‘Le syndrome d’Ulysse’ entre l’Europe, l’Afrique et l’Amérique
Une troupe de saltimbanques s’engage dans un véritable cabaret musical et théâtral autour d’une relecture de l’Odyssée. Ulysse l’éternel voyageur : Conquérant ou migrant ? Dans ce nouveau monde plus vaste que la Méditerranée, les nouveaux dieux ont inventé le passeport, internet, l’intelligence artificielle…Alors à quoi rêve Ulysse ? Y a-t-il encore un peu de place pour la poésie, pour l’utopie ?
À quelques jours de la première, rencontre avec le directeur du Théâtre du Balcon, Serge Barbuscia, auteur, metteur en scène et interprète du ‘Syndrome d’Ulysse’
Syndrome d’Ulysse ? Mais quelles est donc cette nouvelle maladie ? « C’est la maladie des exilés, des migrants. Ça touche énormément de gens, à des niveaux plus ou moins importants. C’ est la maladie des personnes qui sont dans un endroit où ils ne sont pas nés, ils n’arrivent pas à s’adapter à l’endroit où ils sont arrivés, et en même temps, ils n’ont plus la possibilité de retourner d’où ils viennent. Ils se retrouvent dans une espèce de dépression et surtout d’une perte de leur identité. Fils d’émigrés, ça me concerne. J’ai eu envie d’en faire une épopée poétique et musicale. J’ai repris, au pied de la lettre l’Ulysse d’Homère, et je me suis demandé comment ce Ulysse écrit et imaginé il y a 3000 ans par Homère, ce qu’il serait dans le monde d’aujourd’hui. »
Votre parti pris pour la mise en scène ?
« De l’humour d’abord car même si on vit dans un monde en plein désarroi, même si on est tous en sidération sur tout ce qui se passe, je ne voulais pas en faire un spectacle donneur de leçons. C ‘est un spectacle qui parle de l’humain. Je suis un artiste, donc je ne donne aucune réponse au monde, mais par contre, je le questionne. On sort de là je pense avec beaucoup d’enthousiasme, d’énergie. Je parle de l’humanité, de la naissance de la philosophie, du sport (les Jeux Olympiques sont nés en même temps que L’Odyssée d’Homère) de la politique. »
Le voyage de ce spectacle écrit avec Ali Babar
« J’avais ce projet dans ma tête depuis très longtemps, parce que je pense que ma maman chanteuse bien que formidable artiste, avait le syndrome d’Ulysse. Je suis né en Tunisie, on est d’origine sicilienne on a vécu l’immigration, la crise d’identité. Donc j’avais ça dans la tête, mais je me suis dit, est-ce qu’aujourd’hui, le mythe d’Ulysse, se place uniquement en Méditerranée ? Ce n’est plus possible aujourd’hui, en 2026, d’imaginer Ulysse seulement dans la Méditerranée, le monde s’est ouvert, le Nouveau Monde est arrivé, et donc j’ai voulu vraiment l’imaginer sur tous les continents.
J’ai décidé d’écrire avec Ali Babar-Kenja, qui est un poète et un chercheur en sociologie, qui a beaucoup travaillé sur les thèmes de l’esclavage. On a écrit ensemble en Martinique, invité par l’Organisation du Tourisme des Caraïbes (OTC), ensuite on est parti au Sénégal, où il y a eu tout un travail fait avec le festival de Casamance, où on ira d’ailleurs jouer le spectacle. On a fait une première lecture au Festival 2025 dans le cadre du Souffle d’Avignon au Palais des Papes. »
Un théâtre musical
« La musique est un langage permanent dans le spectacle. On parle en musique, on parle dans la musique, on chante et ça démarre par un chant de femme, c’est un hommage à ma mère qui était chanteuse opéra mais aussi aux sirènes de la mythologie ? J’ai imaginé un piano au milieu d’autres instruments avec l’idée que le spectacle parle, se décompose et se recompose à l’intérieur de la musique et une troupe de saltimbanques questionnant joyeusement le monde. »
Un bel équipage convaincu par cette épopée moderne
Pour Serge Barbuscia, il n’est pas question de casting mais de rencontres et surtout de personnes convaincues par le projet avec envie de le partager et d’apprendre l’un de l’autre. « Je crée un équipage en quelque sorte. Avec le comédien sénégalais Bass Dhem, ça a été un coup de foudre immédiat, j’ai pensé aussi immédiatement à Aïni Iften avec qui j’avais déjà travaillé ( Chants d’exil), l’accordéoniste Jérémy Bourges s’imposait aussi ainsi que la musicienne Théodora Carla, remarquée dans le spectacle de Pierre Rabhi ‘La confession d’un colibri’. »
Un spectacle né du voyage… pour voyager
La pièce sera jouée au Luxembourg (la pièce est coproduite par le le Théâtre National du Luxembourg) au Sénégal dans le cadre du festival de Casamance, il y a la Corse et évidemment en Caraïbes. C’est un spectacle francophone mais la musique étant un véritable langage, il peut être vu partout dans le monde. Il y aura aussi l’invitation aux scolaires avec des « bords-plateaux » que Serge Barbuscia affectionne. Et évidemment il sera présent à Avignon Off 2026.
Jeudi 12 mars. 20h. Vendredi 13 mars. 20h. Samedi 14 mars. 20h. Dimanche 15 mars.16h. Vendredi 20 mars. 20h. Samedi 21 mars. 20h. Dimanche 22 mars. 16h. 5 à 23€. Théâtre du Balcon – Cie Serge Barbuscia – Scène d’Avignon. 38 rue Guillaume Puy. Avignon. 04 90 85 00 80 / contact@theatredubalcon.org

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