elle ne se passera pas au Capitole centre repris par Frédéric et Mélanie Biessy de la Scala à Paris. Ils vont en faire la Scala Provence à Avignon après une très grosse restauration des salles pour le théâtre mais aussi le cinéma puisqu’ils nous recevront en 2023. Les Rencontres du Sud se dérouleront essentiellement au centre-ville au Vox et Utopia. Au Capitole Studios Le Pontet aussi. Le Vox cela nous est apparu comme une évidence puisque cette année c’est les 100 ans du cinéma qui a été créé par la famille Bizot. »

Des exploitants emblématiques ?
« Tout à fait ! Jean-Paul et Léonie Bizot sont toujours présents auprès de leur fils Emmanuel et de sa compagne Sherazed. C’est Joseph Bizot le grand-père de Jean-Paul et arrière-grand-père d’Emmanuel qui s’est lancé dans le cinéma en 1922. Voilà qui nous rappelle que cet art qu’est le cinéma s’est renouvelé, a changé, évolué avec le son, la projection, le numérique, le 3D. L’évolution s’est faite et les Bizot sont toujours à la tête du Vox. là. Nous tenons particulièrement à célébrer cette famille en 2022. »

Quelles sont les particularités cette année ?
« Il n’y aura pas les Victoires, cérémonie prestigieuse de clôture où était dévoilé le palmarès du festival des montreurs d’images. Il y aura seulement un prix remis par les étudiants. Mais nous avons une programmation de qualité avec 17 films qui seront dévoilés et 5 équipes de films présentes. Même s’il y a eu peu de manifestations, les exploitants ont fait beaucoup de visios. Se retrouver là, discuter des films et voir comment on va les défendre c’est quand même notre ADN. »

La programmation est éclectique ?
« Internationale avec des films espagnol, argentin, japonais, coréen notamment du réalisateur  Ryusuke Hamaguchi qui a fait ‘Drive my car’. Il présentera son 3e film. Nous recevrons entre autres Delépine et Kerven réalisateurs de ‘En même temps’, Cédric Klapisch pour ‘En corps’, Thierry Demaizière et Alban Teurlai avec leur documentaire ‘Allons enfants’, Jean-Pierre Améris qui sera là pour ‘Folies Fermières’. Nous ferons pour les enfants le Ciné Pitchoun au Capitole Studios le samedi matin 15 mars. »

Êtes-vous soutenus ?
« Par nos partenaires institutionnels,  Région, Département, Grand Avignon, Mairies d’Avignon et du Pontet, oui bien sûr. Ils nous ont suivi pendant ces années covid et nous voulons également leur montrer que nous sommes toujours présents. Que nous aimerions dès l’année prochaine élargir à plus de public. Notre volonté c’est de devenir un festival beaucoup plus important avec plus de films et des thématiques très précises. »

Après le succès en 2020 de ‘ La belle époque’» dont vous étiez co-producteur, vous investissez-vous encore dans la production ?
« Je n’ai pas chômé ces deux dernières années. En 2022 je suis également co-producteur indépendant avec François Fontès, de ‘Mascarade’ prochain film de Nicolas Bedos, avec Pierre Niney, François Cluzet, Isabelle Adjani, Charles Berling, Emmanuelle Devos et Marine Vacth qui est l’héroïne principale. On espère le film au festival de Cannes mais il sortira peut-être plus tard. C’est une histoire qui se passe sur la Côte-d’Azur dans la jet-set. Une histoire très subtile. Je n’en dévoile pas plus, mais comme dit Bedos ‘ la vie c’est une gifle et une caresse’ »…

« Arles mérite un nouveau cinéma de 8 ou 9 salles pour des films commerciaux, d’auteurs, d’art et essai. »

Un autre projet ?
« Je me suis lancé dans un autre film, ‘Quand tu seras grand’ d’Eric Métayer et Andréa Bescond qui avaient fait le film ‘Les chatouilles’, sur le thème de la pédophilie et qui en 2019 étaient au festival d’Avignon avec une création sur le thème de l’euthanasie. Là c’est un film avec Vincent Macaigne, Marie Gélin, Eric Métayer sur la vie en maison de retraite, les relations entre les uns et les autres, les difficultés qui existent… Quand Eric m’a parlé de son projet je lui ai dit que je pouvais dire comment cela se passe car avant d’être dans le cinéma j’ai été directeur d’un Ehpad à Salon-de-Provence. Je ne sais pas quand le film va sortir, je pense plutôt en octobre. »

Avez-vous des ambitions sur Arles avec la construction d’un multiplexe ?
Nous en discutons depuis un certain temps avec Jean-Paul Capitano et Robillard les exploitants locaux. On développerait 8 ou 9 salles pour des films commerciaux, d’auteurs, d’art et essai. On discute avec la mairie pour trouver le meilleur endroit. Parce que la ville le mérite. Arles bouge. La ville a une véritable dimension culturelle. Il y a Acte Sud, le festival de la photographie, la Luma et le Parc des ateliers de Maya Hoffmann, le musée Arles antique, etc. Il y a la possibilité de développer un multiplexe classique avec une programmation bicéphale mais aussi de créer un festival. »
Retrouvez le programme complet des Rencontres du Sud 2022

Propos recueillis par Jean-Dominique Réga

Bio express
Après la faculté de droit, René Kraus n’a pas spécialement en tête de tenter la magistrature ou de devenir avocat. Son père biologiste l’oriente sur l’ouverture d’une maison de retraite. « J’ai fait une école de management, l’Institut Bocuse à lyon, et pendant 14 ans je me suis occupé d’un Ehpad de 90 lits à Salon-de-Provence. Après la vente, avec Raoul Aubert un ami de mon grand-père qui tenait un cinéma, nous avons ouvert en avril 2009 le Capitole Studios au Pontet où je suis entouré aujourd’hui de collaborateurs passionnés comme moi. »


(vidéo) Solidaires 84 : un forum pour une transformation sociale globale

L’union syndicale Solidaires 84 organise un forum social autour de la régression sociale. Étalée sur un week-end, cet événement inédit devrait permettre la réunion d’une quarantaine de structures, telles que des associations et des syndicats de différents domaines. Le forum accueillera également les individuels qui s’opposent à toute forme de néolibéralisme, patriarcat, racisme, oppression… La liste des participants est toujours ouverte.

Entre éducation, territoire, minorités sexuelles et citoyenneté, de nombreux sujets pourront être abordés et faire l’objet de débats. Les thématiques sociétales se mélangeront aux thématiques politiques. Parmi ces thèmes sont annoncés : féminisme, démocratie et répression, écologie, racisme et discrimination, droit au logement, licenciement, services publics et débouchés politiques de ce forum.

Diffusion du documentaire « Un pays qui se tient sage »

La rencontre débutera avec un débat autour d’un film. En partenariat avec le cinéma avignonnais Utopia, le forum diffusera le vendredi 9 octobre à 20h le documentaire « Un pays qui se tient sage » réalisé par David Dufresne. La séance centrée sur les violences policières ne requiert pas de réservation. Une assemblée clôturera le forum le dimanche 11 octobre avec l’élaboration d’un manifeste sur les bases de convergence immédiates en Vaucluse et alentours.

L’objectif de cet événement est de réfléchir aux dangers de la régression sociale et de discuter des solutions qui peuvent être apportées pour y pallier. Ce forum permettra à ceux dont les aspirations et les combats sont similaires de se rencontrer et d’échanger, mais aussi d’élaborer un parcours vers une transformation sociale globale. Des actions concrètes sont attendues à l’issue de cet événement.

Vendredi 9 au dimanche 11 octobre. Parc des libertés. Avignon. 09 82 29 74 92. solidaires84@riseup.net


Avignon : projection et rencontre autour d’Epicentro au cinéma Utopia

A l’occasion de la sortie en salles d’Epicentro, documentaire en forme de portrait immersif et métaphorique de Cuba, le cinéma Utopia Manutention accueille Magali Kabous, maître de conférences à l’université Lumière Lyon 2, et spécialiste du cinéma latino-américain.

Le cinéaste Hubert Sauper, réalisateur de Nous venons en amis et du Cauchemar de Darwin, nommé aux Oscars, a réalisé Epicentro, portrait utopiste et postcolonial, où résonne encore l’explosion de l’USS Maine en 1898. Ce Big Bang a mis fin à la domination coloniale espagnole sur le continent américain et inauguré l’ère de l’Empire américain. Au même endroit et au même moment est né un puissant outil de conquête : le cinéma de propagande. Dans Epicentro, Hubert Sauper explore un siècle d’interventionnisme et de fabrication de mythes avec le peuple extraordinaire de La Havane — en particulier ses enfants, qu’il appelle « les jeunes prophètes » — pour interroger le temps, l’impérialisme et le cinéma lui-même.

Jeudi 3 septembre. 20h30. Cinéma Utopia manutention. 4, rue des Escaliers Sainte-Anne. Avignon.

Pour visionner la bande annonce, cliquez ici


Séances de rattrapage en ligne au Cinéma Utopia

L’impossible, l’impensable a eu lieu : tous les cinémas de France ont été fermés, si les écrans noirs hantent peut-être nos nuits blanches*, cette absence confirme que les films vus au cinéma sont vitaux à notre bien-être, à notre santé et à notre intelligence. En attendant de revoir les films en salle, le réseau des cinémas Utopia a choisi de garder le lien via son site et facebook.

Accéder librement aux films Utopia

Sur la colonne de gauche du site figure la liste des films auxquels vous pouvez librement et facilement accéder, en accord et grâce à la gentillesse des réalisateurs et ayant-droits, dont certains films ne manqueront pas de faire écho à notre état d’esprit actuel, comme le documentaire d’Agnès Fouilleux ( 2017) ‘Etre plutôt qu’avoir : à l’école autrement’. Plutôt d’actualité  non ? ‘Léger tremblement du paysage’  (2008) et ‘Cosmodrama’ (2015) «un cinéma qui se donnerait pour objectif de faire réfléchir le spectateur, d’activer son intelligence» dixit Philippe Fernandez le réalisateur de ces 2 longs-métrages. Prémonitoire non ? ‘La méthode Ken Loach’ d’Emmanuel Roy offre au spectateur, sur le site du film, la possibilité de composer son propre film au gré de ce qui l’intrigue, le met en colère, le désespère et de faire entendre sa voix. Pourquoi s’en priver ? Le documentaire ‘J’aime la vie, je fais du vélo, je vais au cinéma’ de Francis Fourquou (2004) propose une joyeuse immersion dans les  salles de cinéma indépendantes dont le réseau Utopia.  Nostalgie ou avenir ?

*En  bonus, le regretté Nougaro. «Sur l’écran noir de mes nuits blanches»

Un p’tit secret ?

Dans le documentaire ‘J’aime la vie, je fais du vélo, je vais au cinéma’ de Francis Fourquou (2004), vous pourrez apercevoir Michèle Périn –qui collabore à l’Echo du mardi pour la culture- à 26 puis 45 ans !

Cinéma Utopia. 4 Rue des Escaliers Sainte-Anne, Avignon. 04 90 82 65 36  www.cinemas-utopia.org/avignon

 

https://www.echodumardi.com/tag/utopia/   1/1