Le Festival d’Art contemporain en est à sa 32e édition. Cet « énorme petit festival » est cependant le deuxième festival culturel de la ville d’Avignon après le Festival d’Avignon.
Depuis 32 ans, une soixantaine de bénévoles s’investissent pour favoriser la rencontre avec l’Art contemporain, les sites patrimoniaux de la ville, et un public sans exclusive. Pendant près de 10 jours, ce sont des expositions, des performances, des rencontres , des films qui sont proposés dans divers lieux de la ville : l’église des Célestins, la chapelle de Cordeliers en passant par l’Éveilleur, l’Espace YiiiiiiY, la galerie Petit Paradis, la chapelle du temple Saint-Martial, la Maison Paisible, et EPHAD-Centre d’Arte. L’entrée des lieux d’exposition est libre et gratuite et toutes les œuvres sont à vendre.
Et si c’était la dernière édition ?
Ce festival est cependant en péril. Non pas par manque d’attractivité mais par une baisse drastique des subventions municipales que n’a pas hésité à rappeler Julie Charrier face à l’élue au patrimoine et à l’industrie culturelle Violeta Lukic lors de l’inauguration « 33% de réduction des subventions municipales imposées 3 mois avant notre manifestation nous ont obligées à annuler notre collaboration avec la Maison Jean Vilar, ainsi que nos supports de communication d’affichage et de programmes, à puiser dans nos dernières réserves et à demander une rallonge à notre mécène afin d’aller au bout de l’année 2026. » Ce à quoi il lui a été rétorqué que la situation budgétaire de la ville ne permet plus de financer à la même hauteur , comme auparavant les événements et les lieux culturels. Julie Charrier a eu le dernier mot en rappelant « que cet arbitrage est politique plus que budgétaire et que les budgets de la culture ne doivent pas être une variable d’ajustement économique. »
Un soutien demandé et nécessaire
Dans les salles d’exposition, beaucoup de visiteurs se demandaient en effet « Pourquoi mettre ne péril, en difficulté un festival qui est entièrement gratuit, ne repose que sur le bénévolat, permet de déambuler dans Avignon et donc de découvrir aussi son patrimoine. Un festival qui fait fi des frontières et des remparts en proposant des performances dans l’extra-muros également : Youpi, l’Eveilleur, Maison Folie du Lapin Blanc… Un festival qui s’ouvre au monde en étant pas exclusif, qui multiplie les médiations culturelles en proposant des visites guidées, des rencontres avec les artistes et qui invite l’Atelier Marie Laurencin, espace créatif pour personnes en soin en santé mental. » Les visiteurs sont invités à rester vigilants et à se mettre en contact avec les bénévoles pour connaître les différentes modalités de soutien afin de refuser la fin de ce festival.
En 2026, l’Hospitalité est à l’honneur
Avec un maître-mot : Accueillir. Comme l’a martelé sa directrice artistique Julie Charrier : « Pour cette édition, placée sous le signe des Hospitalités, nous avons cherché à faire résonner cette idée d’hospitalités à l’endroit de plusieurs propositions artistiques qui toutes renvoient à cette notion d’accueil inconditionnel, d’écoute, d’espérance en l’étrangeté d’autrui. Accueillir et entendre la parole des jeunes, Accueillir la mémoire sensible des lieux disparus, Accueillir le règne animal et végétal Accueillir une écologie humaine, Accueillir et échanger, moduler, dialoguer, regarder autrement, écouter, sentir seuls leviers pour tenir le cap en ces temps où la culture et la démocratie sont menacées.
Deux Cartes blanches
Avec la critique d’Art et chercheuse Sandra Barré, on va découvrir à la Chapelle des Cordeliers l’artiste franco-américaine Émilie McDermott qui développe une pratique autour de la mémoire, des perceptions sensibles et de notre rapport aux lieux, à travers des installations et dispositifs participatifs. Son projet Homing, fait renaître Le Signal, immeuble emblématique du village maternel de l’artiste, détruit en 2023 sous l’effet de l’érosion du littoral. À travers récits, odeurs et traces sensibles, l’installation donne une nouvelle présence à ce lieu disparu et interroge la circulation de la mémoire entre les corps, les espaces et les histoires.
La directrice artistique d’OVNI (Objectif Vidéo Nice) Nathalie Amae a choisi de nous faire découvrir à l’Eglise des Célestins, l’artiste Berna Reale, figure majeure de la performance et de l’art vidéo brésilien qui nous propose une réflexion sur la reconquête de l’hospitalité face à notre responsabilité dans l’effondrement du vivant.
Les performances du week-end
‘La Cérémonie du haut monde’ par l’artiste Giulia Zanvit qui met en scène, à travers un rite initiatique, une somme d’éléments qu’elle a collectés au hasard de ses promenades dans la nature. Pendant une poignée de minutes, elle nous invite à partager son émerveillement, sans un mot. Samedi 24 octobre. 15h et 17h. Eglise des Célestins.
‘Tuning in to the Senses’ par l’artiste Estelle Bézombes : Entre danse et arts plastiques, cette démarche écoféministe invite à expérimenter les œuvres par les sens et à imaginer des relations plus attentives au vivant. Samedi 24 octobre. 11h30 et 14h30. Eglise des Célestins.
‘Les Marées Sèches’ par l’artiste Clara Grosjean qui aborde ainsi le scandale des algues vertes tout en questionnant notre manière d’habiter le monde. Samedi 24 octobre. 14h à 17h06. Espace YiiiiiY. 10 rue du Chapeau rouge.
‘Épilogue mathématique’ par l’artiste Laurent Derobert qui sait interpréter les équations mathématiques pour obtenir les clés de l’hospitalité ! Samedi 24 octobre. 17h. Eglise des Célestins.
Avec les femmes afghanes
Beau projet que celui de Nazir Rahguzar qui a créé il y a un an Woman Online University, une école en ligne pour permettre aux femmes afghanes de suivre un enseignement en ligne malgré leur interdiction d’étudier par le régime taliban. Ce projet sera présenté puis travaux pratiques qui réuniront le temps d’une après midi des avignonnais et avignonnaises en direct visioconférence autour d’un atelier de dessin donné par la famille afghane Anissa Habib et Farzam Abdul qui habite désormais à Avignon.
Jusqu’au 25 octobre, il y aura encore beaucoup d’installations, d’expositions et de rencontres à découvrir. Programme complet sur parcoursdelart.com
Parcours de l’Art. Jusqu’au 25 octobre. Dans plusieurs lieux de la ville. Entrée libre.
























































