9 août 2026 |

Ecrit par le 9 août 2026

(Vidéo) Festival Off d’Avignon, ‘La vie matérielle’ de Marguerite Duras

Au Théâtre des 3 S, pour le 30e anniversaire de la mort de Marguerite Duras (1914-1996), Catherine Artigala interprète le parcours de marguerite Duras dans ‘La Vie matérielle’, une adaptation du célèbre recueil publié en 1987. En une heure, la comédienne fait revivre cette grande dame du 20e siècle dans un spectacle mis en scène par William Mesguich. Une plongée dans une parole libre, intime et politique qui se joue jusqu’au 25 juillet, à 11h35.


Née en 1914 près de Saïgon sous le nom de Marguerite Donnadieu, résistante durant la Seconde Guerre mondiale, romancière, dramaturge, scénariste et cinéaste, Marguerite Duras se nourrit de littérature, de théâtre et de cinéma et nous offrait ‘Un barrage contre le Pacifique’ à ‘L’Amant’, couronné par le prix Goncourt en 1984. Sur la scène intimiste du Théâtre des 3 S, Catherine Artigala incarne une Marguerite Duras plus vivante que jamais, puisant dans le recueil d’entretiens que l’écrivaine publia en 1987 avec Jérôme Beaujour. Ni autobiographie classique, ni essai, ni véritable roman, ‘La Vie matérielle’ est un objet littéraire inclassable. Duras elle-même écrivait que ce livre « n’a ni commencement ni fin ». Elle y emprunte « la grande autoroute de la parole », passant d’un souvenir à une réflexion, d’une confidence à une fulgurance, comme une pensée qui se construit au fil de la voix.

Copyright Mireille Hurlin

Une femme libre… de ses contradictions
La mise en scène de William Mesguich fait le choix d’un intérieur épuré où circule, en toute intimité, une femme élégante qui ne renie rien d’elle-même et de ce qu’elle a vécu. Catherine Artigala, devenue l’écrivaine, évoque son enfance en Indochine, solides fondations de plusieurs de ses œuvres majeures, son rapport complexe à sa mère, ‘‘la pauvreté endémique de la famille’, la peur du manque dû à la guerre, l’alcool ‘Les qui vous aiment vont être obligés de se séparer de vous’, l’amour, la sexualité, le féminisme, la création, ou encore sa rencontre avec Yann Andréa, qui partagera les dernières années de sa vie.

Des paroles toujours actuelles
Marguerite Duras déploie les fils de soie qui tissent leur toile entre mémoire, désir, solitude et liberté. Et puis la célébrité et la reconnaissance, enfin, avec ‘Hiroshima mon amour’, le scénario que Marguerite Duras écrivit pour Alain Resnais en 1959. Présenté au Festival de Cannes la même année, le film bouleverse les codes du cinéma en mêlant mémoire intime et tragédie collective.

Copyright Mireille Hurlin

Les thèmes chers à Marguerite Duras
À travers la rencontre d’une actrice française et d’un architecte japonais, Duras explore ce qui irrigue son œuvre : l’oubli, les blessures de l’Histoire, l’amour impossible, la persistance du souvenir. Cette écriture fragmentée, poétique et profondément sensuelle nourrit également ‘La Vie matérielle’, dont le spectacle restitue, à son tour avec finesse la puissance évocatrice d’une vie, ses métamorphoses au fil du temps qui passe.

Une vie à double ‘je’
la voix de Catherine Artigala fait surgir Duras : ‘Il y a deux petites filles en moi : celle de l’amant et celle des photos de famille.’ ‘Pour beaucoup d’enfants, dans leurs souvenirs, la mère représente la folie.’ A la mort de sa mère : ‘A sa mort, je déposais un baiser sur son front glacé.’ ‘Je n’éprouvais pas de peine pour cette femme morte’, ‘Je me déshéritais moi-même’. A propos de la sexualité des hommes : ‘La fascination sexuelle des hommes pour les femmes écrivains est bien réelle. Il semble qu’ils veulent pénétrer leur esprit et leur corps.’ A propos de sa dépendance à l’alcool : ‘J’ai écrit dans l’alcool.’ ‘On ne peut pas boire sans savoir que l’on se tue.’ A propos du temps qui passe : ‘Le passage du temps est matière’.

Une dédicace pour les femmes au foyer
Dans la vie matérielle, Marguerite Duras rend publique une pensée exigeante qui célèbre la vie, le quotidien, rendant les petits-riens plus puissants dans un monde où l’agitation, la rapidité obligatoires et les fulgurances ne sont qu’illusions. Une rencontre avec une immense écrivaine et sa très précieuse interprète, Catherine Artigala, qui dédie le spectacle à toutes les femmes au foyer qui réalisent un travail remarquable si peu remarqué et reconnu.

Les infos pratiques

La Vie matérielle. Marguerite Duras. Festival Off d’Avignon. Théâtre des 3 S. 4, rue Buffon, Avignon Adaptation d’après La Vie matérielle de Marguerite Duras. Mise en scène : William Mesguich. Avec Catherine Artigala. Production : Passage Production. Jusqu’au 25 juillet 2026. Relaches les mercredis 8, 15 et 22 juillet. Durée : 1h05. À partir de 12 ans. Réservations ici.
Mireille Hurlin


(Vidéo) Festival Off d’Avignon, ‘La vie matérielle’ de Marguerite Duras

William Mesguich met en scène et interprète «  Dans les forêts de Sibérie »
William Mesguich nous fait revivre sur scène l’expérience exceptionnelle de l’écrivain-aventurier Sylvain Tesson qui, parti loin de la cité et de la foule, a fait le choix de s’isoler au milieu des forêts de Sibérie, là où ses seules occupations physiques sont de pêcher pour se nourrir et de couper du bois pour se chauffer. Il y réapprend le bonheur de la lecture et de la réflexion solitaires. Avec poésie et une pointe d’humour, il nous entraîne dans sa cabane, avec l’immensité comme horizon et le silence comme partenaire.

Un texte lumineux de Sylvain Tesson pour appréhender le monde autrement
Un hymne à l’ailleurs, à la poésie, à la beauté, qui nous fait appréhender le monde avec un regard neuf et abandonner nos repères habituels, un texte lumineux qui raconte l’altérité et dévoile le monde dans le vent et la neige.
Vendredi 10 mars. 20h. 5 à 20€. Théâtre Benoît XII.12, Rue des Teinturiers. Avignon. 04 86 81 61 97.  atp.avignon@gmail.com   www.atp-avignon.fr
MH


(Vidéo) Festival Off d’Avignon, ‘La vie matérielle’ de Marguerite Duras

Redécouvrez l’une des plus grandes œuvres de Victor Hugo à travers un spectacle théâtral et musical qui s’adresse à tous.

A l’esthétique « burtonienne » et aux mélodies rock, jazz, blues qui viennent enrichir un jeu d’acteur mémorable, la mise en scène de William Mesguich vient donner une teinte nouvelle à ce monument de la littérature.

«Misérables est l’histoire d’une rencontre entre Cosette et Jean Valjean. L’histoire d’une résistance contre la pauvreté et la violence, de deux vies qui basculent. Misérables est une ode à la vie, à l’amour pour tous les cœurs et toutes les âmes. C’est aussi un spectacle total où les comédiens chantent, jouent la comédie et d’un instrument, le tout accompagné de mélodies rock et d’une esthétique ‘burtonienne’».

Un texte intemporel
«Comme dans tous les grands textes, il y a de l’intemporel dans Les Misérables, de l’universel. Il est question de Cosette, de Valjean mais aussi de tous ces personnages anonymes dans le monde qui subissent les soubresauts d’une société, d’une histoire intime, injuste ou violente.»

Pour un avenir meilleur
«Cela raconte les aventures, les déboires, ou la désespérance de tous les laissés-pour-compte de notre monde, tous les abîmés par la vie. Et en même temps, il y a de l’espoir. La tragédie de certains se transforme et devient le prétexte à une réparation, une révolution sociétale ou personnelle, la croyance en un avenir meilleur.»

Jazz, Blues, rock
«La musique et le chant enrichissent et mettent en relief le propos théâtral. Une manière de redonner, peut-être, de la joie, du spectaculaire, du baroque à une œuvre tellement étudiée et représentée. Avoir une musique de scène originale « sans âge », un savoureux mélange pop, aux influences jazz, blues, rock… pour des comédiens-chanteurs musiciens, permet de donner une autre tonalité à ce monument de la littérature française.»
William Mesguich

Les infos pratiques
Misérables. Dimanche 3 avril à 16h et lundi 4 avril pour les scolaires. Théâtre du balcon. 38, rue Guillaume Puy à Avignon. Réservation ici. contact@theatredubalcon.org 04 90 85 00 80

MH

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