Décidément, on frôle l’anorexie aux Chorégies. Quand on jette un coup d’oeil dans le rétro, on se rappelle par exemple, en 2011, pour les 40 ans du plus ancien festival d’art lyrique de France (créé en 1869), qu’étaient programmés non seulement Aida avec Indra Thomas dans le rôle-titre, dirigée par Tugan Sokhiev, avec une chorégraphie de Jean-Charles Gil, une mise en scène de Charles Roubaud et une scénographie d’Emmanuelle Favre. Mais aussi Rigoletto avec Leo Nucci, Patrizia Ciofi, Vittorio Grigolo et Marie-Ange Todorovitch, l’Orchestre National de France et une floppée de choristes des opéras d’Avignon, Marseille et Toulon. Sans oublier la IXe Symphonie de Beethoven avec l’Orchestre National du Capitole de Toulouse et 4 solistes dont Nathalie Stuzmann.
En 2016, toujours deux opéras à l’affiche. Madama Butterfly avec Ermonela Jaho, l’Orchestre Philharmonique de Radio France et les choeurs des trois opéras de la Région Sud. La Traviata avec, tenez-vous bien, Placido Domingo, mais aussi Le Requiem de Verdi avec notamment Ekaterina Gruberova et Joseph Calleja. Et également un concert Bernstein-Gerschwin avec Julie Fuchs et Benjamin Bernheim.
Il y a 3 ans, en 2023, la rock star du piano, Khatia Buniatishvili qui avait dû attendre la fin d’un terrible orage d’été pour entamer le Concerto N°1 de Tchaikowsky, mais aussi Carmen avec Marie-Nicole Lemieux et Jean-François Barras, un récital du pianiste Evgueny Kissin et enfin un Gala Verdi avec le couple le plus en vue du monde, à la ville comme à la scène, Anna Netrebko et Yusif Eyvazov.
En 2024, le programme avait déja réduit avec le chanteur Mika pour un concert symphonique, « Les saisons » de Vivaldi et Guido avec le Malandain Ballet de Biarritz et un seul opéra à l’affiche, « Tosca » en version concert, sans décor ni mise en scène mais heureusement avec l’enfant chéri des Chorégies, Roberto Alagna.
La programmation 2026
Cet été, contrairement à ce qui était prévu, pour Traviata de Verdi, le rôle-titre ne sera pas chanté par Nadine Sierra. Quand elle a découvert qu’il n’y aurait qu’une version « concert », c’est-à-dire allégée, elle s’est retirée de la distribution. Elle sera donc remplacée par la soprano Jessica Pratt. Mais elle viendra quand même chanter au Théâtre Antique le 27 juin des partitions des grands airs d’opéra. Ce soir-là étaient prévues les Black Legends dont la tournée européenne a été annulée. Autre modification, le violoniste Renaud Capuçon a changé la liste des musiques de films qu’il interprétera le 18 juillet. Sont prévus notamment Le dernier métro de Georges Delerue, Love Story de Francis Lai, Les Moulins de Mon Coeur (Affaire Thomas Crown) de Michel Legrand. Il a quand même conservé Les choses de la vie et Rabi Jacob.
Avec tous ces changements, ce programme allégé et bientôt le départ du directeur des Chorégies dont c’est la dernière programmation ultra-light pour des raisons budgétaires, certains se demandent si elles ont encore un avenir dans le domaine si apprécié du lyrique qui, il y a peu de temps, grâce à la richesse de leurs propositions chaque été, des stars qui y participaient — chanteurs, musiciens, chefs d’orchestre, solistes de renommée internationale — attiraient deux fois plus de spectateurs au cœur du Théâtre Antique d’Orange.
























































