Historiquement, c’est du jamais vu dans la Vallée du Rhône : des vendanges qui ont débuté dès le 10 août, ce qui a demandé aux propriétaires de vignobles de se démener pour trouver des saisonniers au cœur des vacances d’été !
Pourtant tout avait bien commencé, un hiver doux, un printemps bien arrosé et soudain en mai, la 1re canicule de l’été, une nappe phréatique mise à contribution, une maturité accélérée selon les parcelles. Au fil des mois, le phénomène climatique s’est accentué, des records de températures battus toutes les semaines, des feuilles de vignes qui brûlent sous les rayons intenses du soleil et se recroquevillent, des grains qui flétrissent sauf si les parcelles sont en altitude, avec des nuits plus fraîches.
Pour Philippe Pellaton, président d’Inter Rhône dont le mandat s’achève dans quelques mois, « le raisin s’est bien comporté, il s’est adapté, seules les jeunes vignes ont souffert. Nous aussi, on s’est levés plus tôt, parfois en pleine nuit pour ramasser les grappes avant la canicule de l’après-midi. »
Il est trop tôt pour parler de volume, de rendement à l’hectare. Les grains moins gorgés en eau depuis le printemps, seront sans doute plus petits mais plus concentrés en goût, ce qui donnera au millésime 2026 une qualité optimale.
Philippe Pellaton, par ailleurs président de Sinnae, la cave coopérative de Laudun qui regroupe aussi les vignobles de Lirac, Chusclan et Saint-Gervais, soit 140 vignerons, se veut rassurant malgré la déconsommation de vin et les aléas climatiques : « Certes, le changement climatique est violent, il nous faut trouver d’autres cépages plus résistants à la chaleur et aux maladies, d’autres sols, d’autres matières organiques qui retiennent l’eau et imbibent les racines des vignes pour qu’elles ne subissent pas de stress hydrique. L’irrigation avec le projet HPR dans le Nord Vaucluse et le Sud Drôme est évidemement un atout majeur pour l’avenir des Côtes du Rhône. »
























































