Certains parlent d’une « année blanche », d’autres la qualifient de « noire » puisque, pour la 1re fois depuis l’ouverture de l’hippodrome du Pontet en 1868, la saison 2025 a dû être annulée l’an dernier. La piste enherbée avait été défoncée par des sangliers qui avaient fait des trous et l’avaient rendue dangereuse pour les purs-sangs.
Depuis, tous se sont retroussés les manches : les bénévoles, pour la plupart des retraités qui n’ont pas lésiné sur les heures passées à bichonner l’hippodrome, le propriétaire, Roberty Invest, qui a sorti le chéquier pour faire refaire la toiture, rénover la tribune, et qui a également fait abattre une dizaine de platanes frappés par la maladie du chancre coloré, ce qui lui a coûté autour de 60 000€. Sans oublier la Fédération Nationale des Courses Hippiques, qui elle, a géré la piste, posé 1500 mètres de grillage pour barrer la route des sangliers et fait remettre aux normes le système électrique, le tout pour une facture de 25 000€.
« Dès le 29 mars, un vide-grenier sera organisé sur le parking, a annoncé le président de la Société Hippique d’Avignon le Pontet. Et dès mercredi prochain 1er avril à partir de 13h30, premier rendez-vous de la saison avec 6 courses au programme. »
Christian Atanian, président de la Fédération Régionale du Sud-Est, se félicite de cette réouverture, d’autant que la tendance est à l’économie. « On nous demande de faire mieux avec moins. À L’Isle-sur-la Sorgue, l’hippodrome Saint-Gervais a été rayé de la carte par la mairie qui a choisi de faire place à une plaine sportive avec terrains de foot et courts de tennis. Du coups les réunions hippiques qui s’y déroulaient ont été dispatchées en partie sur Roberty et sur Nîmes. »
Avec les paris sur internet, les turfistes regardent Equidia pour voir les arrivées du PMU. Mais malgré cette désaffection, la filière hippique en France, ce sont 235 hippodromes qui ont accueilli 2,6 millions de visiteurs, plus de 9 000 propriétaires de chevaux de courses, 30 000 purs-sangs et 18 000 courses. Ce sont les jockeys, les palefreniers, les maréchaux-ferrant, les entraîneurs, les soigneurs, les vétérinaires, les moniteurs des centres équestres, soit près de 70 000 emplois. Elle génère 2,3Mds€ et un excédent commercial de 770M€.
« Aidez-vous et le ciel vous aidera », répète Christian Atanian aux responsables de Roberty, mais aussi à Joëlle Conti qui s’occupe de l’hippodrome de Bollène et à André Boyer longtemps président de celui de Sault.
Au Pontet, sept rendez-vous sont prévus cette année. Les 1er et 18 avril, le 14 mai avec un focus sur « le bien-être équin », le 14 mai ce sera la Fête de l’Hippodrome, et le 21 juin la Fête des Enfants avec des ateliers maquillage et de magie. Les deux dernières réunions sont prévues les 4 et 26 juillet. L’entrée est de 5€, gratuite pour les moins de 18 ans.
« L’important, c’est de tenir le cap, le coup, a insisté le Président régional. Roberty a failli fermer et on est toujours là. Alors restons optimistes, faisons en sorte de pérenniser ce site exceptionnel, ce poumon vert de plus de 100 hectares. »

























































