8 juillet 2026 |

Ecrit par le 8 juillet 2026

Théâtre la Luna, Festival Off d’Avignon, Quand Victor Hugo fait vaciller les tyrans

Au Théâtre de la Luna, Mangeront-ils ? renaît dans une version contemporaine qui conjugue la puissance du verbe hugolien à une mise en scène nerveuse et musicale. Une redécouverte aussi surprenante qu’actuelle d’une œuvre méconnue où la satire politique, la comédie et le conte gothique se répondent avec une étonnante modernité.

On connaît Ruy Blas, Hernani ou Le Roi s’amuse. Beaucoup moins Mangeront-ils ? pièce écrite par Victor Hugo durant son exil à Guernesey en 1867. Derrière les apparences d’un conte médiéval situé sur l’île de Man, le dramaturge livre pourtant l’une de ses plus féroces critiques des abus du pouvoir.

Une œuvre rare de Victor Hugo remise en lumière
Le Festival Off d’Avignon offre l’occasion de redécouvrir ce texte rarement monté. Tom Bouchardon en signe une adaptation resserrée qui conserve toute la richesse des alexandrins tout en les inscrivant dans une esthétique résolument contemporaine.

Copyright Mireille Hurlin

Une fable politique sous les traits d’un conte
L’intrigue possède tous les ingrédients d’une légende : un roi autoritaire, amoureux de sa cousine Lady Janet, poursuit celle-ci après sa fuite avec Lord Slada. Les deux amants trouvent refuge dans un monastère isolé, au cœur d’une forêt où l’eau est empoisonnée et les plantes mortelles. Ils y croisent deux figures marginales : Zineb, une sorcière centenaire prête à transmettre les cent années de vie qui lui restent, et Aïrolo, voleur philosophe et fin observateur de la nature humaine.

La malédiction du roi
Lorsque la sorcière prédit au souverain qu’il mourra immédiatement après Aïrolo, le destin bascule. Le puissant devient dépendant du plus humble. Le voleur, jusque-là condamné à la potence, prend alors l’ascendant sur le roi, jusqu’à provoquer la chute d’un pouvoir qui croyait son autorité absolue.

Pouvoir, manipulations du grand public…
Comme souvent chez Hugo, la fantaisie n’est qu’un masque. Derrière les situations burlesques affleure une réflexion sur la légitimité du pouvoir, la manipulation des foules, la liberté individuelle et la force de l’intelligence face à l’arbitraire.

Copyright Mireille Hurlin

Le souffle d’Hugo, l’énergie d’aujourd’hui
La réussite du spectacle tient précisément à cet équilibre entre fidélité et modernité. Les alexandrins demeurent au cœur de la représentation, portés avec conviction par une distribution investie où Sarah Mesguich, Frédéric Constant, Jérémy de Teyssier, Antoine Maabed, Margot Dubroca-Voisin et Rosalie Dumont insufflent rythme et intensité à la pièce. Le jeu, rapide et très physique, évite toute solennité. La langue de Victor Hugo retrouve une étonnante fluidité tandis que la musique originale de Maxime Richelme, aux accents électroniques et parfois rock, vient souligner les tensions dramatiques sans jamais écraser le texte. La scénographie épurée laisse toute sa place au verbe, transformant cette œuvre du XIXᵉ siècle en spectacle d’aujourd’hui.

Une satire qui résonne avec notre époque
À près de 160 ans de distance, le propos conserve une étonnante actualité. Hugo y oppose l’orgueil des puissants à la lucidité des exclus, tourne en dérision les mécanismes du pouvoir et célèbre l’émancipation des consciences. L’humour, souvent grinçant, côtoie le tragique dans une partition où le grotesque sert constamment le sublime, selon l’esthétique chère au poète. Cette lecture contemporaine ne cherche pas à moderniser artificiellement l’œuvre. Elle révèle simplement combien les interrogations de Victor Hugo sur l’autorité, la manipulation politique ou le rapport entre gouvernants et gouvernés demeurent universelles. Le résultat est un spectacle vivant, inventif et rythmé, qui fait découvrir une facette moins connue du dramaturge tout en offrant une véritable réflexion sur les mécanismes du pouvoir.

Les infos pratiques
Mangeront-ils ? de Victor Hugo. Adaptation et mise en scène : Tom Bouchardon Festival Off d’Avignon 2026. Théâtre de la Luna. Salle 1. Jusqu’au 25 juillet. 21h45. Relâches les 12 et 19 juillet. Durée : 1h20. Distribution : Sarah Mesguich, Frédéric Constant, Jérémy de Teyssier, Antoine Maabed, Margot Dubroca-Voisin et Rosalie Dumont. Musique : Maxime Richelme. Costumes : Lia Tubiana. Scénographie, lumière et régie : Tom Bouchardon. Tarifs : 22€ plein tarif : 5,50 € avec la Carte Off. Réservations ici. Contact diffusion Contacts : Diffusion Marie Barbet-Cymbler 07 85 57 73 92 mariebarbetcymbler@gmail.com
Mireille Hurlin

Copyright Mireille Hurlin

Théâtre la Luna, Festival Off d’Avignon, Quand Victor Hugo fait vaciller les tyrans

17 juin 1940. Charles de Gaulle, va partir incessamment pour Londres, seul, sans sa famille qui, elle, va rallier le Sud de la France pour se mettre à l’abri et échapper à l’espionnage comme au kidnapping. Le sous-secrétaire d’Etat doit faire face à une crise de conscience et trahir ses pairs pour sauver la mère patrie. La capitulation n’est pas une option.

Il est seul contre tous et ne sera pas très bien accueilli, voire honni outre Manche, chez la perfide Albion. Il devra aussi convaincre outre Atlantique car là-bas aussi, on ne le calcule pas. Exténué, il s’apprête à écrire le discours du 18 juin. Son aide de camp, Geoffroy Chodron de Courcel vit avec lui ces minutes dramatiques vécues sur le sol français.

Et puis
voici que Charles de Gaulle se réveille sur une île paradisiaque, accueilli par un barman plutôt très philosophe vite rejoint par d’illustres personnages tels que Victor Hugo, Napoléon, Bob Marley, Marlène Dietrich… qui dévoilent tour à tour, leurs succès comme leurs échecs, les coulisses de leurs vies.

Le Barman de l’île, Victor Hugo et Charles de Gaulle Copyright MMH

C’est très bien écrit,
les jeux de mots y sont truculents, les six acteurs vifs, les échanges intelligents, plein d’humour et se jouent des anachronismes avec délectation. On se met à oublier le théâtre pour vouloir se glisser, nous aussi, dans cette ile imaginaire qui se joue du temps et de l’espace, où les personnalités les plus brillantes s’interpellent et se lient avec un plaisir non feint. Un très bon spectacle à destination de tous qui donne envie de relire les biographies de ces grands hommes et de l’extraordinaire Marlène Dietrich.

Les infos pratiques
Le Barman de l’île. 13h10. Jusqu’au 21 juillet. Relâche le 15 juillet. Théâtre des Brunes. Salle des Brunes. Tout public. A partir de 10 ans. De 14 à 24€. 32, rue Thiers à Avignon. 04 84 36 00 37.

Grâce à eux
Graphiste : Munbaz Art ; Producteur : Alain Asseraf ; Metteur en scène : Bernard Bitan ; Artiste interprète : Bernard Bitan , Pierre Deny, Fabien Floris, Pierre Jouvencel, Angelo Pattacini, Smadi Wolfman ; Assistante de mise en scène : Laëtitia Grimaldi ; Régisseur : Romain Martin ; Attachée presse : Lynda Mihoub. Acarré productions.

Copyright MMH


Théâtre la Luna, Festival Off d’Avignon, Quand Victor Hugo fait vaciller les tyrans

Après La Carmen ou Rusalka, voici encore une belle figure féminine qui est mise à l’honneur à l’Opéra Grand Avignon : La Esmeralda

On connaît Esmeralda, la belle gitane de Victor Hugo qui comme ses consoeurs précédemment citées est libre, étrangère, belle et tuée. Il semble qu’au fil des siècles son histoire ait été banalisée. Son viol par Phoebus ? Une authentique histoire d’amour. Son martyr aux mains de Frollo ? Un crime passionnel. Esmeralda elle-même ? Une tentatrice. C’est donc bien l’honteuse tendance à minimiser les violences faites aux femmes, et à dédouaner les agresseurs de leur responsabilité, que nous enseigne la figure d’Esmeralda et de ses réécritures.

La musique de la compositrice Louise Bertin( 1805-1877) et les mise en scène et scénographie de Jeanne Desoubeaux et Cécile Trémoulires nous livrent une version épurée pour mieux cerner cette réalité dérangeante
« La Esmeralda nous met au carrefour du Moyen-Âge où se situe l’action, des années 1830 où l’opéra fut composé et de notre monde contemporain que semblent écrire la compositrice Louise Bertin et lle livret  Victor Hugo d’après Notre-Dame de Paris. Sur scène, les échafaudages du chantier se mêlent à la pierre de la bâtisse. Quel meilleur endroit qu’une scène de théâtre pour parler de ce qui doit être vu, de ce qui doit être caché, de ce qui est public, de ce qui est privé ? »

Que La Esmeralda, œuvre de théâtre musical, retrouve la scène !
Ainsi parle Benjamin d’Anfray Directeur musical de cette version épurée pour cinq instrumentistes ( Les Chœurs de L’Opéra seront présents sur une bande son). « Il faut  que la finesse du travail musical puisse être rendue avec toute sa clarté, et que le drame au carrefour des questions les plus contemporaines, touche son public. »

Ensemble Lelio
Benjamin d’Anfray piano romantique, Lucie Arnal violoncelle, Roberta Cristini clarinette, Marta Ramirez violon, Aline Riffault basson.

Autour du spectacle
Conférence autour de La Esmeralda avec Véronique Le Goaziou, sociologue et ethnologue, chercheuse associée au CNRS d’Aix-en-Provence, spécialiste des questions de délinquance et de violence. Conférence sur les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes. Récit des faits historiques. Comment pouvons-nous réfléchir collectivement sur ces violences ? Existe-t-il une vraie avancée sur le sujet depuis ces dernières années ?
Vendredi 8 décembre. de 18h à 19h30. Entrée libre sur réservation jessica.lepape@grandavignon.fr 06 73 63 70 98. Salle du Grand Foyer. Opéra.

Prologue
45 minutes  avant chaque représentation, l’Opéra Grand Avignon propose un éclairage sur le spectacle auquel vous assistez.
Samedi 9 décembre 2023. 19h15. Entrée libre sur présentation du billet du spectacle. Salle des Préludes. Opéra et Samedi 9 décembre. La Esméralda. 20h. Durée 2h50. De 5 à 30€. Opéra Grand Avignon. 4 Rue Racine. Avignon. 04 90 14 26 40. www.operagrandavignon.fr

 


Théâtre la Luna, Festival Off d’Avignon, Quand Victor Hugo fait vaciller les tyrans

Redécouvrez l’une des plus grandes œuvres de Victor Hugo à travers un spectacle théâtral et musical qui s’adresse à tous.

A l’esthétique « burtonienne » et aux mélodies rock, jazz, blues qui viennent enrichir un jeu d’acteur mémorable, la mise en scène de William Mesguich vient donner une teinte nouvelle à ce monument de la littérature.

«Misérables est l’histoire d’une rencontre entre Cosette et Jean Valjean. L’histoire d’une résistance contre la pauvreté et la violence, de deux vies qui basculent. Misérables est une ode à la vie, à l’amour pour tous les cœurs et toutes les âmes. C’est aussi un spectacle total où les comédiens chantent, jouent la comédie et d’un instrument, le tout accompagné de mélodies rock et d’une esthétique ‘burtonienne’».

Un texte intemporel
«Comme dans tous les grands textes, il y a de l’intemporel dans Les Misérables, de l’universel. Il est question de Cosette, de Valjean mais aussi de tous ces personnages anonymes dans le monde qui subissent les soubresauts d’une société, d’une histoire intime, injuste ou violente.»

Pour un avenir meilleur
«Cela raconte les aventures, les déboires, ou la désespérance de tous les laissés-pour-compte de notre monde, tous les abîmés par la vie. Et en même temps, il y a de l’espoir. La tragédie de certains se transforme et devient le prétexte à une réparation, une révolution sociétale ou personnelle, la croyance en un avenir meilleur.»

Jazz, Blues, rock
«La musique et le chant enrichissent et mettent en relief le propos théâtral. Une manière de redonner, peut-être, de la joie, du spectaculaire, du baroque à une œuvre tellement étudiée et représentée. Avoir une musique de scène originale « sans âge », un savoureux mélange pop, aux influences jazz, blues, rock… pour des comédiens-chanteurs musiciens, permet de donner une autre tonalité à ce monument de la littérature française.»
William Mesguich

Les infos pratiques
Misérables. Dimanche 3 avril à 16h et lundi 4 avril pour les scolaires. Théâtre du balcon. 38, rue Guillaume Puy à Avignon. Réservation ici. contact@theatredubalcon.org 04 90 85 00 80

MH


Théâtre la Luna, Festival Off d’Avignon, Quand Victor Hugo fait vaciller les tyrans

Du grand art avec Victor Hugo et Jean Claude Drouot
À soixante-quinze ans, Victor Hugo écrit un recueil de poèmes dédié à ses petits-enfants, Georges et Jeanne, dont il a la charge et qui marque une parenthèse intimiste au sein d’une œuvre majoritairement engagée. Ce recueil est publié en 1877. Il y est question de sieste, de rêve, de promenade, d’appétit et de gourmandises…

Le Drouot de notre jeunesse devenu aïeul, passeur de mots et d’amour
«Devenu “l’aïeul” à mon tour et plein d’admiration pour l’audace des derniers textes de l’immense poète relate Jean-Claude Drouot, j’ose vouloir visiter et incarner cette parole intérieure de Victor Hugo, son sourire heureux dans son recueillement et sa Contemplation.»
Vendredi 25 mars. 20h30. 20 et 30€. Espace Gérard Sautel. Route de Valréas. Visan. 06 74 49 21 63

Vidéo tout en bas de la page.

Crédit Photo Lot

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