Florian Marc, petit-fils de viticulteurs vauclusiens, installé dans la pépinière d’entreprises à Pertuis, a développé un éco-matériaux utilisant les bois issus des tailles et de l’arrachage des vignes. Une démarche écoresponsable qui donne une deuxième vie à ce qui était considéré jusqu’alors comme de simples déchets.


Chaque année, en France, c’est plus de 2 millions de tonnes de déchets de bois de vigne qui sont produits. Issus des tailles annuelles, de l’arrachage des vignes pour leurs renouvellements ou l’arrêt définitif de leur culture, ces bois de vigne sont estimés dans le Vaucluse à 100 000 tonnes par an, soit environ le double de la production forestière traditionnelle du département. A part leur destruction ou leur utilisation comme simple bois de chauffage aucune solution de valorisation n’existait vraiment jusqu’à ce jour. Florian Marc, un jeune entrepreneur ayant fait ses armes dans les univers scientifiques et informatiques, en quête d’un projet personnel faisant sens, a eu l’intuition qu’on devait pouvoir valoriser ces bois de vigne. Ses ancêtres viticulteurs installés depuis plusieurs générations dans l’enclave des papes, du côté de Valréas et de Visan n’ont sans doute pas été totalement étranger à cette prise de conscience. Florian se souvient avoir assister, dans son enfance, à l’arrachage d’une parcelle de vigne plantée par son arrière-grand-père, « ce fût, pour moi, un moment d’émotion assez fort » se souvient-il.
« C’est un matériaux noble qui mérite mieux que de terminer en bois de chauffage, voir en tire-bouchon… »
Florian Marc
Le bois de la vigne n’est pas un bois comme les autres. « C’est un matériaux noble qui mérite mieux que de terminer en bois de chauffage, voir en tire-bouchon… » affirme Florian. Ces bois sont la mémoire des terroirs et des hommes qui pendant des décennies ont travaillé la vigne pour y produire du vin. C’est ainsi que l’idée d’utiliser ces sarments pour élaborer un matériaux qui se veut tout aussi noble est née. Une société est créé en 2024 et une marque « Les Princes Sarments » en est l’étendard.



Aidé par Stéphane Gullo, un maitre Terrazzo (un des rares en France ), il met au point un matériaux composite utilisant ces bois de vigne et de la poudre de marbre recyclée. Aucun additif issu de la pétrochimie, comme les résines, n’est utilisé. Le tout est naturel et provenant de la région. A la différence du terrazzo traditionnel les fragments de pierre ou de marbre associé au mortier ont été ici remplacés par du bois minéralisé. La pierre et le bois sont ainsi mâtinés dans un accord délicat. Ce nouveaux matériaux baptisé « terrazzo de bois de vigne » a fait l’objet de longs mois de développement et de recherche avec à la clé le dépôt d’un brevet.
« Une vingtaine de projets sont à l’étude »
Florian Marc
Ce terrazzo de bois de vigne, produit à l’unité et en fonction des besoins, est utilisé pour la confection de meubles, de plans de travail, de sols, de parements de murs, d’objets de décoration… Une alternative écoresponsable aux matériaux traditionnels employés pour les aménagements haut de gamme. Si la mise au point de ce matériaux est récente les premières commandes affluent déjà. « Une vingtaine de projets sont à l’étude » confie Florian. Les clients naturels des Princes Sarments sont les architectes d’intérieurs. Toujours à la recherche de matériaux nouveaux et innovants, ces prescripteurs sont aussi engagés dans des démarches écoresponsables. A ce jour plusieurs domaines viticoles, une grande banque, des yachts de luxe ou des restaurants étoilés ont fait le choix de ce nouveau matériaux. « C’est aussi un support de communication qui raconte une histoire » explique Florian. Les princes sarments proposent également une traçabilité numérique de chacune des pièces produites. En effet, chacune des pièces confectionnées peut être équipée d’une puce RFID qui permet de connaître l’origine du bois utilisé, la provenance de la vigne, le domaine viticole d’origine, le bilan carbone, jusqu’à l’emplacement précis de la parcelle dont il est issu…




Florian Marc ne compte pas s’arrêter là. Il travaille déjà sur un matériaux qui sera 100 % bois. Son objectif est de valoriser d’avantage de bois de vigne et de faire baisser les coûts de production pour rendre ce produit plus accessible. Il escompte développer une vraie filière de valorisation pour donner à ces bois nobles un futur qui lui soit à leur hauteur.
























































