13 février 2026 |

Ecrit par le 13 février 2026

Affaire Bompard : une démission d’office suspendue par le droit

Condamné fin janvier par le tribunal judiciaire de Marseille, Yann Bompard a fait l’objet d’un arrêté de démission d’office pris par le préfet de Vaucluse. Mais le recours engagé devant le tribunal administratif de Nîmes suspend automatiquement cette décision.

L’onde de choc provoquée par la condamnation de Yann Bompard continue de produire ses effets, sur le terrain judiciaire comme institutionnel. Par un jugement rendu le 26 janvier 2026, le Tribunal judiciaire de Marseille a condamné l’élu à 18 mois d’emprisonnement avec sursis, 40 000€ d’amende et cinq ans d’inéligibilité assortis de l’exécution provisoire.

La mécanique automatique de la démission d’office
En application de l’article L236 du Code électoral, Thierry Suquet, le Préfet de Vaucluse a, dès le 27 janvier, prononcé la démission d’office de Yann Bompard de ses fonctions de conseiller départemental et de maire d’Orange. Deux jours plus tard, la même base juridique a conduit à une décision identique concernant son mandat de conseiller départemental et de président de l’intercommunalité du Pays d’Orange.

Le recours, clé de la suspension
Toutefois, le droit électoral prévoit que le dépôt d’un recours contre l’arrêté préfectoral suspend automatiquement ses effets. En saisissant le Tribunal administratif de Nîmes le 6 février, Yann Bompard a enclenché ce mécanisme. Concrètement, l’arrêté de démission d’office est gelé jusqu’à ce que la juridiction administrative statue sur la légalité de la décision préfectorale.

Une situation institutionnelle transitoire
Cette suspension place les collectivités concernées dans une phase d’attente juridiquement encadrée mais politiquement sensible. L’élu conserve provisoirement ses fonctions, alors même que la condamnation pénale demeure assortie de l’exécution provisoire.

Une audience très attendue
L’audience devant le tribunal administratif de Nîmes est fixée à vendredi 6 mars 2026. Elle devra trancher une question centrale : l’arrêté de démission d’office est-il juridiquement fondé au regard de la situation ?
Mireille Hurlin


Affaire Bompard : une démission d’office suspendue par le droit

Suite à la déclaration d’inéligibilité de 5 ans du maire d’Orange Yan Bompard, par le tribunal correctionnel de Marseille, Thierry Suquet, le préfet de Vaucluse, vient de prendre un arrêté le déclarant démissionnaire d’office de son mandat. De quoi ouvrir désormais officiellement la porte à un retour ‘inespéré’ de son père Jacques Bompard, lors des prochaines élections municipales de mars prochain.

« Le 26 janvier 2026, le tribunal correctionnel de Marseille a condamné le maire d’Orange, Yann Bompard, à cinq ans d’inéligibilité, expliquent les services de la préfecture. En application de cette décision, le préfet de Vaucluse, Thierry Suquet, prend un arrêté le déclarant démissionnaire d’office de son mandat de maire. Par arrêté du 28 janvier 2026, le préfet de Vaucluse a, sur le fondement des dispositions du Code électoral suivantes, déclaré démissionnaire d’office monsieur Yann Bompard de ses fonctions de maire et, en conséquence, de conseiller municipal et de conseiller communautaire. »

Un nouveau maire d’ici 15 jours
« En effet, les dispositions du Code électoral (article L230 à son 1°) prescrivent que ne peuvent être conseillers municipaux les individus privés du droit électoral. En conséquence, le conseiller municipal qui se trouve dans un cas d’inéligibilité est déclaré démissionnaire par le Préfet à l’issue du délai d’appel. Le tribunal correctionnel de Marseille ayant prononcé l’exécution provisoire de la peine, celle-ci doit s’appliquer immédiatement. En cas d’absence du maire, suspension, révocation ou toute autre cause, le maire est provisoirement remplacé dans la plénitude de ses fonctions par le 1er adjoint (art L2122-17 du Code général des collectivités territoriales). Pour élire un nouveau maire, il relève à présent du premier adjoint assurant la suppléance du maire démissionnaire de convoquer le conseil municipal sous un délai de 15 jours suivant la démission d’office (article L2122-14 du CGCT). »
La cité des princes va donc devoir se doter d’un nouveau maire qui assurera l’intérim jusqu’aux prochaines élections municipales des 15 et 22 mars 2026.

« Ma popularité reste intacte. »

Jacques Bompard

Stop ou encore? Encore un Bompard en lice pour la mairie d’Orange
Une décision qui toutefois ne met pas fin à l’ère Bompard dans la Cité des Princes puisque son père, Jacques Bompard, élu pour la 1re fois à la mairie en 1995 et inéligible depuis 2021 va, à 82 ans, reprendre du service en se lançant à fond dans la campagne des prochaines municipales. Et cela, grâce à une décision inespérée de la Cour d’Appel de Nîmes qui a décidé, hier, de mettre fin à son inéligibilité. « Je saisis ma chance. Heureusement, il y a encore des juges libres qui jugent en droit » s’est-il félicité alors que la permanence électorale des Bompard de l’avenue Foch est toujours recouverte d’affiches des différentes campagnes depuis des années.
« Ma popularité reste intacte, affirme le patriarche. Je le vois bien quand je marche dans la rue, le coefficient de sympathie ne baisse pas. »

Les détracteurs du clan Bompard n’ont pas de mots assez forts pour les fustiger et dénoncer le paradoxe : « Ils ne parlent que d’ordre, de respect des lois et des règles mais ils sont loin d’être exemplaires. Ils collectionnent les condamnations et pourtant ils sont toujours là. »

Jacques Bompard, lui, répète à l’envi : « On ne change pas une équipe qui gagne. Depuis 30 ans, nous faisons notre possible pour améliorer cette ville, la rendre plus agréable, plus sécure, pour que les habitants s’y sentent bien. Pourquoi voulez-vous que je change de politique pour Orange ? Que j’y mette de l’insécurité, de la saleté ? La population nous fait confiance, on va encore tenter d’améliorer les choses dans ce 6e mandat. On va faire le maximum, comme d’habitude avec amour et dévouement. »
Des mots qui vont sans doute exaspérer un peu plus leurs opposants qui croyaient enfin venue la dernière heure des Bompard à la mairie.

Andrée Brunetti & L.G.

Une liste RN aux accents bompardiste ?
Alors que la liste RN aux Municipales 2026 menée par Jean-Dominique Artaud, est composée de 3 ex-adjoints de Yann Bompard, le père, créateur de la Ligue du Sud, ne s’inquiète pas de cette concurrence fratricide à droite. « Les Orangeois me connaissent depuis des décennies, ils ne votent pas pour des étiquettes mais pour des individus en chair et en os. Les maires sont des élus de proximité, ils vivent comme eux, ils les croisent, ils leur parlent. Ils sont le visage de la vraie démocratie. »


Affaire Bompard : une démission d’office suspendue par le droit

Ceux qui hier avaient enterré la famille du maire d’Orange en sont peut-être pour leurs frais. Certes, la condamnation du fils demeure, il est bel et bien inéligible. En revanche, Jacques Bompard, pourrait lui, selon son avocat, faire campagne pour les Municipales des 15 et 22 mars, car la Cour d’Appel de Nîmes aurait réduit la durée de sa peine d’inéligibilité de 5 ans qui devait arriver à terme très bientôt.

On se souvient que Jacques Bompard avait été condamné en appel, pour « prise illégale d’intérêt » dans une affaire immobilière pour un bien racheté par sa fille et son beau-fils, qui avaient au passage bénéficié d’une plus-value. La peine infligée au maire d’Orange était alors d’un an de prison avec sursis, 30 000€ d’amende et 5 ans d’inéligilité. Mais la date de cette décision de justice de la Cour d’Appel du Gard est importante, c’était le 25 mars 2021. Donc, à quelques jours près, proche des dates du scrutin des deux tours des municipales prochaines, les 15 et 22 mars…

Si le cas est avéré et confirmé par les magistrats de Nîmes, le feuilleton des Bompard à la mairie pourrrait connaitre un nouvel épisode avec le père qui remplacerait le fils en mars 2026, après que le fils a succédé au père en novembre 2021. Ils ne renoncent pas, ils résistent en famille. Et même si certains Orangeois ont sévèrement jugé la condamnation du fils et du père pour des raisons analogues selon eux, « népotisme et appât du gain », d’autres ont souligné leur action à Orange, « Grâce à eux, la ville est redevenue calme, sûre, attractive, les policiers municipaux la quadrillent jour et nuit ». Jacques Bompard, maire pendant 26 ans entre 1995 et 2021, pourrait jouer les prolongations. Quant à Marie-Claire Bompard, sa femme, maire pendant 12 ans de Bollène, elle y est à nouveau candidate Ligue du Sud aux Municipales 2026, après 6 ans d’opposition.

Andrée Brunetti


Affaire Bompard : une démission d’office suspendue par le droit

Après le père contraint à démissionner en 2021, condamnation du fils ce lundi 26 janvier 2026. « Une peine de 5 ans d’Inéligibilité pour détournement de fonds publics avec application immédiate » c’est le jugement crucial du Tribunal de Marseille qui vient de mettre brutalement un terme au mandat de maire de Yann Bompard.

La Maison Bompard, c’est une affaire de famille depuis 1986. C’est cette année-là que Jacques Bompard avait été élu pour la 1ère fois député d’Orange et conseiller régional Front National. Tour à tour passé par le parti frontiste puis par le Mouvement pour la France de Philippe de Villiers, il avait créé son propre parti « La Ligue du Sud » en 2010 et enchaîné mandats locaux et nationaux avant d’être acculé à quitter le pouvoir pour « prise illégale d’intérêt » au bout de 35 ans de vie publique et céder le fauteuil de maire à son fils en novembre 2021.

Même scénario pour Yann Bompard.. Le couperet vient de tomber. Il était suspecté « d’avoir occupé un emploi fictif  » comme salarié de la députée RN de la 4ème circonscription de Vaucluse, Marie-France Lorho. Entre novembre 2021 et février 2023, il aurait touché indûment 43 000€ de salaire brut, soit 75 000€ net aux dépens de l’Assemblée Nationale. La Procureure de la République à Marseille, s’était demandée, lors des audiences en décembre dernier, comment il pouvait à la fois occuper son poste de maire d’Orange, celui de Président de la Communauté de Communes du Pays d’Orange, celui de Conseiller Départemental et enfin, même à mi-temps, de collaborateur de la parlementaire. « Il s’git bel et bien d’enrichissement personnel » avait-elle martelé avant de requérir 2 ans de prison avec sursis, une amende de 40 000€ et 5 ans d’inéligibilité avec exécutiuon provisoire ».

Marie-France Lorho ©www.mariefrancelorho.fr

Lors du procés, il avait évoqué tout le travail qu’il avait accompli pôur la députée. Rédaction de discours, courriers, mails, veille médiatique sur internet et surtout relationnel. et avait conclu « J’ai ma conscience pour moi ».

Fin de partie pour le bastion des Bompard à Orange. A moins de 50 jours des Municipales, les cartes sont rebattues dans La Cité des Princes . Puisqu’on apprend lors du même jugement que la députée RN Marie-France Lorho employeur de Yann Bompard, est condamnée à 18 mois de prison avec sursis, 5 ans d’inélégibilité et 10 000 € d’amende. Elle ne peut donc pas rester candidate aux municipales des 15 et 22 mars à Orange sur la liste RN. En revanche, elle peut conserver jusqu’à son terme son mandat de députée.

©Ville d’Orange

Andrée Brunetti


Affaire Bompard : une démission d’office suspendue par le droit

« Je suis attaché à faire vivre et rayonner la ville d’Orange, précise Yann Bompard. Dans cette optique, le Théâtre Antique est un formidable outil pour organiser des spectacles en tous genres. Si les Chorégies étaient en mesure à la fois aux niveaux financier, technique et culturel d’occuper les 8313 places des gradins avec des opéras j’en serais ravi. Malheureusement, la réalité est différente. Ce n’est pas moi qui le dis, mais le Cabinet Kanju mandaté par la Région Sud depuis 2021 qui a suggéré de ‘resserrer et densifier la programmation pour faire festival’.

Le Maire poursuit : « En 2024, en raison des Jeux Olympiques et Paralympiques, les Chorégies ont terminé plus tôt, le 22 juillet et pour autant, elles ont rencontré un succès populaire et une réussite budgétaire avec 350 000€ de bénéfices et 34 000 spectateurs. Malheureusement, en 2025, elles se sont étendues jusqu’à fin juillet avec des résultats qu’on connaît et qu’on déplore tous, spectacle annulé (comme « Liverpool Oratorio » de Paul Mac Cartney) et déficit d’exploitation de -150 000€ ».

Yann Bompard « comprend le désarroi de Jean-Luc Grinda, le directeur démissionnaire des Chorégies qui regrette ‘une programmation light pour 2026’ . Je le rejoins pour déplorer l’absence d’opéra mis en scène. J’avais toutefois suggéré au conseil d’administration de conserver un opéra mis en scène pour l’an prochain, quitte à réduire le nombre de spectacles. En effet je considère que l’opéra mis en scène est le coeur de Chorégies, sa vocation première. En plus, je rappelle que depuis l’élection de mon père en 1995, chaque été, un millier de places gratuites lors de la générale était réservé aux Orangeois, ce qui démocratisait l’accès à l’opéra ».

‘ Je comprends le désarroi de Jean-Luc Grinda, le directeur démissionnaire des Chorégies qui regrette ‘une programmation light pour 2026’

Yann Bompard

Yann Bompard regrette qu’Orange soit minoritaire au sein du Conseil d’Administration et ne puisse imposer ses vues, »Bien que la ville soit le 1er financeur avec une subvention de 152 450€ et la valorisation de l’aide matérielle (surveillance, barriérage, mise à disposition des lieux) qui oscille entre 700 et 850 000€ ». Il conclut qu’il espère que « La nouvelle directrice ou le nouveau directeur aura à coeur de proposer un projet culturel ambitieux pour les Chorégies ».

Pour mémoire, l’été dernier, quand la Flamme Olympique est passée par le Théâtre Antique le 19 juin, nombre de spectacles ont été concoctés par la ville : Jean-Baptiste Guégan le sosie de Johnny, Gala MMA, Championnats du monde de Kick-Boxing, récitals de groupes myhtiques comme Deep Purple, Toto et Dire Straits, concerts du Positiv Festival et Francis Cabrel en septembre qui ont attiré les foules de tous âges.

Yann Bompard

Et en 2025, la programmation de la Ville au Théâtre Antique a été on ne peut plus éclectique avec « Spectacul’Art » et les tubes de Claude François, le Jazz Orange Festival, Artus, Les Nuits du Rock, les 25 ans du Condor, les arts mariaux d’Hexagone MMA, la tournée de « The Voice », le concert de Patrick Fiori et la star mondiale Will Smith pour deux soirées. Des affiches qui ont fait vibrer le Mur d’Auguste à chaque soirée, comme Jamiroquai ou Sting les années précédentes qui ont attiré dans la Cité des Princes un public international, des Américains, des Australiens voire des Néo-Zélandais.

Andrée Brunetti


Affaire Bompard : une démission d’office suspendue par le droit

2024 à Orange : une année bien remplie entre festivités et travaux de construction et de rénovation en tous genres.

Côté festif d’abord, une longue série de concerts, d’évènements sportifs et de rendez-vous populaires ont attiré près de 150 000 personnes cet été dans la Cité des Princes. ‘Stars 80’ en mai, ‘Musiques en Fête’ en juin, ‘Les Chorégies’ fin-juin et juillet (28 000 spectateurs) avec Mika, la pianiste-star Khatia Buniatishvili et Roberto Alagna dans ‘Tosca’.
Sans oublier les soirées 70’s avec Deep Purple, Toto, mais aussi le Positiv Electro festival en août, Francis Cabrel en septembre et ses 15 000 fans malgré un mistral déchaîné ou le concert de la Légion étrangère, 10 ans après le départ des hommes du 1er REC pour Carpiagne. Ou encore les soirées sports comme le gala MMA (Arts Martiaux) et Kick Boxing qui attirent chaque fois 5 000 amateurs de muscles et de testostérone.

« Notre but est d’occuper au maximum le Théâtre Antique. »

Yann Bompard, maire d’Orange

« Notre but est d’occuper au maximum le Théâtre Antique, ce site de prestige hors du commun, explique le maire d’Orange Yann Bompard. Mais il en faut pour tous les goûts et partout dans les rues, les jardins, au plus près de la population. La Fête du Cochon, le Festival de Jazz, les Jeudis d’Orange, les animations foraines, les marchés nocturnes pour les touristes de passage comme les familles qui vivent ici. Et en 2025, nous fêterons aussi le Festival Rock qui a débuté il y a 50 ans en 1975 et le groupe Condor qui, lui, aura 25 ans. »

Les 12 travaux d’Hercule
Côté chantiers, on en compte environ une douzaine, comme les 12 travaux d’Hercule ou d’Astérix. Et il est vrai que Yann Bompard est « tombé dans le chaudron quand il était petit », avec un papa resté à la tête de la ville pendant 26 ans, de 1995 à 2021, avant de lui succéder. A commencer par l’école du Coudoulet : 6M€ pour 11 classes et 275 élèves qui feront leur première rentrée en septembre 2025. Pour le Parc des Expositions-Boulodrome, avec parking de 900 places et aménagement paysager, 6M€ ont été crédités. Le Pôle multi-modal de la Gare a été réaménagé (4,2M€), l’Hôtel Départemental des Archives avec ses 4km de linéaire a été sécurisé, 1 000m2 restaurés, ouverture prévue l’été prochain.

Le maire d’Orange poursuit l’énumération de mise en valeur des monuments d’Orange. « Au Théâtre Antique les travaux continuent depuis 7 ans. Là, c’est une tranche de 1,5M€ pour assurer l’étanchéité et consolider le vomitorium qui supporte des tribunes. La cathédrale Notre-Dame-de-Nazareth qui date du XIIe siècle et qui est fermée depuis 2022, a aussi fait l’objet de travaux (2,12M€) de restauration de la nef, de 4 de ses chapelles, des autels, statues et ferronneries ».

La réfection du Boulevard Daladier a débuté depuis 2 ans. Crédit : ville d’Orange/DR.

Auparavant, le grand orgue avait été reconstruit par le facteur Pascal Quoirin, qui a son atelier à Saint-Didier, reconnu internationalement pour la qualité de son travail et qui a aussi été chargé de la remise en état de l’orgue de Notre-Dame-de-Paris. Ce nouvel ensemble avait été inauguré en 2019.

Autre symbole de la Cité des Princes, l’Arc de Triomphe qui marque l’entrée nord sur la Nationale 7, l’ex ‘Via Agrippa’ sous les Romains. « Des travaux de drainage ont permis d’assainir la base du monument à 3 baies où stagnait l’eau de pluie et on a fait passer le trafic plus loin pour éloigner la pollution. Facture : 1,4M€. »
« Depuis plus de 2 ans nous réalisons la réfection du Boulevard Daladier en plein centre-ville (7,2M€) qui sera bientôt inauguré. Pareil pour l’avenue des Courrèges (5,7M€) qui a donné lieu à une polémique sur l’arrachage d’arbres. Mais ils étaient vieux et je n’ai pas envie qu’ils tombent sur un riverain. D’ailleurs nous en replanterons 200 pour 116 arrachés, avec des essences plus adaptées au changement climatique. »

Déviation d’Orange : « On risque de n’avoir qu’une demi-déviation jusqu’à Camaret au lieu de Piolenc. »

Crédit : Conseil départemental de Vaucluse.

Le grand chantier si longtemps attendu par les Orangeois, la fameuse déviation de la RN7 traversée par 15 000 véhicules par jour dont 10% de camions est en cours. 50M€ à la clé, financés par toutes les collectivités locales, sur 3,1 km pour désengorger le centre ancien. 1 800m3 de béton prévus, 400m3 de pieux pour conforter le sous-sol. « Mais je ne suis pas sûr que le projet aille jusqu’à son terme, à cause des économies drastiques à réaliser après l’endettement abyssal du gouvernement précédent. On risque de n’avoir qu’une demi-déviation jusqu’à Camaret au lieu de Piolenc. Cette impéritie de l’Etat nous étrangle » explique Yann Bompard.

« Depuis la dernière présidentielle de 2022, la masse salariale a grimpé de 2,5M€ à cause de l’augmentation rétroactive du point d’indice des agents municipaux. Sans parler des dépenses imposées par Paris qui ne sont jamais compensées ».

Quand on fait remarquer au maire d’Orange que, d’après la direction des Finances publiques de Vaucluse, sa commune arrive en 4e position parmi les villes où habitent le plus de contribuables riches (en tête Avignon avec 662 contribuables qui déclarent des revenus de plus de 100 000€/an, 2e l’Isle-sur-la-Sorgue : 293, 3e Carpentras : 269, 4e Orange : 261), Yann Bompard répond : « Je préfèrerais que tout le monde ait un travail et un salaire dignes sans un tel écart entre les citoyens. Pour moi, la politique c’est de ne pas gaspiller, d’utiliser chaque euro dans l’intérêt général, pour la sécurité et le bien-être des Orangeois ». Le chantier du futur poste de police (4,7M€) en face du lycée de L’Arc vient d’être lancé. Il ouvrira dans un an avec en prime 350 caméras supplémentaires de vidéoprotection.


Affaire Bompard : une démission d’office suspendue par le droit

Avec la construction de son nouveau poste de police municipale, la commune d’Orange entend renforcer sa lutte contre la délinquance.

« 4,7M€ pour le nouveau poste de police, c’est un budget important pour montrer que la sécurité est une priorité pour nous » insiste Yann Bompard, le maire d’Orange lors de la pose de la première pierre du futur bâtiment.
Les chiffres en attestent, la PM de la cité des princes ne chôme pas : 15 731 appels téléphoniques à la Police Municipale l’an dernier, 5 560 interventions (soit + 40% par rapport à 2022), 584 procédures ouvertes, 3 174 mains courantes déposées, 200 000 km parcourues par les patrouilles qui ont fait l’objet de nombreux reportages sur M6, W9 et NRJ12.
Comme l’a déclaré Yann Bompard, le maire d’Orange, lors de son intervention, après avoir manié la truelle et posé un parpaing sur le chantier : « Cette cérémonie est totalement symbolique puisque les fondations ont déjà été posées et que le bâtiment s’apprête à sortir de terre. Elle prouve que c’est une absolue nécessité pour nous de doter notre police municipale de locaux plus fonctionnels et plus spacieux pour être en mesure d’absorber les évolutions à venir ».

Le chantier du futur poste de la police municipale d’Orange. DR

Rendre service
Le maire d’Orange a énuméré la liste de toutes les missions des 38 agents de la PM : « Intervenir en pleine nuit pour mettre fin à un tapage, faire des contrôles routiers pour retirer de la circulation les automobilistes qui roulent à des allures folles sous l’emprise d’alcool (ou de substances). Ramener chez elle une mamie désorientée qui ne retrouve plus le chemin de sa maison, intervenir pour protéger une femme prise à partie par son ex-compagnon violent, sécuriser les entrées et sorties des écoles, aider un touriste victime d’un pickpocket à retrouver son portefeuille, assurer la tranquillité publique lors des soirs de concerts. Bref, ne pas céder un pouce de terrain aux trafiquants de drogue. En deux mots : ‘Rendre service’. »

Renforts de police nationale : Orange, la grande oubliée ?
« Les chiffres parlent d’eux-mêmes, ils démontrent l’impérieux besoin d’une présence massive de nos policiers sur le terrain, au plus près des habitants et je crains que cela n’aille pas en s’allégeant. Et je le dis avec toute l’amitié que j’ai pour les forces de sécurité déployées jour et nuit. L’an dernier, l’ancien ministre de l’intérieur a attribué des effectifs supplémentaires à Avignon, Cavaillon et Carpentras, rien pour Orange alors que nous sommes la deuxième ville la plus peuplée de Vaucluse. Je viens donc officiellement de saisir le nouveau locataire de la place Beauvau, Bruno Retailleau, au nom de l’équité de traitement. »

En tou,t, la PM d’Orange compte 36 policiers, 4 auxiliaires de sécurité sur la voie publique et 10 opérateurs video. DR

De 36 à 80 agents ?
Yann Bompard poursuit : « C’est l’objectif de ce nouveau bâtiment qui va tripler de superficie, passant de 250m2 à 750m2 de permettre d’accueillir à terme, jusqu’à 80 personnels alors que notre police municipale compte 36 policiers, 4 auxiliaires de sécurité sur la voie publique et 10 opérateurs video. Un centre de supervision urbain sera d’ailleurs aménagé pour pouvoir recevoir les images de 350 caméras au lieu de 80 aujourd’hui. »
Le maire de la Cité des Princes conclut en présence des représentants de la PM, de la PN, de la gendarmerie, de la caserne de pompiers, de la gendarmerie de l’Air de la BA 115 et du chien renifleur ‘Olygan’ de la police municipale : « Certes, c’est un budget pour notre ville. Mais la sécurité des Orangeois est une priorité absolue, voilà pourquoi nous mettons le paquet, » La sécurité n’a pas de prix, mais elle a un coût : 4,7M€.


Affaire Bompard : une démission d’office suspendue par le droit

Après la dissolution surprise de l’Assemblée, se dirige-t-on vers un grand chelem RN/Reconquête aux élections législatives des 30 juin et 7 juillet prochains en Vaucluse ? Pas si sûr, car si la 5e circonscription est prenable, rien n’est jouée dans celle d’Avignon.

Débâcle, déconfiture, déroute, débandade, désastre, désaveu, déculottée, défaite, les synonymes ne manquent pas pour définir la Bérézina du parti présidentiel aux Européennes.
La fusée Bardella bénéficie ainsi de 30 élus RN à Bruxelles pendant que la candidate macronienne Valérie Hayet en a 13, tout comme le candidat PS Raphaël Glucksmann, LFI avec Manon Aubry 9, le LR François-Xavier Bellamy 6, Marion Maréchal avec Reconquête 5, tout comme l’écologiste Marie Toussaint. En plus, le seul député macroniste de Vaucluse Jean-François Lovisolo, ancien secrétaire de la Fédération PS du département, annonce qu’il passe son tour pour se recentrer sur les prochaines municipales à La Tour d’Aigues.

Après l’annonce des résultats des élections européennes , le président de la République, Emmanuel Macron, a annoncé la dissolution de l’Assemblée nationale. Cette dissolution, prévue par l’article 12 de la Constitution, met fin de manière anticipée au mandat des députés de l’Assemblée. Les élections législatives, qui devaient avoir lieu en 2027, auront ainsi lieu le 30 juin et 7 juillet. Comme le détaille cette infographie, basée sur les données de Légifrance, c’est la 6e fois qu’un président prend la décision de dissoudre l’Assemblée nationale sous la Ve République. ©Valentine Fourreau-Statista

Coup de poker ou coup de folie ?
Emmanuel Macron qui répète à l’envi « C’est moi ou le chaos », qui a encore déclaré le 16 mai dans un entretien exclusif à l’Express : « On garde notre cap, notre stratégie est la bonne », le ‘Mozart de la finance’ qui affiche 3100Mds€ de dette pour un déficit public de 5,5% du PIB subit donc une déconvenue magistrale.
Et dans un geste désespéré, il renverse la table, décide ‘tout à trac’ de dissoudre. Pari dangereux? Coup de poker ? Quitte ou double ? Saut dans l’inconnu ? Suicide collectif ? Coup de génie politique ? L’avenir le dira.
Depuis des décennies en Vaucluse, l’ancrage du Rassemblement National de Marine Le Pen, après celui du Front national de Jean-Marie Le Pen, se consolide à chaque scrutin, il creuse son sillon, conforte son socle. En plus, il bénéficie d’une publicité plein feux avec un président qui installe le match depuis qu’il est élu, faisant de lui son principal opposant en surjouant la dramatisation. Cette fois, le piège qu’il a tendu aux lepénistes se referme sur lui.

Le RN creuse inexorablement son sillon
Hervé de Lépinau, député RN salue se félicite de cette « motion de censure en grandeur réelle des électeurs ». Et il ne mâche pas ses mots, « Le président Macron n’aime ni la France, ni les Français. Il gouverne à coups de 49-3 à l’assemblée et méprise les parlementaires, il joue les va-t-en guerre en Ukraine, sa politique est un échec sur toute la ligne. Il fracture la société, met ses concitoyens en difficulté, que ce soient les agriculteurs qui croulent sous les normes et ne vivent pas décemment de leur travail, que ce soient les ménages qui vont encore subir une hausse de 11% du gaz dès le 1er juillet en plus de l’inflation galopante depuis des mois. » Evidemment, Hervé de Lépinau va se représenter aux législatives à Carpentras, après une campagne-éclair, les 30 juin et 7 juillet prochains « Une nouvelle génération, plus jeune, va régénérer le Palais Bourbon, mener une autre politique pour améliorer la vie des Français » conclut-il.

Du côté de Reconquête, Yann Bompard, le maire d’Orange qui était sur la liste de Marion Maréchal, salue cette percée sur la droite de l’échiquier. « Avec mon père (ancien maire, conseiller régional et député d’Orange et ma mère (ancienne maire et conseillère départementale de Bollène), nous appelons à l’union des droites depuis des décennies, tant mieux si Marion tend la main au RN, ensemble on sera plus fort ».

« Une campagne-éclair de 3 semaines, c’est bien trop court ! »

Julien Aubert

Julien Aubert qui n’avait pas pu briguer un 3e mandat LR en 2022, éliminé dès le 1er tour, ne cache pas sa colère, lui qui était dans la même promotion qu’Emmanuel Macron à l’ENA : « Avec cette dissolution, Il confie les clés du camion au RN pour qu’il échoue, c’est dangereux. Une campagne-éclair de 3 semaines, c’est bien trop court, il se moque des Français. En 2017, en même temps, il avait tué en même temps la gauche et la droite. Là, il crée une confusion extrême et joue les pompiers pyromanes ».

De son côté, Dominique Santoni, présidente du Conseil départemental de Vaucluse rappelle qu’elle n’entend pas céder aux chants des sirènes : « Je suis issue d’une famille gaulliste. Du RPR jusqu’aux Républicains, j’ai toujours appartenu à cette même famille : une droite indépendante et singulière. Certains aujourd’hui sont tentés de suivre le RN, je ne les suivrai pas. Certains, hier, ont rejoint Emmanuel Macron, je ne les ai pas ralliés et ne les rallierai pas. Et, pour les élections législatives à venir, je réaffirme haut et fort que Les Républicains doivent partir sous leurs propres couleurs et rester indépendants, tant du Rassemblement national que de la Majorité présidentielle. Et si, demain, Les Républicains devaient disparaître, je serai une élue vauclusienne divers droite, tout aussi indépendante et ferme sur ses convictions. »

Le PPE (Parti populaire européen), dans lequel siègent notamment les élus LR français, conserve la majorité lors de ces élections européennes. Un scrutin marqué par une importante poussée de l’extrême droite : le groupe Conservateurs et réformistes, ainsi que le groupe Identité et démocratie. Pour sa part, la majorité présidentielle française siège au sein du groupe centriste Renew. © Valentine Fourreau-Statista

Une gauche unie comme seule alternative ?
A gauche, le sénateur PS Lucien Stanzione minimise le succès du RN puisque l’abstention est de 45,88%, donc grosso modo, selon lui, un vauclusien sur deux n’a pas voté. Et il affirme que la gauche unie est la seule alternative possible contre la montée de l’extrême droite, « Il nous faut un Front Populaire fort pour la contrer ».

« Un président ne devrait pas jouer à la roulette russe quand le canon tonne aux portes de l’Europe » a ironisé un observateur du landerneau politique. Le RN avait déjà raflé 4 circonscriptions sur 5 en Vaucluse en 2022 avec Joris Hébrard (remplacé depuis par sa suppléante Catherine Jaouen), Bénédicte Auzanot, Marie-France Lorho, et Hervé de Lépinau. Là, avec la main que leur tend Marion Maréchal de Reconquête pour une union des droites, au soir du 7 juillet ils pourraient ensemble faire le grand chelem si la gauche ne se ressaisit pas. « Arrêtons les conneries, jouons collectifs » a vertement conseillé le LFI François Ruffin aux socialistes, communistes et écologistes.

Un appel entendu par Cécile Helle, maire d’Avignon qui souhaite « reconquérir une circonscription qui n’aurait jamais dû échapper au camp des républicains en 2022 ».
« Les élections européennes qui se sont déroulées hier ont placé à Avignon, comme quasiment partout en France, le RN en tête des suffrages, s’inquiète-t-elle. Toutefois, j’ai la satisfaction de constater qu’une nouvelle fois, Avignon la Républicaine est la plus résistante des villes de la région face aux populismes puisque le résultat de la liste du RN est inférieur de 5 points aux résultats nationaux. »

Composition du nouveau Parlement européen. © Valentine Fourreau-Statista

Affaire Bompard : une démission d’office suspendue par le droit

Un nouveau Palais du Vin va bientôt sortir de terre à Orange pour promouvoir le savoir-faire des Vignerons indépendants.

La première pierre vient d’être posée vendredi dernier, non loin de la sortie de l’autoroute A7 d’Orange-Sud. Là où trône un avion de chasse sur le rond-point. Il y a presqu’un quart de siècle, en novembre 1 999, c’étaient alors Elisabeth Guigou, Garde des Sceaux – Ministre de la Justice et Jacques Bompard, maire d’Orange qui posaient la première pierre de l’ancien Palais du vin de 300m2.
Un lieu de ventes, de dégustations et de rencontres autour des vins de la vallée du Rhône des Vignerons indépendants. Ce syndicat créé en 1976 regroupe aujourd’hui 7 000 adhérents répartis dans 32 fédérations départementales, dont celle de Vaucluse qui a vu le jour en 1978, et 10 fédérations régionales.

La première richesse de Vaucluse
Dans la Vallée du Rhône, la Fédération est présidée par Thierry Vaute, du Domaine de la Pigeade à Beaumes-de-Venise. En Vaucluse, deuxième fédération à avoir été créée après celle de l’Aude, la fédération des Vignerons Indépendants regroupe 400 domaines pour 11 000ha de vignes dont 4 500 certifiés bio et 2 300 labellisés HVE (Haute valeur environnementale).
Des vignerons répartis dans 49 appellations pour une production de 430 000hl de vin par an et qui représentent 1 700 salariés et 4 100 saisonniers.
Lors de la pose de cette première pierre, Yann Bompard a notamment pris la parole pour rappeler que « le monde vigneron souffre avec les caprices de la météo, il est attaqué par la concurrence, les règlementations sans fin, les normes européennes contraignantes à l’excès. Pourtant l’agriculture est la première richesse de Vaucluse, avec la cerise, la lavande, le raisin, le melon. Cet écrin mettra en valeur le travail et le savoir-faire de tous nos vignerons ».
Coût du bâtiment : 1,5M€. Il sera inauguré à la fin de l’année.

De gauche à droite : Thierry Vaute, président de la fédération des Vignerons Indépendants,  Yann Bompard, maire Orange, Christian Mounier, conseiller départemental en charge de l’agriculture, Bernard Roudil, sous-préfet de Carpentras, Marie-France Lorho, députée Orange, et Jacques Bompard, ancien maire qui avait, en 1999, posé la première pierre de l’ancien Palais des Vins avec Élisabeth Guigou alors Ministre de la Justice

https://www.echodumardi.com/tag/yann-bompard/   1/1