7 avril 2026 |

Ecrit par le 7 avril 2026

La Provence affiche ses ambitions en Vaucluse

Après avoir remis au goût du jour la tournée des vœux de La Provence l’an dernier, les équipes de direction de notre confrère sont revenues à Avignon et Carpentras afin de présenter les évolutions récentes du quotidien.

« C’est important pour nous de démarrer l’année avec vous. De commencer 2026 avec l’ensemble des lecteurs et des interlocuteurs sur le terrain, lors d’une année qui est particulièrement importante pour La Provence », a expliqué Olivier Biscaye, directeur de la rédaction de La Provence, devant un parterre de décideurs locaux et de lecteurs invités à un petit-déjeuner au Quai des Saveurs à Avignon.

« L’an dernier, nous sommes revenus aux fondamentaux de la proximité, la locale. Ce qui fait l’ADN de tout quotidien régional en fait, poursuit Olivier Biscaye. Au cours de cette année écoulée nous avons aussi beaucoup écouté l’ensemble des lecteurs et des interlocuteurs pour proposer un quotidien au plus près du territoire. »

Après le passage en audio en septembre dernier, cette dynamique s’est traduite par le lancement, il y a quelques jours, d’un nouveau format du journal avec un passage en tabloïd.
« Nous proposons une nouvelle formule avec des changements de format et de maquette, confirme Jean-Louis Pelé, directeur général du groupe La Provence-Corse Matin. Nous proposons aussi un cahier des sports régionaux le lundi, c’était une demande forte des lecteurs. Le mardi, il y aura un cahier Eco, avec un abonnement spécifique pour les entreprises qui voudrait recevoir le journal uniquement ce jour-là. »

« Les élections municipales, c’est un enjeu majeur pour nos journaux. »

Olivier Biscaye, directeur de la rédaction de La Provence

De gauche à droite : Olivier Biscaye, Jean-Louis Pelé, Mélanie Ferhallad et Philippe Méron. Crédit : Philippe Dauphin/La Provence

Cette volonté de proximité ne s’arrête pas là puisqu’en cette année électorale, La Provence entend participer pleinement au débat démocratique local.
« Les élections municipales, c’est un enjeu majeur pour nos journaux, rappelle Olivier Biscaye. C’est vraiment notre élection, car elle est locale, proche des habitants et prend en compte les enjeux de nos concitoyens. » Dans cette optique d’hyper-proximité et d’engagement local, La Provence va ainsi organiser des débats entre les candidats dans 27 villes de son territoire (voir encadré en fin d’article).

« Ecouter, écouter et encore écouter. »

100 correspondants supplémentaires pour mieux mailler le territoire
En parallèle, le quotidien régional a recruté 100 correspondants supplémentaires sur l’ensemble de ses trois départements de diffusion (Bouches-du-Rhône, Vaucluse et Alpes-de-Haute-Provence).
« Au-delà des équipes de journalistes sur le terrain, il y avait une très forte demande de remailler le territoire avec des interlocuteurs de La Provence, précise le directeur de la rédaction. Avec nos nouveaux correspondants, cela permettra également que de nombreuses communes ainsi que de nombreuses thématiques soient abordées dans nos colonnes. »

La Provence Mobile. Crédit : La Provence

Lancement de La Provence Mobile
Ce début d’année 2026, c’est aussi l’occasion pour le titre de PQR (Presse quotidienne régionale) de lancer ‘La Provence mobile’, une voiture aux couleurs du journal, qui fait le tour d’une trentaine de communes.
« L’idée est assez simple en réalité : écouter, écouter et encore écouter avant de rendre compte des attentes des habitants avec une page qui sera publiée le lendemain », annonce Olivier Biscaye.

8 000km par jour pour livrer La Provence en Vaucluse
Chaque jour, les solutions de livraison du journal La Provence parcourent l’équivalent de 8 000km en Vaucluse (25 000km pour les trois départements de diffusion). Certains endroits sont même livrés à vélo afin d’éviter les embouteillages.
« Notre rôle c’est que notre journal soit acheminé tous les matins à la première heure, explique Michel Zinno, directeur administratif et commercial en charge de la diffusion et des abonnements de La provence. A nous de couvrir la totalité du territoire sans laisser de zones blanches. Dans ces secteurs qui peuvent exister sur certaines petites localités où il n’y a pas forcément des points de vente traditionnels, nous efforçons de privilégier l’abonnement-porté. Nous travaillons aussi avec nos équipes à créer des points de vente dans des zones à fort flux qui ne sont pas, jusqu’alors, des points de vente traditionnel. »

Le gage d’une information sérieuse et professionnelle
« Il y a beaucoup d’ambition cette année pour le Vaucluse », confie Mélanie Ferhallad, directrice départementale de La Provence en Vaucluse qui par ailleurs a prévenu que sa rédaction donnerait « la parole à tout le monde en se faisant l’expression de toutes les expressions, toutes sauf la haine et l’incitation à la haine », notamment sur les réseaux sociaux.
Au-delà, notre consœur a fait le vœux que la volonté des journalistes d’informer localement soit respectée, notamment sur les réseaux sociaux. « Nous allons continuer à travailler, à exercer nos métiers sans pression aucune. Notre seule volonté, c’est de donner le meilleur pour continuer à informer le plus grand nombre et le plus souvent possible. »
« Ces dernières années, nous avons beaucoup développé notre site internet, nos réseaux sociaux au travers de vidéos, complète Olivier Biscaye. A nous de veiller à réguler l’ensemble des propos qui peuvent s’y trouver. Nous tiendrons cette ligne pendant la campagne pour que les lecteurs et les citoyens puissent avoir une information coordonnée, hiérarchisée, sérieuse et professionnelle grâce aux journalistes de La Provence. »

La Une de l’édition Vaucluse de La Provence du jour.

« Tout le monde lit la Provence. »

Théophile Monnier, responsable de la régie commerciale Provence Média

Un média puissant
« Notre titre est un média qui aide l’économie locale, qui participe à l’attractivité du territoire, insiste Théophile Monnier, responsable de la régie commerciale Provence Média. Dans un contexte économique compliqué et instable, il est important de penser à communiquer. Notre rôle, c’est d’offrir un média puissant, un média qui parle à tous les habitants d’Avignon et de la région, de proposer des solutions qui soient efficaces dans une période particulièrement difficile où il y a des arbitrages à faire en termes de communication. La Provence est aujourd’hui très puissante sur les réseaux sociaux, il y a un énorme travail qui a été fait. Nous avons des solutions digitales, nous avons aussi une puissance sur le ‘print’ qui est très importante. Tout le monde lit La Provence. »

Multiplication des événementiels
Enfin, le quotidien va multiplier les événementiels à commencer par le Tour de la Provence les 13, 14 et 15 février prochains. Après être partie de Rognac lors de la 3e et ultime étape, l’épreuve cycliste passera en Vaucluse le dimanche 15 dans le Luberon puis cavaillon avant de rejoindre Arles.
Tout récemment, La Provence a aussi remis ses trophées de l’économie et proposé la deuxième édition du palmarès Génération Engagée lors d’une cérémonie qui s’est tenue à l’espace Jeanne-Laurent du centre des congrès du palais des papes à Avignon. Un événement d’ores et déjà programmé en décembre 2026 pour une nouvelle édition mettant les entrepreneurs du département à l’honneur.
Si La Provence relate l’actu, elle entend donc aussi la faire en multipliant les manifestations événementielles sur son territoire.
« Tout cela afin de renforcer le dialogue avec celles et ceux qui contribuent chaque jour au rayonnement et à l’attractivité de notre région, insiste Olivier Biscaye. Plus que jamais, La Provence affirme sa volonté d’être un journal de proximité, ancré dans ses territoires, attentif aux dynamiques locales, aux initiatives, aux réussites et aux enjeux qui façonnent notre région. »

Laurent Garcia

Municipales : La Provence au cœur des débats
A l’occasion des prochaines élections municipales des 15 et 22 mars 2026, La Provence renoue avec l’organisation de débat public entre les candidats. Dans ce cadre, près d’une trentaine de ces évènement vont permettre de donner la parole aux habitants afin qu’ils puissent interroger sur les projets et les enjeux de fond de cette campagne.
En Vaucluse et dans le bassin de vie d’Avignon, ces débats se tiendront le 27 janvier à l’Isle-sur-la-Sorgue (voir ci-dessous), le 29 janvier à Châteaurenard, le 5 février à Cavaillon, le 11 février à Orange, le 19 février à Carpentras, le 23 février à Tarascon, le 3 mars à Arles, le 4 mars à Avignon et le 9 mars à Pertuis.

L’Isle-sur-la-Sorgue pour commencer
Dans le département, c’est donc à l’Isle-sur-la-Sorgue que la Provence va débuter ses grands débats publics ce mardi 27 janvier, de 18h à 20h, à la salle des fêtes.
« Ce débat, pensé comme un temps d’échange ouvert, pluraliste et constructif, donnera la parole aux habitants pour leur permettre de s’informer, de s’exprimer et de mieux comprendre les perspectives pour l’avenir de la commune avant de faire leur choix », explique le quotidien. Pour y assister, voici le lien d’inscription : Débat La Provence à l’Isle-sur-la-Sorgue.


La Provence affiche ses ambitions en Vaucluse

La rédaction du quotidien Vaucluse Matin s’oppose au plan de restructuration de la direction du Dauphiné libéré auquel le titre fondé en 1946 appartient. Après six jours de grève, une mobilisation rassemblant une centaine de soutiens, les salariés placent une banderole sur le pont d’Avignon.

« Crédit mutuel : la banque qui veut liquider la presse #sauvonsvauclusematin. » C’est ce qu’on a pu lire ce vendredi 9 février sur une banderole déployée par les salariés du quotidien sur le Pont Saint-Bénézet à Avignon, la banque étant l’unique actionnaire du groupe Ebra qui possède Le Dauphiné Libéré et Vaucluse Matin. Cette action s’ajoute à six jours de grève, à une mobilisation, et à une pétition, qui compte désormais plus de 4 000 signatures.

Ce message vient en réaction à l’annonce d’un plan d’austérité visant à réduire de 40 % l’effectif, soit neuf postes sur 24 salariés. Une mesure qui entraîne la suppression des pages sports, un désengagement d’Avignon avec la fermeture du centre départemental historique, ainsi qu’un repli sur le Nord du Vaucluse, abandonnant le Sud. Alors que les négociations avec la direction entrent dans leur dernière ligne droite, l’équipe du journal réaffirme son opposition à ce plan, qui annonce la mort du titre, présent dans le Vaucluse depuis 1946.

Dans le même temps, le Crédit Mutuel Alliance Fédérale a indiqué avoir achevé l’année 2023 « sur une performance historique », avec un résultat net qui a atteint 4,1 milliards d’euros (+18,1 %).

V.A.


La Provence affiche ses ambitions en Vaucluse

La rédaction du quotidien Vaucluse Matin s’oppose au plan de restructuration de la direction du Dauphiné libéré auquel le titre fondé en 1946 appartient. Après avoir lancé une pétition contre ce projet mettant en cause la présence du titre dans une bonne partie du département, nos confrères ont organisé un rassemblement de soutien ayant particulièrement mobilisé élus et représentants de la société civile ainsi que du monde économique local.

Annoncée en grande pompe dans les locaux de nos confrères de Vaucluse Matin à Avignon en octobre 2022, la nouvelle formule du quotidien devait révolutionner le titre. Venue de Grenoble, la direction avait alors assuré son attachement indéfectible à cette présence en Vaucluse. « Nous allons faire en sorte que ce journal corresponde davantage aux Vauclusiens », expliquait d’ailleurs à cette occasion Christophe Victor, directeur général du Dauphiné libéré, titre appartenant au groupe Ebra, premier groupe de presse quotidienne régionale et premier groupe de presse de France. Un peu plus d’un an plus tard, la même direction vient d’annoncer un plan drastique touchant sévèrement la rédaction vauclusienne du titre implanté dans la cité des papes depuis 1946.

Défendre l’information de proximité
De quoi faire réagir, la rédaction de Vaucluse Matin, en grève depuis le 30 novembre dernier, qui a organisé ce mardi 5 décembre un rassemblement de protestation contre ces mesures d’austérité annoncées.
Réunis place de l’Horloge devant la mairie d’Avignon, nos confrères sont ainsi venus dénoncer ce plan d’économie et de transformation prévoyant la suppression de 9 postes sur les 24 salariés que compte le quotidien dans le département : une cheffe des sports, deux photographes, une assistante de rédaction, un responsable d’édition et quatre journalistes.
« Plus de photographes, plus de journalistes sportifs, plus d’assistantes, suppressions de 40% des postes en Vaucluse, plus de pages sport départementales… », énumère Alexandre Guey, délégué Forcé ouvrière et élu au CSE (Comité social et économique) du groupe de presse.

«J’apprends cette nouvelle comme une forme de censure.»

Joël Guin, président du Grand Avignon

Repli, retraite ou bérézina ?
Et notre confrère de poursuivre devant plus d’une centaine de personnes regroupant élus, représentants du monde sportifs et associatifs, journalistes des autres médias ou simples citoyens et lecteurs impliqués dans leur territoire : « Finie aussi la couverture du Sud Vaucluse avec des zones comme Cavaillon, l’Isle-sur-la-Sorgue et Apt où le journal n’y sera même plus vendu. C’est un véritable plan d’austérité qui sera accompagné d’un repli sur le Nord du département. Et même la ville centre, Avignon, sera concernée avec une couverture réduite et un véritable désengagement puisque le centre départemental historique de la rue de la République sera fermé à partir du 31 mars 2024. La plupart des journalistes se retrouveront à Orange et les autres seront basés dans un espace de coworking, quelque part dans la région d’Avignon. On ne sait pas encore où. »
« Avec ce plan de transformation du titre, l’avenir de votre quotidien est en danger et l’information de proximité sera fortement dégradée », a insisté le délégué FO devant les personnes venus soutenir l’action de la rédaction qui a également lancé une pétition ayant déjà recueillie près de 2 800 signatures.

«Maintenir la qualité d’une information objective pour les citoyens.»

Bénédicte Martin, vice-présidente du Conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur

Les élus s’inquiètent…
Dans un département historiquement terre de presse (voir en fin d’article), cette situation inquiète la totalité des élus locaux.
Parmi eux, Cécile Helle, maire d’Avignon, et Dominique Santoni, présidente du Conseil départemental de Vaucluse, ont décidé de parler d’une seule voix « en tant que républicaines attachées à la pluralité de la presse et à la liberté d’expression ainsi qu’à l’impérieuse nécessité d’avoir des journalistes de qualité présents sur notre territoire ».
Dans ce cadre, les deux élues ont entamé une démarche commune auprès du directeur général, basé au siège à Grenoble, afin de faire part de leurs inquiétudes « face à l’ampleur des mesures annoncées frappant un journal présent depuis près de 80 ans sur notre territoire qui participe pleinement à cette proximité si essentielle à notre vie locale. »

Au vue de la situation et de la mobilisation de toutes les forces vives du territoire, Dominique Santoni et Cécile Helle ont également annoncé qu’elles souhaitaient rencontrer très rapidement la direction afin d’évoquer ce désengagement programmé dans le Vaucluse considéré par ces dernières « comme totalement inenvisageable »
« J’apprends cette nouvelle comme une forme de censure », s’indigne pour sa part Joël Guin, président du Grand Avignon venu également apporter le soutien de l’ensemble des élus de l’agglomération. Le président masquant à peine sa colère après l’annonce d’enlever le siège d’Avignon. « Le Vaucluse sans Avignon, c’est quoi ?, interroge-t-il. Ce territoire du Vaucluse sans Avignon, cela n’existe pas ! »
Bénédicte Martin, vice-présidente du Conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur était aussi venue apporter le soutien de son président, Renaud Muselier. Elle a évoqué « ce lien local à l’heure des dérives des réseaux sociaux » et a souligné la nécessité « de maintenir la qualité d’une information objective pour les citoyens. »
Même mobilisation de la part de l’AMV (Association des maires de Vaucluse) qui par l’entremise de son président Pierre Gonzalvez a signé, au nom des maires du département, la pétition lancée par la rédaction de Vaucluse Matin.

«Sans vous, nous n’existons pas.»

Gilbert Marcelli, président de la CCI de Vaucluse

… et les membres de la société civile se mobilisent
« Sans vous, nous n’existons pas, insiste Gilbert Marcelli, président de la CCI de Vaucluse. C’est vous les journaux, et plus généralement les médias locaux, qui permettent de mettre en valeur les actions du monde économique au quotidien. Il ne faut pas détruire ce qui a été créé à la Libération. »
Un message des décideurs économiques relayait par l’univers de la culture avec Tiago Rodrigues, directeur du Festival d’Avignon : « Il faut se battre pour l’idée qu’il n’y a pas de citoyen périphérique. Une démocratie n’est pas complète s’il n’y a pas d’information et de journalistes de proximité. »
« Sans les journaux d’Avignon, je pense que beaucoup d’entre nous auraient périclité », reconnaît en toute franchise Gérard Gelas fondateur du théâtre du Chêne noir.
« Si ce démantèlement devait arriver, ce qui reste derrière ce sont les réseaux sociaux, c’est-à-dire la poubelle ! Et non pas des professionnels, des gens qui aiment leur métier, qui vont chercher de l’information, qui l’analyse, qui ont du recul… Comme les artistes, les journalistes entrouvrent des portes sur la conscience. Et c’est vrai qu’aujourd’hui nous sommes dans une société où l’on dirait qu’il faut que la conscience soit abolie au profit du profit. »

Tiago Rodrigues, directeur du Festival, avec les élus de Vaucluse.

«Une démocratie n’est pas complète s’il n’y a pas d’information et de journalistes de proximité.»

Tiago Rodrigues, directeur du Festival d’Avignon

Le monde sportif en émoi
Parmi les autres membres de la société civile venus apporter leur soutien à Vaucluse Matin, Roland Davau, président du CDOS (Comité départemental olympique et sportif) de Vaucluse qui s’inquiète de la disparition des pages sportives locales dans le quotidien « alors que nous allons rentrer dans une année olympique.  Je tiens à dire qu’au nom des 1 300 clubs de Vaucluse et des 180 000 licenciés sportifs du département, il nous est impossible pour nous qu’il n’y ait plus Vaucluse Matin. »
« La disparition des pages ‘sport’ départementales, c’est une première pour un quotidien régional, s’alarme Alexandre Guey.
« Nous sommes particulièrement déterminés et je ne voudrais pas menacer qu’on puisse changer de banque », prévient Roland Davau en ciblant le Crédit Mutuel, actionnaire principal du groupe Ebra, qui n’hésite pas à parler de solidarité, de proximité et d’engagements. La fameuse banque qui appartient à ses clients, mais manifestement pas à ses lecteurs, pourrait ainsi constituer une cible de choix pour les contestataires.
Et ce d’autant plus que les représentants du monde associatifs rappelaient « que certains réseaux n’avaient pas d’autres moyens pour se faire connaître que la presse locale. »

«La disparition des pages ‘sport’ départementales, c’est une première pour un quotidien régional.»

Alexandre Guey, journaliste à Vaucluse Matin et délégué Forcé ouvrière

La presse quotidienne régionale en crise
Cette grève de Vaucluse Matin intervient alors que son concurrent, le quotidien La Provence est aussi entré dans une zone de turbulences. En conflit avec son nouveau repreneur, CMA-CGM, le titre marseillais a connu un mouvement de grève le mois dernier. En cause, la volonté de la direction de supprimer plusieurs dizaines d’emplois dont plusieurs journalistes et photographes en Vaucluse. Les fermetures des agences d’Orange et Carpentras étant même évoquées.
De l’autre côté du Rhône, la situation n’est guère plus reluisante pour Midi libre dont les équipes se sont réduites comme peau de chagrin à Villeneuve-lès-Avignon et Bagnols-sur-Cèze. Seule lueur visible dans cette crise que connaît la PQR (Presse quotidienne régionale), le retour en Vaucluse de La Marseillaise depuis septembre 2022. De quoi permettre au bassin de vie d’Avignon de disposer d’une offre de pluralité de la presse inédite en France avec 4 quotidiens.


La Provence affiche ses ambitions en Vaucluse

Après la Provence c’est au tour de Vaucluse Matin de s’être mis en grève. Dans les deux cas, il s’agit de s’opposer aux plans d’économie qui visent à supprimer des emplois. Les salariés et journalistes concernés craignent des fermetures pures et simples. Le Vaucluse risque-t-il d’être un territoire sans quotidien d’information ? La question inquiète et mobilise.

Le phénomène n’est pas nouveau et pas spécifique à la presse quotidienne régionale. Pour faire face à la baisse de leurs lectorats et aussi par incidence à leurs revenus publicitaires, les journaux n’ont pas d’autre choix que de tailler à la serpe dans leurs dépenses. Une question de survie. Sauf que réduire les moyens pour produire de l’information rend ses journaux encore moins attractifs. Un vrai cercle vicieux. De plus, les revenus tirés du numérique ne compensent pas aujourd’hui le recul de ceux du papier. En tout cas pas encore. Un vrai casse-tête. Ces journaux sont-ils alors condamnés à n’être que les simples spectateurs de leurs chutes, avec pour seul espoir que les pertes de lecteurs s’arrêtent un jour ?

Comme remettre l’église au milieu du village

On a bien vu qu’avec l’avènement et le développement du numérique de nombreux secteurs économiques ont dû s’adapter pour ne pas disparaître. On ne peut pas dire que la presse quotidienne régionale se soit montrée dans cet exercice le plus offensif de tous les médias. Mais il ne saurait y avoir de fatalité, et nous avons la conviction que la proximité reste une valeur forte. Nous estimons même que l’information locale a encore un avenir devant elle. Le local est un contrepoint nécessaire à la globalisation de l’info et aux « machins » que sont devenus les réseaux sociaux, avec leurs approximations, leurs amalgames, et leurs fake news. La presse écrite peut être celle qui n’est justement pas dans l’émotion, la réaction. Il y a les chaînes d’info pour cela. Le local, loin d’un parisianisme parfois exaspérant, est un bon prisme pour voir le monde et ses tourments. Comme remettre l’église au milieu du village.

Un recul du pluralisme s’accompagne forcément d’un recul des pratiques démocratiques

La presse locale est également indispensable à la vie des territoires et à la démocratie tout simplement. Un recul du pluralisme s’accompagne forcément d’un recul des pratiques démocratiques.  Aux USA, sur les territoires où la presse locale a disparu, les participations aux élections se sont effondrées (elles n’étaient déjà pas importantes), les extrêmes ont pris le dessus et les rapports sociaux et communautaires se sont tendus.

Il est important de soutenir l’existence d’une presse locale et régionale forte, qu’elle soit quotidienne ou hebdomadaire, qu’elle soit papier ou numérique. Notre démocratie et nos territoires le méritent et le nécessitent. C’est une fois qu’elle aura disparu qu’on se rendra compte de son rôle… mais il sera alors trop tard.

Signez la pétition contre le démantèlement de Vaucluse Matin ICI



La Provence affiche ses ambitions en Vaucluse

Décidément cela bouge dans la presse quotidienne vauclusienne en ce moment. Après le retour de la Marseillaise dans le Vaucluse il y a quelques semaines, l’apparition aujourd’hui dans l’Ours des nouveaux propriétaires de La Provence c’est au tour de Vaucluse matin de lancer le premier étage de sa nouvelle formule.

C’est ce mercredi 19 octobre que nos confrères de Vaucluse matin lancent la nouvelle mouture du quotidien implanté dans le département depuis 76 ans maintenant. Vaucluse matin et le Dauphiné libéré change ainsi de logo afin de marquer davantage leur appartenance au groupe Ebra, premier groupe de presse quotidienne régionale et premier groupe de presse de France.
Dans ce numéro ‘collector’ d’une quarantaine de page où 40 personnalités locales s’expriment sur leur territoire il s’agit de laisser plus de place aux Vauclusiens via de nouvelles rubriques notamment. « Nous voulons leur donner la parole », insiste Guy Abonnenc, rédacteur en chef du Dauphiné Libéré et Vaucluse matin.

Le nouveau logo de Vaucluse matin à découvrir dans le journal du mercredi 19 octobre.

Une promesse éditoriale forte
« On fait une promesse éditoriale forte, complète Éric Veauvy, directeur de la rédaction de Vaucluse Matin. Tous les jours 5 Vauclusiens s’exprimeront sur l’actualité du jour. Les jours de la semaine seront ensuite séquencés afin de dresser chaque jour le portrait d’un acteur de la vie vauclusienne : un maire chaque lundi, un chef d’entreprise le mardi, un enseignant ou un formateur le mercredi, une personne investie dans le secteur social et environnemental le jeudi, un acteur de la vie culturelle et patrimoniale le vendredi, un chef cuisinier le samedi et enfin un agriculteur le dimanche. Chaque mercredi, dans une page ‘sports Vaucluse’, les supporters prendront aussi la parole : pour commenter les rencontres à venir, voter pour la composition d’équipe de leur choix. Deux entraîneurs répondront aussi, chaque semaine, à une question plus technique. Enfin, chaque samedi, la dernière page de Vaucluse matin sera dédiée à une photo aérienne d’un site emblématique du département. »
Ce relooking va précéder une phase 2 qui devrait débuter au printemps prochain avec une nouvelle formule et un nouveau format (plus petit type tabloïd).

La volonté de s’engager
« Nous allons faire en sorte que ce journal corresponde davantage aux Vauclusiens », explique Christophe Victor, directeur général du Dauphiné libéré. Il faut dire que l’ancienne maquette remontait à 2006.
Et le DG du groupe d’insister « sur la volonté du journal d’être un média de proximité qui ne veut pas se contenter de relater les faits mais qui a la volonté de s’engager. D’être un acteur positif du territoire. »
Une démarche saluée par Renaud Muselier, président de la région Sud venu à Avignon pour la présentation de ces nouveautés dans les locaux de nos confrères rue de la République à Avignon : « C’est très fort ce que vous avez fait dans ce secteur qui peut connaître certaines difficultés. Il faut être positif et arrêter de gémir et de râler. Vous avez un département exceptionnel. »
Même satisfaction pour Dominique Santoni, présidente du Conseil départemental de Vaucluse, qui a tenu à rappeler « le rôle élémentaire de la PQR (Presse quotidienne régionale) dans les territoires. C’est la presse la plus lue. »

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