Après sa victoire au second tour des dernières élections municipales, Olivier Galzi vient d’être officiellement élu maire d’Avignon lors de la séance d’installation du conseil municipal qui vient de se tenir ce samedi 28 mars. Il est le premier homme à s’assoir dans le fauteuil de maire depuis le socialiste Guy Ravier en 1995.
Une heure avant le Conseil Municipal, à 10h, ils étaient déjà des centaines d’Avignonnais à faire la queue Place de l’ Horloge, en plein mistral, puis au chaud dans la salle du Péristyle pour ne pas rater une minute de cette cérémonie d’installation du nouveau maire. Celle d’Olivier Galzi qui succède à la socialiste Cécile Helle qui la veille, après deux mandats consécutifs, avait fait des adieux émouvants au personnel municipal.
Des têtes connues au sein de la majorité
Dès l’appel des 53 élus, du côté de la majorité on a reconnu quelques têtes, celles de Corinne Chatriot, Isabelle Altayrac, Christian Paly, Valérie Wagner, mais aussi l’ancien chauffeur de Marie-Josée Roig, ‘Marco’ Gonzalez. Sont également là des nouveaux, comme le colonel des pompiers, Jean-Luc Qyeyla, le directeur de théâtre Laurent Rochut, deux anciennes journalistes Simone Vidal et Violeta Lukic. Font aussi partie de l’équipe du nouveau maire, le musicien Vincent Fuchs, créateur de ‘Spectacul’Art’, l’ancienne magistrate du tribunal judiciaire d’Avignon, Michèle Nesme, un jeune chef d’entreprise Mattéo Boso et la benjamine de 18 ans, Cyrine Blanc, élève du lycée Mistral. Présence remarquée également de Florian Borba Da Costa, qui était dans la majorité de Cécile Helle lors de son premier mandat.
C’est le doyen des élus, Claude Le Roy, 78 ans, qui présidait la séance. Et qui en faisant l’appel a ‘oublié’ une des élus RN, ce que lui a fait remarquer vertement Anne-Sophie Rigault la tête de la liste ‘Avignon, en avant !’ : « Nous sommes cinq élus et vous en oubliez une, Charline Savreux ».
Premières escarmouches avec l’opposition
Quand il énumère la liste ‘Ensemble et Solidaires’ emmenée par le socialiste David Fournier, le doyen bute sur le nom de Zinèbe Haddaoui. Ce qui fera dire à l’écologiste Mouloud Rezouali : « J’’espère que quand vous étiez sélectionneur des équipes de foot en Afrique, vous n’écorchiez pas le nom des joueurs ».
Réponse de Claude Le Roy, qui a été entraîneur au Cameroun, au Sénégal et au Togo : « Olivier m’a demandé de le rejoindre. Je souhaite que cette mandature soit la plus sereine possible. Ecoute, tolérance, addition d’intelligences et de compétences, voilà ce que nous sommes et nous ferons tout pour le bien-être des Avignonnais. D’ailleurs, aux Antilles, un jour, le poète et homme politique Aimé Cézaire m’avait conseillé : ‘Restez poreux aux souffles du monde’ ».
Autre citation, celle d’Edgar Faure, ancien premier ministre et président de l’Assemblée nationale : « Ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent », un aphorisme que certains ont rappelé en ricanant, hier en marge de la cérémonie, en parlant du doyen qui, en 2001 était 5e sur la liste PS d’Elisabeth Guigou face à Marie-Josée Roig.
« Cécile Helle a eu une attitude exemplaire, républicaine. »
Olivier Galzi
Le nouveau maire prend la parole
Ensuite s’est déroulé le vote pour la tête de l’exécutif municipal. Face à Anne-Sophie Rigault, c’est Olivier Galzi qui a été élu avec 36 votes sur 53. Ceint de son écharpe, applaudi à tout rompre dans la Salle des Fêtes, tout sourire, il a embrassé sa fille et ses parents assis au premier rang, puis Romain Lauthier, un des artisans de la victoire finale. Il a alors pris la parole en s’asseyant dans le fauteuil rouge. « C’est avec beaucoup d’émotion et d’humilité que je m’adresse à vous. Je suis là pour répondre à vos attentes, toutes vos attentes, mêmes celles de ceux qui n’ont pas voté pour moi, l’intention est la même. L’avenir d’Avignon ne peut pas passer par la division. Nous devons additionner les forces et les talents et créer des ponts entre les 9 quartiers, au-delà des remparts, de Montfavet à l’Ile de la Barthelasse. Nous sommes une communauté de destins. Avignon ce n’est pas qu’un nom, c’est une histoire millénaire, un héritage, une culture, un patrimoine. »
« Les Avignonnais n’ont pas voté pour un rêve mais pour la promesse du bons sens, la sécurité, la propreté et la mobilité, poursuit le nouveau maire de la cité des papes. Il faut savoir faire marche arrière dans le plan de circulation Faubourgs. Avignon doit rayonner loin, comme un phare. Certes, je n’ai pas de baguette magique mais dès aujourd’hui, la campagne est terminée. Le bruit et la fureur ont été rejetés par les citoyens. Place à la ville. Cécile Helle a eu une attitude exemplaire, républicaine, lors de notre rencontre. Je tends la main à l’opposition pour confirmer que je souhaite la sérénité et le bien-être de chacun. Je les défendrai ‘Bec et ongles’, selon la devise d’Avignon. »
« Nous défendrons les valeurs de service public, de justice sociale. »
David Fournier
David Fournier, le leader de l’opposition municipale dont la liste a obtenu 11 077 voix, soit 760 de moins qu’Olivier Galzi, lui a succédé au micro. « Les urnes ont parlé. Félicitations pour votre élection. Mais nous aussi, nous sommes légitimes après une campagne rude, inélégante voire diffamante. » Immédiatement hué par une majorité d’Avignonnais présents dans la salle, il ajoute « J’ai été traité d’antisémite alors que je milite à la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme) depuis des décennies, j’ai été accusé de complicité avec des gens qui ont du sang sur les mains, ma maison a été dégradée, j’ai déposé plainte. Le Préfet est sorti de son devoir de réserve en classant notre liste ‘Extrême gauche’ alors que dans d’autres communes, elles étaient qualifiées d’Union de la gauche. Dans l’opposition, nous serons humbles et garderons l’esprit républicain. Nous voterons les mesures qui vont dans le bon sens, nous défendrons les valeurs de service public, de justice sociale. »
Le nouveau maire lui répond : « Moi aussi j’ai essuyé des attaques, on m’a traité d’islamophobe, de nazi, on a sali ma famille. Ce n’est pas rien ! Pourtant, j’ai décidé de ne pas déposer plainte. Le temps de la ville est venu ».
« Nous représentons le peuple. »
Mathilde Louvain
Mouloud Rezouli pour les écologistes, à son tour s’est exprimé : « Ici, on n’a pas besoin de ‘com’ mais de courage. La première injustice sociale c’est l’insécurité, les Avignonnais n’osent plus sortir, ils sont enfermés chez eux. Vous devez renforcer l’ilotage, favoriser la gratuité dans les cantines scolaires, le bien-être animal. » Réponse nette du maire : « Beaucoup d’électeurs de gauche n’ont pas voté pour vous mais pour moi. Mon métier c’est la ‘com’ et je m’en servirai dans l’intérêt d’Avignon. Nous aussi, nous avons un cœur, nous respirons le même air que vous et que ceux qui souffrent. Et à votre place, moi j’aurais annulé le salon du chiot à Châteaublanc. »
L’élue LFI Mathilde Louvain, qui a fait liste commune au second tour avec le PS, a salué le résultat des élections mais avertit : « Nous représentons le peuple, à ce titre nous serons vigilants dans la défense des droits et des valeurs pour le bien commun ».
« Il faut annuler l’abominable plan faubourgs. »
Anne-Sophie Rigault
Place alors à Anne-Sophie Rigault pour le RN : « La gauche a été sanctionnée dans une ville en ruines. 60% des Avignonnais souhaitent un changement de paradigme, absolument pas une alliance de la honte PS-LFI. La sécurité est la première des libertés, il faut annuler l’abominable plan faubourgs, renforcer le réseau de caméras de vidéoprotection, le nombre d’ilotiers, avoir une vraie politique d’attractivité pour Avignon, en finir avec tous ces rideaux baissés dans le centre-ville. Les Avignonnais ont préféré voter utile. Ils sont notre boussole, nous serons donc une opposition constructive ».
Après ces longues prises de position, second vote pour l’élection des adjoints (voir détail des adjoints, des conseillers municipaux ainsi que des conseillers municipaux d’opposition en fin d’article) et c’est Corinne Chatriot, commerçante de l’intra-muros, qui se retrouve première adjointe. Le maire a ensuite lu ‘La charte de l’élu local’, ses droits et devoirs. « Exercer sa fonction avec impartialité, diligence, probité et intégrité. Il veille à prévenir tout conflit d’intérêts, il déclare les dons et avantages qu’il estime d’une valeur supérieure à 150€ dont il a bénéficié en raison de son mandat. »

Hausse des indemnités des élus et baisse de celle du maire
L’article L 111-14 du code général des collectivités territoriales qui fixe le montant des indemnités a été l’occasion d’une passe d’armes avec Fabrice Tocabens quand le nouveau maire a annoncé qu’il allait augmenter celles des élus de 35%, même s’il abaissait la sienne de 14%. « C’est un message cinglant pour ceux qui ont du mal à boucler leur fin de mois. Avec cet argent, 1M€ en 7 ans de mandat, vous auriez pu engager deux nouveaux policiers municipaux. Nous allons nous y opposer. » Applaudissements des électeurs de gauche dans l’assistance.
« Nous respectons les taux autorisés, nous ne dépassons pas l’enveloppe globale, explique Olivier Galzi. Nous sommes une équipe, un collectif qui va tout donner. Or, nombre de nouveaux élus proviennent de la société civile et ils vont travailler davantage à la mairie dans l’intérêt général des Avignonnais, il est donc normal qu’ils soient rétribués à la juste hauteur de leur engagement ».
Andrée Brunetti






























































