En conséquence, l’actionnaire et la gouvernance du groupe spécialisé dans l’industrie de la défense et plus particulièrement les poudres et les explosifs a entamé le processus de désignation de son successeur « afin d’assurer la continuité et poursuivre le développement d’Eurenco »
.
Un chiffre d’affaires multiplié par trois Le Conseil d’administration « salue l’action déterminante de Thierry Francou à la tête d’Eurenco. Sous son impulsion, la société multiplié par trois son chiffre d’affaires et s’est profondément transformé. Cette stratégie, pleinement soutenue et financée par l’actionnaire, a notamment permis de doubler les capacités de productions du groupe en France, Suède et Belgique en réimplantant notamment une production de poudre de gros calibre sur le territoire national. Les différents partenariats de long-terme engagés permettront également d’étendre ses opérations en Europe. »
Depuis l’arrivée de Thierry Francou en 2019, le groupe est passé d’un peu moins de 200M€ à 560M€ l’an dernier. Dans le même temps, les effectifs sont passés de 900 salariés à 1 700 salariés aujourd’hui, dont près de 450 sur Sorgues. Le PDG démissionnaire, ancien d’Ariane group et également ancien élu de la CCI de Vaucluse, visait 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2028, avec l’objectif d’atteindre environ 1,5 milliard à l’horizon 2030. Pour cela, Eurenco peut notamment s’appuyer sur carnet de commandes s’élevant à ce jour à 3 milliards d’euros.
De nombreuses applications militaires Leader européen des matériaux énergétiques, Eurenco propose une gamme complète de poudres, d’explosifs et d’objets combustibles destinés aux marchés de la défense, de la sécurité, de l’espace et des applications civiles de haute performance. « Nos poudres, explosifs et sous-systèmes de pointe, comme les charges modulaires d’artillerie ou les dispositifs d’accroissement de portée, sont des composants essentiels à la mission pour tous les types de munitions », précise le groupe. Les applications militaires d’Eurenco couvrent notamment les munitions de petit, moyen ou gros calibres, mortiers, roquettes, bombes, missiles, torpilles et drones.
Vue aérienne : Quand le Vaucluse devient flou
Si le droit à l’image existe dans certains cas pour les individus, on ne peut pas faire n’importe quoi non plus en matière de vue aérienne et d’image satellite. En effet, en France il existe des Zicad (Zones interdites à la captation aérienne des données). Elles figurent dans une liste fixant les lieux des zones interdites aux prises de vue aérienne. Sur les 561 que compte notre pays plusieurs se situent en Vaucluse.
Les utilisateurs de Google Earth, Google maps, Mappy mais aussi ceux de Géoportail, le site de cartographie l’IGN, ou tout simplement les amateurs de vues aériennes y sont habitués : des zones floutées où l’on ne peut pas voir le détail de ce qui s’y trouve. En France, ces sites sont définis par un arrêté du 17 novembre 2025 fixant la liste des zones interdites à la captation et au traitement des données recueillies depuis un aéronef.
La sécurité avant tout Ce texte, rédigé en 2017 et amendé 8 fois depuis, dresse la liste des Zones interdites à la captation aérienne des données (Zicad) recensées en France et en Outre-Mer. Ainsi, au total, on dénombre 561 Zicad (pour une superficie de l’ordre de 50km2) sur l’ensemble du territoire national.
Sur Google, le centre pénitentiaire du Pontet a été flouté à la demande du ministère de la Justice. Crédit : Google maps
Ces sites sont principalement floutés pour des raisons sécuritaires. Des secteurs sensibles comme les bases militaires (211 sites), les prisons (234) ou bien encore les centrales nucléaires (36). Selon nos confrères des Echos, des bâtiments officiels (36), des sites industriels (29), des data center (4) et même les imprimeries de la Banque de France complètent cette liste d’images floutées ou largement dégradées. Si l’atoll de Mururoa et le site spatial de Kourou en Guyane constituent les deux Zicad françaises les plus étendues, c’est la base aérienne d’Istres qui dispose du site ‘flouté’ le plus grand de Métropole.
3 sites liés à la défense, 2 à la Justice En Vaucluse, on dénombre 5 sites concernées par cette réglementation. Trois le sont à la demande du ministère de la Défense : la base aérienne 115 d’Orange-Caritat, les cantonnements du 2e Régiment étranger du génie à Saint-Cristol ainsi que le site industriel d’explosifs et d’additifs carburants d’Eurenco à Sorgues. Côté ministère de la Justice, le centre pénitentiaire du Pontet mais aussi le chantier de la future prison d’Entraigues-sur-la-Sorgue dont la construction devrait s’achever d’ici la fin de l’année complète ce Vaucluse pixelisé.
Sur Mappy, plutôt que le floutage comme sur Google, on a choisi l’option de la pixélisation pour ‘dégrader’ l’image de la BA 115 à Orange. Crédit : Mappy
Ne pas oublier le nucléaire A cela, s’ajoute le site nucléaire de Tricastin recensé par l’Etat dans les sites Drômois mais dont une partie se situe en Vaucluse et plus particulièrement sur la commune de Bollène. Le plus grand site industriel nucléaire d’Europe y est référencé par le ministère chargé de l’Energie. Ce dernier a aussi demandé le floutage d’autres installations nucléaires limitrophes au Vaucluse : Marcoule sur la commune de Chusclan, en face de Piolenc, et le centre du CEA (Commissariat à l’énergie atomique) à Cadarache, à quelques encablures de Mirabeau dans le Luberon.
Défense : le vauclusien Eurenco change de dimension
À l’occasion de l’édition 2026 du salon international Eurosatory, le groupe vauclusien Eurenco, leader européen des matériaux énergétiques de défense, a multiplié les accords de partenariat. Une dynamique qui confirme l’accélération du plan de développement stratégique de cette pépite de la ‘Base industrielle et technologique de défense européenne’ qui espère atteindre un chiffre d’affaires de un milliard d’euros en 2028.
Pour la société Eurenco dont le siège social se trouve à Sorgues depuis 2023, l’édition 2026 du salon mondial de la défense et de la sécurité Eurosatory marque la confirmation du changement d’échelle du groupe vauclusien. En février dernier le fabricant d’explosifs et d’additifs pour carburants destinés aux marchés civils et de la défense que les Vauclusiens connaissent historiquement sous le nom SNPE (Société nationale des poudres et des explosifs) avait déjà levé 300M€ pour accélérer son expansion industrielle en Europe.
« Dans un contexte de très forte demande, ces ressources vont soutenir et accélérer la croissance internationale d’Eurenco pour répondre aux besoins de ses clients, et aux enjeux de sécurité et de défense du continent », expliquait alors le groupe aujourd’hui leader continental dans le secteur des matériaux énergétiques.
« Nous franchissons un cap industriel majeur permettant de consolider notre position de leader européen et garantir l’autonomie stratégique de l’Europe. »
Thierry Francou, PDG d’Eurenco
« Ce financement, sans précédent pour un acteur de la BITDE (Base industrielle et technologique de défense européenne), témoigne de la reconnaissance de notre rôle stratégique au profit de l’ensemble de la filière munitions, confirmait dans le même temps Thierry Francou, PDG de la société. Avec le soutien de ce pool bancaire européen, nous franchissons un cap industriel majeur permettant de consolider notre position de leader européen et garantir l’autonomie stratégique de l’Europe. »
Multiplication d’accords stratégique Cette dynamique c’est ainsi traduite par la multiplication des partenariats durant cette édition 2026 d’Eurosatory qui s’est tenue au parc des expositions de Paris-Villepinte. Pour commencer ce salon, Eurenco a signé un accord d’actionnaires stratégique avec Polska Grupa Zbrojeniowa (PGZ) pour la création d’une coentreprise franco-polonaise. Cette étape fait suite aux accords stratégiques initiaux signés le 23 octobre 2025, visant à créer une coentreprise entre Eurenco et Mesko, filiale de PGZ, afin de produire des propulseurs d’artillerie de 155 mm et des systèmes de charge bimodulaires dans le cadre de la stratégie d’autonomie de la Pologne. Cet accord va notamment permettre le transfert de la technologie de pointe d’Eurenco vers la Pologne afin de fabriquer des charges modulaires à base de nitrocellulose énergétique à partir de l’été 2028
L’accord entre Eurenco et PGZ a été signé en présence de Konrad Gołota, ministre polonais des Biens d’État, d’André Denk, PDG de l’Agence Européenne de Défense, et d’une délégation de la Direction générale de l’armement (DGA).Crédit : DR/Eurenco
« La signature de cet accord et la création d’une coentreprise avec nos partenaires d’Eurenco marquent le passage à la phase pratique de la mise en place des capacités de PGZ pour produire des propergols modernes directement en Pologne », précise Adam Leszkiewicz, PDG de PGZ. De cette manière, nous ajoutons un élément supplémentaire pour renforcer notre souveraineté en matière de production de munitions de 155mm afin d’améliorer la sécurité stratégique de la Pologne et du flanc oriental de l’Otan. » « La collaboration avec Eurenco est le fruit de nombreuses années d’engagement visant à garantir une source d’approvisionnement constante et autonome, ainsi qu’un véritable renforcement de la sécurité de l’industrie européenne de la défense, complète Renata Gruszczyńska, présidente du conseil d’administration de Mesko. Cela permettra un démarrage plus rapide de la production à l’usine de Pionki en tirant parti des capacités acquises. »
De son côté, Thierry Francou rappelle que « cette signature, en présence des plus hautes autorités de défense de nos deux pays et de l’Union européenne, souligne l’importance stratégique de ce partenariat. Elle marque une nouvelle étape majeure pour nos projets d’expansion en Europe de l’Est et constitue une pierre angulaire de la croissance continue d’Eurenco ».
« Cette dynamique collective constitue un véritable atout pour relever les défis de demain. »
Yves Traissac, PDG Eurenco Engineering
Thiot Ingénierie devient Eurenco Engineering Le même jour, Eurenco a aussi profité du salon pour annoncer officiellement le changement de nom de sa filiale Thiot Ingénierie, qui devient Eurenco Engineering. Repris fin 2024, Thiot Ingénierie est spécialisée dans les technologies d’impact, les essais balistiques et l’ingénierie des matériaux. Si l’identité visuelle évolue, l’ADN de l’entreprise historique basée à Puybrun dans le Lot est appelé à rester intact. L’objectif d’Eurenco est de valoriser à une plus grande échelle le savoir-faire unique de cette filiale qui réalise 70% de son chiffre d’affaires à l’export et trois quarts de son activité dans le domaine de la Défense.
« Ce changement de nom marque une nouvelle étape dans notre histoire, souligne Yves Traissac, PDG Eurenco Engineering. Il reflète notre volonté de mettre en commun nos expertises avec celles des autres entités du groupe Eurenco afin de proposer une offre plus large et plus performante. Cette dynamique collective constitue un véritable atout pour relever les défis de demain, poursuivre notre développement et doubler notre volume d’activités d’ici 2030. »
Le stand d’Eurenco Engineering lors de la dernière édition d’Eurosatory. Crédit : DR/Eurenco
« Avec Eurenco Engineering, notre groupe élargit son offre et se positionne comme un acteur clé de la chaine munitionnaire, constate pour sa part Thierry Francou. En combinant l’expertise du fonctionnement des poudres et explosifs avec ceux de la dynamique rapide des matériaux sous sollicitations extrêmes, Eurenco dispose d’un ensemble unique de compétences. Celles-ci couvrent le fonctionnement des têtes militaires et des tubes de canons depuis la simulation, les essais et la métrologie ultrarapide de classe mondiale. Notre ambition est d’augmenter significativement la performance des systèmes et leur durée de vie. »
Game of drones en Europe Eurosatory a ensuite été pour Eurenco l’occasion de signer un protocole d’accord avec Helsing, une société allemande qui développe notamment des systèmes autonomes, renforcés par l’intelligence artificielle. Ce partenariat a pour objectif de développer des têtes militaires souveraines européennes pour le HX-2, le drone de frappe IA de Helsing. Helsing apporte le drone de frappe IA, conçu pour répondre aux exigences des champs de bataille modernes (voler en essaim, capacité de vol de nuit ou dans des environnements dégradés, sans système de positionnement par satellites, sans communications…) alors qu’Eurenco apporte la tête militaire explosive modulaire haute performance, simple à mettre en œuvre et spécifiquement adaptée à la mission drone. Conçue pour les armées européennes, cette capacité sera développée en priorité pour répondre aux exigences opérationnelles françaises.
Pour Frank Dirksen, directeur commercial de Helsing : « les forces armées ne peuvent pas dépendre de plateformes dont elles ne maîtrisent pas les chaînes d’approvisionnement, Avec Eurenco, nous offrons aux clients français une capacité de frappe qu’ils peuvent acquérir, entretenir et développer – sans dépendre de fournisseurs extérieurs à l’Europe. C’est cela, la souveraineté capacitaire dans les faits. » Dans un secteur où les chaînes d’approvisionnement mondiales en explosifs subissent de fortes tensions, avec des délais désormais compris entre 12 et 24 mois, le but est donc de bâtir des chaînes d’approvisionnement résilientes à travers l’Europe afin de réduire la dépendance vis-à-vis des fournisseurs non européens. Mais réarmer l’Europe sans coordination industrielle risque de déboucher sur la production de systèmes incompatibles, des chaînes d’approvisionnement redondantes et des plateformes incapables d’opérer ensemble. Helsing et Eurenco entendent donc relever directement ce défi.
Le drone HX-2 de Helsing. Crédit : DR/Helsing
« Offrir à nos armées un avantage décisif et fiable. »
« Une véritable capacité de frappe souveraine suppose de maîtriser à la fois le domaine numérique et le domaine physique, assure Thierry Francou qui a reçu le prix coup de cœur (en compagnie de Marc Goussa)du binôme DG-DRH Grand Sud 2025. En combinant l’intelligence artificielle de pointe de Helsing et l’expertise stratégique d’Eurenco dans les matières énergétiques, nous sécurisons l’ensemble de la chaîne de valeur. Ce partenariat démontre notre capacité à livrer rapidement une solution entièrement intégrée, fabriquée en Europe, qui offre à nos armées un avantage décisif et fiable. » Le résultat : un système de frappe éprouvé et évolutif que les armées européennes peuvent acquérir, opérer et maintenir en condition – conçu en Europe, pour l’Europe.
Cet accord de 5 ans avec leader mondial des munitions petit calibre (et l’un des principaux fournisseurs de l’Otan), porte sur la fourniture de poudres de petit calibre fabriqué dans l’usine d’Eurenco située sur son site de Clermont en Belgique afin de répondre aux besoins de CBC.
Lors de la signature ntre Eurenco et CBC. Crédit : DR/Eurenco
« Du point de vue de CBC, cet accord reflète l’orientation stratégique de CBC visant à établir des collaborations à long terme avec des fournisseurs mondiaux clés afin de soutenir ses opérations internationales en pleine expansion. Grâce à cet accord, CBC renforce encore sa position de partenaire de confiance et évolutif au sein de l’industrie mondiale de la défense », se félicité Fabio Luiz Munhoz, PDG de CBC.
« Ces succès confortent notre trajectoire de croissance. »
Objectif : 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2028 Cet événement vient ponctuer une année exceptionnelle, jalonnée de contrats à long terme pour Eurenco. Depuis un an, le groupe a en effet scellé plusieurs partenariats importants avec des acteurs de premier plan tels que Saab, BAE Systems, CSG, FN Herstal, Beretta Holding, Sellier & Bellot et Fiocch…
« Ces succès commerciaux et industriels témoignent de la confiance de nos partenaires et de notre capacité à nous transformer de manière agile et durablement pour mieux répondre aux défis de nos clients », constate le groupe qui ambitionne d’atteindre 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2028 après avoir réalisé un CA de 560M€ en 2025 (+17% par rapport à 2024).
« La densité et la qualité des échanges lors de cette semaine d’exposition au plus grand salon internationale de la défense terrestre valident notre modèle stratégique, conclue le PDG d’Eurenco. C’est précisément la force de notre ADN de pure player – notre concentration absolue sur notre cœur de métier – qui nous permet de nouer des partenariats industriels d’une telle envergure. Ces succès confortent notre trajectoire de croissance et assoient notre position de leader européen incontesté des matériaux énergétiques. »
Une centaine de représentants d’entreprises de la Région Sud étaient présents lors de cette cérémonie de remise de prix, qui s’est tenue le 18 septembre à Cannes.
Le Prix du binôme DG-DRH a pour objectif de récompenser les pratiques RH innovantes et mettre en lumière les binômes qui travaillent à réinventer la culture d’entreprise en valorisant le potentiel de leurs collaborateurs. Ont été récompensés :
Christophe Debrabandere et Marine C., du Groupe Transcan, basé près de Carros, ont obtenu le Prix Coup de Cœur du jury.
Thierry Francou et Marc Goussal, de l’entreprise Eurenco, basée à Sorgues, ont également obtenu le Prix Coup de Cœur du jury.
Europe de la défense : Eurenco se met en ordre de bataille
Après le suédois Saab l’an dernier, Eurenco collabore avec les polonais de Mesko, les italiens de Beretta et les tchèques Sellier & Bellot. Une multiplication des partenariats avec les principaux acteurs de la défense européens qui permet au groupe vauclusien de renforcer l’outil industriel continental.
Le groupe vauclusien Eurenco vient d’ouvrir une nouvelle chaîne d’assemblage pour des charges modulaire de 155 mm. Mené en coopération avec le polonais Mesko, la mise en route de ce nouvel outil industriel doit permettre de produire 100 000 charges modulaires. Eurenco fournit la technologie et le kit de charges modulaires, provenant d’Eurenco France France, tandis que Mesko assure l’assemblage local, avec ses propres poudres d’artillerie de 155 mm, pour les besoins souverains de la Pologne.
« Cette nouvelle ligne nous permet de répondre rapidement à une forte demande. »
Thierry Francou, PDG d’Eurenco
« Avec notre partenaire Mesko, Eurenco s’efforce de concrétiser rapidement une ambition : doter la Pologne d’une capacité industrielle souveraine et performante pour la production de charges modulaires de 155 mm, explique Thierry Francou, président-directeur général du leader européen des poudres et d’explosifs dont le siège social se trouve à Sorgues depuis 2023. Cette nouvelle ligne nous permet de répondre rapidement à une forte demande, de renforcer la résilience de la production européenne et de franchir une étape décisive vers l’autonomie stratégique de la Pologne. Elle prouve que la coopération industrielle et la souveraineté nationale peuvent aller de pair pour construire une défense européenne plus forte face aux défis d’aujourd’hui et de demain ».
Les responsables de la société polonaise Mesko. Crédit : Mesko
Augmenter la capacité d’approvisionner de l’armée polonaise Cette ligne opérationnelle va permettre à la Pologne d’augmenter considérablement sa capacité à approvisionner de manière indépendante ses forces armées en composants de munitions essentiels. Cette mise en route s’inscrit dans le cadre de la stratégie d’autonomie de la Pologne ‘Poland Autonomy’ prévoyant notamment la construction de trois usines de munitions d’artillerie de 155 mm dans le pays. « Grâce à la mise en place d’une coopération stratégique avec Eurenco, le programme national de développement d’une production indépendante de munitions d’artillerie de gros calibre en Pologne entre dans une nouvelle ère, se félicité pour sa part Renata Gruszczyńska, présidente du conseil d’administration de Mesko. Nous développons continuellement nos capacités dans le domaine de la production de munitions de 155 mm pour les forces armées polonaises, dans le but de renforcer la position de la Pologne au sein du système international de sécurité et de défense. »
Un autre accord avec l’italien Beretta Dans le même temps Eurenco, qui a célébré ses 20 ans l’an dernier, a aussi conclu un accord avec le groupe italien Beretta Holding dont le siège se trouve désormais au Luxembourg, pour la fourniture de poudres de petit calibre. Dans le cadre de cet accord stratégique d’une durée de 7 ans, le groupe vauclusien fournira des poudres de petit calibre produits dans ses usines de Clermont en Belgique et Karlskoga en Suède afin de répondre aux besoins industriels de Beretta Holding en Europe et en Amérique sur différents secteurs. De quoi répondre en parie à la demande européenne de l’OTAN en munitions de petit calibre ainsi qu’à celle des marchés de la défense, de la sécurité, de la chasse, du tir sportif ou des applications industrielles. « Cet accord renforce notre partenariat durable avec Eurenco et est essentiel pour nos entreprises de munitions de petit calibre, confirme Pietro Gussalli Beretta, président-directeur général de Beretta Holding S.A. Il nous aidera à répondre à nos besoins en poudres propulsives pour la production croissante de munitions militaires, policières et civiles au cours des prochaines années. »
Le 4 juillet dernier, Thierry Francou (tout à droite) a procédé à la pose de la première pierre de son chantier d’augmentation de ses capacités de production de poudres de petit calibre de son site de Clermont en Belgique. Crédit : Eurenco
Plus tôt dans l’été, Eurenco a également passé un accord de partenariat d’une durée de cinq ans avec le fabricant tchèque de munition de petit calibre Sellier & Bellot, pour la fourniture de poudres de haute performance. Là aussi, cette collaboration vise à répondre à la demande croissante de munitions de petit calibre en Europe et au sein de l’OTAN, y compris les calibres militaires tels que le 5.56 et le 7.62, ainsi que les munitions de 9 mm pour la police et les forces de l’ordre, ainsi que pour les applications sportives et de chasse. Les poudres seront fabriquées dans les installations d’Eurenco en Belgique dont la première du chantier de son extension afin de doubler sa capacité de production d’ici un an a eu lieu le 4 juillet dernier. Un partenariat qui constitue « une étape stratégique pour garantir une chaîne d’approvisionnement fiable pour notre production » assure Vladimír Rada, PDG de Sellier & Bellot.
Les entreprises vauclusiennes prennent leur envol au salon du Bourget
Deux sociétés vauclusiennes font partie des 36 entreprises régionales accompagnées par la Région Sud lors du dernier Salon international de l’aéronautique et de l’espace international du Bourget. A cette occasion, les avignonnais Leeft et Easycube ont pu s’installer sur un pavillon de 400m² mettant en avant les filières d’excellence des industries de l’aéronautique et de la défense en Provence-Alpes-Côte d’Azur. De son côté, le Sorguais Eurenco a aussi profité de l’événement pour renforcer son partenariat avec le groupe suédois Saab. Objectif : doubler rapidement la capacité de production actuelle d’explosifs à base d’octogène.
« Au Salon du Bourget, la Région Sud a affirmé sa place dans l’excellence aéronautique et spatiale française », se félicite Renaud Muselier, président du Conseil régionale de Provence-Alpes-Côte d’Azur. « Territoire stratégique, notre région accueille des fleurons industriels, des centres de recherche de pointe, des bases militaires d’envergure et un vivier de compétences unique », poursuit celui qui est à la tête de la région française disposant des plus importants effectifs (47 800 personnels militaires) ainsi que de la plus forte occupation foncière du territoire national.
« Favoriser l’essor de nos pépites, en France ou à l’international. »
Bernard Kleynhoff, président de Rising SUD
« En région Sud, l’aéronautique et le spatial forment la première filière industrielle, avec un écosystème riche de petites, moyennes et très grandes entreprises qui emploient plus de 25 000 personnes », confirme Bernard Kleynhoff, président de Rising SUD, l’agence de développement économique de la Région et également conseiller régional président de la commission développement économique et digital, industrie, export, attractivité, cybersécurité. Afin de faire la promotion de cette filière au Bourget 2025, la Région Sud, le pôle de compétitivité Safe et Rising SUD ont donc accompagné 36 exposants, parmi lesquels 31 entreprises, dont 7 start-ups. Du 16 au 22 juin dernier, ces dernières ont ainsi pu prendre possession du pavillon de la Région qui s’étendait sur 400 m². « Notre objectif ? Mettre en lumière leur savoir-faire mais aussi les atouts d’une région qui a fait de la défense et des industries du futur de vraies filières d’excellence. Notre ambition ? Favoriser l’essor de nos pépites, en France ou à l’international, et identifier de nouveaux projets créateurs de valeur et d’emplois pour le Sud », insiste Bernard Kleynhoff.
L’ensemble de la délégation des 36 exposants régionaux ayant pris possession du pavillon de la Région SUD. Crédit photo : Yann Bouvier
Easycube et Leeft représentent le Vaucluse Deux entreprises avignonnaises figurent dans cette délégation : Easycube, et Leeft. Filiale du groupe Dreyer, qui vient d’inaugurer son nouveau siège social dans la zone d’activités d’Agroparc, Easycube est spécialisée dans la construction de bâtiments hors site et le déploiement de solutions modulaires dans le monde entier. « Nous opérons à l’international depuis 2010 avec une forte expérience terrain à travers le continent Africain et les îles, explique Easycub. Les bâtiments que nous réalisons sont projetables et permettent ainsi d’opérer en toute sécurité dans les zones d’opérations les plus hostiles. Lorsque l’accès nous est impossible, nous réalisons des formations à distance pour garantir la simplicité de montage de nos constructions en kit. Nos installations modulaires offrent une solution complète et adaptable, que ce soit pour des opérations de défense, des bases de vie, des restaurants, des logements ou des espaces de stockage sensible. »
Crédit : Easycube Linkedin/DRCrédit : Leeft Linkedin/DR
Pour sa part, la société Leeft (anciennement Elysium) a aussi choisi Avignon pour développer son projet de transport médical par drone. « Nous sommes fiers de représenter l’innovation en logistique médicale par drone au pavillon de la Région Sud-Provence-Alpes-Côte d’Azur en partenariat avec le pôle Safe, précisent les responsables de l’entreprise. Leeft est une entreprise dont la mission est de mettre la technologie au service de la santé. Elle révolutionne la logistique médicale grâce aux drones autonomes. Nous concevons des solutions innovantes pour le transport critique inter-hôpitaux, optimisant la rapidité et la fiabilité des livraisons d’organes, de sang ou de médicaments. Notre mission : mettre la technologie au service de la santé. » « Avec l’action des pouvoirs publics, la Région Sud en tête, tout est mis en œuvre pour bâtir un écosystème à la pointe, composé des industriels, des forces armées et des talents qui façonnent l’avenir de l’aéronautique et du spatial », résumait Renaud Muselier pour mettre en lumière le travail de développement de la filière de la région dont il a la présidence.
Eurenco renforce son partenariat avec Saab En parallèle de la délégation régionale, le Sorguais Eurenco était également présent à cette édition 2025 du Salon international de l’aéronautique et de l’espace international du Bourget. A cette occasion, l’entreprise vauclusienne figurant au top 10 des leaders régionaux de l’innovation en 2024, a signé un accord de renforcement de son partenariat avec le groupe suédois Saab. Il va permettre à Eurenco d’investir dans une augmentation significative de sa capacité de production de poudres à double base et d’explosifs à base d’octogène, qui sont essentiels pour le portefeuille de combat terrestre de Saab. Ce projet stratégique est financé conjointement par la société vauclusienne, Saab et le programme européen ASAP (Act in support of ammunition production). Il permettra de doubler la capacité de production actuelle de ces composants énergétiques d’ici 2027.
Thierry Francou, PDG d’Eurenco (à gauche), et Görgen Johansson, directeur de Saab Dynamics. Crédit : Eurenco/DR
« Ce renforcement de nos capacités industrielles illustre l’engagement commun d’Eurenco et de Saab à sécuriser les chaînes d’approvisionnement critiques, à soutenir l’autonomie stratégique européenne et à répondre durablement aux besoins opérationnels de nos clients », précise Thierry Francou, PDG d’Eurenco qui vient de se doter d’une toute nouvelle station de traitement biologique des rejets liquides. Un ouvrage de 7 000 m3 de bassins représentant un investissement de 14M€ pour le leader européen des explosifs, propulseurs et combustibles militaires.
L.G. avec l’aide d’Enzo Féraud
Le Sorguais Eurenco rachète Thiot Ingenierie
La société sorguaise Eurenco vient d’annoncer l’acquisition de Thiot Ingenierie. Un rachat qui permet au groupe vauclusien de renforcer son expertise dans le domaine de la dynamique rapide et de la physique des chocs.
Le groupe Eurenco, leader européen des matériaux énergétiques pour la défense et la sécurité, vient d’acquérir l’acquisition de Thiot Ingénierie. Cette entreprise basée à Puybrun dans le Lot est spécialisée dans les technologies d’impact, les essais balistiques et l’ingénierie des matériaux. Cette acquisition s’inscrit dans la stratégie d’Eurenco, dont le siège social se trouve à Sorgues, visant à élargir son portefeuille d’activités en matière d’ingénierie balistique et à diversifier ses capacités d’innovation dans les technologies de pointe pour la défense, l’aérospatiale et la sécurité. Cette acquisition permet à Eurenco de renforcer son expertise dans le domaine des chocs avec des capacités uniques en essais d’impact hypervéloces et simulation de comportement des matériaux sous contraintes extrêmes.
« Nous sommes ravis d’accueillir Thiot Ingénierie au sein de notre groupe, explique Thierry Francou, président-directeur général d’Eurenco qui figurent notamment dans le top 10 régional des leaders de l’innovation 2024. Cette acquisition stratégique reflète notre engagement à innover et à renforcer nos compétences dans les technologies critiques pour nos clients, tout en consolidant notre position de leader des matériaux énergétiques pour la défense. »
Les activités de Thiot Ingénierie se répartissent dans trois domaines :
• Fourniture de machines spéciales ‘d’autofrettage’ de tubes d’artillerie et de char, avec une réputation de spécialiste sur un marché de niche technologique.
• Fourniture de bancs d’essais pour tests d’impact à haute vitesse et caractérisation dynamique des matériaux, incluant chambres de détonation et canons à gaz de laboratoire.
• Fourniture d’expertise en comportement sous choc de matériaux et de structures, inertes ou réactifs, comportant des essais d’impact, des essais de caractérisation, et la simulation numérique associée.
Elle réalise aujourd’hui 70% de son chiffre d’affaires à l’export et trois quarts de son activité est tournée vers le domaine de la Défense. Elle compte parmi ses clients de grands noms de l’industrie comme Airbus, Hyundai, Leonardo, le Commissariat à l’Energie Atomique (CEA), ou encore MBDA, Junghans, et Safran. « La transmission de notre entreprise au groupe Eurenco est justifiée par les synergies technologiques et organisationnelles qui ont d’ores et déjà été envisagées entre les deux entreprises, complète Patrick Thiot, fondateur et PDG Thiot Ingénierie. Nous sommes fiers d’intégrer Eurenco qui consolidera la pérennité de notre entreprise par une activité soutenue de recherche en pyrotechnie, et plus généralement sur l’ensemble de ses métiers en lien avec la physique des chocs. »
Sorgues : la société Eurenco en plein ‘boum’ pour ses 20 ans
Eurenco vient de fêter ses 20 ans* et les a bien célébrés en signant deux partenariats lors de l’édition 2024 d’Eurosatory qui vient de s’achever à Paris.
Après avoir signé un accord de partenariat jusqu’en 2030 avec le groupe Thales, la société sorguaise Eurenco vient de renforcer ses liens historiques avec Saab. Cette consolidation s’est faite au parc des expositions Paris-Villepinte ce 21 juin. Saab, groupe leader dans le domaine de la défense et de la sécurité, développe des systèmes avancés de défense, de sécurité et de gestion du trafic aérien et maritime. Cette collaboration à long terme assure la fourniture de poudres propulsives et d’explosifs, avec des premières commandes déjà effectuées et prévues jusqu’en 2028. Par ailleurs, Eurenco, fournisseur de matériaux énergétiques de haute qualité pour Saab depuis plus de 40 ans, a signé un nouveau contrat pour les poudres et explosifs des munitions antichars Carl-Gustaf et AT4. Ce contrat devrait permettre de renforcer la capacité défensive de nombreux pays et illustre la confiance mutuelle entre Eurenco et Saab.
« Ce nouveau contrat important est bien plus qu’une transaction commerciale, c’est la nouvelle étape de notre partenariat solide entre Eurenco et Saab. Nous sommes honorés de poursuivre notre collaboration avec Saab, une entreprise qui partage nos valeurs d’excellence et de fiabilité » explique Thierry Francou, PDG d’Eurenco. Durant ce salon, l’entreprise vauclusienne a notamment présenté sa gamme de produits et de munitions pour lance-roquettes.
Autre bonne nouvelle pour le développement des activités d’Eurenco, le canon Caesar produit par KNDS est désormais le système d’artillerie européen le plus exporté. En effet, Eurenco intervient dans la fabrication des éléments constituants une partie des obus destinés à ces fameux canons automoteurs s’illustrant actuellement entre les mains des artilleurs ukrainiens dans le cadre du conflit avec la Russie.
Sarah Ripert (stagiaire) & L.G.
*Eurenco est née le 22 janvier 2004 de la fusion entre SNPE Explosifs & Propulseurs et Nexplo, deux acteurs historiques du secteur de la défense.
Berto, KP1 et Eurenco dans le top 10 régional des leaders de l’innovation 2024
Ainsi, l’avignonnais KP1, qui figurait déjà sur le podium de l’année précédente (3e), se classe en 83e position de ce classement destiné à établir les contours « de l’innovation made in France pour mieux en sentir les lignes de force, les secteurs et entreprises championnes de la R&D, de la créativité technologique ou servicielle. » Le spécialiste français de la préfabrication et la poutrelle en béton précontraint, qui a inauguré l’an dernier son nouveau siège social dans le quartier de Saint-Chamand, apparaît en 5e position au niveau régional. L’entreprise, qui a vu le jour il y a plus de 60 ans à Pujaut, consacre entre 2% et 3% de son chiffre d’affaires annuel à la R&D (Recherche et développement).
Particulièrement mobilisée pour décarboner sa production, KP1, dirigé depuis 2021 par Vincent Linchet, a notamment déposé près d’une centaine de brevets dans les domaines de la résistance mécanique, de la conformité aux réglementations sismiques et thermiques, des grandes portées… En 2022, la société, qui regroupe 1 700 collaborateurs répartis dans une quarantaine de sites en France a réalisé un chiffre d’affaires de 330M€.
Dans ce classement national dominé par l’éditeur de logiciel Lex persona basé dans l’Yonne, la seconde entreprise vauclusienne à apparaître est Eurenco (99e position nationale et 7e position régonale). Implantée à Sorgues, elle a, elle-aussi, inauguré son siège social l’an dernier après l’avoir transféré dans le département depuis Massy en région parisienne. Leader européen des poudres et explosifs, le groupe dirigé par Thierry Francou est spécialisé dans la fabrication d’explosifs et d’additifs pour carburants destinés aux marchés civils et de la défense. La société intervient notamment dans la production des obus destinés aux canons Caesar qui s’illustrent actuellement aux mains des artilleurs ukrainiens dans le conflit avec la Russie.
Le groupe, qui recrute activement, s’est également associé à la CCI de Vaucluse afin d’ouvrir depuis novembre dernier une formation pyrotechnie sur le campus consulaire d’Avignon. Installée aussi à Bergerac, en Belgique et en Suède, Eurenco emploie plus de 1 200 personnes pour un chiffre d’affaires en hausse de +30% en 2022 et espère atteindre 600M€ d’ici 2025.
Enfin, c’est l’entreprise avignonnaise Berto, leader français de la location de véhicules industriels avec conducteurs, qui clôture cet excellent millésime 2024 pour l’innovation en Vaucluse. Le groupe implanté dans la zone de Courtine est classé 165e au niveau national (9e en Paca) du palmarès Les Echos.
Aujourd’hui dirigé par Adrien Berto, qui a repris les rênes de l’entreprise familiale en devenant président du directoire de Berto depuis l’automne dernier, la société créée en 1963 vient de célébrer son 60e anniversaire. Le nouveau dirigeant, qui représente la 3e génération de la famille, a d’ailleurs été aussi désigné lauréat 2023 du prestigieux classement ‘Choiseul Sud’ de l’Institut Choiseul distinguant « les jeunes leaders économiques qui contribuent activement au dynamisme et à l’attractivité de la région sud de la France ».
Berto compte 5 100 collaborateurs, dont 4 100 conducteurs, et dispose de 15 000 véhicules proposé dans 82 implantations à travers le monde. L’entreprise avignonnaise devrait réaliser un chiffre d’affaires prévisionnel 2023 de l’ordre de 510M€.