Après avoir été scrutée, pendant plusieurs semaines dans le Loft, par une armée de caméras 24 h sur 24, Loana, la première star de la téléréalité, a été découverte morte, plusieurs jours après son décès, chez elle dans la plus grande solitude et l’indifférence totale. C’est l’odeur de son corps en décomposition qui a attiré l’attention et conduit les pompiers à s’introduire chez elle par la fenêtre. On ne saurait imaginer une fin plus tragique.
Ce drame nous interpelle directement. Est-ce la chaîne de tv qui est responsable d’avoir ainsi exposé une personne que l’on savait fragile ou est-ce le téléspectateur-voyeur qui est responsable ? En d’autres termes, qui est le plus indécent celui qui propose ou celui qui regarde ? Dans ce dilemme je pencherai sans hésitation pour la responsabilité de la chaîne qui se doit de respecter une certaine éthique. On pourra toujours dire que la télévision est à l’image de la société, qu’elle n’en est que le reflet, et qu’il faut vivre avec son temps. Certes.
Au fond, le problème n’est pas là. La vraie question c’est le casting de ce type d’émission. Il est évident que dans un programme de téléréalité une personne cabossée de la vie, c’est la garantie d’avoir des incidents, des rebondissements, autant d’occasions de faire de l’audience. La téléréalité est basé sur cela. Les producteurs de l’émission plaident aujourd’hui un manque d’expérience, de recul. « Nous étions trop naïfs » ont-ils déclaré. Ils expliquent qu’ils ne savaient pas que Loana était une personne fragile. En son temps on nous a expliqué que de nombreux entretiens avec des psychologues avaient été conduits.
Ce n’est plus de la téléréalité mais les jeux du cirque
Ces dernières années Loana n’allait pas bien. De mauvaises fréquentations, des addictions, des soucis d’argent… Comme une lente descente aux enfers. Le 5 février 2024, elle était invitée dans l’émission de Cyril Hanouna. On a pu la voir en quasi situation de détresse. Difficultés d’élocution, trouble de la concentration… De leur côté les chroniqueurs de l’émission ricanaient de la voir sombrer. Ce n’est plus de la téléréalité mais les jeux du cirque. Pathétique. Aujourd’hui, les producteurs de TPMP se défendent en expliquant que c’était elle qui avait demandé à venir. Connaissant son état c’était plutôt de leur responsabilité que de ne pas accepter. Cette prestation lui aura été sans doute plus néfaste que bénéfique. Ce n’est pas les 3 000 € de cachet payé par la production qui ont changé les choses.
Même dilemme du côté M6 avec l’émission spéciale qui a été préparée pour les 25 ans de Loft Story. Elle devait être diffusée courant avril à la date anniversaire de son lancement en avril 2001. On y voit bien sûr Loana. Mais maintenant qu’elle est morte et pour les raisons que l’on sait, la chaine hésite à le diffuser. Cette hésitation sonne comme un aveu. Mais l’appel de l’audience sera-t-il plus fort que la décence ?
Parions que l’émission sera remontée et qu’un hommage appuyé lui sera rendu. Là ce sera de notre responsabilité ne pas regarder. Pour une fois.
























































