Dans ‘Laïka’ (2017), David Murgia et Philippe Orivel à l’accordéon ont observé de loin les déshérités sur un parking de supermarché, dans ‘Pueblo’ (2020), ils ont imaginé leur vie. Pour clore cette trilogie, avec ‘Rumba’, ils descendent sur ce même parking pour les rencontrer et nous les présenter. Alors comme nous sommes au théâtre, le plateau bien que minimaliste devient par la force de notre imagination et la verve de David Murgia un parking de supermarché qui attend des pèlerins. Qui dit pèlerins dit chrétienté et c’est ainsi que le récit commence….
Difficile de résumer ‘Rumba’ de David Murgia et Ascanio Celestini. Il y a bien une histoire, un fil rouge mais il serait réducteur. La performance d’acteur de David Murgia éclipse dans un premier temps le propos puis après apprivoisement il nous entraîne là où il veut c’est-à-dire vite et partout. Vite car il y a urgence à découvrir les « laisser pour compte », dénoncer la précarité sociale.
Partout car la misère se trouve dans tous les pays du monde et même au-delà : « Combien d’étoiles il y a dans le ciel ? Il y en a tellement qu’on ne peut pas les compter », scande régulièrement le narrateur.
Nos deux compères revisitent l’histoire de Saint François d’Assise, sa vie, son parcours atypique mais pour très vite se demander : Où serait il aujourd’hui ? Avec quels déshérités ? Cette question permet de convoquer sur scène une flopée de personnages haut en couleurs de Job le manutentionnaire à Joseph l’africain, en passant par Giovanni….étonnamment peu de femmes !
C’est une logorrhée qui donne le tournis à l’image de la misère autour de nous, c’est aussi le souffle nécessaire pour insuffler la vie à ces êtres oubliés. Puissant et précis, le Verbe de David Murgia nous enrobe et même s’il nous perd quelquefois il sait nous rattraper par des provocations ou au contraire des envolées dans l’espace. « Combien d’étoiles il y a dans le ciel ? Il y en a tellement qu’on ne peut pas les compter », vous dis-je.
Jusqu’au 25 juillet. Relâche les 8, 15 et 22 juillet. 19h45. 10 à 21€. Théâtre des Doms. 1 bis, Rue des Escaliers Saint-Anne. 04 90 14 07 99.























































