Entre deux sanglots, lunettes noires, l’Avignonnaise Mireille Mathieu l’affirme face aux caméras : « Brigitte Bardot, c’était la France. C’était la plus belle femme du monde ». Pour cette cérémonie, le tout-Saint-Tropez, anonymes ou pas, pêcheurs, touristes, qui ont souvent traversé la France, sont venus accompagner l’infatigable passionnaria qui s’est battue, bec et ongles, pendant plus d’un demi-siècle pour les animaux.
À Notre-Dame de l’Assomption, la fameuse église au clocher jaune et terracota qui domine le petit port, son mari, son fils et ses petits-enfants, étaient là au premier rang. Casta Diva, interprétée par Maria Callas, résonne lors de l’arrivée du modeste cercueil en osier, recouvert de dahlias et marguerites rouges, oranges et blanches.
Dans l’autel, à côté du curé qui officie, est posée la photo mythique en noir et blanc de BB sur la banquise avec dans les bras un bébé phoque. La musique originale du film Le mépris, signée Georges Delerue, résonne en amont de l’Eucharistie, du Notre Père, de l’Agnus Dei et de la Communion. À midi, alors qu’on entend comme chaque mercredi les sirènes de la ville, Mireille Mathieu, malgré l’émotion qui l’étreint, met tout son cœur dans le Panis Angelicus, motet de Saint Thomas d’Aquin, a capella et en latin avant que Vincent Niclo n’interprète l’Ave Maria de Gounod.
Belle et rebelle, Brigitte Bardot, légende unique du XXᵉ siècle, suivie de Chico et de ses potes gitans qui l’accompagnent à la guitare, passe pour la dernière fois dans les ruelles de Saint-Tropez qu’elle aimait tant, sur le port, entre yachts de milliardaires et modestes pointus, devant l’emblématique Café Sénequier, la Place des Lices avant de rejoindre le cimetière marin. Entre ciel et mer, Coquillages et crustacés vont sans doute l’entourer et veiller sur elle ad vitam æternam.
























































