11 avril 2026 |

Ecrit par le 11 avril 2026

Île Piot, Avignon renforce ses digues face au Rhône

Le Grand Avignon a engagé un vaste chantier de confortement des digues de l’île Piot afin de protéger les terres des crues du Rhône. Lancée à l’automne 2025 et dotée d’un budget de 3,4M€, l’opération vise à sécuriser une zone fréquentée et habitée, tout en requalifiant les berges dans un site emblématique face aux remparts d’Avignon.

À Avignon, le Rhône n’a jamais été un voisin tranquille. Depuis des siècles, la ville compose avec les débordements du fleuve, dont les crues ont parfois profondément marqué le territoire. La plus célèbre demeure celle de 1856, l’une des plus importantes de l’histoire du Rhône, qui submergea de vastes zones de la vallée et causa d’importants dégâts dans de nombreuses villes riveraines.

Une protection renforcée face à un fleuve capricieux
La prévention du risque inondation constitue un enjeu majeur en Vaucluse. C’est dans cet esprit que le Grand Avignon a lancé, en octobre 2025, un important chantier de confortement des digues de l’île Piot, sur la rive droite du fleuve, face au centre historique. Objectif ? Rehausser et consolider les ouvrages existants afin d’assurer une protection durable aux 5 000 personnes fréquentant ce secteur mêlant activités économiques, espaces de loisirs et itinéraires cyclables.

3,4M€ de travaux
Confiés au groupement Guintoli-Spie batignolles travaux publics, les travaux mobilisent également l’entreprise PEC pour les aménagements paysagers. Le coût total de l’opération atteint 3,4M€, financés par un partenariat associant l’État, la Région Sud, le Département de Vaucluse, la Ville d’Avignon, la Compagnie nationale du Rhône et le Grand Avignon.

Créditphoto@Spie batignolles

Un dispositif technique sur plus d’un kilomètre
Le chantier concerne le linéaire compris entre le pont de l’Europe et le chemin de la Traille, au cœur d’un secteur urbanisé et très fréquenté. Le système d’endiguement sera profondément modernisé. Au programme ? Le rehaussement de 643 mètres d’ouvrages existants, la construction de 560 mètres de nouveaux murs en béton, la création d’un merlon de digue de 130 mètres, l’installation de trois dispositifs de protection amovibles, ainsi que le rehaussement de 405 mètres de voirie.

Dans le détail
Le dispositif a été dimensionné selon deux niveaux de protection distincts, calculés à partir des repères hydrauliques du pont Daladier. La partie la plus exposée, entre le pont de l’Europe et le centre de loisirs de la Barthelasse, sera protégée contre une crue vicennale, tandis que le tronçon amont sera dimensionné pour des crues plus fréquentes mais moins intenses. Une intervention spécifique est également prévue sous les arches du pont Daladier : la suppression d’obstacles et de clôtures afin d’améliorer la circulation de l’eau en période de crue et préserver la transparence hydraulique du site.

Réconcilier protection et paysage
Le projet, à la fois urbain et paysager s’étend sur trois secteurs : Bagatelle, le chemin de l’île Piot et la zone de la RD228, au bénéfice d’une requalification globale. Les aménagements prévoient notamment : la modification de certaines circulations, la création d’espaces de pause et de cheminements, la reprise des revêtements et des nivellements, ainsi que la désimperméabilisation et la végétalisation de plusieurs espaces.

Revégétalisation
Au total, 12 arbres et près de 600 arbustes seront plantés afin de renforcer l’intégration paysagère du projet. Les choix architecturaux ont été réalisés en concertation avec l’Architecte des Bâtiments de France afin de préserver la qualité visuelle de ce site exceptionnel, situé face aux monuments historiques d’Avignon et aux célèbres remparts médiévaux.

Créditphoto@Spie batignolles

Une stratégie plus large contre le risque inondation
Ce chantier s’inscrit dans une stratégie territoriale plus vaste. Depuis 2018, le Grand Avignon exerce la compétence Gemapi (Gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations), essentielle dans une agglomération située à la confluence du Rhône et de la Durance. Plus de 100 000 habitants du territoire vivent aujourd’hui en zone inondable, ce qui explique l’ampleur des investissements engagés pour sécuriser digues et ouvrages hydrauliques.

Plusieurs opérations structurantes déjà menées
Ces dernières années, plusieurs opérations structurantes ont déjà été menées : Le renforcement de la digue palière de la Durance, longue de 15 kilomètres, la création de trois bassins de rétention à Saze, capables de stocker près de 25 000 m³ d’eau. Enfin, les travaux de l’île Piot devraient s’achever à la fin mai pour les secteurs encore en chantier. Dans leur prolongement, le Grand Avignon prévoit également la création d’aménagements cyclables le long de la route de l’Islon, avec une liaison vers le pont du Royaume. Entre mémoire des crues et adaptation aux défis climatiques, Avignon poursuit un patient travail d’équilibre : protéger les habitants tout en préservant la relation intime qui unit la ville à son fleuve.
Mireille Hurlin

Créditphoto@Spie batignolles

Île Piot, Avignon renforce ses digues face au Rhône

À Bollène, la centrale André Blondel rouvre ses portes au public et invite à une traversée rare : celle d’un monument où l’histoire industrielle dialogue avec les défis énergétiques contemporains.

Il faut imaginer le Rhône dompté, contraint, sculpté par la volonté humaine. À Bollène, l’eau ne se contente pas de couler : elle travaille, elle vibre, elle alimente. Depuis la fin du mois de mars, la centrale hydroélectrique André Blondel ouvre à nouveau ses portes, offrant au visiteur une mystérieuse plongée dans ce que la France d’après-guerre a produit de plus ambitieux.

Le génie de la reconstruction d’après guerre
Inauguré en 1952, au cœur du canal de Donzère-Mondragon, le site, conçu par l’architecte Théodose Sardnal, surgit comme un vestige actif d’un âge où reconstruire signifiait aussi réinventer. Construit entre 1948 et 1952, le chantier figure parmi les plus vastes au monde. Des milliers d’ouvriers y participent, redessinant les paysages et les usages d’un territoire entier. L’eau du Rhône, canalisée sur 28 kilomètres de canal, de Donzère jusqu’au sud de Pont-Saint-Esprit, devient alors une ressource stratégique, au moment où le pays cherche à retrouver puissance et autonomie.

Une hyperperformance née de l’ingénierie
Aujourd’hui encore, l’installation impressionne par son ampleur et sa fonction : exploitée par la Compagnie Nationale du Rhône, elle produit chaque année l’équivalent de la consommation électrique de près de 800 000 habitants. Une performance qui rappelle combien l’hydroélectricité demeure, dans le paysage énergétique français, une force discrète mais essentielle.

Une expérience en trois temps
La visite proposée ne se contente pas de dérouler des faits. Elle compose une expérience en trois temps, presque initiatique. D’abord, une mise en perspective : celle du mix énergétique local, des missions de l’exploitant, et de l’histoire du canal, véritable colonne vertébrale du site. Le passé s’y lit en filigrane, dans les récits techniques comme dans les traces laissées par les hommes.

Monumentales machines
Puis vient l’immersion. Le visiteur pénètre dans la centrale elle-même, là où le grondement sourd des machines rappelle que l’énergie est d’abord une transformation. La salle des machines, monumentale, dialogue avec l’ancienne salle des commandes, figée dans son état d’origine. Ici, le temps semble suspendu, comme si les ingénieurs des années 1950 venaient à peine de quitter leur poste.

Copyright CNR

Paysagère infrastructure
Enfin, le regard se porte vers l’extérieur. Le Rhône redevient paysage et infrastructure à la fois. Depuis un point de vue dégagé, l’écluse à grand gabarit dévoile ses proportions impressionnantes, tandis que les installations environnantes témoignent de l’interconnexion des usages : produire, transporter, naviguer.

L’architecture de l’énergie
Ce parcours, à la fois pédagogique et sensoriel, éclaire une évidence souvent oubliée : l’énergie n’est pas abstraite. Elle s’inscrit dans des lieux, des histoires, des architectures. À Bollène, elle devient même le récit d’une France qui, au sortir du chaos, s’épanouit dans l’urgence de se reconstruire.

Informations pratiques
Visite de la centrale hydroélectrique André Blondel, à Bollène, canal de Donzère-Mondragon dès maintenant et selon calendrier de visites. Pour les 8-18 ans : 5€. Adultes : 10€. Réservation : sur le site Les Circuits de l’énergie. Accès : visites individuelles ou en groupe, à partir de 9 personnes. Réservation ici.
Mireille Hurlin


Île Piot, Avignon renforce ses digues face au Rhône

Ce vendredi 10 avril, la Ville de Saint-Didier inaugurera l’exposition ‘Le Vaucluse, une terre d’eau’ qui sera en place jusqu’au lundi 27 avril prochain.

Après Apt, Caumont-sur-Durance, Monteux, ou encore Vaison-la-Romaine, l’exposition itinérante ‘Le Vaucluse, une terre d’eau’, réalisée par le Département, s’installe à Saint-Didier. Ainsi, les photographies de David Tatin et Yannick Gouguenheim investiront l’Espace les Bains-Douches du 10 au 27 avril.

Le public pourra y découvrir les 2 000km de rivières qui traversent le Vaucluse, mais aussi l’histoire de ces paysages, la faune, la flore, ainsi que la fragilité des écosystèmes. Les enfants disposeront d’un quizz et d’un carnet pédagogique pour en apprendre et découvrir davantage.

Vernissage le vendredi 10 avril à 18h30. Jusqu’au lundi 27 avril. Espace les Bains-Douches. 5 Rue Tour du Pont. Saint-Didier.


Île Piot, Avignon renforce ses digues face au Rhône

La barre symbolique des 100M€ a été franchie en 2025 pour le Téléthon. À l’instar de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, les Français se sont montrés plus généreux qu’en 2024.

100 548 314€. C’est la somme totale récoltée en 2025 pour le Téléthon, soit près de 4M€ de plus que l’année précédente. En PACA (en comprenant Monaco), la tendance est la même avec 6 283 398€ récoltés, contre 6 074 439€ en 2024. Les Vauclusiens, eux aussi, se sont davantage mobilisés en 2025, totalisant 596 478€, soit presque 30 000€ de plus qu’en 2024.

Les départements voisins, aux aussi, se sont montrés généreux avec 2 234 102€ récoltés dans les Bouches-du-Rhône, 215 830€ dans les Alpes-de-Haut-Provence, 1 425 451€ dans le Var, 183 878€ dans les Hautes-Alpes, 1 594 441€ dans les Alpes-Maritimes, et 33 218€ à Monaco.

« Forts de votre soutien qui nous permet de renverser la maladie, nous sommes plus déterminés que jamais car, aujourd’hui, se concrétise la promesse faite à nos enfants, aux familles et aux donateurs ! »

Laurence Tiennot-Herment, présidente de l’AFM-Téléthon.

Parrainé par Santa, l’édition 2025 voit sa collecte atteindre des sommets. La cagnotte n’avait pas franchi la barre des 100M€ depuis 2008. Le record de plus de 106M€, enregistré en 2006, reste invaincu à ce jour. La 40e édition du Téléthon se tiendra les 4 et 5 décmbre prochains. En attendant, il est possible de faire un don à l’association AFM-Téléthon qui œuvre pour la recherche scientifique et qui accompagne les malades et leurs familles.


Île Piot, Avignon renforce ses digues face au Rhône

La première séance plénière de l’année du Conseil départemental de Vaucluse s’est tenue ce lundi 30 mars. 36 délibérations étaient à l’ordre du jour. La présidente en a aussi profité pour faire un point sur les élections municipales.

Dominique Santoni, président du Département de Vaucluse, a commencé la séance en adressant ses félicitations aux 151 maires de Vaucluse tout juste élus. Elle-même a pris part à la campagne municipale aux côtés du maire d’Apt fraichement élu, Jean Aillaud.

Cependant, la présidente a déploré une campagne municipale sous le signe de l’animosité, « un ring à ciel ouvert », comme elle l’a qualifiée, durant laquelle « la confrontation des idées a laissé place à des tensions, des attaques personnelles ou des formes de radicalisation du débat qui ne correspondent pas à l’idée que je me fais de l’engagement local. » Pour terminer son discours d’introduction, elle a souhaité que chaque commune s’apaise et recrée du lien afin de travailler au service des Vauclusiens.

36 délibérations

Parmi les sujets traités ce jour-là, il y a notamment eu :

  • l’installation de Jomathan Argenson au sein du Conseil départemental en tant qu’élu du canton d’Orange,
  • le programme d’actions 2026 du Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement (CAUE),
  • la part départementale de la Taxe d’aménagement,
  • l’aménagement d’un carrefour giratoire à Mondragon,
  • l’opération de réhabilitation du collège Charles Doche à Pernes-les-Fontaines,
  • le Plan de soutien au cinéma et à l’image animée 2026-2028,
  • l’intégration du volet ‘diversification viticole’ dans le dispositif ‘Graines d’Avenir’,
  • les subventions en faveur du tourisme et de l’attractivité,
  • l’attribution de subventions aux associations et autres organismes en matière de biodiversité et d’eau,
  • l’accueil de l’étape du Tour de France Femmes avec l’arrivée au Mont Ventoux,
  • le règlement départemental pour le transport scolaire des élèves et étudiants en situation de handicap à compter de la rentrée 2026-2027…

Île Piot, Avignon renforce ses digues face au Rhône

À l’approche de Pâques, le diocèse d’Avignon dresse le portrait d’une Église vauclusienne en recomposition, traversée par une hausse inattendue des baptêmes d’adultes, des mutations territoriales profondes et des défis financiers persistants, dans un Vaucluse lui-même confronté à de fortes tensions sociales. A la tête de cette refondation, Monseigneur Fonlupt arrivé en terre papale en juin 2021, « En 2033 nous fêterons le deuxième millénaire de la résurrection du Christ qui n’est pas enfermé dans la mort, il est vivant, il est ressucité ».


À contre-courant des idées reçues sur le recul religieux, le diocèse d’Avignon, qui comprend l’ensemble du territoire de Vaucluse, piloté par Monseigneur Fonlupt, observe une progression nette des catéchumènes. En 2026, plus d’une centaine d’adultes s’apprêtent à recevoir le baptême, auxquels s’ajoutent une soixantaine d’adolescents. Un phénomène qui s’inscrit dans une tendance nationale : plus de 20 000 baptêmes d’adultes sont attendus en France cette année.

Une dynamique spirituelle inattendue
Ce basculement traduit une mutation profonde : la foi ne se transmet plus automatiquement, elle se choisit. Les profils sont souvent jeunes, entre 25 et 35 ans, en quête de sens face aux épreuves personnelles ou aux incertitudes contemporaines. « On passe d’une logique d’héritage à une logique d’adhésion », souligne l’archevêque.  

Monseigneur Fonlupt Copyright MMH

Une Église qui se réorganise en profondeur
Cette vitalité spirituelle s’accompagne d’une réorganisation structurelle d’ampleur. Le diocèse, qui compte historiquement plus de 170 paroisses, amorce une transformation vers 35 grands secteurs pastoraux, avec une phase d’expérimentation de trois ans.
« Ce diocèse, qui est grand, date du sortir de la Révolution, en 1802, et ses limites précises ont été déterminées en 1817 rappelle Monseigneur Fonlupt. Il y a de cela un petit peu plus de 200 ans. Et en fait, canoniquement, selon les repères d’église, on est sur une structure qui date de cette période-là, avec un peu plus de 170 paroisses. Il est bien évident qu’aujourd’hui, on n’a pas 170 paroisses vivantes. D’ailleurs, de nouveaux secteurs paroissiaux s’étaient reprécisés. Mais il m’a semblé qu’on avait besoin de regarder ça de manière un peu globale, sur l’ensemble du territoire, pour mettre au jour des secteurs paroissiaux, plus larges que ce qu’ils n’étaient jusqu’à présent, et en essayant de définir de nouveaux repères pour accueillir la foi, la transmettre, la partager, via la catéchèse, les aumôneries, des propositions de réflexion, la formation pour des adultes… »

Présence de l’église et raréfaction des prêtres
Objectif ? Adapter la présence de l’Église à la raréfaction des prêtres : environ 65 en activité et 20 en retraite et encore souvent sollicités, tout en renforçant la vie communautaire. L’enjeu ?  Maintenir une proximité dans un territoire étendu sans diluer les forces. Cette évolution, déjà engagée dans de nombreux diocèses français depuis deux décennies, vise à éviter l’atrophie progressive de communautés isolées et fragilisées.  

Une institution confrontée à ses limites financières
Autre réalité moins visible mais structurante : l’équilibre économique. Le diocèse fonctionne avec un budget annuel estimé à environ 6M€, dont près d’un quart consacré à la rémunération des prêtres qui perçoivent une indemnité versée par le diocèse de 700€ complétée d’environ 300 à 400€ émanant des messes. Le modèle repose quasi exclusivement sur les dons, le Denier de l’Église. Or, si la générosité moyenne progresse, le nombre de donateurs diminue, reflet du vieillissement des fidèles. «Les legs sont une partie importante justement de cet équilibre,» relève monseigneur Fonlupt. À cela s’ajoute le poids du patrimoine immobilier, souvent ancien et coûteux à entretenir, alors que les ressources humaines et financières se tendent.

Copyright Diocèse d’Avignon Un doyenné est une circonscription qui regroupe plusieurs paroisses.

Une Église au cœur des tensions sociétales
L’Eglise demeure un acteur de dialogue dans une société fragmentée : « Les femmes et les hommes qui viennent nous rejoindre sont dans une période de leur vie où plein de possibles peuvent se déployer, témoigne Monseigneur Fonlupt, où ils sont en même temps confrontés à des étapes importantes de leur vie : expérience amoureuse, le lien ou l’engagement dans le mariage, la maternité, la paternité… Egalement des épisodes difficiles, comme la rupture, la souffrance, le décès de proches, ou la maladie… L’église impulse cette volonté de « résonner avec les questions du monde » rappelle Monseigneur Fonlupt qui revendique une posture d’écoute, de médiation et de sens, plutôt que de surplomb,

Le numérique comme levier de renouvellement
Symbole de cette adaptation, le diocèse vient de lancer, en janvier dernier, un nouveau site internet, conçu par ‘Panoramas’ une agence de communication Avignonnaise dirigée par Muriel Botella-Bougrain Dubourg. Le chantier a constitué deux années de réflexion pour retravailler la charte graphique et réorganiser les 127 000 pages du site précédent. Plus lisible, plus accessible, il vise à toucher un public élargi, notamment les personnes en recherche spirituelle. Ce chantier numérique s’inscrit dans une stratégie plus large : rendre l’institution plus compréhensible, moins cloisonnée, et capable de dialoguer avec des publics éloignés de la pratique religieuse. Le logo, en forme de couronne du Christ mais aussi des arches du palais des papes laisse une porte ouverte à qui veut rencontrer la foi, l’ensemble est surplombé par une croix dorée dont l’élan graphique empreinte beaucoup à l’oiseau qui prend son envol, un peu comme le saint-Esprit de l’église Saint-Pierre d’Avignon.

Entre fragilité et recomposition
Au croisement de ces dynamiques, une réalité s’impose : l’Église locale n’est ni en déclin uniforme, ni en renaissance spectaculaire. Elle se transforme. D’un côté, une pratique dominicale en recul et des vocations sacerdotales rares. De l’autre, une montée des engagements choisis, plus individuels mais souvent plus intenses. Dans ce paysage contrasté, le diocèse d’Avignon tente de tenir une ligne : accompagner les mutations sans renoncer à son socle, dans un territoire où les attentes spirituelles, sociales et humaines restent profondément imbriquées.
Mireille Hurlin

Copyright Diocèse d’Avignon

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La Coupe de France du burger 2026, organisée par Socopa, s’est tenue ce mercredi 1er avril au Salon Snack Show à Paris Porte de Versailles. Le Vauclusien Guillaume Redon a participé à ce défi culinaire pour la 3e fois.

Il a voulu relever le challenge une première fois en 2024. Guillaume Redon, fondateur de Braz & Bro’s, spécialisé dans la cuisson des aliments au braséro et basé à Orange, a tenté une 3e participation à la Coupe de France du burger cette année.

Après avoir décroché la 3e place de la finale nationale en 2024 puis la 4e place l’année dernière, le Vauclusien a atteint une nouvelle fois la finale régionale où il a obtenu la 2e place, ne lui permettant malheureusement pas d’accéder à la finale nationale cette fois-ci.

Le Hover Smash

Guillaume Redon a tout de même atteint le palier des finales régionales avec brio puisque seulement 25 professionnels y parviennent. En 2024, il avait présenté le ‘Super Smash Beef’, un burger centré sur la viande de bœuf, et en 2025 le ‘Smashon’, un burger rendant hommage aux bouchons lyonnais.

Cette année, le traiteur orangeois s’est illustré au travers du ‘Hover Smash’, une création « qui voyage dans le temps », selon lui, qui reflette une cuisine éco-responsable et anti-gaspi. Dans le burger, du topinambour, une sauce avec sabayon de mâche, liqueur de sapin et poivre de Sichuan, une tomme au fleurs, du veau cuit à basse température, un double steak smashé, ainsi que quelques oignons caramélisés.

Mis à part le grand gagnant, les candidats sont autorisés à participer de nouveau au concours. Peut-être verra-t-on Guillaume Redon retenter le défi une nouvelle fois en 2027 ?


Île Piot, Avignon renforce ses digues face au Rhône

Une France bousculée, c’est un gros livre (645 pages) à picorer. Du confinement en mars 2020 à l’été 2025, le chercheur infatigable Jean Viard, installé dans le Vaucluse où il a fondé les Éditions de l’Aube en 1987, tend le miroir de notre quotidien, des changements qui ont émaillé notre vie. Il est tellement riche et divers que la table des matières occupe à elle seule 11 pages pour aider le lecteur à butiner les chapitres, selon ses centres d’intérêt.

Dès les premières lignes, il est question de la crise sanitaire, de « l’enfermement qui n’a pas le même impact entre ceux qui ont des activités culturelles ou sportives et les autres. La rupture est liée à l’habitat et aux revenus. Les Gilets Jaunes étaient issus des ronds-points et du péri-urbain. En revanche dans les immeubles, les tours, les quartiers les plus pauvres, c’était une autre histoire, dans un pays où on compte 16 millions de maisons avec jardin et 12 millions d’appartements. »

Jean Viard zoome sur les bars, fermés à leur tour. « On a construit des endroits pour que les hommes se rassemblent, échangent, et là ils ne peuvent plus le faire. Déjà on est passé de 500 000 cafés en 1900 à 200 000 à la Libération et 30 000 aujourd’hui. » Autre changement, la chasse. « Ils sont autour de 800 000 à 900 000 les chasseurs, pendant que les végétariens et végans oscillent entre 1 et 1,5 million. Or, on n’a jamais eu autant d’animaux domestiques, 63 millions, au moins un chien ou un chat par famille. Ce lien affectif, sentimental, la caresse qui va de plus en plus vers l’animal, tout cela modifie nos rapports à la chasse, à la vie, à la nature. » Le bien-être animal est de plus en plus prééminent. « La corrida est dans le Sud, Arles, Nîmes, une grande pratique populaire. Mais en Espagne, la Catalogne a voté son interdiction en 2011. »

Quand on pioche sur Noël 2020, il nous rappelle des préconisations souvent ridicules : « Pas plus de 6 à table » voire « Laisser les grands parents dans la cuisine » comme l’avait conseillé un ancien 1er Ministre. Le sociologue ajoute qu’on dénombre « 10 millions de personnes isolées et 10 millions d’autres qui ne peuvent pas vraiment participer à cette fête de la consommation. » En janvier 2021, il évoque les conséquences de cette France à l’arrêt. « Des entrepreneurs feront faillite, des restaurants ne rouvriront pas, on verra des suicides de petits patrons, des désespoirs d’artistes. Mais aussi, à l’inverse, certains créeront un espace de coworking, des start-ups seront susceptibles d’apporter des réponses inédites à des questions techniques ». 

Au fil des mois, notre environnement a évolué, raconte-t-il. Avec un nouveau rapport au numérique, au télétravail entre vie privée et vie professionnelle à la maison. « Les parents s’aperçoivent que c’est compliqué d’avoir les enfants à la maison pour leur faire classe. » Et ils sont 12 millions. « La culture consommée à domicile aussi explose. On se fait livrer livres, pizzas, plats, fringues. » Du coup la logistique se développe à la vitesse Grand V, ce qui provoque une intensification du trafic des poids-lourds et de leur empreinte carbone et menace les hypermarchés. Ces temples de la consommation datent de 1963, le 1er a d’ailleurs été inauguré par Françoise Sagan (si, si!) et à partir de la même époque se sont développés les fameux ronds-points, ZAC et ZUP.

Au fil des pages, on glane des temps forts de notre époque. Le procès des attentats terroristes du vendredi 13 novembre (au Stade de France, au Bataclan) qui ont fait 132 morts et 413 blessés. Le départ d’Angela Merkel qui, en 16 ans, a connu quatre Présidents de la République français (Chirac, Sarkozy, Hollande et Macron), les 40 ans de l’Abolition de la peine de mort grâce à Robert Badinter ‘panthéonisé’ en octobre dernier. Jean Viard évoque évidemment la 2e femme devenue 1re Ministre après Edith Cresson, en mai 2022, Elisabeth Borne. Il salue aussi l’inscription du Droit à l’IGV dans la Constitution. « Rien ‘est jamais acquis. Les Françaises ont eu le droit de vote en 1946, le droit d’avoir un compte en banque à elle en 1965 et le droit à l’avortement en 1975 » grâce à Giscard et Simone Veil.

Ces dernières années ont vu également l’essor du camping-car. « Après avoir été enfermé à cause du Covid, on a eu besoin d’air, de nature, de soleil, de grands espaces, de liberté et en plus, c’est moins cher qu’une résidence secondaire », écrit Jean Viard. 

Évidemment on ne peut pas lire cet ouvrage-somme en une traite. Il égrène 5 années de chroniques, deux par week-end sur France info. Il résume cet air du temps modifié sous nos yeux, par la pandémie. « On est passé à la civilisation du numérique, celle du double proche, entre notre lien le plus puissant au monde, l’écran qui devient un complément de notre environnement physique, marché, église, petits commerces, stade de foot ».

Il salue aussi les progrès scientifiques. « 4 milliards d’individus ont mené le même combat, on a sauvé 300 millions de vies en confinant, en mettant des masques. Le vaccin a sauvé 30 millions d’humains ». La bataille climatique s’est accélérée. « On a compris l’urgence, on a promu la voiture électrique, le retour au nucléaire, on a multiplié les éoliennes, les capteurs solaires, l’isolation des maisons. »

À la fin, le sociologue évoque la France fracturée, celle des « archipels » décrite par Jérôme Fourquet et il n’est pas du tout d’accord avec lui. « Certes notre société est déboussolée, faute de direction politique claire et par l’omniprésence d’un monde médiatique devenu le tam-tam de tout ce qui ne va pas. Mais il y a 50 ans, il y avait des conflits de classe extrêmement violents. La représentation en France d’une société en crise est largement portée par les réseaux sociaux, les médias, l’actualité en continu. » Et il conclut avec un message positif. « Elle est le pays le plus négatif sur lui-même alors qu’il n’y a pas de raison. On n’est pas découpé en archipels sociaux, on est une société reconstruite autour de la famille, de l’entreprise, du local qui sont des piliers extrêmement solides. »


Île Piot, Avignon renforce ses digues face au Rhône

Selon l’étude de l’Observatoire de l’emploi des entrepreneurs réalisée par Altares et l’association GSC, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur enregistre en 2025 une baisse de 6,9% des pertes d’emploi des chefs d’entreprise. Une amélioration en trompe-l’œil : le niveau reste historiquement élevé. Dans ce paysage régional contrasté, le Vaucluse se distingue à rebours, avec une légère hausse du nombre de dirigeants contraints de cesser leur activité.

Avec 690 chefs d’entreprise ayant perdu leur emploi en 2025, le Vaucluse enregistre une hausse de 1,2%, à contre-courant de la dynamique régionale. Une progression modérée en apparence, mais révélatrice d’un tissu économique fragile. Cette évolution traduit une vulnérabilité structurelle dans ce département qui compte nombre de très petites entreprises. Celles-ci, souvent peu capitalisées, restent particulièrement exposées aux aléas comme la baisse d’activité, l’inflation des charges fixes et les retards de paiement, autant de facteurs fragilisants de modèles économiques déjà contraints.

Un département, également, qui résiste
Le contraste est d’autant plus marqué que, dans le même temps, les Bouches-du-Rhône (-11,4%) et les Alpes-Maritimes (-11,1%) affichent des reculs significatifs, concentrant pourtant plus de 60% des pertes d’emploi régionales. Le Vaucluse, à l’instar du Var, apparaît ainsi comme un territoire où les tensions résistent davantage.

Une amélioration régionale à relativiser
Près de 5 813 entrepreneurs ont perdu leur emploi en 2025, en région sud, soit près de 16 dirigeants chaque jour. Si la baisse de 6,9% constitue la plus forte diminution observée en France, elle ne doit pas masquer l’essentiel : le niveau reste historiquement élevé. Après trois années de forte dégradation (+25,4% en 2022, +29,3% en 2023, +19,5% en 2024), le reflux observé en 2025 ressemble davantage à un palier qu’à une véritable reprise. Comme le souligne l’étude, l’environnement économique demeure instable, marqué par une croissance atone, des tensions internationales persistantes et une incertitude politique durable.

Copyright Altarès GSC

Construction, commerce : des signaux de répit
Cependant, l’analyse sectorielle fait apparaître quelques éclaircies. La construction recule de 15% en matière de pertes d’emploi, un signal encourageant après plusieurs années de crise, notamment dans l’immobilier. Les professionnels de ce secteur enregistrent même une chute spectaculaire des défaillances (-56,3%), signe d’un ajustement après un choc brutal post-Covid. Le commerce suit la même tendance, avec une baisse de 11,6%, tirée par le commerce de détail (-15,8%) et l’automobile (-10%).

Les secteurs qui repartent
Mais ces améliorations restent fragiles. L’hôtellerie-restauration repart légèrement à la hausse (+1,5%), portée par les difficultés persistantes de la restauration, tandis que les services aux particuliers explosent (+16%), notamment dans la coiffure et les soins de beauté. Des secteurs très présents dans les centres urbains vauclusiens.

TPE : le cœur du risque économique
Le constat le plus marquant demeure celui de la vulnérabilité des très petites entreprises. Près de 7 dirigeants sur 10 touchés étaient à la tête de structures de moins de trois salariés. Ce chiffre éclaire sur la situation du Vaucluse, dont le tissu économique repose largement sur ces micro-entreprises. Faible capacité d’investissement, dépendance à une clientèle locale, difficulté à absorber les chocs : les marges de manœuvre sont réduites. À cela s’ajoute un facteur humain souvent sous-estimé. Comme le souligne Altares, les cinq dernières années ont « épuisé les ressources morales et financières » des dirigeants. En 2025, près de 61 500 entrepreneurs ont liquidé leur entreprise en France, un record.

2026, une année complexe
Les premiers signaux de 2026 ne laissent guère entrevoir d’amélioration rapide. Plus de 6 400 défaillances ont été enregistrées dès janvier au niveau national, c’est un nouveau pic. Derrière la stabilité apparente des chiffres régionaux, la réalité vauclusienne rappelle que la reprise reste fragile, inégale et profondément liée à la structure même du tissu économique. Ainsi, l’accompagnement des dirigeants demeure primordial en facilitant la prévention des risques, l’accès à l’information, en indiquant les dispositifs de protection. Car chaque défaillance entrepreneuriale fragilise un équilibre collectif pourtant vital à la dynamique de l’économie locale.
Mireille Hurlin

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