26 août 2026 |

Ecrit par le 26 août 2026

Sécheresse : les agriculteurs du Vaucluse réclament de l’eau, pas seulement des aides

Face à une sécheresse qui s’installe et à la répétition des épisodes de canicule, la FDSEA de Vaucluse (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles) et les Jeunes Agriculteurs demandent des réponses structurelles. Après une réunion avec le préfet Thierry Suquet, le 17 août, ils alertent sur la fragilité croissante des exploitations et placent l’accès à l’eau au cœur de l’avenir agricole du département.

En Vaucluse, département habitué aux fortes chaleurs, les agriculteurs composent depuis longtemps avec les caprices du climat. Cette année encore, la succession des épisodes de chaleur et l’absence de précipitations suffisantes mettent les cultures à rude épreuve. La situation hydrologique s’est d’ailleurs nettement dégradée au cours de l’été. Au 24 août, le préfet a placé la Durance et la Nesque en alerte renforcée, tandis que le Calavon amont et le Sud-Luberon demeurent à ce niveau de restriction. Les bassins du Calavon médian et des Sorgues sont, eux, en alerte.

Pour la FDSEA 84 et les JA 84 (Jeunes agriculteurs de Vaucluse), : «Sans eau, il n’y a pas de production, sans production, il n’y a pas d’argent pour faire vivre une exploitation», résument-ils.

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Des aides mais pas de stratégie
Les mesures de soutien sont évidemment les bienvenues pour les exploitants les plus durement touchés. Mais elles ne sauraient constituer une réponse durable à des aléas climatiques appelés à se répéter.Les syndicats expliquent : « Indemniser les pertes après chaque épisode de sécheresse ne suffira pas si les exploitations restent insuffisamment équipées pour y faire face. » Ils réclament un accompagnement spécifique pour les exploitations fragiles, celles déjà confrontées à d’autres crises, et les jeunes installés, notamment à travers des exonérations ou des abattements permettant de ne pas aggraver leurs difficultés de trésorerie.

Mieux s’équiper pour continuer d’exister
La demande porte aussi sur les équipements, comme un accès plus simple aux dispositifs permettant de développer le goutte-à-goutte et la micro-aspersion, avec des règles suffisamment souples pour ne pas écarter certains territoires ou certaines exploitations.

Le paradoxe d’un département agricole et irrigué
Le Vaucluse n’est pourtant pas dépourvu de réseaux d’irrigation puisque l’histoire agricole du département a accompagné le développement de l’arboriculture et du maraîchage. L’irrigation gravitaire traditionnelle a progressivement laissé place, notamment depuis les années 1960, à des réseaux sous pression et à des techniques d’irrigation localisée, permettant de mieux maîtriser les apports. Aujourd’hui, les agriculteurs estiment que cet héritage doit être adapté aux nouvelles réalités climatiques. Ils pointent notamment la lenteur de certains projets d’aménagement et la complexité des démarches nécessaires pour sécuriser l’irrigation.

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La position de l’Etat
L’État rappelle de son côté que les prélèvements agricoles sont soumis à une gestion collective : en Vaucluse, la Chambre d’agriculture agit comme organisme unique de gestion collective pour les prélèvements destinés à l’irrigation. Derrière la bataille de l’eau se joue aussi celle du maintien d’une agriculture locale. Vergers, maraîchage, cultures spécialisées : ces productions font vivre des exploitations, mais également tout un tissu économique lié à la transformation, au transport et au commerce.

Les propositions des agriculteurs
C’est pourquoi la FDSEA et les JA proposent des prélèvements encadrés, l’accès à des réseaux performants et à des équipements économes pour concilier production et sobriété. Le risque, à leurs yeux, serait de laisser disparaître progressivement les exploitations qui ne disposent pas d’un accès suffisamment sécurisé à l’eau. Avec, à terme, une dépendance accrue aux importations de produits agricoles, alors même que ceux-ci peuvent être cultivés dans des conditions et avec des normes différentes. Pour les agriculteurs vauclusiens, l’urgence n’est donc plus seulement de réparer les dégâts mais à préparer les exploitations à un climat qui change et un accès à l’eau dont dépend la survie des exploitations
Sources : Préfecture de Vaucluse, situation sécheresse 2026 ; Irrigation 84 ; Agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse.
Mireille Hurlin


Sécheresse : les agriculteurs du Vaucluse réclament de l’eau, pas seulement des aides

Avec 198 conventions actives conclues entre le Service départemental d’incendie et de secours de Vaucluse (SDIS 84), des entreprises et des collectivités, le volontariat des sapeurs-pompiers bénéficie d’un soutien essentiel. Thierry Suquet, le préfet de Vaucluse et Thierry Lagneau, président du SDIS remercient les employeurs dont l’engagement contribue directement à la sécurité des habitants et aussi au renfort des territoires confrontés à des crises majeures, car 80% des pompiers sont des volontaires.

Ils restent souvent dans l’ombre, pourtant leur contribution est indispensable au bon fonctionnement des secours. En permettant à leurs salariés, également sapeurs-pompiers volontaires, de quitter ponctuellement leur poste pour répondre à une intervention, des centaines d’employeurs vauclusiens participent concrètement à la protection de la population française. Thierry Lagneau, président du SDIS de Vaucluse, et Thierry Suquet, préfet de Vaucluse, ont adressé un courrier de remerciement aux employeurs conventionnés du département alors que les sapeurs-pompiers font face aux incendies de forêt d’une façon particulièrement soutenue.

Un partenariat au service de l’intérêt général
Dans leur message, les deux hommes soulignent que cette disponibilité accordée aux salariés volontaires a permis au SDIS 84 de répondre aux demandes nationales de renfort tout en maintenant un niveau de protection suffisant sur le territoire vauclusien. Ils rappellent également que ce partenariat traduit ‘un engagement citoyen concret’ et une responsabilité partagée face aux défis croissants de la sécurité civile. Cette coopération contribue à protéger les populations, mais également l’environnement et l’activité économique, particulièrement exposés lors des incendies estivaux ou des épisodes climatiques extrêmes.

198 conventions déjà signées en Vaucluse
Le SDIS de Vaucluse compte 198 conventions actives conclues avec des entreprises privées et des collectivités publiques. Ces accords facilitent l’absence des salariés lorsqu’ils sont appelés en intervention, en formation ou en mission exceptionnelle. Ce dispositif constitue un levier majeur pour maintenir un maillage territorial efficace des centres de secours. En France, les sapeurs-pompiers volontaires représentent près de 80% des effectifs des services d’incendie et de secours. Leur disponibilité demeure donc un enjeu stratégique, dans les paysages ruraux de Vaucluse, où la rapidité d’intervention repose largement sur cet engagement citoyen.

Une reconnaissance qui dépasse le simple remerciement
En saluant ‘la dynamique de confiance et de solidarité’ nouée avec les employeurs, le SDIS 84 met en lumière la décision d’un chef d’entreprise ou d’une collectivité qui autorise un collaborateur à répondre à l’appel.

Les principaux feux de forêt en France
Près de 42 hectare en Gironde, en Nouvelle Aquitaine ; Le massif de Gros Bessillon, dans le Var sur 1 000 hectares ;  Dans les Landes entre Biscarrosse et Parentis-en-Born ; Dans l’Aude aux portes de Carcassonne ; Dans la Drome, 80 hectares à Bellegarde-en-Diois ; en Cote d’or, à Couchey, plus de 90 hectares.
Mireille Hurlin


Sécheresse : les agriculteurs du Vaucluse réclament de l’eau, pas seulement des aides

Première femme élue à la présidence de la Chambre de commerce et d’industrie de Vaucluse depuis sa création en 1802, Anne Benedetti a été portée à l’unanimité par les élus consulaires. Cheffe d’entreprise reconnue, elle place son mandat sous le signe du rassemblement pour accompagner les 50 000 entreprises du département face aux profondes mutations économiques. Plus de 150 personnes étaient présentes à son installation par le préfet de Vaucluse.

Plus de deux siècles après la création de la Chambre de commerce et d’industrie de Vaucluse, Anne Benedetti devient la première femme à en assurer la présidence. Élue à l’unanimité le 30 juillet, lors de l’installation de la nouvelle assemblée consulaire par le préfet de Vaucluse, Thierry Suquet, la dirigeante de l’entreprise familiale Benedetti SA succède à une gouvernance transitoire assurée après les élections consulaires. Cette élection marque autant un tournant institutionnel qu’une volonté de redonner un élan collectif à l’économie vauclusienne. La nouvelle présidente veut ‘une institution utile, agile et proche du terrain’.

Une entrepreneure enracinée dans le territoire
À la tête de Benedetti SA, entreprise avignonnaise fondée en 1911 et spécialisée dans le traitement des façades et l’isolation thermique par l’extérieur, Anne Benedetti revendique une culture entrepreneuriale héritée de quatre générations. L’entreprise familiale, qui emploie une cinquantaine de salariés et compte plus de 4 500 chantiers réalisés, œuvre au cœur de l’économie vauclusienne.

De gauche à droite Paul Bonnefoy, Bérangère Dye, Roland Paul, Anne Benedetti, Nordine Saihi, Christophe Guignes, Xavier Sordelet, Copyright CCI Vaucluse

Une femme plébiscitée pour sa pugnacité et sa capacité à fédérer
Première femme élue présidente de l’UP-MEDEF Vaucluse en 2018, membre du CESER Provence-Alpes-Côte d’Azur, administratrice de la Fédération du BTP de Vaucluse et investie dans le mouvement national ‘Les Entreprises s’engagent’, Anne Benedetti a été lauréate du premier Prix national de l’entrepreneuriat au féminin en 2014, chevalier de l’Ordre national du Mérite depuis 2016, et défend une vision où développement économique, responsabilité sociale et transmission des savoir-faire progressent de concert.

Former, transmettre et préparer l’avenir

La présidente a dessiné une feuille de route concrète. La formation et l’apprentissage figurent au premier rang de ses priorités. Elle souhaite renforcer l’offre proposée par l’Académie Vaucluse Provence et donner une nouvelle dimension au site d’Agroparc afin de répondre aux besoins croissants des entreprises en compétences.

Des chantiers stratégiques
Autre chantier stratégique : accompagner les grands projets d’aménagement qui conditionnent l’attractivité économique du territoire. Le développement du port fluvial d’Avignon, la réflexion autour de la logistique multimodale ou encore l’avenir de l’aéroport d’Avignon seront autant de leviers susceptibles de renforcer la compétitivité du Vaucluse. À ces grands dossiers s’ajoute la transmission des entreprises. Face au vieillissement des dirigeants, la CCI ambitionne d’accompagner les cédants et les repreneurs, avec l’objectif de garantir la pérennité des entreprises et le maintien de l’activité sur le territoire.

Les présidents de CCI Stéphane Paglia à Arles ; Anne Benedetti en Vaucluse ; Daniel Margot région Sud-Paca et Frédéric Cavallino
pour les Hautes-Alpes. Copyright Mireille Hurlin

La transmission d’entreprise
La transmission d’entreprise est l’un des grands défis économiques des prochaines années. Chaque année, au niveau national, entre 60 000 et 70 000 sociétés changent de mains, dont les trois quarts sont des très petites entreprises. Principal moteur de ces cessions ? Le départ à la retraite des dirigeants qui représente près de 60% des cas, et alors qu’un chef d’entreprise sur quatre a plus de 55 ans. Pourtant, le marché reste confronté à un manque de repreneurs, à des difficultés de financement et à une préparation souvent tardive des transmissions. D’ici à 2030, près de 700 000 entreprises pourraient être concernées. Les plateformes numériques, la diversification des profils de repreneurs et le renforcement des dispositifs d’accompagnement pourraient cependant changer la donne.

Une approche collaborative
Plus précisément, Anne Benedetti considère que le développement économique ne peut reposer sur une seule institution. Elle appelle à renforcer les coopérations entre les entreprises, les collectivités, l’État, les chambres consulaires, les partenaires économiques mais aussi les acteurs de l’économie sociale et solidaire. Cette approche collaborative intervient dans un département qui conjugue agriculture, viticulture, tourisme, industrie, logistique et économie résidentielle, mais dont le tissu entrepreneurial reste composé en très grande majorité de TPE et de PME (Très petites et moyennes entreprises), particulièrement sensibles aux fluctuations économiques. Pour la nouvelle présidente, la priorité est de simplifier le quotidien des entrepreneurs afin qu’ils puissent consacrer leur énergie à développer leur activité plutôt qu’à gérer la complexité administrative.

Les élus de la CCI de Vaucluse Copyright CCI Vaucluse

Quelques chiffres vauclusiens
Avec près de 565 000 habitants, répartis dans 151 communes et 13 intercommunalités, le Vaucluse demeure un territoire dynamique. Il rassemble 220 500 emplois et a enregistré 9 808 créations d’entreprises en une seule année, témoignant d’un tissu entrepreneurial particulièrement actif. L’économie bénéficie également d’infrastructures performantes, avec un territoire couvert par le très haut débit, plus de 1 000 hectares de foncier économique disponibles au sein de 200 zones d’activités et huit pôles de compétitivité. L’attractivité vauclusienne repose aussi sur son moteur touristique : 4,8 millions de visiteurs génèrent chaque année 1,5 milliard d’euros de consommation touristique, faisant vivre près de 12 000 salariés dans l’hôtellerie-restauration.
Source : Vaucluse Provence Attractivité

Un Bureau renouvelé
Pour conduire cette nouvelle mandature, Anne Benedetti s’appuiera sur un Bureau composé de Roland Paul, vice-président Services, Nordine Saihi, vice-président Commerce, Xavier Sordelet, trésorier, Christophe Guignes, trésorier adjoint, Bérangère Dye, secrétaire, et Paul Bonnefoy, secrétaire. Les trois commissions permanentes seront présidées par Norbert Zoppi (Finances et Comptes), Jean-Marc Gruselle (Commission consultative des marchés) et Gérard Arnault (Prévention des conflits d’intérêt).

Une CCI attendue sur le terrain
Au service de près de 50 000 entreprises, la CCI de Vaucluse accompagne des commerçants, industriels, prestataires de services, créateurs et repreneurs d’entreprise. Dans un environnement économique complexe et fragile, la nouvelle gouvernance sera rapidement attendue sur sa capacité à transformer ses ambitions en actions concrètes. Pour Anne Benedetti, l’enjeu dépasse la seule institution consulaire : il s’agit désormais d’écrire « Une nouvelle page de l’histoire économique du Vaucluse », en faisant de la confiance et du collectif les moteurs du développement du territoire.
Mireille Hurlin

Copyright Mireille Hurlin

Sécheresse : les agriculteurs du Vaucluse réclament de l’eau, pas seulement des aides

À compter de demain, jeudi 30 juillet, le Vaucluse passe en procédure d’information-recommandations pour pollution à l’ozone. En cause : un épisode de chaleur favorisant l’accumulation des polluants dans l’atmosphère. Les autorités renforcent les contrôles routiers et industriels tandis que les personnes les plus fragiles sont invitées à limiter leurs efforts physiques aux heures les plus chaudes.

Avec l’épisode caniculaire annoncé sur la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, les conditions atmosphériques deviennent particulièrement propices à la formation d’ozone, un polluant dit  ‘secondaire’, qui ne provient pas directement des activités humaines mais résulte de la réaction, sous l’effet d’un fort ensoleillement, entre les oxydes d’azote émis notamment par le trafic routier et certains composés organiques volatils.

Quand la canicule transforme le soleil en fabrique d’ozone
C’est précisément cette combinaison de températures élevées, d’ensoleillement intense et d’un air peu brassé qui conduit les prévisionnistes d’AtmoSud à anticiper le dépassement du seuil d’information-recommandations dès ce jeudi 30 juillet. La procédure préfectorale est donc activée sur l’ensemble du département.

Une pollution invisible mais bien réelle
Contrairement aux particules fines, l’ozone est un gaz invisible. Irritation des yeux et des voies respiratoires, toux, gêne respiratoire ou diminution des capacités pulmonaires peuvent apparaître, notamment chez les enfants, les personnes âgées, les femmes enceintes, les personnes souffrant d’asthme ou de maladies cardiovasculaires, mais aussi chez les sportifs pratiquant une activité soutenue en extérieur.

Copyright Préfecture de Vaucluse

Pas d’efforts physiques
Les autorités sanitaires recommandent d’éviter les efforts physiques les plus intenses durant les heures les plus chaudes de la journée, de privilégier les sorties tôt le matin ou en soirée et de maintenir les traitements médicaux habituels pour les personnes concernées.

Des contrôles renforcés dans tout le département
Thierry Suquet, le préfet de Vaucluse a également demandé un renforcement des contrôles sur le terrain. Les forces de l’ordre intensifieront les contrôles de vitesse, les vérifications antipollution des véhicules, le contrôle des visites techniques ainsi que la recherche de cyclomoteurs débridés. Les inspections concerneront également certaines installations industrielles classées pour la protection de l’environnement (ICPE), tandis que le respect de l’interdiction de brûlage des déchets verts fera l’objet d’une vigilance accrue.

En pratique
La procédure d’information-recommandations est activée jeudi 30 juillet sur l’ensemble du Vaucluse. Les habitants sont invités à suivre l’évolution de la qualité de l’air et les recommandations sanitaires diffusées par AtmoSud et les autorités de santé. Pour toutes informations complémentaires : Evolution du pic de pollution ici. Les recommandations sanitaires et comportementales ici.
Source préfecture
Mireille Hurlin


Sécheresse : les agriculteurs du Vaucluse réclament de l’eau, pas seulement des aides

Avec 25 000 visiteurs par an, dont 70% d’étrangers, le Musée Angladon-Collection Jacques Doucet demeure l’un des joyaux culturels d’Avignon. À l’approche de ses 30 ans, l’institution accélère sa transformation : soutien des Pouvoirs publics, partenariat envisagé avec le Musée d’Orsay, modernisation de son fonctionnement et ambition d’obtenir le prestigieux label ‘Musée de France’. Une feuille de route destinée à assurer l’avenir d’une collection exceptionnelle, malgré un équilibre financier devenu fragile.

Thierry Suquet, préfet de Vaucluse, a été accueilli au Musée Angladon-Collection Jacques Doucet par Gilles Muller, président de la Fondation Angladon-Dubrujeaud, Me Alain Graugnard, président honoraire, et l’équipe du musée. Mission ? Prendre la mesure d’un établissement engagé dans une profonde réflexion sur son avenir. Pour l’occasion, le représentant de l’Etat a visité l’exposition temporaire ‘Un compagnonnage artistique’. Jean Angladon et Paulette Martin, qui met en lumière le dialogue artistique et amoureux entre les deux peintres, dans leur ancienne demeure, offrant une lecture plus intime de la collection permanente.

Une maison-musée unique en Provence
Créée selon les volontés de Jean Angladon et Paulette Martin, héritiers du grand couturier et collectionneur Jacques Doucet, la Fondation célèbre cette année ses trente ans. Son identité ? Une maison-musée installée dans un hôtel particulier du 18e siècle, où les œuvres rythment les lieux comme si leurs propriétaires venaient tout juste de les quitter. Le musée accueille environ 25 000 visiteurs chaque année, dont près de 70% viennent de l’étranger. Une fréquentation en progression qui témoigne de l’aura internationale de cette collection, considérée comme l’un des plus beaux ensembles privés d’art moderne en France. Parmi ses trésors figurent notamment ‘La Blouse rose’ d’Amedeo Modigliani et ‘Wagons de chemin de fer à Arles’ de Vincent Van Gogh, seule œuvre du peintre hollandais conservée en Provence.

Des difficultés financières, mais une stratégie de rebond

Comme de nombreuses institutions culturelles, le musée doit cependant composer avec une équation économique délicate. Son fonctionnement demeure déficitaire, ce qui fragilise progressivement la dotation financière léguée par ses fondateurs et pour une partie placée en Bourse. Une situation qui a conduit la Fondation à saisir le tribunal judiciaire d’Avignon afin d’obtenir une évolution des dispositions testamentaires encadrant sa gestion.

Pour une réorganisation plus ambitieuse
Parmi les premières mesures figurent un alignement progressif de la politique tarifaire sur celle des autres musées avignonnais, désormais payants pour les visiteurs extérieurs à la ville, la refonte du site internet, la mise en place d’une billetterie en ligne, le développement de nouveaux services et un renforcement de la présence numérique. Une réorganisation interne devrait également permettre de mieux distinguer les missions administratives des activités scientifiques et culturelles.

Le pari d’un grand musée d’art moderne en région Sud
Egalement, depuis plusieurs années, la Fondation travaille avec la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) à un rapprochement avec le Musée d’Orsay. L’objectif est de faire émerger, en Avignon, un pôle majeur consacré à l’art moderne, à l’image des coopérations déjà engagées entre le Louvre et le Petit Palais. Dans cette perspective, les responsables du musée souhaitent fédérer l’ensemble des acteurs culturels du territoire, des collectivités locales à l’agglomération du Grand Avignon, afin de construire une stratégie commune de rayonnement. L’enjeu ? Renforcer l’attractivité culturelle d’Avignon tout au long de l’année, au-delà de la seule période des Festivals In et Off, en s’appuyant sur un patrimoine couvrant près de huit siècles de création artistique, de la première Renaissance à l’art contemporain.

Objectif ‘Musée de France’ en ligne de mire
Grâce à la qualité exceptionnelle de ses collections, le Musée Angladon nourrit désormais l’espoir d’obtenir l’appellation Musée de France, distinction qui renforcerait encore sa visibilité, faciliterait les partenariats scientifiques et conforterait sa mission de conservation. La visite du préfet apparaît ainsi comme une étape importante dans ce processus. Entre exigences économiques, attractivité touristique et transmission culturelle, le Musée Angladon doit répondre aux exigences de son temps pour ambitionner demain
Mireille Hurlin


Sécheresse : les agriculteurs du Vaucluse réclament de l’eau, pas seulement des aides

Face à une dégradation rapide de la situation hydrologique, le préfet de Vaucluse, Thierry Suquet, renforce les restrictions d’usage de l’eau. Depuis aujourd’hui 27 juillet, quatre bassins : la Durance, le Calavon amont, le Sud-Luberon et la Nesque sont placés en alerte sécheresse, tandis que le reste du département demeure en vigilance. L’aménagement hydraulique Durance-Verdon alimente à lui seul 60% des ressources en eau de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Face à des sécheresses de plus en plus fréquentes, préserver cette ressource est devenu un défi majeur pour les territoires, l’agriculture et l’économie locale. Tout en détail ici.

Après plusieurs semaines de fortes chaleurs et un déficit pluviométrique persistant, les nappes et les cours d’eau les plus fragiles poursuivent leur baisse. Les prévisions météorologiques, annonçant une nouvelle vague de chaleur sans précipitations significatives, ont conduit les services de l’État à relever le niveau d’alerte sur plusieurs bassins versants du département.

Une sécheresse qui s’installe durablement
Concrètement, le passage en niveau ‘Alerte’ entraîne des limitations obligatoires pour tous les usagers : particuliers, collectivités, agriculteurs et entreprises. Arrosage des jardins, remplissage des piscines, lavage des véhicules ou encore certains prélèvements agricoles sont désormais soumis à des restrictions variables selon les territoires. Les autres bassins restent en vigilance, un stade qui appelle chacun à réduire volontairement sa consommation afin d’éviter un durcissement des mesures.

Copyright Publication Aurav Mars 2019 La ressource en eau en Vaucluse

Une ressource sous pression depuis plusieurs années
Cette nouvelle alerte ne constitue pas un épisode isolé. Dès 2019, l’Agence d’urbanisme Rhône Avignon Vaucluse (AURAV) dressait un constat préoccupant : la raréfaction de la ressource en eau est devenue un facteur déterminant du développement du territoire. Plusieurs bassins vauclusiens, notamment le Lez, l’Aygues, l’Ouvèze et le Calavon-Coulon, étaient déjà identifiés comme déficitaires, avec des objectifs de réduction des prélèvements pouvant atteindre 40% sur certains secteurs durant la période estivale.

Des températures de plus en plus élevées s’étendant dans le temps
Les projections climatiques accentuent encore cette vulnérabilité. Météo-France prévoit des températures plus élevées, des sécheresses plus longues et des pluies moins fréquentes mais plus intenses. Autrement dit, davantage d’eau en quelques heures… mais moins disponible le reste de l’année.

Le paradoxe vauclusien : un département riche en eau… mais inégalement doté
Le Vaucluse bénéficie de deux grands réservoirs naturels que sont le Rhône et la Durance. Pourtant, cette abondance apparente masque une forte disparité géographique.La partie orientale du département dépend largement des transferts d’eau venus de la Durance, tandis que plusieurs territoires restent tributaires de ressources locales devenues insuffisantes durant l’été. Cette interdépendance explique pourquoi certains secteurs connaissent régulièrement des tensions alors même que d’autres disposent encore de réserves confortables. À l’échelle régionale, 86% des ressources utilisées sont des eaux de surface, et 60% de l’eau consommée en Provence-Alpes-Côte d’Azur provient du système Durance-Verdon, véritable colonne vertébrale hydraulique de la région.

Copyright Préfecture de Vaucluse 27 juillet 2026

L’agriculture en première ligne
Premier consommateur d’eau en France, avec près de 48% des volumes consommés, l’irrigation constitue un enjeu particulièrement sensible en Vaucluse. Arboriculture, maraîchage, viticulture ou cultures céréalières dépendent étroitement d’un accès sécurisé à la ressource.

Les territoires les moins irrigués
Selon la Chambre d’agriculture de Vaucluse, les territoires les moins équipés en réseaux d’irrigation modernes sont aujourd’hui les plus exposés. Les secteurs des Côtes-du-Rhône, de l’Enclave des Papes ou encore les vallées de l’Aygues, de l’Ouvèze et du Calavon figurent parmi les plus vulnérables. L’enjeu est désormais d’investir dans des infrastructures plus économes en eau tout en conciliant les besoins agricoles, ceux de l’alimentation en eau potable et la préservation des milieux naturels.

Au-delà des restrictions, préparer l’avenir
Les mesures préfectorales répondent à l’urgence. Mais elles s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à adapter durablement le territoire au changement climatique.Le Département de Vaucluse a d’ailleurs lancé un appel à projets consacré à la restauration du grand cycle de l’eau, destiné à accompagner les collectivités dans des actions de désimperméabilisation des sols, de restauration des zones humides, de renaturation des cours d’eau ou encore de recharge des nappes phréatiques. Ces solutions fondées sur la nature visent à retenir davantage l’eau sur les territoires plutôt qu’à la laisser s’écouler rapidement vers les fleuves.

Pas de développement économique sans eau
Parallèlement, les documents d’urbanisme sont désormais appelés à intégrer systématiquement la disponibilité de la ressource avant toute extension urbaine. Une évolution majeure qui fait de l’eau un préalable au développement économique et démographique des territoires. Egalement, lors de l’assemblée générale de la Fédération du Bâtiment et des Travaux publics, mi-juillet, son président, Daniel Léonard, a plaidé pour une meilleure valorisation des eaux pluviales. Il a déploré que d’importants volumes d’eau s’écoulent chaque année, notamment en octobre, novembre et septembre, sans être captés, alors qu’ils pourraient alimenter des réserves stratégiques pour les périodes de sécheresse, via des systèmes de collecte.

Une vigilance appelée à devenir la norme
Les épisodes de sécheresse se succèdent désormais avec une fréquence inédite. Si les restrictions actuelles concernent principalement certains bassins, elles traduisent une évolution profonde du climat méditerranéen. Pour les spécialistes de l’eau, la question n’est plus de savoir si ces épisodes vont se répéter, mais comment adapter durablement les usages afin de préserver une ressource devenue stratégique et en conserver l’accès démocratique.

Les infos pratiques
Les habitants peuvent consulter, commune par commune, les restrictions applicables sur la plateforme nationale VigiEau, mise à jour en temps réel par les services de l’État. Toutes les informations utiles sur les restrictions en cours sont disponibles sur le site : https://vigieau.gouv.fr.
Mireille Hurlin

Copyright Publication Aurav La ressource en eau en Vaucluse Mars 2019

Sécheresse : les agriculteurs du Vaucluse réclament de l’eau, pas seulement des aides

Comme nous l’avions annoncé le 13 avril dernier, le dossier de la LEO (Liaison Est-Ouest) n’est pas encore définitivement enterré. La réalisation de la seconde tranche de cette infrastructure routière devant permettre le contournement par le Sud de l’agglomération d’Avignon semble faire aujourd’hui l’objet d’un consensus inédit. Suffisant pour accélérer dans la dernière ligne droite de ce projet alors que se profile le terme de la DUP (Déclaration d’utilité publique) dans ce dossier d’intérêt national ?

« Nous avons tenu une réunion sur le dossier de la LEO, a expliqué Olivier Galzi, nouveau maire d’Avignon et nouveau président du Grand Avignon en clôture du conseil communautaire qui s’est déroulé ce mercredi 29 avril à la salle polyvalente de Montfavet. Nous avons réuni un certain nombre des vice-présidents du Grand Avignon mais aussi les représentants de Terre de Provence agglomération, directement concerné par ce projet, ainsi que la vice-présidente du conseil départemental des Bouches-du-Rhône, la présidente du conseil départemental de Vaucluse et les représentants de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Tous sont venus apporter leur soutien à ce dossier. »

« Faire enfin avancer cette fameuse voie de contournement que notre économie et nos populations, particulièrement à la Rocade, attendent depuis si longtemps. »

Olivier Galzi, maire d’Avignon et président du Grand Avignon

De droite à gauche : Paul Mély, vice-président du Grand Avignon délégué aux mobilités et aux infrastructures de transport, Pascale Bories, 1re vice-présidente du Grand Avignon déléguée à l’aménagement du territoire, à l’habitat et aux gens du voyage, Marcel Martel, Maire de Châteaurenard, Olivier Galzi, président de la Communauté d’agglomération du Grand Avignon et maire d’Avignon, Dominique Santoni, présidente du Conseil départemental de Vaucluse, Corinne Chabaud, présidente de la Communauté d’agglomération Terre de Provence, Michel Bissière, conseiller régional de la Région Sud (représentant Renaud Muselier, président de la Région Sud), Marie-Pierre Callet, vice-présidente du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône (représentant Martine Vassal, présidente du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône) et Yves Picarda, Maire de Rognonas. Crédit photo: Grand Avignon/ Anthony Beignard 

Un pack territorial
Usant d’une métaphore rugbystique, le président du Grand Avignon a insisté sur sa volonté de créer un véritable ‘pack’ territorial afin de relancer ce dossier aujourd’hui au point mort à quelques mois seulement du terme de la DUP (Déclaration d’utilité publique) de ce projet d’intérêt national.
« Pour qu’un pack gagne, il faut qu’il soit soudé, qu’il pousse dans la même direction. C’est exactement ce qui vient de se passer. Nous sommes désormais tous soudés pour essayer de faire enfin avancer cette fameuse voie de contournement que notre économie et nos populations, particulièrement à la Rocade, attendent depuis si longtemps. »
Un consensus qui va se traduire dans un premier temps par l’envoi d’un courrier au ministre des transports, au premier ministre ainsi qu’au président de la république. Dans cette lettre, l’ensemble des partenaires affirmera son soutien à la réalisation de la tranche 2 de la LEO puisque jusqu’alors, la principale réserve émise par le ministre des transports lorsqu’il avait refermé le dossier c’est qu’il attendait que les responsables locaux se mettent d’accord.

Identifier rapidement le maître d’ouvrage
Cette nouvelle unanimité a ainsi déjà débouché sur l’annonce de plusieurs priorités : « la nécessité de conduire la tranche 2 dans sa globalité, sans phasage, afin d’en garantir la cohérence et l’efficacité » ainsi que « l’identification rapide d’un maître d’ouvrage en capacité de piloter le projet et d’en assurer le préfinancement. »
Côté environnement l’ensemble des partenaires réclament également « une réalisation pragmatique, mieux intégrée sur les plans environnemental et paysager » ainsi qu’un « engagement collectif à accompagner les exigences environnementales, notamment en matière de mesures compensatoires ».
« Maintenant, nous sommes d’accord. C’est une excellente nouvelle pour notre territoire », se félicite Olivier Galzi qui après avoir rouvert le dossier entend dorénavant se consacrer à retrouver les financements. Signe positif ? Une partie des budgets consacrés à ce projet sont encore fléchés dans certaines collectivités comme c’est notamment le cas pour le Département de Vaucluse dont l’enveloppe est toujours prévues à hauteur de 14,72% du coût de la tranche 2 (voir répartition du financement ci-dessous).

Une LEO, mais quelle LEO ?
Alors que Thierry Suquet, le préfet de Vaucluse avait évoqué l’arrêt « du dossier suite aux désaccords constatés entre les élus sur ce sujet » (ndlr : l’ancienne maire d’Avignon et l’ancien président du Grand Avignon s’étaient opposés à la poursuite du projet en l’état), il a précisé lors d’une rencontre avec la presse il y a quelques jours : « Les crédits ont été renvoyés et nous étions en train de travailler sur ce qu’on appelle le dossier de clôture puisque c’est l’État qui assure la maîtrise de l’ouvrage. Mais on ne peut pas fermer un dossier comme cela, il y a notamment la mise en œuvre des travaux compensatoires. En particulier, le sujet des arasements de la Durance qui sont des travaux complémentaires à la LEO. »
Pour rappel, cette opération a permis de draguer 270 000m3 de limons et 20 000m3 de graviers sur une zone de 9 470m2 s’étendant entre les communes d’Avignon, Barbentane, Rognonas et Aramon entre le pont de la tranche 1 de la LEO et le seuil de la CNR (Compagnie nationale du Rhône). Ces travaux restent à continuer sur la partie amont de la LEO, dans le secteur de la tranche 2, même si cette partie de l’infrastructure ne devait pas être réalisée.

« Manifestement, la donne politique a changé. »

Thierry Suquet, préfet de Vaucluse

« Manifestement, la donne politique a changé depuis qu’Olivier Galzi a rencontré Philippe Tabarot, le ministre des transports, constate le préfet de Vaucluse. Ensemble, ils ont reposé le sujet donc je suppose qu’on va le rouvrir. »
« Il y a deux ans le projet qui a été présenté aux collectivités et aux financeurs a été rejeté parce qu’il était trop cher, recontextualise le préfet de Vaucluse. Personne ne sait comment financer un projet qui est au double du budget fixé au démarrage. L’année dernière, l’État propose une ébauche de projet remplissant 90% des fonctionnalités de la LEO en revenant dans les objectifs budgétaire et en suivant le tracé juridiquement possible dans le cadre de la DUP (Déclaration d’utilité publique) de la tranche 2. Là, une partie des élus s’opposent à la poursuite des études et le préfet de la région dit ‘qu’il ne fera rien contre les élus’. On commence donc à fermer le dossier et l’argent qui était disponible depuis de nombreuses années commence à être affecté sur d’autres projets. »

« La logique voudrait donc de rouvrir le dossier à l’endroit où on l’avait clos »

Thierry Suquet, préfet de Vaucluse

La mobilisation des élus et financeurs concernés par le projet semble avoir rebattu les cartes en remettant le dossier en haut de la pile. « La logique voudrait donc de rouvrir le dossier à l’endroit où on l’avait clos », estime le préfet de Vaucluse qui rappelle « que l’ébauche de projet qui avait été faite par les services d’État nécessite un minimum d’un an d’études pour savoir si cette solution est viable ».
Mais préalablement, il s’agira de savoir si le projet est susceptible de satisfaire tout le monde. S’il est financé par tous. Si les solutions techniques sont validées par tous.

En rose à droite, le tracé de la tranche 2. A gauche, en violet, le tracé de la tranche 3. Crédit Dreal Paca

200M€ pour une tranche 2 en version ‘light’
En effet, le projet de l’État pour rester dans les clous budgétaires prévoit de passer d’un infrastructure initialement prévue en 2×2 voies de type autoroute à une tranche 2 de la LEO en 2×1 voies. Il n’y aurait plus d’ouvrages surélevés, comme des ponts enjambant des ronds-points, et il faut s’attendre à ce que la voie comporte des feux tricolores.
Par ailleurs techniquement, les acquisitions de maisons et de foncier sur le tracé peuvent être considéré juridiquement comme le début du chantier. La DUP ne serait alors pas remise en cause. « Mais si on abandonne le trajet tel qu’il a été déterminé juridiquement, tout tombe, rappelle le Préfet. On arrête le projet précédent et on repart avec une nouvelle enquête d’utilité publique et une nouvelle définition. »
Et Thierry Suquet de résumer la situation : « il y a un projet de type autoroutier qui vaut deux fois le prix fixé à l’époque et il y a un projet alternatif de contournement qui revient au prix d’objectif tout en assumant en grande partie les fonctions de contournement et de voies alternatives à la traversée d’Avignon. S’il y a un consensus et que tout le monde est d’accord, il doit être possible de regarder si le projet peut aboutir en réalisant des études complémentaires. Mais ce n’est pas gagné. »

A ce jour, le coût de cette version ‘light’ de la tranche 2 de la LEO est estimé à minimum 170M€, et plus probablement 200M€. Pour autant, le financement de cette infrastructure majeur pour la bassin de vie d’Avignon ne semble pas être le principal obstacle à sa réalisation.
« Le projet était prêt à démarrer. Les conventions étaient signées, l’argent était réservé par les collectivités locales et cela n’a pas empêché que le projet reste bloqué, constate le préfet de Vaucluse. S’il y a un consensus politique et financier. S’il y a un projet qui émerge sur lequel tout le monde est partant, je pense qu’il sera alors possible d’aller chercher les financements dans le prochain contrat de plan. »
Un très prochain comité de pilotage entre les services de l’Etat, maître d’ouvrage, et les acteurs locaux concernés par le dossier devrait très certainement permettre d’en connaitre davantage sur un éventuel calendrier.

Quid de la 3e tranche 3 ?
Ne manquera plus alors qu’à se pencher sur le berceau de la 3e tranche de la LEO, celle franchissant le Rhône. Ce barreau entre Courtine et Les Angles qui constitue la clef de voûte indispensable de ce contournement sur d’Avignon devant rallier l’A7 à l’A9. Mais là encore ce n’est pas gagner car il faudra une sacrée baguette magique pour réussir à mettre autour de la table deux financeurs aux abonnés absents jusqu’à présents : le Conseil régional d’Occitanie et la Conseil départemental du Gard.
Cela ne sera une mince affaire car même si on avait cru un instant l’été dernier que la boussole régionale de Carole Delga avait retrouvé le Gard rhodanien* la présidente d’Occitanie a finalement confirmé le 17 avril dernier à nos confrères de La Provence qu’elle ne soutiendrait pas financièrement le projet.

L.G.

*Présente l’an dernier aux cérémonies du 14 juillet à Villeneuve-lès-Avignon, Carole Delga avait déclaré à nos confrères de la presse quotidienne régionale l’interrogeant sur la LEO  : « J’y suis complètement favorable. Mais la question de son financement est liée à la participation de l’Etat (…). La France a besoin d’investir dans des infrastructures ferroviaires, routières et maritimes. C’est primordial pour la compétitivité économique des entreprises ».

SERM, raccordement A7-A9… : Il n’y a pas que la LEO
Outre la LEO, le préfet de Vaucluse a rappelé qu’il y avait d’autres projets majeurs concernant les problématiques de mobilité pour le bassin de vie d’Avignon et le Vaucluse.
« Il faut maintenir la même pression sur le SERM (Services express régionaux métropolitains), conseille le préfet de Vaucluse. C’est un enjeu extrêmement fort si le projet est retenu car il peut s’avérer particulièrement complémentaire dans une logique de cadencement des transports en commun autour de l’étoile ferroviaire d’Avignon. Se pose toutefois là encore la question de le financer. »
Même intérêt à propos du raccordement entre les autoroutes A7 et A9 au niveau de l’échangeur d’Orange. « S’il n’y a rien de nouveau, c’est tout de même un dossier qui est dans le viseur et dans les objectifs, confesse Thierry Suquet. Ce qu’il ne faut pas c’est que le fait de se remettre à travailler sur LEO empêche l’avancée de l’ensemble de ces projets-là. »


Sécheresse : les agriculteurs du Vaucluse réclament de l’eau, pas seulement des aides

À l’approche de l’examen du projet de loi d’urgence agricole au Sénat en juin 2026, le Vaucluse s’impose comme un laboratoire à ciel ouvert des tensions qui traversent l’agriculture française. Entre crise profonde de la filière cerise, pression croissante de la prédation sur le pastoralisme et nécessité d’adapter les politiques publiques, élus et professionnels cherchent des réponses concrètes, ancrées dans les réalités du terrain.

Symbole d’un terroir, la cerise vauclusienne traverse une zone de fortes turbulences. Concurrence internationale accrue, notamment de pays à bas coûts comme la Turquie, hausse des charges -main-d’œuvre, énergie-, aléas climatiques à répétition et restrictions sur certains produits phytosanitaires fragilisent durablement la production.

La filière cerise en danger
Selon le ministère de l’Agriculture, la France a vu sa production de cerises reculer ces dernières années, tandis que les importations progressent, accentuant la pression sur les producteurs locaux. En Provence-Alpes-Côte d’Azur, région historiquement productrice, les exploitations peinent à maintenir leur rentabilité.
Dans ce contexte, la réunion de travail organisée par Lucien Stanzione, sénateur de Vaucluse le 27 avril à Saint-Saturnin-lès-Apt, réunissant élus locaux, producteurs, syndicats agricoles et techniciens de la filière afin de recueillir des propositions concrètes d’amendements pour défendre la filière. Objectif : peser dans les débats parlementaires à venir, en intégrant des mesures opérationnelles sur les coûts de production, la protection des cultures ou encore la régulation du marché.

Lucien Stanzione avec Yohann Constant à Aurel Copyright Communication LS

Le pastoralisme face à l’épreuve du loup
À quelques kilomètres des vergers, sur les hauteurs du plateau de Sault, un autre front agricole se joue : celui du pastoralisme. Lors d’une mission d’information sénatoriale, conduite notamment par Lucien Stanzione aux côtés de Jean‑Marc Boyer, sénateur du Puy-de-Dôme et Yves Bleunven, sénateur du Morbihan, les élus ont plongé au cœur du quotidien des éleveurs. Sur le terrain, à Aurel ou Saint-Trinit, le constat est préoccupant : la prédation du loup, en expansion en France -plus de 1 000 individus estimés par l’Office français de la biodiversité en 2025-, bouleverse l’équilibre économique et psychologique des exploitations.
Les échanges ont mis en lumière une équation complexe : protéger une espèce strictement encadrée au niveau européen tout en garantissant la survie d’une activité essentielle. Car le pastoralisme ne se limite pas à une production agricole : il façonne les paysages, prévient les incendies et entretient la biodiversité.

Trouver l’équilibre entre souveraineté et transition
Au cœur des discussions : le projet de loi d’urgence agricole, présenté comme une réponse à la crise traversée par le monde rural depuis plusieurs années. Ce texte ambitionne de traiter des enjeux structurants : souveraineté alimentaire, accès à l’eau –avec le volet hydraulique-, encadrement des produits phytosanitaires ou encore rééquilibrage des relations commerciales via les lois Loi Egalim (appelée aussi loi Agriculture et Alimentation, a pour objectif de rééquilibrer les relations commerciales dans le secteur agricole et d’œuvrer pour une alimentation saine et durable). Mais sur le terrain, une même exigence s’impose : adapter les dispositifs aux réalités locales. Les tables rondes organisées à Avignon, en présence notamment du préfet Thierry Suquet, ont permis de croiser les regards entre État, élus et professionnels. Les acteurs agricoles plaident pour des réponses pragmatiques : simplification administrative, soutien ciblé aux filières fragilisées, dispositifs de protection renforcés contre la prédation, ou encore investissements dans l’irrigation face au changement climatique.

Le Vaucluse, miroir des défis agricoles français
De la cerise aux troupeaux, le Vaucluse concentre des problématiques nationales : compétitivité des filières, adaptation au dérèglement climatique, tension entre production et biodiversité, renouvellement des générations agricoles. Les restitutions attendues fin juin-début juillet devraient traduire ces constats en propositions concrètes. Une étape décisive, alors que le Parlement s’apprête à débattre d’un texte attendu, mais dont l’efficacité dépendra de sa capacité à intégrer la complexité du terrain. Car derrière les chiffres et les lois, une réalité demeure : celle d’hommes et de femmes qui, chaque jour, tentent de maintenir vivante une agriculture à la fois économique, écologique et profondément territoriale.
Mireille Hurlin

La délégation du sénat chez Rudy Usseglio Copyright Communication LS

Sécheresse : les agriculteurs du Vaucluse réclament de l’eau, pas seulement des aides

Entre recul des cambriolages et intensification du narcotrafic, la sécurité publique en Vaucluse révèle un territoire confronté à des mutations profondes de la délinquance, sur fond de mobilisation accrue de l’État.

Le bilan 2025 dressé par Thierry Suquet, préfet de Vaucluse, esquisse une réalité complexe, faite de progrès tangibles et de tensions persistantes. Derrière les indicateurs globaux, une ligne de fracture apparaît nettement : la délinquance se transforme, se spécialise et, parfois, se durcit. Si certaines infractions reculent, à commencer par les cambriolages, d’autres connaissent une progression préoccupante, notamment les violences aux personnes et les trafics de stupéfiants, désormais au cœur des priorités des autorités.  

Narcotrafic : une lutte devenue centrale
C’est sans conteste le marqueur le plus structurant de l’année 2025. Le narcotrafic s’impose comme une problématique majeure, qualifiée de ‘décomplexée’ par les autorités judiciaires, tant son emprise sur certains territoires et publics s’intensifie. Les chiffres traduisent d’ailleurs cette mobilisation : 4 653 infractions liées aux stupéfiants constatées ; 19 points de deal recensés, contre 30 en 2024 et 66 en 2022 ; 364 armes saisies, en hausse de 11,7% et 11 points de deal démantelés en 2025.

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Baisse des points de deal
La baisse spectaculaire du nombre de points de deal constitue un signal fort, fruit d’une stratégie offensive combinant actions judiciaires, fermetures administratives et nouveaux outils législatifs issus de la loi contre le narcotrafic adoptée en 2025. Mais cette pression accrue s’accompagne d’une adaptation des réseaux, plus diffus, plus mobiles, et parfois davantage ancrés dans des logiques numériques ou d’ubérisation du trafic.

Violences aux personnes : une progression préoccupante
Autre indicateur majeur : les atteintes volontaires à l’intégrité physique poursuivent leur progression. En 2025, 7 420 faits de violences physiques ont été enregistrés, soit une hausse de 2,9%. Les violences intrafamiliales, en particulier, explosent avec 1 946 interventions des forces de sécurité, en hausse de 32,5% et 3 842 plaintes de femmes majeures, en augmentation de 7,2%. Les femmes demeurent les premières victimes : elles représentent 88% des victimes de viols ou tentatives et 85% des violences sexuelles. C’est toute une organisation qui se renforce, avec des dispositifs d’accompagnement, des outils judiciaires spécialisés et une mobilisation accrue des associations.

Atteintes aux biens : une baisse encourageante
À l’inverse, les atteintes aux biens enregistrent une amélioration notable : 3 124 cambriolages en 2025, soit une baisse de 9,6% et 16 200 faits de vols et cambriolages au total. Cette évolution, cohérente avec la tendance nationale, traduit l’efficacité des dispositifs de prévention et de présence sur le terrain, même si certains segments, comme les vols simples qui restent orientés à la hausse.  

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Insécurité routière : une accalmie relative
Sur le front routier, les indicateurs sont en légère amélioration avec 576 accidents en 2025 (-5%); 35 morts (-15%) et 736 blessés (-6%)Mais cette baisse masque une réalité préoccupante : les deux-roues motorisés, bien que minoritaires, concentrent 31% de la mortalité routière. La sécurité routière reste ainsi un enjeu majeur, mobilisant plus de 126 actions de prévention sur l’année.  

Fermeté administrative et pression migratoire
L’année 2025 se distingue également par un recours accru aux outils administratifs : 80 fermetures administratives de commerces, soit un triplement en trois ans ; 141 procédures engagées et +56% de fermetures liées au tabac illicite. Parallèlement, la lutte contre l’immigration irrégulière s’intensifie avec 1 069 interpellations (+28%), 1 255 mesures d’éloignement (+41%) et 193 expulsions, dont plusieurs profils sensibles. Ces chiffres traduisent une volonté de fermeté, notamment à l’égard des individus considérés comme menaçant l’ordre public.  

Une délinquance qui se reconfigure
C’est la nature même de la délinquance qui évolue. Plus structurée, plus mobile, parfois plus violente, elle s’inscrit dans des logiques économiques et territoriales. La montée des violences liées aux trafics, l’implication croissante des mineurs, ou encore l’essor des fraudes financières avec près de 4,8M€ détectés par la Caisse d’Allocations Familiales, illustrent cette mutation.  

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Maintenir la pression
Face à ces enjeux, les autorités entendent poursuivre et amplifier leur action. Trois priorités structurent désormais l’action publique : La lutte contre le narcotrafic, la prévention des violences intrafamiliales et la réduction des cambriolages. À cela s’ajoutent la lutte contre la radicalisation avec 49 réunions du groupe d’évaluation départemental et la sécurisation des grands événements.  En effet, depuis 2014, chaque préfet a constitué dans son département un groupe d’évaluation départemental de la radicalisation islamiste (GED) afin d’organiser le décloisonnement interservices de l’information et de structurer les échanges entre les instances départementales et nationales

Un territoire sous vigilance
Le bilan 2025 du Vaucluse ne se résume ni à une dégradation ni à une amélioration nette. Il révèle un territoire sous tension, où les efforts des forces de l’ordre produisent des résultats tangibles, mais où les phénomènes criminels se recomposent en permanence. Une équation délicate, où la sécurité ne se joue plus seulement sur le terrain, mais aussi dans la capacité à anticiper, coordonner et comprendre des formes de délinquance en constante mutation.

Les chiffres clés 2025
Près de 4,8M€ de fraudes détectées par la CAF ; 34 653 infractions liées aux stupéfiants recensées, avec 19 points de deal actifs (contre 66 en 2022) ; 16 200 atteintes aux biens enregistrées ; 7 420 faits de violences physiques, dont 1 946 interventions pour violences intrafamiliales (+32,5%) ; 3 842 plaintes de femmes majeures pour violences (+7,2%) ; 3 124 cambriolages, en baisse de 9,6% ; 1 255 mesures d’éloignement (+41%) ; 1 069 interpellations d’étrangers en situation irrégulière (+28%) ; 576 accidents de la route, dont 35 morts et 736 blessés ; 80 fermetures administratives de commerces (x3 en trois ans) ; 
Mireille Hurlin

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