31 août 2026 |

Ecrit par le 31 août 2026

Crit’Air 3 : en faisant la chasse aux voitures polluantes, n’a-t-on finalement pas fait la chasse aux pauvres ?

L’Insee Paca vient de publier une étude sur la part de voitures classées Crit’Air 3 ou plus dans les communes de la Région Sud. Il apparaît que ce sont les ménages les moins aisés ainsi que les habitants des communes rurales qui possèdent ce type de véhicule les plus polluants. Dans les grands centres urbains, où le niveau de vie permet de s’équiper en voitures propres, Avignon fait figure d’exception.

Plus de quatre ménages sur cinq détiennent au moins une voiture
« En 2022, 82% des ménages de Provence-Alpes-Côte d’Azur disposent d’au moins une voiture pour un usage non exclusivement professionnel, constatent Julie Argouarc’h et Anton Monsef les auteurs de l’étude de l’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques) Paca intitulée ‘Les ménages les moins aisés détiennent deux fois plus souvent des voitures classées Crit’Air 3 ou plus que les plus aisés’. . Cette part est légèrement inférieure à celle observée en France de province (85%) mais supérieure à celle d’Île-de-France (65 %), où les transports en commun sont plus développés. Entre 1990 et 2022, la part de ménages équipés d’au moins une voiture a progressé de sept points, une évolution comparable à celle de la France de province. »

Part de voitures particulières classées selon le Crit’Air 3 ou plus selon la commune. Crédit Insee Oaca

« Le taux d’équipement a diminué chez les plus jeunes, mais nettement augmenté pour les plus âgés, poursuivent les deux co-auteurs. Entre 1990 et 2022, dans les ménages comportant des personnes âgées de 20 à 29 ans, il a reculé de quatre points pour s’établir à 80%. À l’inverse, la proportion de ménages dont un membre est âgé de 75 à 79 ans et disposant d’au moins une voiture est passée de 49% à 82% sur la période. Leur possession est en particulier deux fois plus fréquente pour les femmes de 75 à 79 ans qu’il y a trente ans. La détention dépend également de la composition du ménage. Ainsi, les couples avec enfant(s) détiennent plus souvent au moins une voiture que les personnes seules (95% contre 67%). En 2022, les ménages possédant au moins une voiture en leur nom propre en détiennent en moyenne 1,5. Parmi ces ménages, 60% en ont seulement une, 33% en ont deux et les autres en ont trois ou plus. Cette moyenne régionale masque des disparités territoriales. Ainsi, dans les grands centres urbains, elle est légèrement plus basse (1,4), en lien avec une offre de transports collectifs plus dense et plus régulière. En revanche, elle atteint 1,7 voiture par ménage dans les ceintures urbaines. Dans ces espaces, les déplacements domicile-travail sont fréquemment plus longs et les couples, avec ou sans enfant, sont proportionnellement plus nombreux. »

Part de voitures classées Crit’Air 3 ou plus dans les 15 plus grandes communes de Vaucluse

Moins de diesel, davantage d’essence : paradoxe en Paca
Dans le même temps, l’étude l’Insee observe que les ménages de la région possèdent moins souvent une voiture équipée d’une motorisation diesel qu’en France (50 % contre 54 %). À l’inverse, la part des voitures roulant à l’essence est plus élevée (45 % contre 41 %). Les voitures restantes se répartissent entre les motorisations hybrides (rechargeables ou non, 3 %), électriques (1 %), GPL ou encore superéthanol.

« Les ménages les moins aisés possèdent plus souvent des voitures diesel. »

Julie Argouarc’h et Anton Monsef de l’Insee

« Les différences sont marquées selon le niveau de vie des ménages, complètent Julie Argouarc’h et Anton Monsef. Les ménages les moins aisés possèdent plus souvent des voitures diesel : 59% de leurs voitures utilisent ce type de motorisation, contre 43 % pour les ménages les plus aisés. Inversement, les ménages les plus aisés détiennent plus fréquemment des voitures récentes et moins polluantes : 8% de leurs voitures fonctionnent avec des motorisations hors essence et diesel thermiques, contre 3% pour les voitures des moins aisés. Dans les communes rurales, le diesel domine (56%). En revanche, dans les grands centres urbains les voitures essence sont légèrement plus nombreuses que les voitures diesel (50% du parc contre 45%). »

Plus on est riche, plus on est propre !
« En 2022 dans la région, l’âge médian des voitures détenues par des particuliers est de 9 ans. L’ancienneté du parc varie fortement selon le niveau de vie. Ainsi, l’âge médian des véhicules atteint 12 ans pour les ménages les moins aisés, contre7 ans pour les plus aisés. »
Au-delà du revenu, le lieu de résidence a aussi un rôle sur l’ancienneté des véhicules. Les ménages vivant dans les grands centres urbains, les petites villes et les ceintures urbaines possèdent les véhicules les plus récents (entre 31% et 34% du parc y a 5 ans ou moins). Plus les ménages sont éloignés des grands centres urbains, plus la part des voitures de 20 ans ou plus augmente, quel que soit le niveau de revenu de leurs détenteurs. De 8% dans les grands centres urbains, cette part atteint 12% dans le rural à habitat dispersé et 16% dans le rural à habitat très dispersé, témoignant d’un moindre renouvellement du parc dans les espaces ruraux. »

Davantage de kilomètres pour les véhicules diesel
Selon l’Insee Paca, la distance médiane parcourue par un véhicule s’élève à 9 000 km par an. Les véhicules diesel roulent davantage, avec une distance médiane annuelle de 10 700km, soit 46% de plus que pour un véhicule essence. La distance médiane parcourue par les voitures est plus faible dans les espaces urbains (8 700km par an), et particulièrement dans les grands centres urbains (8 100km).
À l’inverse, elle est plus élevée dans les espaces ruraux (supérieure à 10 000km), en partie en raison de déplacements domicile-travail plus longs et plus fréquemment effectués en voiture.

Crit’Air 3 : la chasse aux pauvres ?
« La vignette Crit’Air, définie par l’année de mise en circulation du véhicule et sa motorisation, constitue un outil au service des collectivités locales qui engagent des mesures volontaristes afin d’améliorer la qualité de l’air. Plus la vignette Crit’Air est élevée, plus le véhicule est polluant. Cette vignette est notamment obligatoire lors des épisodes de pollution, lorsque les préfectures instaurent une circulation différenciée. Les véhicules les plus polluants (Crit’Air 3 et au-delà) peuvent alors être interdits de circulation », rappellent Julie Argouarc’h et Anton Monsef.
Dans la région, au 1er janvier 2022, les véhicules les plus polluants représentent un tiers du parc des particuliers : 22% de véhicules sont Crit’Air 3 et 11% Crit’Air 4, 5 ou non classés. Le reste du parc se compose principalement de véhicules classés Crit’Air 1 (32%) ou Crit’Air 2 (34%). Les véhicules Crit’Air zéro, essentiellement électriques, représentent 1% du total. Cette répartition est proche de celle observée au niveau national. Les voitures les moins polluantes sont toutefois un peu plus présentes qu’en France de province.

Crédit : Insee Paca

« Les ménages les moins aisés possèdent deux fois plus souvent des voitures classées Crit’Air 3 ou plus que les plus aisés. »

« Les plus aisés possèdent des voitures plus récentes et donc généralement moins polluantes. Ainsi, la part de voitures classées en Crit’Air 1 est deux fois plus élevée pour les plus aisés que pour les moins aisés (39% contre 20%), les ménages aux revenus moyens se situant entre les deux (31%). Inversement, la moitié des véhicules possédés par les ménages les moins aisés ont une vignette Crit’Air 3 ou supérieure, contre seulement un quart chez les ménages les plus aisés. La répartition des véhicules selon leur vignette Crit’Air révèle des contrastes marqués entre les territoires ruraux et les grands centres urbains. Ainsi, dans le rural à habitat dispersé et très dispersé, 4 voitures sur 10 sont classées Crit’Air 3 ou plus, contre 3 sur 10 dans les grands centres urbains et leurs ceintures urbaines. Les véhicules les plus polluants sont moins présents dans les communes littorales. »

Crédit : Echo du mardi/Le Vaucluse en chiffres 2026

« Les restrictions de circulation dues à la pollution sont plus susceptibles d’être mises en place dans les grands centres urbains de la région, notamment à Aix-en-Provence, Avignon, Marseille, Nice et Toulon. Dans la plupart des cas, les voitures classées Crit’Air 3 ou plus sont moins nombreuses en périphérie proche qu’au sein même des villes, à l’exception notable d’Aix-en-Provence. Parmi les grands centres urbains, Aix-en-Provence se distingue en effet par la plus faible part de véhicules classés Crit’Air 3 ou plus (28% en 2022), en lien avec le niveau de revenu élevé de ses habitants. À l’inverse, à Avignon, où le niveau de vie médian est bas, cette part atteint 42%. À Marseille, 1 voiture sur 3 est concernée. La part de voitures classées Crit’Air 3 ou plus varie sensiblement selon les arrondissements en lien avec le niveau de vie de leurs habitants, allant de 1 voiture sur 4 dans le 8e arrondissement à 1 sur 2 dans le 3e arrondissement. »
Pour les autres grands bassins de vie de la région Sud cette répartition est de 31% à Nice et 33% à Toulon.

Les communes de Vaucluse ayant le moins de véhicules classés Crit’Air 3 ou plus

Et le Vaucluse ?
Dans le département, c’est à Châteauneuf-de-Gadagne que l’on trouve la plus faible part de voitures classées Crit’Air 3 et au-delà. Suivent ensuite les communes de Jonquerettes (27%), Saint-Saturnin-lès-Avignon (28%) et Morières-lès-Avignon (30%), confirmant que c’est bien dans les zones les plus aisées, en périphérie des grandes zones urbaines, que l’on trouve le moins de ces véhicules polluants.
A l’inverse c’est à Viens (49%), Saint-Martin-de-Castillon (47%), Blauvac (46%) et Méthamis (45%) que l’on en concentre le plus. Là encore, confirmation que les zones rurales sont les plus concernées.
Pour les grandes villes, Valréas (45%), Apt (44%) et Avignon (42%) constitue le ‘pauvre’ trio de tête des mauvais élèves en matière de classement Crit’Air alors que les communes ‘riches’ périphériques de l’Isle-sur-la-Sorgue (34%), Pertuis (34%), Pernes-les-Fontaines (33%), Vedène (31%) et encore Morières sont des modèles du genre.
Le constat en matière de mobilité : la liberté de circulation semble de plus en plus réservée aux ménages les plus aisés. Et sous couvert de faire la chasse aux véhicules les plus polluants, ne serait-ce finalement pas les ‘pauvres’ que l’on empêche de se déplacer ?

Les communes de Vaucluse ayant le plus de véhicules classés Crit’Air 3 ou plus

L.G.

Immatriculations : de plus en plus d’habitants, de moins en moins de voitures

En Provence-Alpes-Côte d’Azur, le volume total des immatriculations de véhicules neufs était de 151 000 en 2016. Il s’établit en 2024 à 135 300 (et à 14 737 en Vaucluse, voir tableau ci-dessous : Crédit Echo du mardi. Vaucluse en chiffres 2026), soit une baisse de 11% malgré l’augmentation de la population.

Sur cette période, les immatriculations de voitures les moins polluantes gagnent du terrain, en partie grâce aux aides publiques lors de l’achat de véhicules électriques. La part des hybrides, rechargeables et non rechargeables, passe ainsi de 3% en 2016 à 30% en 2022 et 43% en 2024, tandis que celle des voitures électriques passe de 1 % en 2016 à 17% en 2022 et 21% en 2024. Au total, 64% des véhicules neufs sont désormais hybrides ou électriques, contre 4% en 2016.

Les ménages les plus aisés acquièrent plus souvent ce type de voitures. De ce fait, la composition du parc automobile de voitures particulières se transforme significativement sur cette période. La part des voitures diesel diminue depuis 2016, passant de 58% à 46% en 2024 (53,4% en Vaucluse).

À l’inverse, la part de voitures essence augmente mais dans des proportions moindres (passant de 41 % à 46 % sur cette période : 42,2% en Vaucluse). Les autres motorisations passent de 1% à 8% en 8 ans (4,4% en Vaucluse), portées par la forte croissance des immatriculations de voitures neuves hybrides, rechargeables et non rechargeables, ainsi que de voitures électriques.


Crit’Air 3 : en faisant la chasse aux voitures polluantes, n’a-t-on finalement pas fait la chasse aux pauvres ?

Chaque année, le Département de Vaucluse organise plusieurs journées de sensibilisation autour de la sécurité routière dans les collèges du départements. Sept interventions sont prévues à partir de ce jeudi 11 décembre.

Depuis 1996, le Département de Vaucluse met chaque année en place des actions de prévention à destination des collégiens du territoire, appelées les « Campus Sécurité Routière ». En quasiment 30 ans, ce sont plus de 131 500 jeunes, dont 3 493 au cours de l’année scolaire 2024-2025, qui ont été sensibilisés.

L’objectif est d’apprendre aux élèves les bons comportements à adopter pour se protéger et protéger les autres, qu’ils soient piétons, utilisateurs de trottinettes, cyclistes, motocyclistes, ou encore futurs conducteurs. « Cette action collective inculque aux adolescents des valeurs de respect et de responsabilité », précise Christelle Castanier, vice-présidente du Département en charge de la Commission Sport, de la Vie Associative et des Collèges.

Sept journées de prévention en 2025-2026

Cette année, l’initiative est reconduite au travers de sept journées de prévention programmées jusqu’en février prochain, qui représentent un investissement de près de 39 000€ pour le Département. La première se tiendra ce jeudi 11 décembre à partir de 8h45 au collège Jean Giono à Orange. Diverses animations seront proposées toute la journée.

Six autres dates suivront les prochaines semaines :

  • Mardi 16 décembre au collège Vallée du Calavon à Cabrières d’Avignon,
  • Mardi 13 janvier au collège Gérard Philippe à Avignon,
  • Jeudi 15 janvier au collège François Raspail à Carpentras,
  • Mardi 20 janvier au collège Champfleury à Avignon,
  • Mardi 27 janvier au collège Rosa Parks à Cavaillon,
  • Mardi 3 février au collège Jules Verne au Pontet.

Crit’Air 3 : en faisant la chasse aux voitures polluantes, n’a-t-on finalement pas fait la chasse aux pauvres ?

A l’occasion de la journée mondiale du bénévolat, l’Adie (Association pour le droit à l’initiative économique) lance un vaste appel à rejoindre ses rangs en Provence-Alpes-Côte d’Azur, et en particulier 25 bénévoles dans le Vaucluse. Objectif ? Accompagner l’essor de l’entrepreneuriat populaire, dans un contexte social et économique exigeant. En 2025, le travail de terrain de ses 4 bénévoles et 4 salariés a permis à l’Adie de financer et d’accompagner 93 personnes dans le département.

Depuis plus de trois décennies, l’Adie défend l’idée que tout individu, même sans diplôme ni capital, peut devenir entrepreneur à condition d’avoir accès à un financement accessible et un accompagnement de proximité. Aujourd’hui, l’association monte en puissance pour répondre à l’augmentation des besoins : dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, elle vise le recrutement de 120 bénévoles supplémentaires, dont 25 dans le Vaucluse. L’enjeu ? Soutenir davantage de porteurs de projets et renforcer la dynamique entrepreneuriale locale.

Un nouveau souffle pour l’entrepreneuriat populaire
Depuis 35 ans, l’Adie œuvre pour lever les barrières financières, administratives ou psychologiques qui freinent l’initiative. Ce modèle, déjà bien rodé, prend aujourd’hui une dimension plus ambitieuse encore. En 2025, l’association affirme vouloir renforcer sa présence dans les territoires fragiles, quartiers prioritaires, zones rurales, zones en déficit de services, et promouvoir un accompagnement intégrant la transition écologique.

Besoin de personnes ressources
Dans ce cadre, les bénévoles ne sont plus de simples soutiens, ils deviennent des piliers de la stratégie d’expansion territoriale de l’Adie. Pour le directeur régional, « les bénévoles sont l’une des pierres angulaires de notre action », leur engagement rend possible l’accompagnement d’un nombre croissant de créateurs d’entreprise.

Une implication flexible, ouverte à tous
L’effort de recrutement prend en compte la diversité des profils et des disponibilités : étudiant, retraité, salarié, pour un engagement ponctuel ou régulier, afin de s’adapter à chacun.

Des missions variées
Les missions sont variées : accueil et orientation, entretiens avec des porteurs de projet, instruction des demandes de financement, soutien administratif, accompagnement avant et après la création, animation d’ateliers et de formations, coaching personnalisé, voire coordination des équipes bénévoles selon l’antenne.

Garantir un accompagnement de qualité
Pour garantir un accompagnement de qualité, tant aux porteurs de projets, qu’aux bénévoles l’Adie propose un parcours de formation sur mesure : compréhension du contexte de l’entrepreneuriat, maîtrise des outils informatiques, posture d’accompagnement… Les bénévoles interviennent généralement en binôme avec des conseillers professionnels, assurant un encadrement solide.

Un impact concret et mesurable
Le rapport d’activité 2024 de l’Adie illustre l’efficacité de son modèle. À l’échelle nationale, l’association a accordé des micro-crédits à plus de 34 600 personnes : entrepreneurs ou porteurs de projet dont 49% des bénéficiaires vivaient sous le seuil de pauvreté au moment du soutien (14,5 % de moyenne nationale). Près de 45% étaient des femmes, 19% n’avaient aucun diplôme. À deux ans, le taux de pérennité des entreprises créées a atteint 81% ; à trois ans, 78%. Ces chiffres confirment que, quand on combine financement, accompagnement et solidarité, l’entrepreneuriat peut devenir un levier concret d’intégration sociale et socio-professionnelle.

Pourquoi s’engager dès maintenant ?
L’appel à bénévoles de l’Adie est une opportunité de faire partie d’un projet de société. En rejoignant l’association, on ne se contente pas d’apporter du temps libre,  on s’investit pour permettre à des hommes et des femmes, parfois très fragilisés, de bâtir un avenir à travers leur projet. C’est aussi une chance de développer des compétences comme du coaching, de la gestion de projet, de l’accompagnement, d’enrichir son réseau, et de vivre une nouvelle expérience humaine.

Pour le Vaucluse
Pour le Vaucluse, c’est l’occasion d’être acteur du renouveau économique et social. L’appel lancé par l’Adie à l’occasion de la journée mondiale du bénévolat revêt un caractère à la fois urgent et prometteur. Dans un contexte de fractures sociales, d’inégalités d’accès à l’emploi et de chômage structurel, offrir à chacun la possibilité de créer sa propre activité devient un acte de justice sociale et de solidarité collective.
Mireille Hurlin


Crit’Air 3 : en faisant la chasse aux voitures polluantes, n’a-t-on finalement pas fait la chasse aux pauvres ?

Le Ténor Di Bettino, artiste lyrique avignonnais, réalise la 3e édition de sa tournée ‘Noelissimo’ qui passera par Cavaillon, Orange, Avignon et Saint-Didier au cours du mois de décembre.

Après un retour aux sources avec ‘Voyage en Méditerranée : Ténor et guitare’, le Ténor Di Bettino revient sur sa terre natale, le Vaucluse pour sa tournée de Noël, qui avait obtenu un immense succès lors des deux premières éditions en 2023 et 2024. Il sera de nouveau accompagné par le pianiste Maxime Buatier cette année.

Quatre concerts sont programmés en Vaucluse les prochaines semaines :

  • Au Temple de Cavaillon ce dimanche 7 décembre,
  • À la Cathédrale Notre-Dame-de-Nazareth à Orange le samedi 13 décembre,
  • À l’Église Saint-Rue à Avignon le jeudi 18 décembre,
  • À la Chapelle Notre-Dame-de-Sainte-Garde à Saint-Didier le dimanche 21 décembre.

Crit’Air 3 : en faisant la chasse aux voitures polluantes, n’a-t-on finalement pas fait la chasse aux pauvres ?

Grand Delta Habitat vient d’inaugurer ‘Seul sur Mars®’, un ensemble de six villas intégralement autonomes en énergie. Une expérience unique en France, à la croisée de l’innovation architecturale, de la sobriété environnementale et des usages de demain. Fidèle à une tradition de recherche et de développement initiée dès les débuts du logement social, ce projet interroge la manière d’habiter face au changement climatique et aux contraintes foncières.

Depuis plus d’un siècle, le logement social expérimente avant les autres : préfabrication des années 1950, premières normes thermiques, éco-quartiers pilotes, bâtiments à énergie positive… Les organismes HLM ont souvent joué le rôle de catalyseurs, capables de tester à grande échelle des solutions techniques avant qu’elles ne deviennent populaires. Cette dynamique n’a cessé de s’accélérer face aux impératifs environnementaux.

Le logement social, laboratoire historique de l’habitat
Grand Delta Habitat, premier bailleur coopératif de France, s’inscrit dans cette tradition de R&D. Bois, terre crue, énergie positive, chantiers propres, autoconsommation collective : depuis quinze ans, l’organisme multiplie les expérimentations, du bâtiment bas carbone de Mérindol (prix national en 2013) aux écoquartiers de Morières-lès-Avignon. Seul sur Mars®, livré fin 2025, constitue le point d’orgue de cette trajectoire.

Un premier pas sur mars Copyright MMH

Un habitat autonome accessible aux classes moyennes
Le pari est audacieux : construire six logements locatifs sans aucune charge énergétique, autrement dit capables de produire, stocker et redistribuer leur propre énergie, tout en restant financièrement accessibles. Les villas, des T4 d’environ 90 m² chacune, ont été imaginées comme des prototypes habités. Trois agences d’architecture ont été mobilisées pour explorer des pistes radicalement différentes : maisons troglodytes semi-enterrées ; structures bois sur pilotis dans une zone humide ; maison verticale équipée d’une éolienne en toiture, et, enfin, une villa enfouie pour maximiser l’inertie thermique.

Combinaison de savoir-faire
Chaque construction teste une combinaison singulière de matériaux, de rapports au sol, de dispositifs énergétiques et de scénarios d’usage. Une manière d’éprouver, grandeur nature, ce que pourrait devenir un habitat résilient dans les décennies à venir.

Un site contraint, terrain d’innovation
Le terrain agricole initial, instable et traversé par la Petite Sorgue, imposait des choix techniques de haut niveau : 10 000 m³ de terre déplacés pour stabiliser la parcelle ; Des pieux profonds pour ancrer chaque maison ; Une modélisation 3D des interfaces structures-réseaux-menuiseries ; Préfabrication bois permettant un montage en moins d’un mois. Cette complexité n’est pas un obstacle : elle fait partie intégrante de la recherche. Comment concevoir un habitat durable sur un sol contraint ? Comment adapter les matériaux aux aléas climatiques ? Comment anticiper l’évolution des usages ? Seul sur Mars® y apporte des réponses concrètes.

Inauguration de Seul surMars Copyright MMH

Autoconsommation collective : une facture énergétique réduite à zéro
Le cœur du projet repose sur une boucle énergétique partagée. Chaque villa produit sa propre énergie solaire, grâce à des panneaux photovoltaïques, ou, pour la Tour des Vents, via une éolienne de 6 kWc. L’énergie est consommée en priorité localement ; Le surplus est revendu à Enedis et redistribué aux ménages sous forme de diminution des charges. Résultat : jusqu’à 1200€ estimés d’économies annuelles.

Les bénéfices attendus pour les habitants ?
Un confort thermique renforcé ; Une amélioration de la qualité de l’air (+65 %) ; Un confort d’été accru grâce à l’inertie de la terre et des brasseurs d’air (avec des plafonniers à hélices) et participation des locataires à la gestion de la production énergétique. Les résultats environnementaux annoncés sont significatifs : -95 % d’émissions de gaz à effet de serre ; -30 % de prélèvements d’eau et un objectif de neutralité carbone à moyen terme.

Les Marsupiennes Copyright MMH

Trois visions architecturales, un même laboratoire

Tour des Vents & Sol 21 — Atelier Avignon Architecture.
Deux partis pris opposés : une maison verticale en béton teinté, éolienne en toiture ; Une villa semi-enterrée, organisée autour de l’inertie thermique, éclairée par un patio.

Les Marsupiennes, de MAP Architecture de Marseille
Deux maisons troglodytes, ossature bois d’épicéa, toitures végétalisées, douches à recyclage d’eau et béton de terre : l’architecture y dialogue avec le sol.

L’Isle solaire Copyright MMH

Isle Solaire, Architecture Environnement à Montpellier
Deux maisons en bois sur pilotis dans une zone humide, reliées par un toit en vague et dotées d’un pilotage énergétique automatisé. Au-delà des formes, chaque villa teste une manière d’habiter : verticalité, bioclimatisme, vie en zone humide, inertie thermique, hybridation des énergies. Le logement social devient champ d’observation.

Le logement comme objet de recherche : une constante HLM
Avant d’être un simple toit, le logement est un outil de politique publique. Historiquement, les HLM ont expérimenté les premiers réseaux de chaleur, généralisé les matériaux bas carbone, intégré la préfabrication dès les années 1960, testé les premiers bâtiments à énergie positive, et conduit des programmes pilotes sur la rénovation massive. Seul sur Mars® s’inscrit exactement dans cette lignée : explorer des solutions reproductibles, non pas pour créer une vitrine, mais pour documenter et transformer les pratiques du secteur.

Tour des vents et sol 21 Copyright MMH

Pour quelle finalité ?
La finalité du projet n’est pas de multiplier ces six villas, mais de tirer des données, comparer, évaluer, puis diffuser les résultats : efficacité réelle des dispositifs énergétiques, confort d’usage, sobriété, impacts économiques, et capacité de reproduction dans d’autres milieux.

Une opération lourde, financée comme un investissement stratégique
Coût total de l’opération : 5,89 M€. Financement : 2,96 M€ de prêts Banque des Territoires, 2,75M€ financés par les fonds propres de la coopérative, 151 479€ de la CGLLS, 15 000€ du Département de Vaucluse. Ces chiffres s’inscrivent dans une politique d’investissement plus large : 381M€ engagés par Grand Delta Habitat en 2024 pour construire, réhabiliter et adapter son patrimoine. Le logement devient ainsi un levier de transformation territoriale autant qu’un objet de recherche.

Dessine-moi une maison
Seul sur Mars® n’est pas une parenthèse architecturale, mais un jalon. Il matérialise ce que le logement social expérimente depuis plus de soixante ans : une voie nouvelle pour habiter, plus sobre, plus autonome, plus intelligente. Sur un terrain complexe, grâce à des partis pris audacieux, Grand Delta Habitat propose une démonstration concrète des habitats du futur. Face à la crise climatique, à la tension foncière et à la hausse des coûts énergétiques, ces six villas montrent que l’innovation ne relève pas de l’utopie : elle peut être accessible, reproductible, et socialement juste. Un laboratoire en pleine Sorgue, pensé pour alimenter les modèles d’habitat de demain.

Ils ont dit

Pierre Gonzalvez, Copyright MMH

Pierre Gonzalvez, maire de L’Isle-sur-la-Sorgue
« La Ville de L’Isle-sur-la-Sorgue est très heureuse d’accueillir l’expérimentation Seul sur Mars. Je me souviens de la présentation du projet au Palais des Papes, en présence de l’astronaute Patrick Baudry, puis de ce premier “pas sur Mars” en 2022. Il ne s’agissait pas d’un projet hors-sol mais bien d’un projet hors-terre, ancré dans le réel. Nous avons candidaté avec conviction, et aujourd’hui nous voyons cette idée devenir réalité. Les habitants devront s’adapter à une nouvelle manière d’habiter, mais je suis convaincu que ce site deviendra un lieu de visite, où architectes, maîtres d’œuvre et professionnels viendront observer et s’inspirer de Seul sur Mars. »

Michel Gontard Copyright MMH

Michel Gontard, président de Grand Delta Habitat
«Merci à Pierre Gonzalvez et à la Ville de L’Isle-sur-la-Sorgue de nous avoir accueillis pour cette expérimentation Seul sur Mars. L’innovation fait partie de notre ADN : en 2010 à Monteux avec une structure bois pionnière ; à Carpentras avec le premier chantier propre du Vaucluse ; puis à Jonquières avec une opération de logement social à énergie récupérable, une première nationale ; ou encore à Morières-lès-Avignon avec un éco-quartier exemplaire. Nous avons également réalisé 98 logements dans le quartier de la gare à Châteauneuf-de-Gadagne, distingués par un trophée de l’aménagement. Ici, 99 % des entreprises intervenues sont vauclusiennes, et nous avons relevé un défi ambitieux. Je remercie les équipes de GDH qui accompagneront désormais cette aventure avec les habitants.»

Dominique Santoni Copyright MMH

Dominique Santoni présidente du Conseil départemental de Vaucluse
« Le logement et la santé sont deux préoccupations majeures pour les Vauclusiens. En fusionnant Mistral Habitat et Grand Delta Habitat, nous avons voulu bâtir un bailleur capable de répondre à ces défis : offrir à chaque habitant un logement durable, de qualité et soutenable financièrement. Ce choix était clair, difficile parfois, mais cohérent et efficace et au service du plus grand nombre. Cette résidence en est la démonstration : Grand Delta Habitat prouve que le logement social peut être un levier de progrès, car ici s’invente une autre manière de vivre. L’année prochaine, le Département investira 130 M€ au bénéfice des entreprises, des habitants et du territoire. »

Kosta Kastrinidis Copyright MMH

Kosta Kastrinidis, directeur adjoint de la Banque des Territoires
«Je tiens à saluer la qualité d’innovation du programme Seul sur Mars, qui voit le jour dans un contexte délicat alors que la crise du logement persiste. En 2024 et 2025, la Banque des Territoires aura investi plus de 20 milliards d’euros sur tout le territoire. Les 400 bailleurs sociaux constituent, au niveau national, un pilier essentiel de l’économie nationale : ils soutiennent l’activité du bâtiment et maintiennent des emplois non délocalisables. Malgré ce contexte, Grand Delta Habitat parvient à innover et à tracer la voie du logement des prochaines années.»

Marie-Noëlle Lienemann Copyright MMH

Marie-Noëlle Lienemann, présidente de la Fédération nationale des sociétés coopératives d’HLM
«Si le programme Seul sur Mars pouvait sembler extraterrestre au départ, Grand Delta Habitat en a fait une véritable expérimentation, destinée à produire des connaissances, un nouveau savoir-faire et une nouvelle manière d’habiter. Le changement climatique va profondément transformer le logement. Notre mission est donc de construire des habitats confortables, durables et abordables. Il est essentiel aussi de s’attaquer au poids des charges, qui peuvent parfois dépasser le montant des loyers. Merci aux élus et aux financeurs qui s’engagent pour que le logement social conserve sa place essentielle dans notre pays.»

Emmanuelle Cosse Copyright MMH

Emmanuelle Cosse, présidente de l’Union sociale pour l’habitat
«Bienvenue aux locataires qui entrent dans des logements d’une qualité exceptionnelle, mais surtout dans une expérience nouvelle d’habiter. Il sera essentiel d’observer comment ils s’approprient ces maisons qui répondent aux enjeux actuels : adaptation à un terrain complexe, transition climatique, durabilité, pouvoir d’achat. Le parc HLM offre aujourd’hui 5,6 millions de logements en France, entretenus et adaptés. Seul sur Mars illustre notre savoir-faire. Cette année, le logement social aura porté près de la moitié de la production nationale, la construction privée s’étant effondrée. Nous assumons aussi une part majeure de la rénovation énergétique. Il faut augmenter les moyens, car les besoins en logement : locatif, accession sociale, propriété classique, sont exponentiels. Des emplois ne sont pas pourvus faute de mobilité et de logements. Nous ne pouvons pas rester immobiles : l’année prochaine devra être celle du rebond, au nom du combat républicain.»

Thierry Suquet Copyright MMH

Thierry Suquet, préfet de Vaucluse
«Pierre Gonzalvez, en tant que maire de L’Isle-sur-la-Sorgue et président de l’Association des maires de Vaucluse, pourra témoigner auprès de ses collègues que le logement social a toute sa place, et qu’il peut être exemplaire et innovant, comme le prouve Seul sur Mars. L’innovation fait avancer la cause du logement social. Grand Delta Habitat démontre ici sa capacité à relever les défis de la transition écologique. Demain, l’enjeu sera de produire du logement social pour nos enfants et nos salariés, en préservant la biosphère et les terres agricoles.»
Mireille Hurlin

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Crit’Air 3 : en faisant la chasse aux voitures polluantes, n’a-t-on finalement pas fait la chasse aux pauvres ?

Comme chaque année, L’Echo du Mardi recense pour vous les événements de fin d’année. Tout au long du mois de décembre, retrouvez sur cette carte interactive mise à jour régulièrement le programme des festivités de Noël de Vaucluse et de ses alentours.




Crit’Air 3 : en faisant la chasse aux voitures polluantes, n’a-t-on finalement pas fait la chasse aux pauvres ?

La Région Sud a mis en place la plateforme ‘Stages du Sud‘, développée par l’entreprise française Myfuture, pour recenser toutes les offres de stage du territoire. En Vaucluse, de nombreux stages sont à pourvoir.

Stage de découverte en chaudronnerie, dans le domaine de l’usinage, en hôtellerie, en mécanique, en cuisine, en agence de voyage, ou encore dans l’immobilier… Plusieurs centaines de stages sont à pourvoir en Vaucluse, et plus de 1 000 dans tout le territoire régional.

Tous sont recenser sur la plateforme ‘Stages du Sud’ créée par la Région pour faciliter la recherche aux demandeurs de stage et le recrutement aux employeurs. « Avec cet outil, nous offrons à chaque jeune, où qu’il vive, la possibilité de découvrir concrètement les métiers d’aujourd’hui et de demain grâce à un stage, déclare Renaud Muselier, président de la Région Sud. Rien ne remplace l’expérience et le terrain. »

Ces offres de stage concernent aussi bien les élèves des collèges et lycées que les étudiants de l’enseignement supérieur. Au travers de ‘Stages du Sud, les professeurs peuvent aussi inviter des professionnels en classe pour témoigner de leur métier. Les professionnels, de leur côté, peuvent organiser des visites d’entreprises pour une classe entière via la plateforme.

« Avoir une bonne connaissance du monde professionnel, et un accès à des métiers variés, est fondamental pour réussir son orientation et son insertion professionnelle », conclut Victor Gaeremynck, directeur général et fondateur de Myfuture, entreprise qui a développé la plateforme pour la Région Sud.

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Crit’Air 3 : en faisant la chasse aux voitures polluantes, n’a-t-on finalement pas fait la chasse aux pauvres ?

La Banque Alimentaire de Vaucluse lance sa Grande Collecte, ces vendredi 28, samedi 29 et dimanche 30 novembre : plus de 800 bénévoles sont actuellement mobilisés dans 60 magasins du Vaucluse, avec l’ambition de récolter jusqu’à 10% des denrées distribuées sur l’année. Face à l’inflation persistante et à l’augmentation du nombre de personnes en situation de précarité, l’opération prend tout son sens et chacun peut y prendre part, que ce soit en magasin ou via le dispositif en ligne ‘Mon Panier solidaire’.

Depuis la création du réseau il y a quatre décennies, les Banques alimentaires incarnent en France le premier maillon de la solidarité alimentaire. En 2024, l’ensemble du réseau national a accompagné 2,4 millions de personnes, grâce à l’action coordonnée de quelque 6 000 associations partenaires et milliers de bénévoles.

Une mobilisation collective sans précédent
La collecte nationale, dont la Grande Collecte de fin novembre constitue le temps fort annuel, fournit une part essentielle des denrées. En 2023, la collecte avait permis de récolter plus de 10 000 tonnes de vivres, contribuant à nourrir des milliers de foyers en difficulté. Dans le Vaucluse, l’édition 2025 espère mobiliser plus de 800 bénévoles afin de générer un apport d’autant plus précieux qu’il représente une part significative des ressources alimentaires annuelles.

Un enjeu social croissant
La précarité alimentaire ne touche plus seulement des publics traditionnellement vulnérables : les familles monoparentales, les personnes en situation de chômage ou de retraite modeste, mais aussi de plus en plus de jeunes, des étudiants ou des salariés modestes. Selon les Banques Alimentaires, les hausses des prix pèsent lourdement sur les budgets des ménages, faisant de l’alimentation ‘la variable d’ajustement’ de nombreux foyers.

Au-delà de la nourriture
Dans ce contexte, l’aide alimentaire ne se limite pas à remplir des assiettes, elle contribue à rompre l’isolement, à préserver la dignité, et à éviter un basculement dramatique. Un volet santé se joue également : dans une enquête récente, un nombre significatif de bénéficiaires évoque des problèmes de santé, physiques ou psychiques, souvent exacerbés par une alimentation insuffisante ou déséquilibrée. C’est pourquoi chaque don compte, et pourquoi l’appel lancé par la Banque Alimentaire de Vaucluse résonne plus fort encore cette année.

Sur la photos, des associations partenaires, d’établissements scolaires participant à la collecte, de nos salariés, de nombreux bénévoles, de mécènes, et, de personnalités (le sous-préfet chargé de Mission Sébastien Maggi, des représentants de la DDETS, le sénateur Lucien Stanzione, un représentant du député Raphaël Arnault, Mme Viala pour la Région et Mme Testud-Robert pour le conseil Départemental).Copyright BA 84 Communication

Qui sont les bénéficiaires ?
Les profils des personnes accompagnées par la Banque Alimentaire reflètent une réalité sociale en pleine mutation. La moitié sont des foyers avec enfants, dont un tiers de familles monoparentales, et 12 % des enfants ont moins de trois ans. Près d’un quart des bénéficiaires occupent un emploi, parfois en CDI (Contrat à durée indéterminée) à temps plein, mais peinent malgré tout à absorber l’augmentation du coût de la vie. Les jeunes et étudiants sont également de plus en plus nombreux : 18 % ont entre 15 et 25 ans, un chiffre en hausse de 28 % en dix ans. La précarité touche aussi les zones rurales, où l’inflation et les difficultés d’accès à l’emploi ou aux soins accentuent la vulnérabilité. Enfin, trois personnes sur quatre déclarent un problème de santé, souvent aggravé par des renoncements aux soins. Une diversité de parcours qui rappelle que la précarité alimentaire n’épargne aucun territoire ni aucune génération.

Comment agir et pourquoi
La Grande Collecte n’est pas seulement du don alimentaire traditionnel en magasin. Avec ‘Mon Panier solidaire’, chacun peut contribuer depuis chez soi, en ligne afin d’offrir des produits alimentaires ou d’hygiène à celles et ceux qui en ont besoin. La collecte également est un moment de rencontres et de solidarité, l’occasion de se mobiliser collectivement, en  une action concrète, car dans un contexte où les besoins augmentent, où les profils des bénéficiaires évoluent, chaque boîte de conserve, chaque paquet de couches pour bébé, chaque produit d’hygiène compte.

Les produits les plus attendus
En 2025, les besoins exprimés par les bénéficiaires évoluent et se concentrent sur des produits essentiels, souvent coûteux dans le budget quotidien. Les Banques alimentaires recherchent en priorité des protéines animales et végétales : conserves de poisson, de viande, légumineuses, ainsi que des légumes en conserve. Les produits d’hygiène figurent aussi parmi les demandes les plus urgentes : protections menstruelles, couches pour bébé, savon, dentifrice…

L’union fait la force
La Grande Collecte 2025 de la Banque Alimentaire de Vaucluse incarne la solidarité en action, là où elle est la plus concrète, dans un panier, un rayon de supermarché, un camion, un entrepôt et l’intervention de bénévoles. Ce week-end, l’union fait la force.
Mireille Hurlin


Crit’Air 3 : en faisant la chasse aux voitures polluantes, n’a-t-on finalement pas fait la chasse aux pauvres ?

À l’occasion du débat sur les orientations budgétaires 2026, Dominique Santoni, présidente du Conseil départemental du Vaucluse, a dressé un bilan lucide de la conjoncture nationale : alors que de nombreux départements vacillent sous le poids de l’endettement et des dépenses sociales, le Vaucluse revendique une gestion rigoureuse. Son plan : sanctuariser les subventions, investir massivement, à hauteur de 132M€, tout en limitant le recours à l’emprunt, et renforcer l’aide à l’enfance.

Dans une période de turbulences économiques, le Vaucluse entend se présenter comme un modèle de résilience. Vendredi 21 novembre 2025, Dominique Santoni a ouvert le débat des orientations budgétaires pour 2026 en rappelant que la dette publique nationale “enfle d’année en année” et que l’État reste un acteur incertain : “nul ne sait encore si le budget sera adopté à temps, ni ce qu’il contiendra vraiment.” Face à ces menaces, elle affirme la volonté du département de rester un “pilier de stabilité” pour ses 151 communes, ses associations, ses entreprises et ses habitants.

Conserver le même niveau d’investissement
Cette posture est d’autant plus ambitieuse que, sur le plan national, plusieurs départements sont en grande difficulté. Certains réduisent drastiquement leurs investissements, d’autres coupent dans les politiques culturelles ou sportives, voire suppriment des compétences non obligatoires. Dans certains cas extrêmes, comme la Gironde, le déséquilibre budgétaire atteint 112M€, menaçant même une mise sous tutelle. Selon Dominique Santoni, “le modèle économique des départements se désagrège là où la gestion n’a pas été solide. »

Une stratégie en trois axes
La présidente du Conseil départemental a donc décidé de déployer une stratégie en trois axes : Le maintien des dépenses publiques ; La poursuite d’un niveau d’investissement élevé et la maîtrise de l’endettement.

Maintien des dépenses de fonctionnement
Contrairement à d’autres collectivités, le Vaucluse ne prévoit pas de coupes drastiques : subventions aux associations, à la culture, au sport, au tissu communal, mais aussi à l’agriculture et à l’environnement, seront conservées. Une décision comme ‘un acte politique fort’, dans un contexte de forte instabilité, garantir des soutiens pérennes reste une priorité.

Un investissement social encore plus prononcé
Cependant, le Département assume un investissement social encore plus prononcé : ses dépenses sociales devraient augmenter de 12M€ en 2026, pour atteindre 258M€, soit +60M€ sur cinq ans, notamment pour l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE). La présidente a d’ailleurs repris personnellement la délégation ASE, expliquant que “la protection de l’enfance n’est pas une ligne budgétaire, c’est une responsabilité morale”.

Copyright Département du Vaucluse Communication

La poursuite d’un niveau d’investissement élevé
Le Conseil départemental prévoit 132M€ d’investissements en 2026, confirmant sa volonté de soutenir les infrastructures : routes, collèges, équipements communaux. Il reconduit également un contrat de 28,4M€ sur trois ans avec les communes, offrant ainsi un cadre sécurisé pour leurs projets. Sur l’ensemble du mandat, le Vaucluse ambitionne près d’un milliard d’euros d’investissements, un engagement rare dans le climat actuel.

La maîtrise de l’endettement
Plutôt que de recourir massivement à l’emprunt, la collectivité prévoit de freiner ce recours, face à des taux d’intérêt en hausse. Selon Dominique Santoni, “les collectivités qui s’en sortiront demain sont celles qui auront maîtrisé leur dette aujourd’hui.” Le Vaucluse se targue d’être parmi les 20 départements les moins endettés de France, avec une capacité de désendettement de 1,9 année au 31 décembre 2024, selon son dernier rapport financier. Pour financer ses projets sans alourdir sa dette, le Département privilégie l’autofinancement. Selon le budget 2025, l’encours de dette est de 160,6M€, soit environ 272€ par habitant, bien en dessous de la moyenne des départements comparables, qui atteint 388 €/habitant.

Des choix contraints, mais maîtrisés
Le contexte national n’est pas tendre. Le Département de Vaucluse a dû faire face à une baisse importante des recettes liées aux Droits de Mutation à Titre Onéreux (DMTO), qui dépendent des transactions immobilières. Ces recettes, en forte baisse, ont été jugées peu sécurisantes par la présidente, d’où la volonté de puiser dans ses réserves et de limiter l’endettement. Par ailleurs, dans le budget primitif 2025, le département a déjà opéré des économies, à hauteur de 13,5 M€, sans pour autant renoncer à ses priorités.

Un ancrage social renforcé
L’augmentation des dépenses sociales n’est pas symbolique : elle traduit une réponse stratégique à la montée des fragilités. Lors du débat, Dominique Santoni a mis l’accent sur l’ASE, un service qu’elle veut refonder : “plus adapté, plus protecteur, plus humain.” Elle a salué le travail de la commission “enfance, solidarité, handicap” et annoncé la construction de nouveaux dispositifs en lien avec la nouvelle direction de la solidarité. L’enjeu est moral : “aucun enfant du Vaucluse ne doit grandir sans protection, sans repère, sans chance.” Un engagement pragmatique et surtout éthique.

Les orientations de 2026
En dessinant ses orientations pour 2026, le Conseil départemental du Vaucluse trace la voie d’une résilience active. Alors que de nombreux territoires ploient sous le déséquilibre budgétaire, le Vaucluse refuse les logiques d’austérité brutale ; au contraire, il choisit d’investir, de protéger, et de limiter sa dette. Dans un climat d’incertitude, sa stratégie s’affirme comme un pari sur la stabilité : celle des personnes, des infrastructures, et d’une gestion financière prudente, tournée vers l’avenir.
Mireille Hurlin

https://www.echodumardi.com/tag/vaucluse/page/22/   1/1