C’est à Estézargues que l’ancien vice-président du groupe Hilton Jean-Luc Fourrier, a livré une leçon de vie et de management, entre humilité, audace et ouverture au monde, lors d’un afterwork Dynabuy Estézargues. Plus de 80 dirigeants y étaient réunis, dont Denis Duchène, patron des Fines roches à Chateauneuf-du-Pape, de la brasserie la Mule du pape et nouvellement élu Président de la CPME 84. La soirée était organisée par Nils Chamerois, patron de Dynabuy Estézargues à Place 70, Greet hotel Pont du Gard, propriété de Damien Sellito.
À 16 ans, Jean-Luc Fourrier n’avait qu’une certitude : il travaillerait dans la restauration… Et partirait loin. Très loin. Cinquante ans plus tard, son itinéraire dessine une géographie impressionnante, de l’Europe à l’Asie, des États-Unis à l’Australie, du Moyen-Orient aux îles du Pacifique, autant de terres d’expériences que de transformations personnelles.

Un parcours hors norme, né d’un rêve simple
Invité à Estézargues par le jeune entrepreneur Nils Chamerois dans le cadre d’un afterwork du réseau Dynabuy, l’ancien vice-président Asie-Pacifique du groupe Hilton n’est pas venu raconter une carrière, mais un voyage. Un ‘voyage professionnel’, précise-t-il, fait de recommencements permanents, d’adaptations et d’apprentissages. Car chez lui, la réussite ne s’est jamais pensée comme une ligne droite, mais comme une succession de reconstructions. Jean-Luc Fourrier souligne également que sa réussite s’est construite à deux, grâce au soutien indéfectible de son épouse Babette. Véritable pilier familial, elle a rendu possible cette vie d’itinérance, rythmée par des départs souvent tous les trois-quatre ans, voire moins, en assurant, dans chaque nouveau pays, l’intégration de leurs enfants au cœur de cultures le plus souvent inconnues, où la langue elle-même pouvait faire obstacle.
Grandir en recommençant sans cesse
De ses débuts modestes à la direction d’hôtels internationaux, Jean-Luc Fourrier insiste sur une réalité peu spectaculaire mais déterminante : rien n’est jamais acquis. À chaque pays, il a fallu repartir de zéro. Se faire accepter. Comprendre. Observer. S’adapter. Loin de toute posture d’expert, il choisit très tôt une autre voie : celle de l’humilité. « Je n’arrivais pas avec mon drapeau », confie-t-il en substance. « J’arrivais chez les autres. » Cette capacité à s’imprégner des cultures locales devient le fil conducteur de son ascension. Elle fonde aussi sa méthode : penser globalement, agir localement, une philosophie qu’il résume par une formule simple, presque manifeste : Think global, cook local.

Le leadership par les autres
Dans un univers réputé exigeant, parfois dur, Jean-Luc Fourrier développe une approche résolument humaine du management. Pour lui, la performance ne se décrète pas, elle se construit avec les équipes. Son credo ? Ecouter, partager, responsabiliser. « La réussite se mesure à travers les équipes », rappelle-t-il. Derrière les chiffres, les ouvertures d’établissements ou les stratégies internationales, il y a toujours des femmes et des hommes. Et c’est en les choisissant, en les accompagnant et en leur faisant confiance qu’il a bâti ses succès. L’anecdote qu’il livre sur le recrutement d’une responsable issue de la restauration rapide plutôt que d’un grand établissement illustre cette vision : préférer l’énergie, l’authenticité et le sourire à la seule technicité. Un choix risqué, mais décisif.
Oser, créer, transformer
Créateur de concepts, stratège reconnu, Jean-Luc Fourrier a participé à la transformation de l’hôtellerie moderne, notamment en Asie où il supervise le développement de centaines de restaurants et bars pour Hilton. Son parcours est jalonné de projets audacieux : ouverture d’hôtels d’envergure, repositionnement d’espaces, innovations parfois jugées impossibles, comme ce restaurant sous-marin aux Maldives, devenu emblématique. À chaque fois, une même logique : observer le marché local, comprendre les usages, puis imaginer une offre singulière. Créer, oui, mais jamais hors sol.

Transmettre pour prolonger le voyage
Après une carrière internationale, Jean-Luc Fourrier choisit de transmettre. Professeur à la prestigieuse École hôtelière de Lausanne, mais aussi intervenant dans de nombreuses institutions, il partage une vision exigeante du métier : curiosité permanente, rigueur stratégique, compréhension fine des évolutions sociétales. Pour lui, apprendre ne s’arrête jamais. Ni dans une carrière, ni dans une vie.
Dynabuy, catalyseur de rencontres
À Estézargues, cette parole rare a trouvé un écho particulier. Près de 80 chefs d’entreprise ont assisté à cette première rencontre organisée par Nils Chamerois, jeune entrepreneur engagé dans le développement de réseaux professionnels dynamiques. La soirée a tenu sa promesse : favoriser les échanges, créer des connexions, faire circuler les idées. Car c’est bien là, finalement, l’un des enseignements majeurs de cette soirée : le parcours individuel n’a de sens que dans le collectif.
Devenir citoyen du monde
À travers son récit, Jean-Luc Fourrier esquisse une philosophie de vie autant qu’un modèle de management : avancer avec ambition, mais sans arrogance ; viser haut, mais rester ancré ; réussir, mais toujours apprendre. Son parcours rappelle une évidence trop souvent oubliée : voyager n’est pas seulement se déplacer, c’est se transformer. Et peut-être, au fond, réaliser au moment où peu encore, voyageaient, qu’être véritablement, c’est devenir citoyen du monde.
Mireille Hurlin






















































