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Face à la cybercriminalité généralisée, Poweriti propose un bouclier anti-vol de données

Jantien Rault, fondateur de POWERiti. ©Andrée Brunetti / L'Echo du Mardi

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C’est Jantien Rault qui a créé la société Poweriti en 2021. Elle est aujourd’hui installée au sein d’Agroparc, où phosphorent une dizaine d’experts qu’il a recrutés pour leurs hautes compétences.

« En France, 54% des PME ont déjà subi une attaque, un piratage. En Vaucluse, 93% des 55 000 entreprises sont des TPE. Nous sommes là pour leur offrir une protection, une sécurisation de leurs mails, imprimantes, scanners. Pour un abonnement mensuel à moindre frais, nous proposons à chacun une solution adaptée au cas par cas. Antivirus, pare-feu, maintenance 24h/24, 7j/7, sauvegarde trois fois par jour, stockage garanti des fichiers, protection infranchissable, en bref, un coffre-fort blindé, étanche à toute intrusion malveillante », explique le jeune patron. Fiabilité rime avec sérénité et les PME peuvent en toute tranquillité renforcer leur visibilité et leur développement.

Aujourd’hui, dans l’Hexagone, on entre dans les grands ministères, administrations, collectivités locales et entreprises comme dans un moulin. Pour le seul 1er trimestre 2026, on a recensé 54 000 « incidents » (+37% par rapport à 2025) et 90 millions de comptes détournés. Notamment, 11,7M pour France Titres qui gère permis de conduire, cartes grises, cartes d’identité au Ministère de l’Intérieur, 15 M pour Cegedim Santé, 678 000 comptes bancaires de contribuables fichés par la DGFIP ces dernières semaines, nombre de fédérations, comme celles des chasseurs, ce qui a facilité, grâce aux noms et adresses figurant sur les documents, le vol d’armes à leur domicile. Sans oublier, La Poste, l’URSSAF et nombre d’hôpitaux…

La France, vice-championne du monde du piratage

À ce rythme, ce n’est plus une succession de brèches ouvertes dans des documents confidentiels, ni une mini-vague de cyber-attaques, c’est carrément un système organisé, massif et exponentiel. La France est vice-championne du monde du piratage derrière les USA et n°1 en Europe, un palmarès dont on se passerait volontiers et qui facilite fraude, usurpation d’identités, faux profils, harcèlement ciblé, ouverture de faux comptes, détournements de fonds à grande échelle

Dans ces conditions, il vaut mieux payer un abonnement pour se protéger que verser les milliers d’euros d’une rançon réclamés par un hacker malveillant. « Nous présentons nos excuses aux Français, ce qui est arrivé est inexcusable », a simplement marmonné le Ministre aux Comptes Publics. À une époque où tout est dématérialisé (déclarations de revenus, cession de véhicule, paiement de factures) et où les séniors non geek doivent demander de l’aide à leurs petits-enfants nés avec une console à la main ou se rendre dans les antennes de France Service pour remplir n’importe quel formulaire administratif…

On frémit quand on sait que dès le 1er septembre prochain, dans une dizaine de jours, toute facturation sera forcément électronique. « Une simplification », « un archivage sécurisé », « un traitement fiable », « une solution validée par l’État », « un gain de productivité », « une gestion facilitée »… vantent les différents organismes en veine de formules marketing. À ce jour, 166 plateformes sont déjà agréées, une véritable usine à gaz pour les commerçants, artisans, indépendants, entrepreneurs, professions libérales… Dans le seul secteur complexe du tourisme ce chantier pharaonique donne des cheveux blancs aux hôteliers, agences de voyages, tour-opérateurs avec les fiches de conformité de la raison sociale de l’entreprise, SIREN/SIRET à jour, n° de TVA valide, adresse de livraison, code postal normalisé pour éviter les erreurs… 

Pour la seule année 2024, le coût du piratage numérique avait coûté 118 milliards à la France, depuis il n’a sans doute fait que se développer à la vitesse grand V. « Peu de ministères sont au niveau », a reconnu cette semaine le 1er Ministre. Avant lui, François Bayrou son prédécesseur, avait lancé l’idée d’un filtre anti-hackers jamais abouti. Aujourd’hui, face à la réalité implacable, le locataire de Matignon évoque la création d’une ‘unité cyber’. Espérons que ce ne sera pas un énième comité Théodule aussi cher qu’inutile. Qui fait penser au « Pitalugue » de Marcel Pagnol. L’académicien aubagnais avait tourné en dérision un rafiot doté d’une énorme hélice qui faisait tourner le bateau en rond… au lieu de le propulser vers l’avant.

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