5 novembre 2026 |

Ecrit par le 5 novembre 2026

La préfecture de Vaucluse accélère l’expulsion des dealers de leurs logements sociaux

Thierry Suquet, le préfet de Vaucluse avait été particulièrement clair ces derniers mois : ses services et les bailleurs sociaux seraient fortement mobilisés en matière d’expulsions locatives pour trafic de stupéfiants et troubles de voisinage.
Les premiers résultats viennent de tomber puisque la préfecture vient d’annoncer 5 expulsions locatives pour trafic de stupéfiants et troubles de voisinage depuis le début de l’année 2026.

Parmi ces personnes, expliquent les services de l’Etat dans le département,  « une expulsion locative pour un individu qui utilisait son logement social pour le stockage de plus de 3,5kg de stupéfiants et de 12 000€ liés à la vente de drogue. Le logement n’était pas habité, et était exclusivement occupé comme base arrière pour le trafic de stupéfiants ».

Autre cas : une expulsion locative pour un individu qui utilisait son logement comme un point d’appui logistique à proximité immédiate d’un point de deal. Le logement servait pour le stockage et le transit des stupéfiants, avec des mouvements réguliers.

Les logements ne sont pas les seuls concernés puisqu’une expulsion a été aussi menée dans une épicerie suite à la découverte d’importantes quantités de stupéfiants. « De nombreux rassemblements étaient régulièrement observés aux abords de l’épicerie, indique la préfecture. Des personnes impliquées dans le trafic de stupéfiants étaient également présentes à l’intérieur et devant l’établissement. »

Une vingtaine d’autres dossiers d’expulsion en cours
« Ces résultats permettent d’apporter une réponse concrète à des situations préoccupantes qui affectent la sécurité des quartiers : éloigner ceux qui mettent leurs appartements à la disposition du trafic, et éviter que ces individus bénéficient de la solidarité nationale, rappelle la préfecture de Vaucluse. Ils ont été rendus possibles par l’étroite coordination des différents acteurs : préfecture, services de police et de gendarmerie, tribunaux judiciaires et bailleurs sociaux. Ils le sont également grâce à la loi contre le narcotrafic du 15 juin 2025, qui facilite l’expulsion des locataires impliqués dans un trafic de stupéfiants. Ce travail porte ses fruits avec une vingtaine de dossiers d’expulsion actuellement suivis dans de nombreuses communes du département : Apt, Avignon, Carpentras, Orange et Sorgues. »

L.G.


Gendarmerie : coup de filet anti-stup entre Châteaurenard et Saint-Rémy

Le 31 mars dernier, la compagnie de gendarmerie d’Arles a mené un opération d’envergure ayant permis de heurter un réseau structuré de narco-livraison actif sur le Nord des Alpilles.

115 militaires dont sept pelotons de surveillance et d’intervention ont été mobilisés à la fin du mois de mars pour une opération anti-drogue sur le territoire des Alpilles, afin de percuter un réseau de narco-livreurs, actif depuis plusieurs mois, qui alimentait notamment les communes de Saint-Rémy-de-Provence, Eyragues et Châteaurenard en cocaïne et cannabis.

Ainsi, l’opération a permis l’interpellation de huit individus impliqués dans ce trafic et la convocation de près de 50 consommateurs identifiés. Au total, ce sont 2 kg de cannabis, de cocaïne et d’ecstasy qui ont été saisis, ainsi que six véhicules, de nombreux articles contrefaits de grandes marques de luxe et de près de 55 000 euros d’avoirs criminels.

Les six véhicules saisis. DR

Présentés en comparution immédiate devant le tribunal judiciaire de Tarascon, les trois principaux organisateurs ont été placés en détention provisoire dans l’attente de leur jugement. Les cinq autres mis en cause ont été directement convoqués en justice par officier de police judiciaire pour répondre de faits de trafic de stupéfiants, de contrefaçon et de blanchiment d’argent.


Délinquance, le Vaucluse sous tension

Entre recul des cambriolages et intensification du narcotrafic, la sécurité publique en Vaucluse révèle un territoire confronté à des mutations profondes de la délinquance, sur fond de mobilisation accrue de l’État.

Le bilan 2025 dressé par Thierry Suquet, préfet de Vaucluse, esquisse une réalité complexe, faite de progrès tangibles et de tensions persistantes. Derrière les indicateurs globaux, une ligne de fracture apparaît nettement : la délinquance se transforme, se spécialise et, parfois, se durcit. Si certaines infractions reculent, à commencer par les cambriolages, d’autres connaissent une progression préoccupante, notamment les violences aux personnes et les trafics de stupéfiants, désormais au cœur des priorités des autorités.  

Narcotrafic : une lutte devenue centrale
C’est sans conteste le marqueur le plus structurant de l’année 2025. Le narcotrafic s’impose comme une problématique majeure, qualifiée de ‘décomplexée’ par les autorités judiciaires, tant son emprise sur certains territoires et publics s’intensifie. Les chiffres traduisent d’ailleurs cette mobilisation : 4 653 infractions liées aux stupéfiants constatées ; 19 points de deal recensés, contre 30 en 2024 et 66 en 2022 ; 364 armes saisies, en hausse de 11,7% et 11 points de deal démantelés en 2025.

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Baisse des points de deal
La baisse spectaculaire du nombre de points de deal constitue un signal fort, fruit d’une stratégie offensive combinant actions judiciaires, fermetures administratives et nouveaux outils législatifs issus de la loi contre le narcotrafic adoptée en 2025. Mais cette pression accrue s’accompagne d’une adaptation des réseaux, plus diffus, plus mobiles, et parfois davantage ancrés dans des logiques numériques ou d’ubérisation du trafic.

Violences aux personnes : une progression préoccupante
Autre indicateur majeur : les atteintes volontaires à l’intégrité physique poursuivent leur progression. En 2025, 7 420 faits de violences physiques ont été enregistrés, soit une hausse de 2,9%. Les violences intrafamiliales, en particulier, explosent avec 1 946 interventions des forces de sécurité, en hausse de 32,5% et 3 842 plaintes de femmes majeures, en augmentation de 7,2%. Les femmes demeurent les premières victimes : elles représentent 88% des victimes de viols ou tentatives et 85% des violences sexuelles. C’est toute une organisation qui se renforce, avec des dispositifs d’accompagnement, des outils judiciaires spécialisés et une mobilisation accrue des associations.

Atteintes aux biens : une baisse encourageante
À l’inverse, les atteintes aux biens enregistrent une amélioration notable : 3 124 cambriolages en 2025, soit une baisse de 9,6% et 16 200 faits de vols et cambriolages au total. Cette évolution, cohérente avec la tendance nationale, traduit l’efficacité des dispositifs de prévention et de présence sur le terrain, même si certains segments, comme les vols simples qui restent orientés à la hausse.  

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Insécurité routière : une accalmie relative
Sur le front routier, les indicateurs sont en légère amélioration avec 576 accidents en 2025 (-5%); 35 morts (-15%) et 736 blessés (-6%). Mais cette baisse masque une réalité préoccupante : les deux-roues motorisés, bien que minoritaires, concentrent 31% de la mortalité routière. La sécurité routière reste ainsi un enjeu majeur, mobilisant plus de 126 actions de prévention sur l’année.  

Fermeté administrative et pression migratoire
L’année 2025 se distingue également par un recours accru aux outils administratifs : 80 fermetures administratives de commerces, soit un triplement en trois ans ; 141 procédures engagées et +56% de fermetures liées au tabac illicite. Parallèlement, la lutte contre l’immigration irrégulière s’intensifie avec 1 069 interpellations (+28%), 1 255 mesures d’éloignement (+41%) et 193 expulsions, dont plusieurs profils sensibles. Ces chiffres traduisent une volonté de fermeté, notamment à l’égard des individus considérés comme menaçant l’ordre public.  

Une délinquance qui se reconfigure
C’est la nature même de la délinquance qui évolue. Plus structurée, plus mobile, parfois plus violente, elle s’inscrit dans des logiques économiques et territoriales. La montée des violences liées aux trafics, l’implication croissante des mineurs, ou encore l’essor des fraudes financières avec près de 4,8M€ détectés par la Caisse d’Allocations Familiales, illustrent cette mutation.  

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Maintenir la pression
Face à ces enjeux, les autorités entendent poursuivre et amplifier leur action. Trois priorités structurent désormais l’action publique : La lutte contre le narcotrafic, la prévention des violences intrafamiliales et la réduction des cambriolages. À cela s’ajoutent la lutte contre la radicalisation avec 49 réunions du groupe d’évaluation départemental et la sécurisation des grands événements.  En effet, depuis 2014, chaque préfet a constitué dans son département un groupe d’évaluation départemental de la radicalisation islamiste (GED) afin d’organiser le décloisonnement interservices de l’information et de structurer les échanges entre les instances départementales et nationales

Un territoire sous vigilance
Le bilan 2025 du Vaucluse ne se résume ni à une dégradation ni à une amélioration nette. Il révèle un territoire sous tension, où les efforts des forces de l’ordre produisent des résultats tangibles, mais où les phénomènes criminels se recomposent en permanence. Une équation délicate, où la sécurité ne se joue plus seulement sur le terrain, mais aussi dans la capacité à anticiper, coordonner et comprendre des formes de délinquance en constante mutation.

Les chiffres clés 2025
Près de 4,8M€ de fraudes détectées par la CAF ; 34 653 infractions liées aux stupéfiants recensées, avec 19 points de deal actifs (contre 66 en 2022) ; 16 200 atteintes aux biens enregistrées ; 7 420 faits de violences physiques, dont 1 946 interventions pour violences intrafamiliales (+32,5%) ; 3 842 plaintes de femmes majeures pour violences (+7,2%) ; 3 124 cambriolages, en baisse de 9,6% ; 1 255 mesures d’éloignement (+41%) ; 1 069 interpellations d’étrangers en situation irrégulière (+28%) ; 576 accidents de la route, dont 35 morts et 736 blessés ; 80 fermetures administratives de commerces (x3 en trois ans) ; 
Mireille Hurlin

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Jacques Witkowski : un nouveau préfet pour lutter contre le narcotrafic en Paca

Préfet du Bas-Rhin et de la région Grand-Est depuis octobre 2024, Jacques Witkowski vient d’être nommé préfet des Bouches-du-Rhône par le Président de la République. A ce titre, cet ancien gendarme sera également préfet de l’ensemble de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur ainsi que de la zone de défense et de sécurité Sud.

Succédant à Georges-François Leclerc qui a pris la direction du cabinet du président de la République à la fin du mois dernier, Jacques Witkowski est né le 21 janvier 1963 au Creusot en Saône-et-Loire.

Titulaire d’un DEUG de droit et diplômé de l’ESM (Ecole spéciale militaire) de Saint-Cyr ainsi que de l’État-major de la gendarmerie nationale, le nouveau préfet de la région Sud a été successivement préfet de Mayotte en 2013, de la Manche (2016), de l’Hérault (2019) et de Seine-Saint-Denis (2021). Durant cette période, il a également notamment occupé les fonctions de préfet hors cadre, directeur de cabinet de la ministre des outre-mer en 2014 ou bien encore directeur général de la sécurité civile et de la gestion des crises à l’administration centrale du ministère de l’intérieur en 2017.

Particulièrement actif dans la lutte contre le narcotrafic, le nouveau préfet de la région Paca est réputé pour sa fermeté (voir vidéo ci-dessous). C’est notamment pour ces raisons que Jacques Witkowski a été choisi afin de mener cette bataille sur Marseille ainsi que l’ensemble de la région.

Jacques Witkowski évoque la lutte contre le trafic de stupéfiants chez nos confrères de BFM Alsace le 20 février dernier




La fin de cavale de Mohamed Amra, dit “la mouche“ vue par Wingz pour l’Echo du Mardi


(Vidéo) Trafic de stupéfiants à Avignon : Fusillades à La Barbière et Saint-Chamand

«Trois fusillades en deux jours dans les quartiers de La Barbière et de Saint-Chamand à Avignon ont entraîné un décès et blessé cinq individus, sur fond de règlements de comptes probablement liés au trafic de stupéfiants, » a relaté Thierry Suquet, préfet de Vaucluse.»

Photo archives facebook, Police nationale 84

Les faits
«Lundi 17 février, à 19h, plusieurs coups de feu ont été tirés dans le quartier de la Barbière, à Avignon, entraînant le décès d’un individu. Un second, gravement blessé, a été pris en charge par les secours. Cet évènement fait suite à deux fusillades perpétrées dans la nuit du samedi 15 au dimanche 16 février dans les quartiers de la Barbière et de Saint-Chamand, qui ont blessé quatre individus.»

Une unité de forces mobiles en renfort
«Le département de Vaucluse bénéficie depuis mardi 18 février, du déploiement d’une unité de forces mobiles à Avignon, en renfort des unités locales. La sécurisation des lieux se poursuivra aussi longtemps que nécessaire afin de garantir le retour au calme dans ces quartiers et assurer l’interpellation des délinquants impliqués dans ces fusillades.»  

Ce jeudi 13 février, les policiers de Vaucluse, appuyés par la CRS 81, ont frappé fort dans le quartier de La Reine Jeanne à Avignon. Objectif : mettre un coup d’arrêt au trafic de drogue. Mission accomplie avec l’arrestation de deux individus grâce au flair des chiens détecteurs de stupéfiants et au travail des policiers. Bilan des saisies : 577 g de cocaïne, 460 g de résine de cannabis, 25,76 g d’herbe de cannabis, 610 € en espèces Copyright facebook Police Nationale de Vaucluse

Les services de Police et de gendarmerie
«En 2024, les services de police et de gendarmerie ont saisi 319 armes en 2024, et la préfecture a réalisé 300 dessaisissements d’armes à feu non autorisées –multiplication par 3 par rapport à 2023-.»

Restauration de la sécurité au quotidien
«À la demande du ministre de l’Intérieur, la préfecture et les forces de sécurité intérieure travaillent depuis plusieurs semaines à l’élaboration d’un Plan d’action départemental de restauration de la sécurité du quotidien, qui sera présenté le vendredi 21 février 2025 par Monsieur le préfet de Vaucluse. Ce plan s’articule autour de plusieurs axes d’intervention précis et vise à obtenir des résultats concrets sur la sécurité et le recul de la délinquance. La lutte contre le trafic de stupéfiants et contre les multiples nuisances qu’il génère constitue ainsi un objectif prioritaire du plan vauclusien.» Ce plan sera dévoilé le 21 février.

Cécile Helle, maire d’Avignon avait également réagi à ces fusillades successives demandant à Bruno Retailleau, le ministre de l’Intérieur, une mobilisation à demeure des Forces de sécurité  dans les quartiers de la ville d’Avignon touchés par l’insécurité liée au trafic de drogues afin de ramener, chez les habitants, sécurité, sérénité et confiance.»
MMH & LG


Réactions en chaine après l’incendie volontaire au commissariat de Cavaillon

Ministre, préfet, maire, sénateur… l’incendie cette nuit de plusieurs véhicules de la police nationale devant le commissariat de Cavaillon a entraîné une succession de réaction condamnant cet acte qualifié de ‘représailles’ de la part des narcotraficants locaux.

« Cette nuit vers 5h du matin, plusieurs individus ont incendié les véhicules de police stationnés devant le commissariat de Cavaillon, a précisé cet après-midi Thierry Suquet, le préfet de Vaucluse. Quatre véhicules de police ont été détruits par le feu. L’incendie s’est propagé sur la façade du commissariat et sur un commerce attenant. Grâce à l’intervention rapide des pompiers, le feu a pu être rapidement circonscrit. La façade du commissariat a été endommagée et l’immeuble enfumé, néanmoins les dégâts à l’intérieur sont relativement mineurs. Aucun des trois fonctionnaires présents dans le commissariat n’a été blessé. Cinq autres individus qui étaient en garde à vue dans les geôles du commissariat ont été transférés à l’hôtel de police d’Avignon. Une famille a dû évacuer son domicile du fait des fumées, mais a pu le réintégrer dans la matinée. »

« Ces événements survenus renforcent la détermination des services de l’État à éradiquer le trafic de stupéfiants à Cavaillon. »

Thierry Suquet, préfet de Vaucluse

L’intensification de la lutte contre les narcotrafics à l’origine de cette attaque ?
« Cet événement, complète le préfet de Vaucluse, survient alors que la police mène en ce moment des actions particulièrement offensives à l’encontre du trafic de stupéfiant, avec une opération ‘place nette’ qui s’est déroulée il y a quelques jours, 25 interpellations, 6 kilos de cocaïne et 15 kilos de cannabis saisies depuis début septembre. Les évènements survenus tôt ce matin renforcent la détermination des services de l’État à éradiquer le trafic de stupéfiants et à rendre aux habitants de Cavaillon la tranquillité publique à laquelle ils ont droit. Ces agissements n’entraveront en rien l’action des services. »
« Ainsi, rappelle Thierry Suquet, alors même que ces évènements survenaient, la police était en action pour démanteler un squat proche de l’avenue de la Libération, dont les liens avec le trafic de stupéfiants sont avérés. »
Pour conclure, le représentant de l’Etat en Vaucluse insiste : « Dès cette fin de matinée, le commissariat a repris une partie de ses activités. »

Même indignation pour Gérard Daudet, le maire de Cavaillon qui « condamne avec fermeté ces actes inacceptables et apporte bien évidemment tout mon soutien aux forces de l’ordre qui au quotidien sont sur le terrain, ainsi qu’au commerçant et familles impactées. Je laisse les enquêteurs effectuer leur travail pour retrouver les auteurs que la justice devra condamner sévèrement. »

« Je ne baisserai pas les bras face à la violence et face au trafic de drogue. »

Gérard Daudet, maire de Cavaillon

Recrutement de 3 policiers municipaux supplémentaires
« Ces événements surviennent alors que les forces de police intensifient leurs efforts pour combattre le trafic de stupéfiants à Cavaillon, efforts qui ont déjà permis des saisies importantes de drogue et plusieurs interpellations, confirme l’élu cavare. Ma détermination à éradiquer la criminalité aux côtés de notre police nationale ne faiblira pas. Lors de mon échange avec le ministre de l’Intérieur, j’ai eu la confirmation que les actions de la police vont continuer à se multiplier en ce sens. »

« Dès ce matin, en lien avec la préfecture et les services de police, un squat en sortie de ville était évacué. Je ne baisserai pas les bras face à la violence et face au trafic de drogue, » conclut Gérard Daudet qui rappelle également qu’il a engagé depuis plusieurs semaines déjà « le recrutement de trois agents supplémentaires pour la Police municipale et renforcé la présence policière en centre-ville afin de lutter plus efficacement encore contre l’insécurité et les incivilités. »

« Frapper fort, résister et tenir debout face aux représailles ! »

Jean-Baptiste Blanc, sénateur de Vaucluse

Pour sa part, le sénateur de Vaucluse Jean-Baptiste Blanc insiste sur sa volonté de « Frapper fort, résister et tenir debout face aux représailles » dans le cadre de la lutte contre le trafic de drogue à Cavaillon.
Le parlementaire poursuit : « L’incendie criminel de cette nuit ne fera que renforcer collectivement notre détermination. En tant que Sénateur de ce territoire, je tiens à réaffirmer ici mon soutien inconditionnel aux forces de l’ordre, aux autorités locales et à tous ceux qui s’impliquent quotidiennement dans cette lutte difficile. Nous mènerons cette bataille sans relâche, car nous avons la responsabilité de protéger nos concitoyens et de restaurer l’ordre républicain à Cavaillon. »

Il y a quelques jours, la police nationale a procédé à 9 interpellations à Cavaillon. Cette vaste opération de lutte contre les trafics de stupéfiants a permis la saisie de 3kg de cocaïne, 2,5kg de cannabis et des armes. Crédit : Police nationale/Facebook/DR

Jusqu’à 20 ans de prison pour ces actes criminels ?
« Je tiens à saluer l’engagement sans faille de Gérard Daudet, maire de Cavaillon, des élus, de la police nationale et police municipale, ainsi que des services de l’Etat, poursuit Jean-Baptiste Blanc. Ensemble, ils mènent avec détermination une bataille essentielle pour restaurer la sécurité et la sérénité dans Cavaillon. Ces représailles démontrent que nos actions touchent là où ça fait mal. Nous continuerons le combat, avec force et persévérance, aux côtés de tous ceux qui refusent de laisser notre ville aux mains des trafiquants. La justice sera rendue. Une enquête a été immédiatement ouverte par la police judiciaire, sous l’autorité de la procureure de la République d’Avignon. Les auteurs de cet acte criminel, qualifié de ‘destruction par moyens dangereux’, encourent jusqu’à 20 ans de prison. »

« Une attaque contre nos institutions. »

Bruno Retailleau, ministre de l’Intérieur 

Enfin pour Bruno Retailleau, le ministre de l’Intérieur : « L’Etat ne se laissera pas intimider et nous allons intensifier notre lutte contre le narco-banditisme. Je placerai la lutte contre le crime organisé au centre de mes préoccupations parce qu’il constitue une attaque contre nos institutions ».
Le ministre de l’Intérieur, qui a demandé à Nicolas Daragon, son ministre délégué à la sécurité, de se rendre sur place, a aussi confirmé l’envoi d’une unité de forces mobiles de la CRS 81 afin de renforcer soutenir l’action de sécurisation de la police. Plus particulièrement dans la cité du Dr Ayme, mais aussi dans les autres cités de Cavaillon.


La Gendarmerie fait place nette en Vaucluse

Dans la cadre d’une mission ‘Place nette’, la Gendarmerie de Vaucluse a conduit de multiples opérations au sein du département entre le lundi 27 et le jeudi 30 mai.

Les opérations ‘Place nette’ réalisées par la Gendarmerie de Vaucluse entre le 27 et le 30 mai ont visé un large spectre d’infractions et de criminalité, notamment celles qui sont liées au narcotrafic. Opérations judiciaires, contrôles des flux routiers et autoroutiers, opérations de sécurisation des transports dans les TER, contrôle des bateaux sur le Rhône, contrôles dans les cités et démantèlements de points de deals, opérations de lutte contre le travail illégal, des opérations de recherche de fugitifs, et bien d’autres interventions ont eu lieu durant ces quatre jours.

Pour mener à bien ces opérations, près de 400 militaires ont été engagés, dont six pelotons de surveillance et d’intervention (PSIG), un peloton spécialisé de protection de la gendarmerie (PSPG), un détachement de surveillance et d’intervention d’appui (de réservistes), une trentaine d’enquêteurs d’unités de recherches, ainsi qu’une douzaine d’équipes cynophiles.

En tout, 23 délinquants ont été interpellés et 10 perquisitions ont été réalisées. Les nombreuses opérations ont donc permis de saisir 16 armes, 13 kg de cannabis et 600 g de cocaïne, ainsi que 15 véhicules et 12 000€ en numéraire.


Trafic de drogue : un marché estimé à 3 milliards d’euros en France

La hausse du trafic de drogue en France ces dernières années, en particulier de cocaïne, engendre une flambée des violences sur le territoire. L’année 2023 a ainsi été marquée par un triste record : pas moins de 315 faits d’homicides liés au narcotrafic (dont tentatives) ont été recensés, soit un bond de près de 60 % par rapport à 2022. Selon les plus récentes estimations disponibles (Insee et OFDT), le marché des stupéfiants génère environ 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires par an, pour 5 millions de consommateurs réguliers de cannabis et 600 000 de cocaïne, les deux drogues illicites les plus consommées dans le pays. En parallèle, l’office anti-stupéfiants (OFAST) estime que 240 000 personnes vivent directement ou indirectement du trafic de drogue, dont 21 000 à temps plein. 

« L’augmentation de la violence liée à la drogue est générale en Europe », observe Alexis Goosdeel, le directeur de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT), dans une interview accordée ce mois-ci à Euronews. Du fait de l’augmentation de la quantité de drogues disponibles et de la diversification de l’offre, les narcotrafiquants font face à une concurrence accrue pour écouler leurs produits, ce qui entraîne une hausse du niveau des violences dans le milieu. En Europe, la plupart des homicides associés au grand banditisme et à la criminalité organisée sont liés au trafic de stupéfiants.

Dans l’objectif, entre autres, d’enrayer la criminalité organisée ainsi que l’ampleur prise par le marché noir des drogues, l’Allemagne a adopté une loi légalisant l’usage récréatif du cannabis à compter du 1ᵉʳ avril 2024. D’autres pays européens planchent également sur des projets de légalisation de cette drogue dite « douce », qui reste de loin la plus consommée en Europe (après l’alcool).

De Tristan Gaudiaut pour Statista

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