7 août 2026 |

Ecrit par le 7 août 2026

Communes du Grand Avignon, quand la hausse de l’eau coule en silence

Depuis le 1er août, le prix de l’eau augmente dans l’ensemble des communes du Grand Avignon, côté Vaucluse comme côté Gard. Si les hausses varient selon les territoires, elles atteignent jusqu’à 20% dans plusieurs communes. Pour une famille de quatre personnes, la facture annuelle peut s’alourdir de près de 100€. Décidée le 29 juin par la nouvelle majorité communautaire, élue en mars dernier, cette augmentation interroge autant sur ses justifications financières que sur la manière dont elle a été portée à la connaissance des habitants.

Le réveil risque d’être brutal pour de nombreux foyers du Grand Avignon. À partir des prochaines factures, l’eau coûtera sensiblement plus cher dans les communes vauclusiennes comme dans celles de l’est du Gard.

Une facture plus lourde, un débat discret
Concrètement, une famille de quatre personnes consommant environ 150 m³ d’eau par an devra débourser entre 95 et 100€ supplémentaires. Pour un couple, l’augmentation avoisine 65€. À Rochefort-du-Gard et Saze, où les tarifs étaient déjà parmi les plus élevés de l’agglomération, la progression atteint 6%. Cette décision n’est pourtant pas récente. Elle a été adoptée lors du conseil communautaire du 29 juin. Mais l’information est restée largement confinée aux délibérations administratives, loin des préoccupations quotidiennes des habitants.

Copyright Facebook Grand Avignon

Le paradoxe d’une sobriété qui coûte plus cher
La justification avancée par le Grand Avignon ? Les consommations d’eau diminuent, sous l’effet des économies réalisées par les ménages et des épisodes de sécheresse répétés. Moins d’eau consommée signifie moins de recettes pour financer des infrastructures dont les coûts, eux, restent fixes. Patrick Sandevoir, vice-président délégué à l’eau et à l’assainissement, évoque la nécessité de préserver une capacité d’investissement de 13,7M€, afin de moderniser les réseaux, de sécuriser l’alimentation en eau potable, d’améliorer les stations d’épuration et de protéger la ressource.

Une réelle réflexion économique
Les réseaux vieillissent, les normes environnementales se renforcent et le dérèglement climatique impose de nouveaux équipements. Les collectivités doivent également réduire les pertes d’eau dans les canalisations, parfois supérieures à 20%. Mais cette logique révèle un paradoxe de plus en plus fréquent : plus les habitants réduisent leur consommation, plus le coût unitaire de l’eau augmente pour maintenir l’équilibre financier du service public.

Une gouvernance complexe, difficilement lisible
En 2018, Le Grand Avignon, alors placé sous la présidence de Jean-Marc Roubaud -élu en avril 2014 jusqu’en avril 2019 après avoir donné sa démission et qui avait lui-même succédé à Marie-Josée Roig de 2001 (à la création de l’agglomération) à 2014- a choisi de distinguer l’eau potable de l’assainissement, en confiant ces missions à des structures spécialisées dans le cadre de délégations de service public (DSP).

Les tarifs de l’eau Copyright Grand Avignon

Des arguments de papier
Sur le papier, cette organisation visait à renforcer l’expertise technique et le contrôle des prestations. Dans les faits, elle contribue aussi à rendre le système moins lisible pour l’usager. Entre la collectivité, les délégataires, les filiales dédiées et les investissements croisés, peu d’habitants disposent d’une vision claire des coûts réels et de la répartition des dépenses. La collectivité assure que l’intégralité des recettes supplémentaires sera consacrée aux investissements et non aux opérateurs privés. Une affirmation qui renvoie toutefois à une attente forte de transparence : quelles sommes sont affectées aux réseaux ? Quels montants reviennent aux exploitants ? Quels bénéfices sont réalisés dans chaque activité ? Autant de questions qui émergent régulièrement dès que les tarifs augmentent.

Pourquoi les habitants ont-ils découvert la hausse après coup ?
C’est le point le plus sensible. La hausse a été votée trois mois après l’installation de la nouvelle majorité communautaire issue des élections municipales de mars. Juridiquement, les tarifs de l’eau relèvent de la compétence de l’intercommunalité et les décisions sont prises en conseil communautaire. Politiquement, le calendrier interroge. Egalement pourquoi n’avoir pas étalé l’augmentation dans le temps ? Aucun débat public d’ampleur, peu de communication préalable, des délibérations techniques peu accessibles au grand public : l’augmentation est restée discrète jusqu’à son entrée en vigueur.

Le constat ?
Les mécanismes de décision autour de l’eau restent largement éloignés des citoyens. Entre expertise technique, gouvernance intercommunale et complexité financière, les habitants découvrent souvent les choix une fois qu’ils se traduisent sur leur facture. Or l’eau n’est pas un service comme un autre. Bien commun essentiel, elle touche directement la démocratie, notamment avec l’accès à l’eau, et particulièrement en période récurrente de sécheresse, au pouvoir d’achat, à la santé publique et à l’aménagement du territoire.

Les tarifs de l’eau, Copyright Grand Avignon

Quand les pourcentages s’envolent
La lecture de la nouvelle grille tarifaire n’a rien d’évident, tant les prix de départ diffèrent d’une commune à l’autre. Car oui, le cout de l’eau est déjà différent d’une commune à l’autre. Dans le Vaucluse, Avignon, Jonquerettes et Morières-lès-Avignon enregistrent une hausse de 20%, tout comme les communes gardoises de Villeneuve-lès-Avignon, Les Angles, Pujaut, Sauveterre et Roquemaure. Vedène, Entraigues-sur-la-Sorgue et Saint-Saturnin-lès-Avignon voient leur tarif progresser de 16%, tandis que Caumont-sur-Durance et Velleron subissent une augmentation de 7%. Enfin, Rochefort-du-Gard et Saze, où les tarifs figuraient déjà parmi les plus élevés de l’agglomération, enregistrent une hausse de 6%.

Information versus communication
Le changement climatique est documenté par les scientifiques depuis plusieurs décennies. Pourtant, les conséquences très concrètes de l’adaptation des services publics, comme le financement de l’eau potable, restent rarement expliquées en amont. À quel moment les élus associeront-ils davantage les citoyens à des décisions qui concernent directement leur quotidien et leur pouvoir d’achat ? Car le véritable débat ne porte pas uniquement sur le prix de l’eau, mais aussi sur la manière dont ces choix sont expliqués, discutés et partagés.
Mireille Hurlin


Communes du Grand Avignon, quand la hausse de l’eau coule en silence

Du 5 août au 31 octobre, l’Abbaye Saint-André à Villeneuve-lès-Avignon accueille Metamorphosis, une exposition inédite du photographe et journaliste italien Alessandro Calvi. Une cinquantaine de photographies dévoilent les paysages emblématiques de la Toscane, de Venise, de la Sicile ou de la Basilicate façonnés par l’homme. Une réflexion aussi esthétique que politique, dans un monument historique dominant le Palais des Papes et ses deux hectares de jardins labellisés ‘Jardin remarquable’.

Au premier regard, les photographies d’Alessandro Calvi semblent célébrer une Italie éternelle. Routes sinueuses bordées de cyprès, lagune de Venise, collines de Toscane ou campagnes méridionales dévoilent un pays dont les paysages nourrissent depuis des siècles les peintres, les cinéastes et les voyageurs. Pourtant, le n’est pas là…

Les hommes qui façonnent le paysage
Derrière ces images d’une nature paisible se cache une réalité plus complexe : ces paysages sont le fruit d’une lente cohabitation entre l’homme et son environnement. Les collines toscanes, aujourd’hui emblèmes d’une Italie de carte postale, doivent autant à l’humanisme de la Renaissance et au travail des paysans qu’à la géographie elle-même. Même les célèbres routes serpentant entre les cyprès ont été dessinées au XXᵉ siècle pour répondre à un idéal esthétique inspiré des fresques médiévales d’Ambrogio Lorenzetti.

Une photographie qui questionne
Journaliste politique de profession, Alessandro Calvi aborde la photographie comme un travail d’enquêtes de terrain sur les transformations de l’Italie contemporaine, en particulier sous l’effet du tourisme de masse. Ses images, volontairement dépouillées de toute présence humaine, ne racontent pourtant que l’homme. Car partout apparaissent les traces de son intervention : villes, cultures, ouvrages hydrauliques ou infrastructures qui modèlent silencieusement le territoire.

Puglia 02 2007 Copyright Alessandro Calvi

Les métamorphoses de nos environnements
L’artiste préfère ainsi interroger les conséquences de nos choix d’aménagement plutôt que dénoncer frontalement les atteintes à l’environnement. Une démarche qui s’inscrit dans la lignée des écrivains Pier Paolo Pasolini ou Carlo Levi qui forgèrent son héritage intellectuel. Cette tension permanente entre contemplation et réflexion constitue tout le sel de Metamorphosis. La beauté des images attire le regard ; leur lecture invite à remettre en question ce que l’on croyait connaître.

Entre patrimoine, tourisme et métamorphoses
L’exposition interroge sur la préservation du paysage lorsque son succès touristique finit par le transformer. À partir de quel moment un territoire devient-il le décor de lui-même ? Certaines photographies montrent des lieux qui ont résisté aux mutations contemporaines ; d’autres témoignent d’une artificialisation progressive des campagnes pour satisfaire les attentes des visiteurs. La lagune de Venise, fragile chef-d’œuvre façonné durant des siècles, voisine avec le monumental Cretto d’Alberto Burri en Sicile, immense œuvre de land art réalisée sur les ruines de Gibellina après le séisme de 1968. A travers ces photos c’est aussi le sur-tourisme qui est évoqué et rappellent que les paysages évoluent au rythme des sociétés qui les habitent.

Un écrin au propos
Dominant le Rhône face au Palais des Papes, l’Abbaye Saint-André est devenue l’un des rendez-vous de la création contemporaine. Fondé dès le VIᵉ siècle, classé Monument historique, l’édifice offre une fraicheur bienvenue en ces temps de canicule où les vieilles pierres du patrimoine, l’art et la botanique au sein de deux hectares de jardins labellisés ‘Jardin remarquable’ proposent une pause du corps et de l’esprit. Après avoir consacré le printemps et le début de l’été aux Jardins imaginaires de Gustave Fayet, l’abbaye poursuit ainsi une programmation culturelle exigeante où expositions, concerts, visites, conférences et rendez-vous autour du paysage rythment toutes les saisons.

Les infos pratiques
Exposition : Metamorphosis du journaliste et photographe Alessandro Calvi. Du 5 août au 31 octobre 2026. Abbaye Saint-André, Fort Saint-André à Villeneuve-lès-Avignon. Jusqu’au 30 septembre, du mardi au dimanche de 10h à 18h ; en octobre, du mercredi au dimanche de 10h à 13h et de 14h à 17h. Visite des jardins et de l’exposition : 9,50€ (tarif réduit 8€). Pass annuel disponible. Billetterie en ligne sur le site de l’Abbaye. Le café Hortus, installé dans les jardins panoramiques, est ouvert durant la saison. 04 90 25 55 95 www.abbayesaintandre.fr.
Mireille Hurlin


Communes du Grand Avignon, quand la hausse de l’eau coule en silence

Nous avions découvert ‘Secret’ de Johann Le Guillerm au Festival d’Avignon 2004. 22 ans après, la fascination reste intacte pour cet artiste circassien qui n’en finit pas de nous transporter dans tout un monde de possibles où les machines sont autonomes, les lois physiques domptées, les performances répétées, les sculptures extravagantes, les architectures bluffantes, les points de vues renversés. Le spectacle se nomme ‘Terces’ car c’est l’anagramme de « Secret » et signifie aussi « labourer pour la troisième fois. » Johann Le Guillerm n’a eu de cesse en effet de faire évoluer son spectacle d’origine et on retrouvera d’ailleurs deux ou trois performances signature : un cheval d’arçon encyclopédique, un mikado géant, ou du jardinage sans effort où le remplissage des pots entraîne la brouette. On le voit, difficile de décrire un visuel à la fois technique et poétique. Difficile également de qualifier l’artiste : magicien, gladiateur, architecte, circassien, mystique, touche-à tout, savant fou, dompteur d’objets…

L’homme inquiète et dans sa posture et dans son regard concentré et perçant , dans ses tics d’agacement et pourtant il fascine même quand il dresse un simple avion en papier. Cette introduction place le personnage : du papier et du souffle suffisent, la décroissance est en marche. Si « l’architexte » complexifie ensuite ses performances elles sont toujours minimalistes : nul besoin  de clous, cordes, marteau pour s’inventer un simple monde où il ferait bon vivre loin de toute intelligence artificielle. Johann Le Guillerm a lui l’intelligence du cœur et met l’utopie et le rêve au centre de sa machinerie poétique. 

Exposition Architextures
Jusqu’au 25 juillet. Fort Saint-André. Villeneuve les Avignon. 

Terces. Dans le cadre du Festival d’Avignon. Les vendredi 17, dimanche 19 et lundi 20 juillet. 22h. Plaine de l’Abbaye. Villeneuve-lès-Avignon.


Communes du Grand Avignon, quand la hausse de l’eau coule en silence

Magnifique spectacle que celui de François Grémaud programmé au Tinel de la Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon dans le cadre du Festival d’Avignon.

Pour sa dernière création, François Grémaud à qui nous devons la trilogie des seuls en scène Phèdre, Gisèle  ou Carmen,  a choisi une figure masculine : celle de son frère Christian, sourd de naissance.  Pourquoi lui consacrer un spectacle ? A cette interrogation, François Grémaud répond d’abord simplement «  pour lui rendre hommage car je veux réparer une injustice » Même s’il n’en est pas responsable, il a eu conscience de son combat, des humiliations subies. Donner la parole à son frère, c’était la moindre des choses pour saluer son courage mais comment le faire sans le mettre encore en position d’assisté, d’infériorité ?

Alors il lui a vraiment donné la parole : sur scène Christian nous tient en haleine – lui qui n’est pas un comédien professionnel – pendant plus d’une heure en langue des signes française( LSF). François, en retrait traduit ses signes.Quelquefois les deux langages se fondent, les regards se croisent , les corps s’étreignent et tout l’amour de ces deux là l’un pour l’autre respire et transpire. Parce que la LSF utilise aussi bien les expressions du visage, la posture  les gestes, bref le corps en action, la LSF est théâtrale et en cela Christian est à l’aise pour nous embarquer dans son histoire quelquefois drôle, quelquefois éprouvante mais toujours avec la joie de vivre, la vivacité qui le caractérise. Il a subi des méthodes indignes comme l’oralisation forcée, la lecture labiale, il a essuyé des refus d’embauche alors qu’il était surdiplômé ( sourd-doué dit il avec humour), il n’a cessé de se battre contre des dragons…. «  le problème n’est pas d’être sourd mais d’être sourd dans un monde d’entendants »

Le parcours, l’histoire

Où on apprend pendant le spectacle d’une manière tantôt ludique, tantôt pédagogique que la Langue des Signes n’a finalement été reconnue en France qu’en 2005 ( dite loi handicap), qu’elle n’est pas universelle et qu’elle n’est toujours pas reconnue en Suisse dont sont originaires les frères Grémaud.

Avec générosité et humour, Christian nous a appris quatre mots fondamentaux en langue des signes : résister, égalité, union et amour. Il aime bien également répéter qu’il suffirait quelquefois d’inverser les termes « possible mais compliqué » quand on évoque la difficulté d’inclusion.  

Par ce spectacle, François Grémaud pose un geste d’amour, de fraternité et d’égalité. Il nous offre sur un plateau une leçon de courage et un acte de résistance. D’un sujet intime et personnel au départ il réhabilite tous les exclus et nous aide à « déplier » notre regard comme il avoue l’avoir fait envers son frère. 

Séances de rattrapage
Du 18 au 27 septembre 2026 au Théâtre du Rond Point à Paris.
18 et 19 novembre au ZEF à Marseille.


Communes du Grand Avignon, quand la hausse de l’eau coule en silence

Trois pièces d’Alfred Alexandre sont présentées dans le Off, ‘Au bout du pays’ et ‘Un anniversaire’ à la Chapelle du Verbe Incarné et ‘Le Patron’ au théâtre du Balcon. Dans une mise en scène d’Ewlyne Guillaume.

Le premier volet de la trilogie, «Au bout du pays » est superbement interprété par Serge Abatucci. Seul en scène le grand comédien nous transporte dans un atelier de voiture Caribéen. Le mécanicien solitaire est amoureux de Lili qui rêve de quitter l’île. Pour lui « On a vite fait le tour des exils », mais il prendrait bien la mer avec elle. S’il a besoin d’elle pour exister, son amour ne récolte que mépris de Lili. Lorsqu’elle projette de partir avec deux cousins du patron de l’atelier, le mécanicien à la main trop large, trop lourde, fera tout pour l’en empêcher…

Copyright Marie-Hélène Loubatié

Résidences croisées
Le deuxième volet « Un anniversaire » est un spectacle de théâtre-clown. Il a été écrit et créé dans le cadre de résidences croisées entre le centre dramatique Kokolampoe en Guyane et le théâtre Rimpparemmi en Finlande. Joué avec dynamisme par les finlandaises Jenni Kallo et Niina Rinta-Opas, il montre deux sœurs jumelles, célibataires à la sombre vie, inventant une improbable cérémonie d’anniversaire. Les costumes de Léonor Gellibert apportent leur grain de saveur.

Copyright Mireille Hurlin

Les facettes diverses du centre dramatique guyanais
Avec le troisième volet « Le Patron », on retrouvera Serge Abatucci et l’intéressant travail de la compagnie guyanaise KS ans CO du centre dramatique Kokolampoe. A l’intérieur d’un bar vide, un soir de tempête, le face à face entre la patronne, interprétée par Odile Sankara, et son videur. Trois spectacles complétement différents, montrant la diversité des facettes du Kokolampoe.

Lectures et entretiens avec l’auteur
Figure de la génération post-créolité, Alfred Alexandre propose trois séries de lectures et d’entretiens autour de cette trilogie, à la Chartreuse de Villeneuve-Lez-Avignon, « Ecrire des bords des Empires, « Le Magico » et « Le Pari ».

Les infos pratiques
‘Au bout du pays’, jours pairs et ‘Un anniversaire’, jours impairs, à 14h20, jusqu’au 23 juillet. Relâche les vendredis 10 et 17 juillet. A la Chapelle du Verbe Incarné, 21 G rue des Lices en Avignon. ‘Le Patron’, du 15 au 25 juillet, à 20H35. Relâche les jeudis 16 et 23 juillet. Réservation ici. Au Théâtre du Balcon , 38 rue Guillaume Puy. ‘Ecrire des bords des Empires’ le 11 juillet à 19h30, ‘Le Magico’ le 12 à 19h30 et ‘Le Pari’ le 13 juillet à 19h30. A La Chartreuse de Villeneuve-Lès-Avignon.
Marie-Hélène Loubatié 


Communes du Grand Avignon, quand la hausse de l’eau coule en silence

Les visites nocturnes des Noctambules d’Avignon, proposées par Vincent Pasquinelli, guide conférencier avignonnais, proposent une autre lecture de la cité des papes. Quatre parcours thématiques, des groupes volontairement restreints, une immersion au cœur du patrimoine et, dès 2026, de nouveaux circuits dans le Grand Avignon : une manière de redécouvrir un territoire pourtant parmi les plus visités de France.

Chaque année, Avignon accueille plusieurs millions de visiteurs -4,8 millions en 2024 et 1,5 milliards de consommation touristique- attirés par le Palais des Papes, le Pont Saint-Bénézet, son centre historique inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco (Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture) ou encore le Festival d’Avignon. Mais si les grands monuments demeurent incontournables, les attentes évoluent. Le voyageur contemporain ne cherche plus seulement à collectionner les sites emblématiques, il souhaite comprendre un territoire, son histoire, ses habitants et les récits qui l’ont façonné.

Copyright Mireille Hurlin

Des visites aux petits oignons
C’est précisément sur cette évolution que s’appuie le concept des Noctambules d’Avignon, créé par Vincent Pasquinelli. Loin des visites guidées classiques, ces promenades privilégient une découverte lente, sensible et immersive de la cité, lorsque l’effervescence de la journée laisse place au calme des ruelles.

Quand la nuit révèle un autre patrimoine
À la tombée du jour, Avignon change de visage. Les façades médiévales prennent une nouvelle profondeur sous les éclairages, les places retrouvent leur quiétude et les rues se prêtent davantage à l’écoute qu’à la simple contemplation. Dans cette atmosphère plus confidentielle, les visiteurs découvrent des détails architecturaux souvent invisibles de jour, prennent le temps d’observer les perspectives et s’imprègnent d’une ville foisonnante d’arts pluriels. La fraîcheur des soirées parfois heureusement baignées de Mistral offre alors des conditions particulièrement agréables pour parcourir les rues, au gré d’un récit en mouvement.

Le Palais des papes Copyright Vincent Pasquinelli

Quatre promenades pour raconter plusieurs siècles d’histoire
Les Noctambules proposent aujourd’hui quatre parcours distincts, chacun abordant Avignon sous un angle différent. La Noctambule du Pape plonge les visiteurs dans le XIVᵉ siècle, lorsque la papauté transforme profondément la ville et lui confère une influence politique, religieuse et culturelle exceptionnelle à l’échelle européenne. La Noctambule entre Chrétiens et Bourgeois s’intéresse quant à elle aux équilibres sociaux qui ont façonné la cité à travers ses hôtels particuliers, ses confréries religieuses et ses quartiers historiques.

Entre les voiles du passé et du présent
Avec La Noctambule entre passé et présent, le parcours met en lumière les différentes strates de l’histoire avignonnaise, depuis les vestiges antiques jusqu’aux aménagements contemporains, en passant notamment par la pittoresque rue des Teinturiers avec ses roues à aubes. Enfin, une quatrième visite invite à franchir le Rhône pour découvrir Villeneuve-lez-Avignon, dont les monuments gothiques et les anciens ensembles monastiques offrent un contrepoint historique à la cité papale.

Le choix de la proximité
L’originalité de ces promenades réside dans leur format. Les groupes restent volontairement limités afin de favoriser les échanges entre le guide et les participants. Sans casque audio ni amplification, chacun peut poser des questions, interrompre le récit ou approfondir certains épisodes historiques. Cette proximité donne lie, plutôt qu’à un discours figé, à une narration vivante, qui s’adapte au rythme du groupe. L’histoire se déroule comme un conte passionnant.

Un guide amoureux de son territoire
Originaire d’Avignon, Vincent Pasquinelli connaît intimement les rues qu’il parcourt avec les visiteurs. Pourtant, sa trajectoire l’a conduit bien au-delà des remparts. Diplômé en tourisme durable, il exerce pendant une dizaine d’années à Barcelone avant de cofonder, en 2017, une agence de voyages dans l’État indien du Maharashtra. Ces expériences internationales nourrissent sa manière d’aborder le récit d’une géographie faite de la vie des hommes, en privilégiant l’échange et l’adaptation à tous les publics.

Le Pont saint Bénezet Copyright Vincent Pasquinelli

Entre Avignon et l’Inde
De retour à Avignon en 2018, il imagine ces visites nocturnes à la suite d’une promenade qui lui fait redécouvrir sa propre ville sous la lumière des candélabres. L’obtention du diplôme national de guide-conférencier, en 2023, l’ouvre à la narration des principaux monuments patrimoniaux de la région.

Une offre qui s’étend au Grand Avignon
En partenariat avec l’Office de tourisme du Grand Avignon, de nouveaux circuits sont progressivement développés à Roquemaure, Vedène, Rochefort-du-Gard et Caumont-sur-Durance, permettant d’élargir la découverte du territoire au-delà des remparts. Parallèlement, les visiteurs peuvent bénéficier de visites guidées à l’intérieur du Palais des Papes ainsi que d’interventions à l’abbaye Saint-André de Villeneuve-lez-Avignon, où Vincent Pasquinelli est également guide officiel.

A Avignon et au-delà
Malgré cette diversification, le principe fondateur demeure inchangé : proposer des visites à taille humaine où l’expérience repose autant sur la qualité de la transmission que sur la richesse du patrimoine. Vincent Pasquinelli participe à ce tourisme plus attentif aux rencontres, aux récits et à la rencontre qu’à la simple accumulation de monuments visités.
https://www.facebook.com/lesnoctambulesdavignon & Instagram : https://www.instagram.com/lesnoctambulesdavignon/ & info@lesnoctambulesdavignon.com
Mireille Hurlin


Communes du Grand Avignon, quand la hausse de l’eau coule en silence

Nil Moussière, étudiant à l’école de cinéma et audiovisuel 3iS Avignon, a reçu un prix pour son court-métrage Séquence interdite lors du Festival CUT qui s’est tenu du vendredi 29 au dimanche 31 mai à la Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon.

Le festival de court métrage de Villeneuve-lès-Avignon CUT a eu lieu à la fin du mois de mai. Tables rondes, projections, démonstrations de cascadeurs et autres temps forts sont venus rythmer cet événement.

En tout, ce sont 15 courts-métrages, de divers horizons, qui ont été distingués lors de ce festival par le jury et par le public. Quatre courts-métrages réalisés par les étudiants de 3iS Avignon, qui en ont entièrement assuré la conception, le tournage et le montage, encadrés par les intervenants de l’école, étaient en lice et l’un d’entre eux à obtenu le Prix des Internautes.

Il s’agit de Séquence interdite, réalisé par Nil Moussière, qui a récolté le plus grand nombre de votes sur YouTube. « Pour moi, c’est l’aboutissement de mois de travail investis dans le projet, affirme-t-il. Une reconnaissance collective pour l’ensemble de l’équipe. D’autant plus que c’est la première fois que je présente un film en festival. Alors forcément, ça encourage à développer d’autres idées et conforte mon choix de vouloir réaliser des films. J’ai d’ailleurs déjà en tête de tourner un nouveau court-métrage d’ici l’été. »

Nil Moussière, entouré de son équipe qui a participé au court-métrage. ©MXCreation

Le synopsis

Ce court-métrage suit un groupe de trois jeunes amis, qui, en sortant d’une soirée, décide d’aller visiter illégalement le préventorium abandonné de leur ville, filmant le tout avec un caméscope. 26 ans plus tard, un architecte retrouve une clé USB contenant les images et découvre le sort qui a été réservé à ce groupe d’amis.


Communes du Grand Avignon, quand la hausse de l’eau coule en silence

Le temps des Nuits de juin le Cloître Saint-Jean de la Chartreuse redevient la Place Saint-Jean c’est à dire un espace pour faire la fête.

« La place est à vous », rappelle la directrice Marianne Clévy. Le temps des Nuits de juin le Cloître Saint-Jean de la Chartreuse redevient la Place Saint-Jean, c’est à dire un espace pour faire la fête mais aussi pour lire, manger, jouer. C’est dans cet esprit que sont construites les Nuits de Juin. Un temps, en fin de printemps pour se réapproprier un lieu et partager avec les gens d’ici et d’ailleurs des moments conviviaux autour du théâtre, de la musique, de la lecture, des jeux.. Une manière aussi de restituer les ateliers de pratiques amateurs menés toute l’année. « Sans parler de fil conducteur, c’est l’esprit du Sud et de la Méditerranée qui nous a inspirés pour construire une programmation variée. »

Scène ouverte, concerts, ateliers d’écriture, jeux, théâtre

Sur inscription, petits et grands pourront se lancer pour une forme de 5 minutes : chant, poésie, slam tout est possible sur un podium monté sur la Place. On découvrira aussi la richesse des associations locales avec le groupe vocal de Sauveterre Choeur Salvaterra, les élèves de la classe de harpe l’école de musique de  Villeneuve-lès-Avignon, une restitution d’ateliers d’écriture menés par Catherine Monin avec les habitants du territoire ‘Ma Parole’, du théâtre avec les lycéens ou les actrices amatrices de l’Atelier des Rocailles. On pourra même arpenter ensemble un texte, c’est-à-dire le découvrir individuellement et le reconstituer joyeusement ensemble. 

Les organisateurs lors de la présentation des Nuits de Juin. ©Michèle Périn / L’Echo du Mardi

Le Septième Voyage de Sinbad en ciné plein air

Ce film d’aventures fantastiques de 1958 est présenté en plein air et sur bobines : clin d’oeil aux premiers effets spéciaux artisanaux  et à la Méditerranée . Il dégage «  une naïveté presque contemporaine » et réjouira petits et grands à partir de 7 ans. 

Une belle initiative : la participation de l’association des commerçants de Villeneuve-lès-Avignon

Six restaurants ont participé à cette opération. Des paniers pique-nique à 15€ sont à commander sur le site de La Chartreuse mais on peut aussi venir avec son panier pique-nique. Des tables seront installées sur la Place afin de permettre ce pique-nique les vendredi soir et le samedi midi et soir. 

Le programme de ces trois jours

Jeudi 4 juin
18h. Lectures ‘Qui part et revient, quelle saveur aura sa trace ?’
20h30. Concert Trio Soltani

Vendredi 5 juin
À partir de 18h marché et pique niques Saint Jean
18h.  Jeu : La Chartreuse dans l’œil des collégiens
19h. Spectacle ‘Comment fabriquer un dictateur en 6 tableaux ?’
20h. Concert Chœur Salvaterra
21h. Jeu Murder party
21h30. Ciné plein air Le Septième Voyage de Sinbad

Samedi 6 juin
Journée et soirée marché et pique niques Saint Jean
10h à 18h. Jeux collectifs
10h et 15h. Atelier d’écriture et atelier d’arpentage
11h30. Concert La Voix de la liberté
15h, 16h, 17h. Spectacle ‘Toxic’amour’
17h. Concert Harpissime !
18h. Lecture puis spectacle ‘Ma parole’
20h30. scène ouverte
21h. Jeu Murder party

Du 4 au 6 juin. Gratuit mais il est prudent de réserver. La Chartreuse. 58 rue de la République. Villeneuve-lès-Avignon. 04 90 15 24 24.


Communes du Grand Avignon, quand la hausse de l’eau coule en silence

Des étudiants de l’école de cinéma et audiovisuel 3iS Avignon participent au festival de courts-métrages CUT qui se tiendra du vendredi 29 au dimanche 31 mai à la Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon. Le public a jusqu’au lundi 18 mai pour voter en ligne pour leurs travaux préférés.

Les étudiants du campus avignonnais 3iS présentent quatre courts-métrages au Festival CUT à Villeneuve-lès-Avignon et ont une chance de remporter un prix lors de la soirée de projection qui aura lieu le samedi 30 mai à La Chartreuse.

Ce sont donc quatre équipes d’étudiants qui participent et présentent quatre courts-métrages dont ils ont entièrement assuré la conception, le tournage et le montage, encadrés par les intervenants de l’école 3iS Avignon. « Ces quatre films témoignent d’une pédagogie ancrée dans la pratique réelle de l’audiovisuel, où l’exposition aux contraintes de production (délais serrés, cohésion d’équipe, exigences techniques) fait partie intégrante de la formation », explique l’école.

Les quatre films des étudiants avignonnais

Participent donc à la compétition :

  • Séquence interdite de Nil Moussiere,
  • Dernier Printemps de Clément Philipps-Hardenne,
  • Drowning of the Mind de Max Hoeke,
  • Passage de Victoria Nadon-Boufflers.

Le public peut visualiser toutes les courts-métrages en lice sur la chaîne Youtube du festival et voter pour ses préférés.

https://www.youtube.com/watch?v=rapSFJvyWQ8
https://www.youtube.com/watch?v=XX0DSj742hs
https://www.youtube.com/watch?v=rjylyPp8qZ0
https://www.youtube.com/watch?v=DI5TL3JUpwk

https://www.echodumardi.com/tag/villeneuve-les-avignon/   1/1